tunisie

  • La Chine appelle à la retenue en Syrie et à la non-ingérence dans les affaires intérieures du pays

    La Chine a appelé mardi les différentes parties syriennes à faire preuve de retenue pour éviter toute violence, et elle a exhorté par ailleurs la communauté internationale à se conformer à la Charte des Nations Unies et à ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures du pays.

    Li Boadong, représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies, a lancé cet appel après que la Chine et la Russie eurent mis leur veto à une résolution condamnant les autorités syriennes. Le projet de résolution, présenté par la France, l'Allemagne, le Portugal et la Grande-Bretagne, a été rejeté car la Chine et la Russie ont eu recours au droit de veto dont ces deux pays disposent en tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.

    "La Chine est vivement préoccupée par l'évolution de la situation en Syrie", a déclaré M. Li.

    "Nous appelons toutes les parties concernées en Syrie à faire preuve de retenue pour éviter toute forme de violence et de nouveaux affrontements meurtriers", a-t-il poursuivi.

    "Nous espérons que le gouvernement syrien mettra en oeuvre les réformes qu'il s'est engagé à mener, et nous espérons également voir s'amorcer rapidement le processus politique national ouvert, afin d'apaiser les tensions au plus vite", a-t-il dit.

     

     


    "La communauté internationale se doit d'apporter une assistance constructive pour faciliter la réalisation de ces objectifs", a-t-il ajouté, mais elle "doit respecter pleinement la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de le Syrie".

    "Une éventuelle action du Conseil de sécurité concernant la question syrienne devrait être conditionnée au fait de faciliter l'apaisement des tensions dans le pays, au fait de désarmorcer les différends par le biais du dialogue politique, et de contribuer à maintenir la paix et la sécurité au Moyen-Orient", a déclaré Li Baodong.

    "Avant tout, elle [une éventuelle action] devrait être conditionnée au respect de la Charte de l'ONU et au principe de non-ingérence", a-t-il renchéri.

    La Chine a pris part aux consultations sur les projets de résolutions sur la Syrie au Conseil de sécurité "d'une manière active et constructive", a-t-il indiqué.

    "Actuellement, le Conseil de sécurité a deux projets de résolution, l'un préconise de respecter la souveraineté de la Syrie et de résoudre la crise politique par le biais du dialogue politique, ce que la Chine soutient", a déclaré M. Li, se référant au projet de résolution proposé par la Russie.

    Cependant, en ce qui concerne le projet de résolution qui vient d'être soumis au vote, "la Chine, tout comme de nombreux autres membres du Conseil de sécurité, est d'avis que des sanctions ou des menaces de sanctions ne pourront pas aider à résoudre le problème syrien étant donné la situation actuelle du pays", a-t-il poursuivi, "au contraire, cela pourrait encore compliquer davantage la situation".

    "Mais à notre grand regret, nous avons été déçus de voir que nos préoccupations raisonnables n'ont pas reçu l'attention ni la réponse qu'elles auraient méritées de la part des pays qui ont présenté le projet de résolution", a-t-il fait remarquer.

    "Le projet de résolution actuel vise seulement à exercer une pression sur la Syrie, voire même à menacer de recourir à des sanctions contre elle, ce qui n'est pas bon pour apaiser les tensions dans le pays", a-t-il ajouté, "Par conséquent, la Chine a voté contre le projet de résolution".

    Le projet de résolution, soumis au vote du Conseil de sécurité, lequel est composé de 15 membres en tout, a recueilli neuf voix pour, deux contre et quatre abstentions. L'Afrique du Sud, le Brésil, l'Inde et le Liban, quatre membres non permanents du Conseil, se sont abstenus.

    "La Syrie est un pays important au Moyen-Orient, et le maintien de la paix et de la stabilité en Syrie sert l'intérêt commun du peuple syrien ainsi que de la communauté internationale", a affirmé M. Li, "La Chine, de concert avec la communauté internationale, continuera à jouer un rôle actif et constructif dans la résolution du problème syrien et nous allons continuer à soutenir les efforts de médiation des pays et des organisations dans la région".

    La Syrie a été secouée par six mois de troubles, qui, selon les autorités du pays, ont été provoqués par des complots de l'étranger et des gangs armés. Selon une récente déclaration de l'ONU, le nombre de civils tués au cours des six derniers mois a atteint 2 700.

    "Le projet qui a été refusé aujourd'hui était basé sur une philosophie très différente, la philosophie de la confrontation", a déclaré Vitali Tchourkine, le représentant permanent de la Russie aux Nations Unies, au Conseil de sécurité suite au vote, indiquant que cette approche était "contraire au principe d'un règlement pacifique de la crise" en Syrie.