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  • Syrie : la cité antique de Palmyre destruite par Daech , voir photos (horribles)

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    Après avoir détruits de nombreux sites antiques en Irak, les djihadistes du groupe Etat Islamique menacent Palmyre, un joyau antique dans le désert syrien inscrit au Patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco.

    La destruction d'antiquité par Daech "est un des désastres patrimoniaux les plus importants jamais subi", estime Pascal Butterlin, archéologue et professeur à la Sorbonne.

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    Désolé, je me suis trompé, il ne s'agit pas de Palmyre mais des ruines de l'ancien Palais d'été ,Yuanmingyuan . Mais ceux qui ont détruit et pillé cette merveille sont tout aussi barbares et ces actes sont autant inqualifiables . Ce sont les armées anglo-françaises qui peuvent épingler ces forfaits à leur tableau.

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    En 1860, lors de la seconde guerre de l'opium, sous le règne de l'empereur Xianfeng, tout le site du Yuanmingyuan est pillé, saccagé et incendié par les troupes franco-britanniques. Aujourd'hui, la destruction de l'ancien palais d'été est considérée comme un symbole de l'agression étrangère et de l'humiliation de la Chine. La guerre de l'opium a été déclenchée par les Anglais parce que les autorités chinoises de l'époque voulaient interdire aux Anglais en fait la Compagnie des Indes ,de vendre l'opium que la compagnie dont le plus important actionnaire était la reine Victoria, cultivait alors en Turquie. Quant à la deuxième guerre de l'opium, elle fut déclenchée par la France et l'Angleterre parce que ceux-ci voulaient étendre leur commerce de drogue dans le nord de la Chine et de plus ils voulaient un statut légal à la vente de l'opium ,ce que refusait depuis toujours l'Empereur de Chine.

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    Pour la plupart des Chinois, l'incendie de l'Ancien palais d'été, ou Yuanmingyuan en chinois, est considéré comme un acte barbare et criminel. Certains contemporains français, tels que Victor Hugo, ont désapprouvé cette action. A l'approche du 150e anniversaire du grand pillage de Yuanmingyuan,une statue de Victor Hugo, le grand écrivain français, a été dévoilée sur le site de l'Ancien palais afin de commémorer cet événement.

    La statue en bronze haute de 84 centimètres est un buste du grand homme de lettres. Un peu plus au sud, un livre en pierre a été sculpté où figure gravé, en chinois et en français, la célèbre Lettre au capitaine Bulter. Victor Hugo y parlait de l'Ancien palais d'été : "C'etait une sorte d'effrayant chef-d'oeuvre inconnu entrevu au loin, dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe." Selon le directeur du parc Yuanmingyuan, ce buste de Victor Hugo a une portée importante, il nous rappelle à la fois une blessure de l'histoire et la promotion de la paix.

     

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    Lettre au capitaine Butler - Victor Hugo

    VERSION FRANCAISE

    Hauteville House, 25 novembre 1861

    Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l'expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l'empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d'approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.

    Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :

    ll y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s'appelait le Palais d'été. L'art a deux principes, l'Idée qui produit l'art européen, et la Chimère qui produit l'art oriental. Le Palais d'été était à l'art chimérique ce que le Parthénon est à l'art idéal. Tout ce que peut enfanter l'imagination d'un peuple presque extra-humain était là. Ce n'était pas, comme le Parthénon, une œuvre rare et unique ; c'était une sorte d'énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle.

    Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d'été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d'eau et d'écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d'éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c'était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l'énormité d'une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l'homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le Palais d'été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d'été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C'était une sorte d'effrayant chef-d'œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe.

    Cette merveille a disparu.

    Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d'été. L'un a pillé, l'autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu'il paraît. Une dévastation en grand du Palais d'été s'est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d'Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu'on avait fait au Parthénon, on l'a fait au Palais d'été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n'égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l'orient. Il n'y avait pas seulement là des chefs-d'œuvre d'art, il y avait un entassement d'orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L'un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres ; et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l'histoire des deux bandits.

    Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.

    Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m'en donner l'occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

    L'empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd'hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d'été.

    J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.

    En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.

    Telle est, monsieur, la quantité d'approbation que je donne à l'expédition de Chine.

                           Victor Hugo

     

     

  • Retour des têtes de lapin et de rat en bronze 153 ans après avoir été pillées en Chine par les armées anglo-françaises

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    François-Henri Pinault, milliardaire français, a restitué vendredi à la Chine deux têtes en bronze (une de lapin et l'autre de rat) qui faisaient partie de la fontaine zodiacale de l'ancien palais d'Eté, ou Yuanmingyuan. Ces deux reliques sont enfin rentrées à Beijing, 153 ans après avoir été dérobées à la Chine lors du Sac du palais d'Eté en 1860 par les troupes franco-britanniques.

    Réalisées entre 1747 et 1759, les douze têtes en bronze de la fontaine zodiacale de style européen ont été conçues par les Jésuites Giuseppe Catiglione et Michel Benoist pour le jardin de l'empereur Qianlong (1711-1799).

     

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    Les têtes de lapin et de rat n'ont jamais été séparées après le Sac du palais d'Eté. Selon des archives, la trace de leur premier collectionneur remonte à José Maria Sert, né à Barcelone en 1874, 14 ans après l'invasion de la capitale chinoise par les troupes franco-britanniques.

    Ces deux reliques sont ensuite entrées dans la collection du marquis de Pomereu, avant d'être vendues en 1986 par la Gallerie J.Kugel à Yves Saint Laurent et son compagnon Pierre Bergé. Ces deux derniers les ont conservées dans leur appartement de la rue Bonaparte à Paris.

    Pendant plus de cent ans, les deux têtes ont "demeuré" silencieusement à Paris, jusqu'à leur réapparition publique lors de la vente du siècle de la collection privée d'Yves Saint Laurent en 2009, soit quelques années après le retour en Chine de cinq autres têtes en bronze (tigre, boeuf, singe, cochon, cheval) achetées à prix d'or.

     

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    Le prix faramineux demandé pour ces deux têtes en bronze pillées lors de la seconde Guerre de l'opium, symboles d'une sombre période de l'histoire de la Chine, lors de la vente organisée par la maison Christie's a suscité une immense vague de protestations en Chine.

    Le collectionneur chinois Cai Mingchao a fait à cette occasion l'acquisition de ces deux reliques au prix de 30 millions d'euros avant de déclarer par la suite son refus de verser cette somme. Les deux têtes sont alors retournées dans les mains de Pierre Bergé, puis dans celles de la famille Pinault qui détient Christie's depuis 2008.

    Accompagnant le président français François Hollande lors de sa première visite d'Etat en Chine, François-Henri Pinault a annoncé le 26 avril son intention de restituer ces deux objets historiques à leur pays d'origine.

     

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    Le lendemain, le vice-directeur du Musée national chinois Chen Lvsheng a déclaré sur son compte microblog que les têtes en bronze étaient plutôt des "robinets" de la fontaine du palais d'Eté que des trésors nationaux.

    "Je crois que son intention n'est pas de sous-estimer, comme d'autres experts, la valeur de ces têtes en bronze en tant que reliques culturelles, mais plutôt d'adopter une attitude critique vis-à-vis du prix déraisonnable de la vente aux enchères", a expliqué Wang Kaixi, vice-président de l'Association des études du palais d'Eté et professeur à la Faculté d'Histoire de l'Université normale supérieure de Beijing.

    Plus d'un million de pièces ont été perdues lors du pillage du palais d'Eté et une grande partie se trouve actuellement à l'étranger, selon Wang Kaixi, citant en exemple un sceau de l'empereur Kangxi (1654-1722) et des épées et armures de son petit-fils, l'empereur Qianlong, qui sont beaucoup plus précieux que les douze têtes en bronze.

     

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    Malheureusement, aucune des reliques chinoises dispersées à l'étranger n'a autant d'importance aux yeux de nombreux Chinois que ces douze têtes en bronze qui ont été très médiatisées.

    Huo Zhengxin, professeur en droit international à l'Université des Sciences politiques et de Droit de Chine, a déploré que la restitution gracieuse des têtes de lapin et de rat ne soit qu'un cas isolé.

    Les conventions internationales relatives au commerce de biens culturels rendent difficile, du fait qu'elles ne sont pas rétroactives, la restitution des reliques à leur pays d'origine, sans parler des codes civils de différends pays, a indiqué M. Huo.

     

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    En outre, la Chine ne dispose pas d'une liste précise des pièces perdues. D'autre part, la contrebande de reliques est encore très importante, ont avoué plusieurs experts chinois.

    Le retour des têtes de lapin et de rat en bronze n'est pour la Chine que le début d'une longue chasse aux trésors perdus.

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    La vente des deux bronzes chinois volés, en 1860, lors du sac du palais d’Eté, à Pékin, par l’armée anglaise de la reine Victoria et la française de Napoléon III, a fait couler beaucoup d’encre. Doit-on restituer ces ?uvres à Pékin ? Ce serait bien. En tout cas, dès 1861, le grand Victor Hugo a dit ce qu’il fallait dire sur le vandalisme occidental face à une merveille du monde construite par un « peuple presque extra-humain », « une éblouissante caverne de la fantaisie », qu’il compare au Parthénon d’Athènes, aux Pyramides d’Egypte, au Colisée de Rome et à Notre- Dame de Paris. Hugo enfonce le clou : « Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les Chinois sont les sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. 

     

     

     

  • La famille française Pinault restitue des antiquités chinoises volées par les forces alliées britanniques et françaises durant la seconde guerre de l'Opium

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    La famille Pinault, détaillant français d'articles de luxe, a annoncé vendredi à Beijing qu'elle restituerait deux pièces d'antiquités spoliées à la Chine.

    Ces objets, deux sculptures en bronze dont une tête de lapin et une tête de rat, appartenant à l'ancien Palais d'été impérial Yuanmingyuan, avaient été pillées par les forces alliées britanniques et françaises durant la seconde guerre de l'Opium en 1860.

    Les deux têtes en bronze avaient été mises aux enchères en 2009 pour 14 millions d'euros chacune (17,92 millions de dollars) à Paris, provoquant une large indignation internationale et les protestations de la Chine.

     

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    La famille Pinault avait depuis racheté les deux sculptures à leur propriétaire précédent et exprimé sa volonté de les restituer gratuitement à la Chine, à l'occasion de la visite en Chine les 25 et 26 avril du PDG du Groupe Pinault, M. François-Henri Pinault, en tant que membre de la délégation accompagnant le président français François Hollande.

    La partie chinoise a parlé de cet acte de façon très positive, le considérant comme une observation des conventions internationales relatives à la protection du patrimoine culturel, un témoignage de l'amitié envers le peuple chinois et une contribution à la restitution à la Chine de davantage de vestiges spoliés.

     

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    La Chine, aux côtés de nombreux pays ayant perdu leurs vestiges culturels, déploie des efforts constants pour rapatrier ceux-ci, démarche qui a reçu une réponse et un soutien positifs de la communauté internationale.

    Ce don volontaire montre le soutien de la famille Pinault aux efforts chinois pour la protection de son patrimoine culturel, ainsi que la reconnaissance de la communauté internationale que les vestiges spoliés devaient être restitués.

    Actuellement, cinq des douze têtes d'animaux du Yuanmingyuan ont été restituées, tandis que l'on ignore toujours où se trouvent cinq autres de ces têtes.

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  • Les objets pillés à la Chine doivent revenir à la Chine ; non à la vente de Toulouse ce 26 mars

    Vente d'art chinois à Toulouse, le YuanmingyuaUn rouleau impérial exceptionnel et un sceau en jade, datant tous deux de l'empereur Qianlong (1736-1795), seront mis aux enchères le 26 mars à Toulouse où ils pourraient battre des records pour des objets chinois vendus en France, selon un expert de l'art chinois.

    Le 26 mars à Toulouse un rouleau qui présente une tournée de l'empereur Qianlong (1736-1795) et un sceau en jade, datant aussi de cet empereur, seront mis aux enchères, selon l'agence de presse Xinhua.

    Le rouleau, intitulé "manoeuvres", est la 4e volume de la « Grande Revue ». Il a une longueur de 24 m et d'une largeur de 69 cm, sur lequel près de 9 000 soldats sont peints à l'encre et à la gouache, a présenté un des experts de la vente, Pierre Ansas.

    "La Grande revue" qui décrit la première revue militaire du règne de l'Empereur, en 1739, fait partie de l'une des plus importantes peintures du palais de la dynastie des Qing. Le deuxième de ces rouleaux est détenu par le Musée du Palais Impérial de Beijing, un troisième est entre les mains d'un propriétaire privé, le quatrième a disparu.

    Cette peinture est estimée de 3 à 4 millions d'euros mais pourrait atteindre "entre 6 et 8 millions", selon le commissaire-priseur.

    Parmi les autres trésors sous le marteau de Me Marc Labarbe à Saint-Aubin figurent des vases, une plaque de sceptre en jade, un casque de l'armée impériale, deux robes en soie...

    Intitulé "manoeuvres", ce rouleau est le quatrième d'une série appelée "La grande revue" et qui décrit la première revue militaire du règne de l'Empereur, en 1739.



    Quant au sceau de l'empereur, il est estimé de 1 million à 1,5 million d'euros. Ce cachet, en jade néphrite blanc légèrement veiné de rouille, d'une hauteur de 7,5 cm et d'une base de 9,85 cm de côté, porte sur son sommet deux dragons adossés et enlacés. Sur la base sont sculptés les quatre caractères "Qianlong yubi" ("du pinceau impérial de Qianlong").

    En 2008, un sceau chinois a été vendu également à Toulouse dont le prix a atteint près de 5,5 millions d'euros, et l'autre, venant du Palais Yuanmingyuan, pour 17 millions d'euros en 2009 à Paris.

    L'Administration du Yuanmingyuan a publié une déclaration en 2009, soulignant que tous les reliques appartenant au Palais Yuanmingyuan devraient être retournés en Chine. La déclaration a aussi précisé qu'elle n'acceptait pas le rachat des objets d'art "pillés", car cela donnerait une « légitimité » aux objets « volés ».

  • LES OBJETS PILLES A LA CHINE DOIVENT REVENIR A LA CHINE

    Vente d'art chinois à Toulouse, le YuanmingyuaUn rouleau impérial exceptionnel et un sceau en jade, datant tous deux de l'empereur Qianlong (1736-1795), seront mis aux enchères le 26 mars à Toulouse où ils pourraient battre des records pour des objets chinois vendus en France, selon un expert de l'art chinois.

    Le 26 mars à Toulouse un rouleau qui présente une tournée de l'empereur Qianlong (1736-1795) et un sceau en jade, datant aussi de cet empereur, seront mis aux enchères, selon l'agence de presse Xinhua.

    Le rouleau, intitulé "manoeuvres", est la 4e volume de la « Grande Revue ». Il a une longueur de 24 m et d'une largeur de 69 cm, sur lequel près de 9 000 soldats sont peints à l'encre et à la gouache, a présenté un des experts de la vente, Pierre Ansas.

    "La Grande revue" qui décrit la première revue militaire du règne de l'Empereur, en 1739, fait partie de l'une des plus importantes peintures du palais de la dynastie des Qing. Le deuxième de ces rouleaux est détenu par le Musée du Palais Impérial de Beijing, un troisième est entre les mains d'un propriétaire privé, le quatrième a disparu.

    Cette peinture est estimée de 3 à 4 millions d'euros mais pourrait atteindre "entre 6 et 8 millions", selon le commissaire-priseur.

    Parmi les autres trésors sous le marteau de Me Marc Labarbe à Saint-Aubin figurent des vases, une plaque de sceptre en jade, un casque de l'armée impériale, deux robes en soie...

    Intitulé "manoeuvres", ce rouleau est le quatrième d'une série appelée "La grande revue" et qui décrit la première revue militaire du règne de l'Empereur, en 1739.



    Quant au sceau de l'empereur, il est estimé de 1 million à 1,5 million d'euros. Ce cachet, en jade néphrite blanc légèrement veiné de rouille, d'une hauteur de 7,5 cm et d'une base de 9,85 cm de côté, porte sur son sommet deux dragons adossés et enlacés. Sur la base sont sculptés les quatre caractères "Qianlong yubi" ("du pinceau impérial de Qianlong").

    En 2008, un sceau chinois a été vendu également à Toulouse dont le prix a atteint près de 5,5 millions d'euros, et l'autre, venant du Palais Yuanmingyuan, pour 17 millions d'euros en 2009 à Paris.

    L'Administration du Yuanmingyuan a publié une déclaration en 2009, soulignant que tous les reliques appartenant au Palais Yuanmingyuan devraient être retournés en Chine. La déclaration a aussi précisé qu'elle n'acceptait pas le rachat des objets d'art "pillés", car cela donnerait une « légitimité » aux objets « volés ».

  • QUAND LES BARBARES ANGLO-FRANCAIS PILLAIENT LA CHINE

    Un historien français appelle au devoir de mémoire à l'occasion du 150e anniversaire du sac de l'ancien Palais d'Eté
     

    "Nous pouvons pardonner, mais nous ne pourrons jamais oublier", a déclaré lundi 18 octobre à Beijing Bernard Brizay, un historien et journaliste français, à propos de la destruction de l'ancien Palais d'Eté (Palais Yuanmingyuan), avant de demander aux Occidentaux d'exercer un devoir de mémoire à propos de cet événement.

    Il a fait ces remarques lors d'une commémoration devant les ruines du Palais Yuanmingyuan marquant le 150e anniversaire du sac de ce palais surnommé par Victor Hugo le "Versailles chinois ".

    En 2003, M. Brizay a publié un livre "Le Sac du Palais d'Eté", le premier livre en français à décrire l'origine, le processus et les conséquences de la seconde guerre de l'opium. Il accuse des grandes puissances d'alors d'avoir agressé la Chine, et surtout l'humanité.

    "Je n'avais jamais entendu parler de l'ancien Palais d'Eté avant 2000. A la première vue des ruines de ce palais à l'automne 2000, je me suis senti malheureux, bouleversé, et honteux", a-t-il dit. Avant d'ajouter : "Ce sont des Occidentaux, des Européens, qui avaient détruit ce lieu extraordinaire".

    De retour à Paris, il a constaté qu'il n'y avait pas de livre, ni en français ni en anglais, sur la destruction de l'ancien Palais d'Eté. "En France et en Angleterre, c'est quelque chose qu'on préfère oublier et ne pas évoquer. Une source de honte plutôt que de fierté".

    Même si l'histoire a une existence immuable, il est honteux pour un historien d'ignorer cette catastrophe de la civilisation humaine. M. Brizay a donc décidé de rétablir cette mémoire.

    En 2003, son chef-d'oeuvre de plus de 600 pages a été publié. Sa découverte et son courage ont bouleversé l'Europe. Ce livre a connu un grand succès en librairie, et en 7 ans, il a été quatre fois réédité. La version chinoise est disponible en Chine depuis novembre 2005.

    Ce livre a connu un tel succès car il traite d'une page de l'histoire inconnue de la majorité des Européens et les Chinois sont contents et curieux de voir un Occidental écrire sur ce sujet comme Victor Hugo, a expliqué l'historien.

    "Nous pouvons pardonner, mais nous ne pourrons jamais oublier", a indiqué M.Brizay, "Je suis heureux de participer à cette commémoration car elle a rappelé aux Chinois et aux citoyens du monde entier ce qui c'est passé à l'automne 1860. C'est une manière de ne pas oublier".

    Situé dans le nord-ouest de Beijing, le Palais Yuanmingyuan était la demeure d'été impériale de la Dynastie des Qing (1644-1911). Sa construction a duré 150 ans.

    Yuanmingyuan possédait une vaste collection de jardins, de bâtiments d'architectures diverses et d'autres oeuvres d'art. Le lieu était considéré par les Chinois comme le "palais des palais".

    Cette merveille du patrimoine chinois a été pillée, saccagée et incendiée par l'alliance des armées franco-britanniques pendant la seconde guerre de l'opium en 1860.

  • PLUS TOT QU'A DES FRIPOUILLES POUQUOI PAS LE PRIX NOBEL A TITRE POSTHUME A VICTOR HUGO

    Un buste de Victor Hugo à l'Ancien palais d'été
     

    Pour la plupart des Chinois, l'incendie de l'Ancien palais d'été, ou Yuanmingyuan en chinois, est considéré comme un acte barbare et criminel. Certains contemporains français, tels que Victor Hugo, ont désapprouvé cette action. A l'approche du 150e anniversaire du grand pillage de Yuanmingyuan,une statue de Victor Hugo, le grand écrivain français, a été dévoilée sur le site de l'Ancien palais afin de commémorer cet événement.

    La statue en bronze haute de 84 centimètres est un buste du grand homme de lettres. Un peu plus au sud, un livre en pierre a été sculpté où figure gravé, en chinois et en français, la célèbre Lettre au capitaine Bulter. Victor Hugo y parlait de l'Ancien palais d'été : "C'etait une sorte d'effrayant chef-d'oeuvre inconnu entrevu au loin, dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe." Selon le directeur du parc Yuanmingyuan, ce buste de Victor Hugo a une portée importante, il nous rappelle à la fois une blessure de l'histoire et la promotion de la paix.

    Lettre au capitaine Butler - Victor Hugo

    VERSION FRANCAISE

    Hauteville House, 25 novembre 1861

    Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l'expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l'empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d'approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.

    Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :

    ll y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s'appelait le Palais d'été. L'art a deux principes, l'Idée qui produit l'art européen, et la Chimère qui produit l'art oriental. Le Palais d'été était à l'art chimérique ce que le Parthénon est à l'art idéal. Tout ce que peut enfanter l'imagination d'un peuple presque extra-humain était là. Ce n'était pas, comme le Parthénon, une œuvre rare et unique ; c'était une sorte d'énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle.

    Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d'été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d'eau et d'écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d'éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c'était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l'énormité d'une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l'homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le Palais d'été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d'été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C'était une sorte d'effrayant chef-d'œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe.

    Cette merveille a disparu.

    Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d'été. L'un a pillé, l'autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu'il paraît. Une dévastation en grand du Palais d'été s'est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d'Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu'on avait fait au Parthénon, on l'a fait au Palais d'été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n'égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l'orient. Il n'y avait pas seulement là des chefs-d'œuvre d'art, il y avait un entassement d'orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L'un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres ; et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l'histoire des deux bandits.

    Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.

    Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m'en donner l'occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

    L'empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd'hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d'été.

    J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.

    En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.

    Telle est, monsieur, la quantité d'approbation que je donne à l'expédition de Chine.

    VERSION CHINOISE

    维克多*雨果的一封信

    巴特勒上校:

    您问我对于远征中国的看法。先生您觉得这次远征又体面又高尚;您相当善意地看重我对此的感情。您认为在维多利亚女皇和拿破仑皇帝的双重旗帜下对中国进行的这次远征是英法两国共享的光荣;您想知道我对这次英法取得的胜利能给予多大程度的赞同。

    既然您愿意知道我的看法,那我就发表如下:

    从前在世界的一方有个奇迹:这个世界奇迹叫圆明园。艺术有两种原则:一种是构思,它产生了欧洲艺术,另一种是想象,它产生了东方艺术。圆明园是属于想象的艺术,巴特农则是构思的艺术。一个近乎超凡的民族利用其想象力能够造出的全部东西都集中在那里。它不象巴特农那样是举世无双的稀有作品,而是想象造出的一个巨大模型,如果想象可以有模型的话。请您想象一种大家不知道是怎样的、而又无法形容的建筑物,就像月宫里的一座建筑物,那就是圆明园……建造这座圆明园足足用了两代人的劳动;它像一座城市那么大,由岁月造成。造给谁?造给人民。因为由岁月建筑的东西都属于人民。凡艺术家、诗人、哲学家都熟悉圆明园,伏尔泰是这么说的。大家都在说:希腊的巴特农,埃及的金字塔,罗马的圆形大剧场,巴黎的圣母院,东方的圆明园。如果人们见不到它,就会梦见它。这是一件令人咋舌的、从未见过的杰作,从神秘的暮色中远远望去就像是耸立在欧洲文明地平线上的一个东方文明的朦胧轮廓。

    这个奇迹现在消失了。

    一天,两个强盗闯入圆明园,一个掠夺,一个纵火。似乎获得胜利就可以当强盗了;两个胜利者把大肆掠夺圆明园的所得对半分赃。在这一切的所作所为中,隐隐约约见到了埃尔金的名字,这必然使人们回想起巴特农:以前有人对巴特农所干的,现在对圆明园又干了起来,而且干得更彻底、更好,一扫而光。把我们所有大教堂里收藏的宝贝堆在一起,也抵不上这座光辉灿烂的东方博物馆,那里不仅有艺术精品,还有大堆大堆的金银制品。伟大的功勋,喜人的收获。一个胜利者装满了身上所有的口袋,另一个见了,也把一个个保险箱装满。于是,他们手挽手笑着回到欧洲。这就是两个强盗的故事。

    我们欧洲人是文明人,中国人在我们眼里是野蛮人,这就是文明对野蛮所干的勾当。

    在历史面前,一个强盗叫法兰西,另一个强盗叫英国。但是我抗议。我感谢您给我这个机会让我申明:统治者所犯的罪行并不是被统治者的错误;政府有时是强盗,但人民永远不会作强盗。

    法兰西帝国侵占了这次胜利的一半成果;今天,他以一种所有者的天真,炫耀着圆明园里的灿烂古董。我希望,铲除污垢后解放了的法兰西把这些赃物归还给被掠夺过的中国的那一天将会到来。

    而现在我看到的,是一次偷盗行为和两个小偷。

    先生,这就是我对远征中国的行为所给予的赞同程度。

    维克多*雨果

    1861年11月25日

  • YUANMINGYUAN , LA MISE A SAC DU PALAIS D'ETE PAR LES BARBARES ANGLO-FRANCAIS

    Beijing : 150e anniversaire de la mise à sac de l'ancien Palais d'été à partir de lundi prochain
    La Chine lancera à partir de ce lundi 27 septembre une série d'activités commémorant le 150e anniversaire de la mise à sac du Palais Yuanmingyuan (ancien palais d'été).


    Avec pour thème "Paix, coopération et harmonie", des conférences académiques, des expositions, des échanges interculturels et une soirée seront organisées, pour une durée d'un mois, par le gouvernement de l'arrondissement de Haidian, sous l'administration municipale de Beijing, a annoncé samedi le directeur du bureau de gestion du palais, Chen Mingjie.

    Des visiteurs pourront admirer des sculptures en pierre restées intactes après le pillage, et 150 reliques réparées.

    L'association d'amitié France-Chine va faire don à cette occasion d'une statue de Victor Hugo. L'écrivain français avait dénoncé dans sa lettre au capitaine Butler le pillage du palais Yuanmingyuan.

    Situé dans le nord-ouest de Beijing, le palais Yuanmingyuan était la demeure d'été de la famille impériale de la dynastie des Qing (1644 -1911). Il avait été brûlé par l'alliance des armées franco-britannique pendant la seconde guerre de l'opium, en 1860.

    En 1900, les forces alliées de huit pays (la Grande Bretagne, les Etats-Unis, l'Allemagne, la France, la Russie, le Japon, l'Italie et l'Autriche) avaient pillé et brûlé de nouveau ce palais lors de leur occupation de Beijing.

     


    Victor Hugo , en exil à Hauteville House,à Guernesey ( où il vécut 19 ans, après le coup d'état du 2 décembre 1851), ne connaissait cette merveille du monde qu’à travers le récit des voyageurs.
    Cependant,Le 25 novembre 1861, répondant au capitaine Butler de l'armée britannique qui faisait l'éloge du sac du palais d'été, il dénonça de façon édifiante cette action des troupes anglo-françaises coalisées contre la Chine impériale.

     






    Lettre de Victor Hugo au capitaine Butler :

    Hauteville House, 25 novembre 1861

    "Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l’expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l’empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l’Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d’approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.

    Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :

    ll y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s’appelait le Palais d’été. L’art a deux principes, l’Idée qui produit l’art européen, et la Chimère qui produit l’art oriental. Le Palais d’été était à l’art chimérique ce que le Parthénon est à l’art idéal. Tout ce que peut enfanter l’imagination d’un peuple presque extra-humain était là. Ce n’était pas, comme le Parthénon, une œuvre rare et unique ; c’était une sorte d’énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle.

    Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d’été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d’eau et d’écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d’éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c’était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l’énormité d’une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l’homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le Palais d’été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Égypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d’été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C’était une sorte d’effrayant chef-d’œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d’Asie sur l’horizon de la civilisation d’Europe.

    Cette merveille a disparu.

    Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Une dévastation en grand du Palais d’été s’est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d’Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu’on avait fait au Parthénon, on l’a fait au Palais d’été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l’orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’œuvre d’art, il y avait un entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits.

    Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.

    Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

    L’empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd’hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été.

    J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.

    En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.

    Telle est, monsieur, la quantité d’approbation que je donne à l’expédition de Chine."


    VICTOR HUGO.

     

     

     

    Voici cette même lettre traduite en chinois


    维克多*雨果的一封信

    巴特勒上校:

    您问我对于远征中国的看法。先生您觉得这次远征又体面又高尚;您相当善意地看重我对此的感情。您认为在维多利亚女皇和拿破仑皇帝的双重旗帜下对中国进行的这次远征是英法两国共享的光荣;您想知道我对这次英法取得的胜利能给予多大程度的赞同。

    既然您愿意知道我的看法,那我就发表如下:

    从前在世界的一方有个奇迹:这个世界奇迹叫圆明园。艺术有两种原则:一种是构思,它产生了欧洲艺术,另一种是想象,它产生了东方艺术。圆明园是属于想象的艺术,巴特农则是构思的艺术。一个近乎超凡的民族利用其想象力能够造出的全部东西都集中在那里。它不象巴特农那样是举世无双的稀有作品,而是想象造出的一个巨大模型,如果想象可以有模型的话。请您想象一种大家不知道是怎样的、而又无法形容的建筑物,就像月宫里的一座建筑物,那就是圆明园……建造这座圆明园足足用了两代人的劳动;它像一座城市那么大,由岁月造成。造给谁?造给人民。因为由岁月建筑的东西都属于人民。凡艺术家、诗人、哲学家都熟悉圆明园,伏尔泰是这么说的。大家都在说:希腊的巴特农,埃及的金字塔,罗马的圆形大剧场,巴黎的圣母院,东方的圆明园。如果人们见不到它,就会梦见它。这是一件令人咋舌的、从未见过的杰作,从神秘的暮色中远远望去就像是耸立在欧洲文明地平线上的一个东方文明的朦胧轮廓。

    这个奇迹现在消失了。

    一天,两个强盗闯入圆明园,一个掠夺,一个纵火。似乎获得胜利就可以当强盗了;两个胜利者把大肆掠夺圆明园的所得对半分赃。在这一切的所作所为中,隐隐约约见到了埃尔金的名字,这必然使人们回想起巴特农:以前有人对巴特农所干的,现在对圆明园又干了起来,而且干得更彻底、更好,一扫而光。把我们所有大教堂里收藏的宝贝堆在一起,也抵不上这座光辉灿烂的东方博物馆,那里不仅有艺术精品,还有大堆大堆的金银制品。伟大的功勋,喜人的收获。一个胜利者装满了身上所有的口袋,另一个见了,也把一个个保险箱装满。于是,他们手挽手笑着回到欧洲。这就是两个强盗的故事。

    我们欧洲人是文明人,中国人在我们眼里是野蛮人,这就是文明对野蛮所干的勾当。

    在历史面前,一个强盗叫法兰西,另一个强盗叫英国。但是我抗议。我感谢您给我这个机会让我申明:统治者所犯的罪行并不是被统治者的错误;政府有时是强盗,但人民永远不会作强盗。

    法兰西帝国侵占了这次胜利的一半成果;今天,他以一种所有者的天真,炫耀着圆明园里的灿烂古董。我希望,铲除污垢后解放了的法兰西把这些赃物归还给被掠夺过的中国的那一天将会到来。

    而现在我看到的,是一次偷盗行为和两个小偷。

    先生,这就是我对远征中国的行为所给予的赞同程度。

    维克多*雨果

    1861年11月25日

  • UN AUTRE OBJET D'ART VOLE PAR LES FRANCAIS MIS EN VENTE DEMAIN.

    Un autre objet d'art du Yuanmingyuan sera mis aux enchères en France

    F200904281535212158022567[1]
    Le cachet, dont la valeur est estimée à 300 000/400 000 €

    Un autre objet historique d'art qui avait fait l'objet de pillage dans le Palais du Yuanmingyuan sera une fois de plus vendu aux enchères en France. On apprend que l'Etude Beaussant Lefèvre a annoncé récemment qu'elle organisera le 29 avril à l'hôtel Drouot à Paris une vente aux enchères de la collection d'un ancien général de l'armée française, laquelle comprend un sceau en jade de l'époque de l'empereur Qianlong de la dynastie des Qing (1644-1911).

    Le quotidien hongkongais «Wenhui Bao » rapporte qu'il est sculpté deux dragons sur ce sceau en jade qui mesure 9 sur 10 centimètres et qui porte des inscriptions qui signifient « Paix sur les neuf continents (la Chine) ». Fabriqué sous le règne (1736-1795) de l'empereur Qianlong, le sceau en jade appartenait à la famille impériale.

    Le prix de base de l'enchère de l'objet en question est fixé à 300.000 euros (environ 3,06 millions de dollars hongkongais). Les soi-disant propriétaires de l'objet volé sont les descendants et héritiers d'un général français en garnison avec ses troupes à Dagu, lesquelles s'allièrent par la suite aux troupes anglaises pour attaquer en 1860 la capitale chinoise Pékin. Les troupes anglo-françaises s'en prirent ensuite au Palais Yuanmingyuan pour s'emparer des trésors qui y étaient conservés avant de l'incendier et de le détruire complètement.

    Des analystes français indiquent que le « butin » du général provient sans aucun doute du pillage de Yuianmingyuan par l'armée alliée anglo-française et que le général était lui-même un des pilleurs, des saccageurs et des incendiaires.

    La Maison aux enchères concernée et les propriétaires dudit objet choisissent ce moment-là pour vendre le sceau impérial en question, car ils pensent faire monter, monter et monter les enchères grâce à la polémique médiatisée survenue auparavant par la vente aux enchères des deux têtes d'animaux en bronze.

    Le site web du journal français l'Echo a fait paraître un blog dans lequel il est déclaré directement que son auteur souhaite que la présente mise aux enchères « puisse attirer les esprits polémiques qui ont un intérêt à se montrer zélés auprès des autorités chinoises », ce qui inciterait « les Chinois qui ont beaucoup, beaucoup et beaucoup d'argent » à acheter cet « objet noble et précieux ».

  • QUI EST CAI MINGCHAO ?

    F200903061634411199314517[1]
    Cai Mingchao

    Cai Mingchao est un collectionneur chinois de grand renom et il assume actuellement les fonctions de Président Directeur Général de la Société à responsabilité limitée de vente aux enchères d'objets d'art Xinhe de Xiamen et de Conseiller de la Fondation spéciale chinoise pour le sauvetage et le recouvrement des objets d'art écoulés à l'étranger. Il est le premier des collectionneurs chinois de la partie continentale de la Chine à réussir à acquérir des objets historiques d'art à des prix monstrueux.

    Cai Mingchao est originaire de Jinjiang qui est situé non loin de Xiamen. Sa ville d'origine a été le plus grand marché en Chine de vente en gros d'habits et de vêtements et lui-même, il a commencé sa carrière dans le commerce de l'habillement.

    A partir de l'an 2000, il a commencé à s'intéresser à la collection d'objets d'art, puis l'année suivante, il s'est introduit dans le secteur de la vente aux enchères.

    Le 7 octobre 2006, il réussit, lors de la vente aux enchères organisée à Hong Kong par Sotheby's, à acquérir pour la somme de 116 millions de dollars hongkongais une sculpture du portrait assis du fondateur du Bouddhisme Sakyamuni, laquelle date de l'époque Yongle (1403-1424) de la dynastie des Ming (1368-1644), et il a battu ainsi le record mondial dans l'adjudication d'objets d'art chinois.

    Le 25 février 2009, lors de la vente aux enchères organisée à Paris par Christie's, il a une fois de plus acquiert les deux têtes d'animaux en bronze (une de lapin et une de rat) pour la somme de 31,4912 millions d'euros. Puis, il a déclaré qu'il n'effectuera pas le paiement.