yu xiang

  • SOMMET CHINE -UNION EUROPEENNE.

    La Chine s'avère être un bon partenaire de l'Europe

    L'Union européenne (UE) a accueilli le 11e Sommet Chine-UE à Prague, la capitale de la République tchèque mercredi dernier. Ce sommet avait déjà été annulé par la Chine en décembre dernier.

    En étant la plus haute instance consultative, ce sommet annuel a eu lieu alternativement dans un pays européen et en Chine. Et pour la première fois en 11 ans d'histoire, ce sommet a été reporté à cause de la rencontre du président français Nicolas Sarkozy avec le Dalaï-Lama malgré l'opposition officielle de Beijing.

    Le fait que le Premier ministre Wen Jiabao ait fait 20 heures de vol aller-retour entre la capitale tchèque et Beijing pour deux heures de réunion, montre bien la façon dont la Chine chérit son amitié si durement gagnée avec l'Union européenne et ses aspirations à travailler avec l'Union européenne et avoir une relation de haut niveau et sans disputes. En même temps, l'engagement est aussi une indication du sens de responsabilité de la Chine a en tant que puissance émergente.

    Au XXIe siècle, la Chine et l'UE seront confrontées au problème du maintien de leurs relations complexes: l'une étant le plus grand pays en développement et l'autre, un bloc de pays développés très intègre. Etant donné que le pouvoir politique et militaire, que le continent européen possédait autrefois est déclin, il est maintenant temps pour les Européens de revoir leurs impressions sur la Chine en développement rapide et de réévaluer leurs modèles de développement économique et social qui ont été utilisés depuis si longtemps.

    Les citoyens européens sont en train de perdre leur sentiment de supériorité si bien établi à cause du déclin progressif du continent, et de la baisse de son poids politico-économique dans la communauté internationale. En dépit d'un engagement à respecter les Droits de l'Homme et de lutter pour un développement économique équilibré, les Européens ont toujours perdu face aux Etats-Unis dans le domaine de l'économie internationale et du commerce international.

    Le déclenchement de la crise financière aux Etats-Unis a été au départ vu par le continent comme une occasion rare de retrouver l'initiative dans le recadrage de l'ordre économique international. Au début de la période de crise, Nicolas Sarkozy a annoncé avec optimisme que la crise mettrait un terme à la politique du laissez-faire dans le capitalisme dirigé par les USA. Peer Steinbrueck, ministre allemand des Finances, a déclaré avec confiance aux journalistes que la plus grande économie d'Europe était capable de survivre à la crise financière. Cependant, en moins de deux semaines, les pays européens ont été frappés par le même cauchemar économique que celui qu'ont connu les Etats-Unis.

    Selon les données publiées en avril par la Commission européenne, la communauté a souffert d'une bien plus grave récession économique que la plus grande économie du monde, et près de 8,5 millions d'Européens devraient rejoindre les rangs des chômeurs en 2009 et 2010. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont tous lancé des avertissements à propos des conditions économiques et sociales de l'Europe.

    En outre, la crise financière a provoqué des troubles sociaux en France et en Espagne, et des problèmes politiques en Islande, en République tchèque et l'Autriche, ce qui a plongé le continent dans une profonde récession.

    Sur la scène internationale, l'Europe est également marginalisée. Le Financial Times avait publié un article affirmant que la Chine a maintenant moins besoin de l'Europe que le continent de ce pays asiatique. Il est connu que le Groupe des sept pays industrialisés générait 80% du PIB mondial il y a 10 ans, mais maintenant, en revanche la valeur économique produite par le club du G8 ne représente plus que la moitié du total mondial.

    Avec le déclenchement de la crise financière mondiale, les pays occidentaux ont été frappés l'un après l'autre par la récession sans précédent, ce qui a accéléré le déplacement du centre économique mondial vers la Chine et les autres économies émergentes.

    Selon les estimations de Goldman Sachs, une compagnie d'investissement et des valeurs boursières, d'ici 2050, il y aura 6 grandes économies qui seront la Chine, les Etats-Unis, le Japon, l'Inde, le Brésil et la Russie, sans aucune place pour tous les pays européens. En confrontant le ralentissement économique, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et d'autres puissances européennes ont exprimé à maintes reprises qu'ils connaissent des difficultés financières et n'ont pas la capacité d'adopter d'autres mesures de stimulation. Selon eux, la Chine doit jouer un rôle plus important dans le redressement de l'économie mondiale. L'histoire des relations sino-européennes montre que la Chine a toujours été un ami fiable. Dans les 34 années qui se sont écoulées depuis l'établissement des relations diplomatiques, la Chine et l'UE ont mis en place plus de 50 mécanismes de consultation et de dialogue à différents niveaux, couvrant la politique, l'économie, le commerce, la science et la technologie, l'énergie et la protection de l'environnement.

    L'Union européenne est le plus grand partenaire commercial pour la Chine, son plus grand marché d'exportation, et maintenant la Chine est devenu le marché ciblé par l'Europe pour ses importations. L'énorme marché chinois a fourni beaucoup d'opportunités commerciales pour les entreprises européennes. Le flux de marques bon marché mais de qualité made-in-China a apporté des avantages réels pour les consommateurs européens, en leur permettant d'épargner en moyenne 300 euros par an.

    Compte tenu de leur importance stratégique mondiale, les relations UE-Chine ont sans aucun doute une base solide pour nouer une profonde confiance mutuelle, qui peut être la base du renforcement des relations bilatérales, à commencer par les dispositions économiques et commerciales et à terminer par les échanges culturels.

    Le développement de bonnes relations entre la Chine et l'UE nécessite non seulement des efforts de la part de la Chine, mais aussi une profonde révision de l'attitude et des mesures politiques de l'Europe envers la Chine. Une plus grande ouverture d'esprit de la part de l'UE et une perspective plus objective et plus juste envers la Chine permettrait d'approfondir les relations bilatérales.

    L'auteur est Yu Xiang, chercheur à l'Institut chinois des relations internationales contemporaines.