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  • Les visites des politiciens japonais au sanctuaire Yasukuni posent une menace à la paix mondiale

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    La visite de la honte

     

    L'ambassadeur de Chine au Royaume-Uni Liu Xiaoming a critiqué avec véhémence les visites des politiciens japonais au sanctuaire Yasukuni, expliquant que ces visites constituaient une grave menace à la paix mondiale en ressuscitant l'esprit militariste du Japon.

    Dans un article signé publié jeudi sur le quotidien britannique The Daily Telegraph, M. Liu a indiqué que la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe au sanctuaire "a ravivé les souvenirs amers des crimes de guerre du Japon".

    M. Liu considère la visite d'Abe au sanctuaire Yasukuni la semaine dernière comme un acte relevant d'un "mépris flagrant envers les sentiments de ses pays voisins asiatiques", comme le sanctuaire honore 14 criminels de guerre de classe A.

    "Ils faisaient partie des 28 responsables politiques et militaires japonais condamnés par un tribunal militaire international après la Seconde guerre mondiale", a rappelé l'ambassadeur.

    La visite de Shinzo Abe le jour du premier anniversaire de son mandat de Premier ministre a suscité l'indignation du monde entier, et plus particulièrement celle des pays qui ont souffert des atrocités de l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale et spécialement en Chine et en Corée du Sud.

    Il s'agit de la première visite au sanctuaire d'un Premier ministre japonais en exercice depuis celle de l'ancien Premier ministre Junichiro Koizumi en 2006.

    Abe fait honte au Japon là où Brandt avait fait honneur à l'Allemagne

     

     

    Le manque d'honnêteté historique de M. Abe fait contraste avec le courage et la vision du défunt chancelier ouest-allemand Willy Brandt, tombé à genoux il y a 43 ans devant le monument érigé en l'honneur des victimes du Soulèvement du ghetto de Varsovie de 1943, dans un acte de repentance spontané et authentique.

     

    M. Brandt n'avait prononcé aucune parole, mais ses excuses silencieuses voulaient tout dire : l'Allemagne se repent de son passé, est décidée à rattraper le temps perdu, et est prête à regagner la confiance internationale dont elle a besoin pour passer à autre chose.

     

    L'expression sincère de remords et la profonde réflexion de M. Brandt et d'autres dirigeants allemands ont ouvert la voie à l'acceptation de leur nation par la communauté internationale. Au moment où M. Brandt s'est mis à genoux, sa nation s'est relevée.

     

    Manifestement, M. Abe n'a rien retiré de cette portion de l'histoire. Cédant aux demandes des éléments de plus en plus radicaux de la droite politique japonaise, il dirige le Japon sur un chemin dangereux de provocation et d'isolation.

     

    M. Brandt avait jadis déclaré que ceux qui oublient l'histoire ont l'esprit dérangé. Les condamnations et les inquiétudes du monde entier en réponse à la visite de M. Abe au sanctuaire devraient être suffisamment puissantes pour injecter une bonne dose de sobriété au sein de la direction japonaise.

     

    Poids lourd économique et politique, le Japon est tenu de jouer un rôle constructif dans les affaires régionales et mondiales. M. Abe et les politiciens japonais à la mentalité semblable devraient comprendre qu'ils ne font qu'accroître les incertitudes dans une région déjà volatile.

     

    La paix mondiale et la stabilité régionale ont besoin d'un Japon honnête, qui se comporte adéquatement. Le peuple japonais et la communauté internationale devraient unir leurs efforts pour s'assurer que le Japon reprenne la bonne voie.