sinologue

  • La Chine était un pays de prolétaires, de pauvres qui en vingt ans a sorti près de 900 millions de gens de la pauvreté

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    "La Chine a beaucoup de problèmes, comme tous les pays mais elle a réalisé des progrès bouleversants, qui n'ont été réalisé nulle part ailleurs dans l'histoire de l'Humanité. Je pense qu'on ne peut pas tout demander en même temps. La Chine compte 1,3 milliards de Chinois. Quand je suis partie il y a 20 ans, c'était un pays de prolétaires, de pauvres qui en vingt ans a sorti près de 900 millions de gens de la pauvreté. Dans son histoire, la Chine a tenté la République, ça n'a pas marché, le Communisme n'a pas marché, pas plus que le Socialisme... tous les "-ismes" inventés en Europe n'ont pas fonctionné en Chine qui aujourd'hui cherche sa propre voie."

    Liu Libin , Libin Liu Le Grix de son nom français, Française d'oripine chinoise.

    Diplômée d'études supérieures de Littérature Française et de Communication en Chine, Libin Liu Le Grix a complété sa formation d'Histoire Economique du XXème siècle à Paris I - Panthéon Sorbonne, sous la direction de Jacques Marseille, où elle a obtenu en 1992 la mention très bien pour son mémoire sur « Le Commerce Extérieur entre la France et la Chine de 1949 jusqu’à 1992 ».

     

    Sa première expérience professionnelle est acquise à Pékin, de 1984 à 1990, à CGWIC, China Great Wall Industry Corporation au sein du Ministère de l'Industrie aéronautique de Chine. Elle est Chef de Projet successivement dans l'importation des équipements étrangers et le Marketing International.

    Depuis son arrivée en France en 1990, elle occupe différentes fonctions telles que Chef de Zone Export Chine chez MAGRA INDUSTRIE dans l'automobile, Responsable Grande Chine et Asie du Sud-Est au sein du Groupe MICROFOLIE'S en multimédia, Responsable Commerciale Europe chez WEBRASKA en télécommunications, avant de créer 2L'FX INTERNATIONAL en 2003.
    Spécialiste des échanges économiques et culturels avec l'Asie, Liu Libin  a co-dirigé "Le Grand Livre de la Chine" avec le spécialiste de géopolitique Claude Chancel. Depuis 20 ans qu'elle vit en France, elle estime que, même si l'image donnée de son pays d'origine par les médias évolue, elle n'est pas souvent juste. " Quand j'amène des chefs d'entreprise en Chine, explique-t-elle, ils sont souvent très surpris de ce qu'ils y rencontrent. "

    "Mon but est de montrer la Chine dans son entier mais dans la simplicité et de sortir du cadre de nos critères européens pour mieux l'appréhender".  "Avant de venir en Chine, les chefs d'entreprise que j'amène me disent souvent qu'ils en ont peur. Peur du péril jaune , d'une dictature communiste et ils sont surpris de ne pas voir la police partout sur place comme ils l'imaginaient. Avec eux, je visite des entreprises de 12.000 personnes mais aussi celles d'une dizaine de personnes, de Shanghai à la Chine profonde. On ne parle de la Chine que par les chiffres alors que c'est un peuple profondément pacifique. Pour moi, la montée en puissance de la Chine est une bonne chose. Pendant 40 ans, le monde a vécu avec une puissance unipolaire, avec les États-Unis. Aujourd'hui, c'est un monde multipolaire avec les États-Unis, l'Europe et la Chine."

    Libin Liu Le Grix reçue par  Franck Ferrand - Europe 1- lors de l'émmission "Au coeur de l'Histoire "

    "Il y a les sinophiles et les sinophobes ! Chez nous, Jean-Pierre Raffarin est quelqu'un qui comprend très bien la Chine... contrairement à une partie de nos dirigeants tous bords confondus. Arnaud Montebourg, par exemple,  avance des choses fausses. Quand il dit que les produits 'Made in China' volent ses emplois à la France, via ses produits bas de gamme, c'est faux. Lorsque la France met sur le dos de la monnaie chinoise, sous-évaluée, tous ses problèmes, elle se berce d'illusions.Depuis 2008, l'Allemagne dégage chaque année des dizaines de milliards d'excédent commercial avec la Chine. Je ne suis pas là pour polémiquer mais je voulais que les gens puissent comprendre, via notre culture française et via notre sens critique très développé – ce qui est une bonne chose – les vrais enjeux.

    Si on prend l'exemple de Peugeot, à la fin des années 80, le groupe s'est implanté en Chine, y est resté six ans avant de se retirer. Volkswagen qui y était arrivé en même temps, y est resté et c'est aujourd'hui son plus gros marché extérieur. La classe moyenne voulait acheter des voitures derniers cri, pas des véhicules qu'on ne voulait plus ailleurs. Je dis souvent que si on veut changer le monde, il faut d'abord changer soit-même."

     

  • Pierre Picquart, sinologue français : La Chine offre au monde entier un nouveau mode de développement

    Les deux sessions annuelles chinoises sont entrées une fois encore dans le champ de vision de l'opinion internationale. À l'heure actuelle où « les deux sessions » sont devenues un terme consacré, il est certain que la compréhension de la communauté internationale sur le régime politique chinois s'est approfondie.

    Il existe beaucoup de vitrines pour observer la Chine, et celle des deux sessions est apparemment indispensable. Tout étranger qui connaît un peu les deux sessions pour les avoir observées, fera peu d'erreurs sur l'évolution politique et économique de la Chine, et ne risque pas de faire des prévisions trop éloignées de la réalité.

    Monsieur Pierre Picquart, spécialiste français de la Chine, lors d'une conversation au sujet des deux sessions, a indiqué que la Chine avait offert au monde un nouveau mode de développement tout à fait différent. Selon lui, ce mode de développement est important pour le monde, parce qu'il repose sur le respect des différents pays et sur la multipolarité.

     

    M. Pierre Picquart, sinologue français

    Mais les Chinois eux-mêmes hésitent à employer le terme de « modèle chinois », puisqu'il s'agit, en fin de compte, d'une exploration des plus grandes et des plus difficiles dans l'histoire de l'humanité. Pourtant, la vue générale dans le monde est que la Chine marche sur une voie de développement tout à fait nouvelle, et que c'est la structure de son système politique et le monde de fonctionnement de celui-ci qui décideront de la direction de cette voie.

    À travers les derniers reportages et commentaires des médias étrangers sur les deux sessions, on peut noter, grosso modo, deux centres d'attention. En premier lieu, la direction prise par l'économie chinoise, surtout pour cette année. À un moment où l'on ne sait même pas comment évolue l'économie mondiale qui rencontre plus de difficultés pour sa reconversion, on s'interroge sur l'impact des futures mesures économiques de la Chine qui est la deuxième économie mondiale.

    Combien d'obligations européennes la Chine va-t-elle acheter ? Quelles mesures prendra la Chine pour stabiliser ses exportations ? Beaucoup de détails sur l'économie chinoise sont saisis et analysés par l'opinion internationale à travers les points de presse organisés au cours des deux sessions et les débats des députés et représentants.

    En second lieu, l'attention se porte sur l'évolution politique du pays. Sans stabilité politique, il n'y aura pas de stabilité économique. Les médias étrangers attachent beaucoup d'importance à la politique. Leur télescope sur l'économie chinoise finit très souvent par se concentrer sur la politique chinoise. Sous le concert de l'intérêt pour les informations économiques, se cache une soif de « s'informer » sur la politique chinoise.

    Sous cet angle, les deux sessions constituent une excellente vitrine d'observation de la politique chinoise. À en juger par tout ce que l'on sait à l'étranger et les études faites sur les deux sessions, de plus en plus de spécialistes et de chercheurs commencent à accorder de l'importance au rôle des deux sessions, et tentent de déchiffrer la politique chinoise à partir de cet événement. Dernièrement, Monsieur Maestro, spécialiste espagnol de la Chine, a indiqué que le système de l'assemblée populaire est un régime politique correspondant aux réalités chinoises, un régime qui avance avec son temps, plein de vitalité et favorable à la stabilité et au développement de la Chine.

    Un tel jugement repose sur une connaissance approfondie du rôle des deux sessions dans la politique chinoise. Bien sûr, il n'est pas réaliste d'espérer que la plupart des étrangers partagent le point de vue de ce spécialiste espagnol sur les deux sessions. Nombreux sans doute seront ceux qui continueront à comprendre la politique chinoise à partir d'une conception politique occidentale, et beaucoup resteront dans la phase de recueil des informations et d'observation. Il y aura un long chemin à faire pour comprendre les deux sessions et la Chine. On peut tout de même espérer qu'avec l'accumulation des informations, de plus en plus seront ceux qui auront une vue plus complète du développement de la Chine.

    Voilà ce qui fait l'importance des deux sessions comme vitrine.

    Les deux sessions annuelles progressent dans la réforme. Tout en reflétant de façon plus complète la volonté du peuple chinois et en unissant les points de vue, elles font petit à petit comprendre au monde les raisons de la stabilité et du développement de la Chine. La Chine et le monde se rapprochent de plus en plus à travers une compréhension mutuelle sans cesse approfondie.