su shuyan

  • HISTOIRE DU TIBET.

    Le chef religieux tibétain Phagpa a été mentor pour le puissant Kublai Khan, et peu après qu'il ait quitté Dadu (aujourd'hui Beijing), Marco Polo est arrivé dans cette grande ville.

    Le jeune Italien a été épaté par ce qu'il a vu dans cette ville. Les écrits de Polo sur les merveilles et les richesses ont inspiré Christophe Colomb d'envoyer un voilier à la recherche du nouveau monde, mais un nouveau livre révèle comment Phagpa a influencé Polo, ce qui a déclenche une chaîne d'événements qui ont contribué à créer le monde tel qu'il est d'aujourd'hui.

    Mais l'auteur Su Shuyang affirme que l'histoire et la culture du Tibet est un "mont Qomolangma", dont le sommet est au-delà de sa portée.

    "Je rêve souvent d'être Tibétain moi-même", affirme ce Chinois d'ethnie han en racontant les joies de rédaction de l'ouvrage A Reader on Tibet (西藏读本)(Xizang Duben).

    L'auteur âgé de 71 ans a perdu un rein et une partie de ses poumons suite à un cancer. Mais malgré son mauvais état de santé, M.Su est toujours sous le charme de l'un des pays les plus fascinants et projette d'écrire un autre livre de référence sur Tibet bientôt.

    Pendant les 18 premières années de sa vie active, M.Su a été professeur d'histoire et de philosophie à l'université. Ensuite il a écrit son premier ouvrage de rétrospective sur la "Révolution culturelle" (1966-76).

    Son drame Song of the Red Heart (丹心谱)(Dan Xin Pu), publié en 1978, a été un énorme succès et au cours des trois dernières décennies, il a remporté de nombreux prix littéraires pour ses romans, pièces de théâtre, scénarios des films, poèmes et commentaires.

    Son livre A Reader on China(中国读本)(Zhongguo Duben) publié en 2005 a été immédiatement un succès qui s'est vendu à plus de 12 millions d'exemplaires chinois. Après ce succès, les amis étrangers de Su lui ont suggéré d'écrire sur le Tibet avec le même style facile à lire qu'il a utilisé pour A Reader on China.

    M.Su a grandi dans le nord de la province chinoise du Hebei et admis: "Mes connaissances sur le Tibet et la tibétologie sont égales au niveau d'un élève du primaire, si ce n'est pas moins."

    Au cours des trois dernières années, M.Su a étudié près de 200 classiques et 50 dossiers cinématographiques sur le Tibet avant la publication de son livre en décembre dernier.

    Au cours des dernières années, la formidable croissance du Tibet a attiré l'attention de l'opinion publique mondiale et de nombreux livres ont été publiés sur cette partie reculée du monde. Mais les critiques littéraires chinois et les chercheurs sur le Tibet considèrent que le livre de M.Su est hors-pair.

    "Ce livre m'épate, car il a un regard sur le Tibet, du point de vue d'une perspective mondiale", a déclaré Zhang Xiaoping, rédacteur en chef du Centre d'informations Chine-Tibet. M.Zhang a été l'un des experts qui ont aidé Su Shuyang à concevoir l'ouvrage.

    Les événements remontent le temps et la structure du livre affiche l'expérience riche de Su Shuyang en tant que dramaturge.

    Il commence avec une grande scène mettant en vedette la princesse Wencheng de la dynastie Tang (618-907), partant de Chang'an (aujourd'hui Xi'an) pour Tubo (l'ancien nom du Tibet) pour épouser le roi Songtsen Gampo.

    M.Su passe à Xuan Zang, moine qui avait quitté Chang'an plus de 14 ans avant la princesse Wencheng, pour le suivre dans son voyage en Inde à la recherche de la vérité du bouddhisme.

    La discussion sur la façon dont le centre du bouddhisme s'est déplacé de l'Inde vers la Chine "met en évidence l'influence mutuelle et les interactions de la culture han avec la culture tibétaine", a déclaré Bao Mingde de l'Institut de littérature sous l'égide de l'Académie chinoise des sciences sociales.

    Avec les exemples de la religion, de la langue, de la lignée familiale et d'autres aspects, Su Shuyang prouve que le Tibet a été l'assimilation de différentes cultures, et il a toujours fait partie de la civilisation chinoise à plusieurs facettes.

    Le livre est particulièrement significatif car "il critique fortement les points de vue déformés sur le Tibet", a déclaré M.Bao.

    Le projet de la Grande-Bretagne de contrôler le Tibet est révélé et Su Shuyang explique comment les troupes britanniques ont enrôlé les Tibétains dans la bataille de 1903.

    Su Shuyang révèle également que la religion, l'ethnicité et la géographie ne sont pas les principales raisons pour lesquelles le Tibet s'est recouvert de brouillard, a dit M.Bao.

    Su Shuyang considère que les ambitions politiques du pouvoir étranger, la nostalgie des privilèges qu'avaient les groupes d'intérêt appartenant aux classes supérieures de la société esclavagiste tibétaine et la faiblesse de la Chine pendant certaines périodes de l'histoire sont les vrais raisons d'un point de vue déformé concernant Tibet.

    Wu Heping, porte-parole du Ministère de la Sécurité publique, a affirmé que Su Shuyang avait "touché un point sensible" par la divulgation des différences entre le Tibet et l'Occident sur leurs systèmes combinant la politique avec la religion.

    Pendant le Moyen Age, les pays européens ont suivi le césaro-papisme, sous lequel les dirigeants laïques avaient besoin que l'Eglise reconnaisse leur domination. Au Tibet, toutefois, les chefs religieux, qui régnaient jusqu'en 1959, devaient obtenir la reconnaissance du gouvernement central chinois.

    Après l'incident du 14 mars au Tibet, M.Wu a participé à des conférences de presse dans lesquelles de nombreux journalistes étrangers mettaient en doute les événements qui se produisaient au Tibet. Lors d'une conférence de presse, Wu Heping a cité Su Shuyang.

    "Les gens qui militent pour les droits de l'homme au Tibet, seraient-ils prêts à voir les troupes d'esclaves en chaînes de bois, au pied du magnifique Palais du Potala et sur les rives du limpide Yarlung Zanpo?", a-t-il lu en public.

    "Seraient-ils prêts à entendre "les gémissements et les soupirs portés par le vent pendant des jours et des nuits?".

    M.Wu a demandé aux journalistes internationaux s'ils avaient d'autres questions, mais pour une minute, il y avait un silence absolu.

    M.Wu dit que ce n'était jamais arrivé au cours d'une centaine de conférences de presse qu'il avait tenues. Il a dit que la puissance de la langue de Su Shuyang avait littéralement fait taire les critiques.

    Purike, éditeur tibétain à la tête de Ethnic Publishing House, affirme que Su Shuyang a fait des erreurs mineures, comme affirmer que la princesse Wencheng a présidé la traduction des classiques bouddhiques en langue tibétaine.

    Mais il a félicité Su Shuyang pour son travail.

    "Le fait qu'un chercheur avec une telle renommée ait commenté notre travail sur l'histoire et la culture du Tibet a considérablement renforcé notre confiance", a-t-il dit.

    Palbar Dorje, doyen du Département de tibétologie à l'Université centrale des nationalités, affirme que le livre regroupe les points de vue les plus récents des cercles internationaux de tibétologie.

    La version tibétaine du livre de Su sera bientôt publiée. Les éditeurs aux Etats-Unis, en Allemagne et dans d'autres pays vont discuter de la promotion du travail de Su Shuyang à l'étranger, explique Yu Xiaoqun, le directeur de Liaoning Publishing Group.
    F200903101336582914727481[1]A Reader on Tibet (西藏读本)(Xizang Duben)