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  • Corruption en Chine: pour confondre les fonctionnaires, les maîtresses ne sont pas des témoins fiables

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    La Chine ne doit pas compter sur les dénonciations des maîtresses de fonctionnaires pour mettre au jour des faits de corruption au sein du Parti, estimait hier l'organe de presse principal de Chine après qu'une série d'incidents de ce genre ont motivé certaines personnes à faire appel à ces femmes pour s'en prendre aux cadres corrompus.

    Dans une récente affaire très médiatisée, Liu Tienan, autrefois directeur adjoint de la Commission nationale du développement et de la réforme, avait été limogé après que sa maîtresse confia à un journaliste que Liu avait participé à une extorsion de plus de 200 millions de dollars dans plusieurs banques.

    Pourtant, le Quotidien du peuple, l'organe de presse officiel du Parti communiste, remet en cause les motifs qui ont poussé la femme à agir de la sorte et juge que la Chine ne peut compter sur de telles personnes pour combattre la corruption.

    « Même s'il arrive que, pour différentes raisons, des maîtresses de fonctionnaires corrompus soient entraînées à les dénoncer à la suite d'un conflit quelconque, leurs motifs sont à l'origine les mêmes, à savoir satisfaire leur appât du gain », commente le quotidien dans un éditorial.

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    « Certaines sollicitent directement d'importants pots-de-vin ou recherchent à s'enrichir illégalement. Si nous remettons nos espoirs de lutte anti-corruption entre leurs mains, cela revient à combattre le mal par le mal », souligne le Quotidien du peuple, qui conclut que « ce n'est pas la voie qu'il convient à notre peuple d'emprunter ».

    L'article fait encore référence à une autre affaire dans laquelle une vidéo qui exhibait les ébats amoureux d'un chef du Parti avec sa maîtresse s'était rapidement propagée sur le microblog Weibo, l'équivalent chinois de Twitter. Le cadre en question, Lei Zhengfu, avait été destitué de ses fonctions, en même temps que de nombreux autres fonctionnaires de la ville de Chongqing.

     

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    Sa maîtresse, une jeune femme de 24 ans nommée Zhao Hongxia, a été inculpée pour extorsion au moi de mai en raison de sa participation présumée dans un réseau criminel qui était parvenu à faire chanter plusieurs cadres du Parti en filmant secrètement des parties de jambes en l'air avec leur maîtresse.

    Zhao est devenue une sorte d'antihéros national en soutirant une condamnation à ceux qui qualifient son comportement d'immoral, alors que d'autres la félicitent d'avoir fait tomber Lei Zhengfu.

     

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