zone euro

  • La croissance économique de la Chine pourrait ralentir suite à la crise de la zone euro

    Si la crise de la dette de la zone euro continue de s'aggraver, cela pourrait entraîner un ralentissement de la croissance économique de la Chine, a dit une équipe d'économistes dans un rapport publié vendredi.

    Des économistes de l'Université nationale de Singapour et de l'Université de Xiamen, en Chine, ont projeté une croissance de 7,68 % pour l'économie chinoise cette année, puis de 8,93 % en 2013.

     

     

    phpThumb_generated_thumbnailjpg.jpg

    Ces prévisions étaient basées sur les plus récentes projections du Fonds monétaire international pour la zone euro et les États-Unis. On s'attend à une contraction de 0,3 % de la zone euro cette année, suivie par une croissance de 0,7 % l'année prochaine, tandis que l'économie des États-Unis devrait connaître une croissance de respectivement 2 % et 2,3 %. On s'attend à ce que les responsables politiques de la zone euro prennent des mesures décisives pour empêcher une aggravation de la crise, et à ce que le Congrès américain réussisse à éviter le risque de « désastre financier ».

    Sur ces bases, l'économie chinoise devrait connaître une croissance de 7,47 % au troisième trimestre de cette année et de 7,52 % au quatrième trimestre.

    Cela est mesuré par rapport aux 7,6 % enregistrés au second trimestre, la croissance la plus lente depuis trois ans.

    Cependant, si les responsables de la zone euro ne parviennent pas à un consensus, et que cela entraîne une contraction, pour la zone euro, de 0,5 % pour cette année et de 0,3 % l'année prochaine, la croissance économique de la Chine, dans ces conditions, se trouverait davantage ralentie tombant à 7,56 % pour cette année et à 8,22 % pour l'année prochaine.

    Cela représenterait un ralentissement de 0,12 % pour cette année et de 0,71 % pour l'année prochaine.

    « On s'attend à ce que le risque de récession dans la zone euro cette année et l'année prochaine porte un coup aux exportations chinoises, en particulier celles vers la zone euro, qui chuteront de 11 %. Cela réduira la croissance économique de la Chine de 0,7 % », a dit Chen Kang, professeur à l'École Lee Kuan Yew de politique publique de l'Université nationale de Singapour.

    26_10_UE_Chine_Barroso_930_620_scalewidth_630.jpg

    C'est Chen qui a réalisé cette recherche avec Lai Xiaoqiong, professeur de l'institut Wang Yanan pour les études économiques de l'université de Xiamen.

     

    Néanmoins, le professeur Chen a souligné qu'un tel ralentissement ne serait pas très grave pour l'économie chinoise qui a enregistré une croissance d'environ 10 % par an ces dernières décennies.

     

    « En effet, a-t-il dit, les exportations vers d'autres régions comme les États-Unis vont toujours continuer à augmenter, même si celles vers la zone euro chutent. Et l'autre raison, c'est que les prix à l'exportation sont restés relativement stables ».

     

    L'équipe projette une croissance de 7,03 % de la consommation intérieure chinoise cette année. L'accumulation de biens fixes va augmenter de 7,83 % et les exportations de 8,57 %, tandis que les importations vont croître de 7,08 %.

     

    L'inflation de l'indice des prix à la consommation va continuer à se ralentir, pour tomber à 1,73 % au troisième trimestre, avant de rebondir légèrement à 1,88 % au quatrième trimestre. Pour l'ensemble de l'année, l'inflation moyenne de l'IPC sera de 2,55 % cette année et de 2,42 % l'année prochaine.

     

    Selon le professeur Lai, la croissance de 7,8 % de l'économie chinoise dans la première moitié de cette année est encore « remarquable » compte tenu de la situation actuelle de l'économie mondiale, et reste supérieure aux prévisions officielles de 7,5 % annoncées en début d'année.

     

    Selon le professeur Chen, ce sont les provinces côtières relativement développées de la Chine qui vont souffrir le plus de la faiblesse de la zone euro. Cependant, cela pourrait être aussi une bonne occasion pour ces provinces côtières de restructurer leur économie.

     

    Il a mis en garde contre un assouplissement des politiques monétaires, disant que cela pourrait ne pas entraîner la croissance de la productivité attendue et causer un gaspillage problématique.

     

  • Les troubles de la zone euro ramènent la Chine vers les bons du Trésor américains

    Les analystes estiment que la Chine doit se montrer flexible dans son ajustement de la composition de ses réserves en devises et s'adapter à la situation économique du monde en évolution, en référence à la hausse des obligations américaines publiques acquises par le pays en septembre.

    L'augmentation nette en bons du Trésor américains s'élevait à 11,3 milliards de dollars en septembre, la plus importante hausse depuis mars 2010.

    Cette hausse a fait passer le total des obligations américaines détenues par la Chine à 1 150 milliards de dollars, selon une déclaration du département du Trésor mercredi.

    Le manque de clarté de la résolution de la crise de dette de la zone euro, associée aux doutes de plus en plus profonds entourant la reprise économique mondiale, ont décidé la Chine à investir dans des actifs plus sûrs tels que les titres du gouvernement américain, affirment les analystes.

    « Cela constitue un meilleur choix, tandis que les dirigeants européens souffrent toujours des maux d'une surcharge de dette », a indiqué jeudi Zhuang Jian, économiste senior de la Banque asiatique de développement. Selon lui, l'ajustement de la composition des réserves en devises en septembre était « raisonnable ».

    Conserver et augmenter la valeur des titres étrangers « est la mission prioritaire des administrateurs chinois des changes », a-t-il ajouté.

    La Chine, le premier créancier étranger des États-Unis, avait réduit sa quantité d'obligations du Trésor de 36,5 milliards de dollars en août suite à l'abaissement de la note de crédit à long terme de Washington par l'agence Standard & Poor's, de AAA à AA+.

    Cette réduction par la Chine a mis fin à quatre mois consécutifs d'investissement croissant dans la dette américaine.

     

    Lu Zhengwei, économiste en chef d'Industrial Bank Co Ltd, a déclaré qu'en comparaison avec la situation économique sombre et incertaine de l'Europe, prêter aux États unis pouvait fournir des rendements plus sûrs.

     

    Selon un rapport rendu public mercredi par la Banque populaire de Chine (la banque centrale), à la date du 30 septembre, l'euro avait chuté de 7,72 % contre le dollar par rapport à la fin du mois de juin.

     

    Le 30 septembre, le rendement des obligations publiques américaines sur dix ans était de 1,92 %, marquant une baisse de 124 points de base depuis la fin du deuxième trimestre.

     

    « La baisse du rendement des actifs américains indique des prévisions plus positives des marchés sur leur rendement de long terme », explique Lu, qui prédit une croissance économique accélérée aux États unis dans les mois à venir.

     

    Les chiffres du département du Trésor montrent que la Chine a fait l'acquisition de 20,7 milliards de dollars d'obligations américaines de long terme en septembre, après en avoir vendu 40,1 milliards en août et 30,9 milliards en juillet.

     

    L'économie américaine connaît une reprise à un rythme plus rapide qu'au début de l'année, ce qui a ravivé l'appétit des investisseurs internationaux pour sa dette, estiment les analystes.

     

    Le Japon, le deuxième plus grand investisseur dans la dette publique des États-Unis, a augmenté ses réserves de 2,2 % à 956,8 milliards de dollars en septembre.

     

    Le Royaume-Uni a fait passer ses avoirs en dette américaine de 397,2 milliards de dollars en août à 421,6 milliards en septembre.