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  • L'ancien Premier Ministre français Jean-Pierre Raffarin conseille à l'Occident d'établir un nouveau type de partenariat complet avec la Chine.

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    Voici un extrait des "Carnets de JP Raffarin", publié avec l'autorisation de JP Raffarin.

    Ce 30 aout, j’organise, avec la Fondation pour la Prospective et l’Innovation, le séminaire annuel du Futuroscope sur « La Chine en 2020″. D’éminents experts s’y retrouvent. Le Ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a accepté notre invitation. Ensemble nous chercherons à définir quel doit être le meilleur partenariat avec la   nouvelle  Chine.
    La gestion des crises, telle que celle de l’industrie solaire, ne peut tenir lieu de stratégie. La présence de la Chine aux premiers rangs des nations n’est plus contestée. Le discours dominateur de l’Occident, fait de leçons et de reproches, n’est plus guère crédible. La logique du partenariat s’impose.
    Au moment où le nouveau pouvoir chinois s’installe, il est utile de préciser notre vision du « Partenariat Global Stratégique ». En Avril le Président français a créé les conditions de cette réflexion commune.

     

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    Le débat est ouvert sur un partenariat en 3D : le Politique , L’Économique et le Culturel.

    Les grands problèmes du monde ont du mal a être résolus sans le concours de la Chine. Son influence sur la Corée du Nord est nécessaire, mais sa stratégie de « stabilité permanente » freine voire bloque l’action internationale, comme en Syrie. Au cœur de puissants réseaux (Asean, Brics, Boao…) elle décuple son influence. Sans partenariat global avec La Chine, de grands sujets ne seront pas résolus : réforme de l’ONU, « containment »de l’Iran, tensions internes dans les économies « émergentes », développement de l’Afrique,… Ce partenariat exige de notre part des efforts pour comprendre les problèmes de La Chine ( difficile rééquilibrage économique, tensions sociales et régionales, menaces environnementales,…) et notamment ses objectifs internes, spécifiques comme le doublement du revenu moyen d’ici 2020, ou globaux comme « l’Unité nationale ». De son côté, la Chine doit assumer ses devoirs comme elle revendique ses droits. Ses responsabilités l’obligent à ne pas restreindre son horizon à ses seuls intérêts et à partager les valeurs de la communauté internationale. Nous avons entendu Xi Jinping à Boao : « jamais dans l’histoire, les intérêts de la Chine n’ont été aussi liés à ceux du monde, pour le développement comme pour la paix ».

    En économie le dialogue sino-français peut être plus fertile. Il est légitime que la France souhaite rééquilibrer ses échanges mais il est aussi nécessaire que nous partagions des projets communs. Le commerce international ne se limite pas au couple importations/exportations, mais le partage de projets est aussi une forme de coopération moderne. L’aéronautique , le nucléaire, la ville durable, la santé, le tourisme, l’agroalimentaire, les fonds d’investissement binationaux… devraient générer de nouveaux projets. Le Comité France-Chine et son Président J-P. Tricoire mènent, pour cela, une action puissante. Coté Europe, une clarification de la stratégie serait nécessaire. La recherche par la Chine d’une nouvelle croissance, plus inclusive, nous concerne tous. Les partenariats entre PME relèvent également d’une bonne réciprocité. Notre Fondation y travaille dans le Sichuan. Avec l’économie chinoise, mieux vaut partager que juger.

    Issue d’une vieille civilisation que notre histoire a peu fréquenté, la pensée chinoise, enracinée et globalement partagée, autorise la Chine à exporter, avec ses produits, quelques idées. Dans « La voie chinoise, Capitalisme et Empire », F. Aglietta et Guo Bai montrent que la Chine a les moyens de concevoir un modèle original, qui la dispense de copier les modèles du monde. L’exigence d’unité, « l’Harmonie », la pensée complexe, les lois de la transformation, » le développement paradoxal »,..Les sujets de confrontation intellectuelle sont multiples. La Fondation pour la Prospective et l’Innovation, avec la Fondation V. Segalen, la Fondation des Treilles et l’implication décisive de Régis Debray et François Jullien, participe à des échanges éclairants sur nos structures de penser. Si l’Occident veut bien convenir qu’il n’a pas réponse à tout, le dialogue culturel réciproque avec l’Asie est d’une impérieuse modernité.

    Les célébrations du 50ème anniversaire de la reconnaissance de la Chine par le Général De Gaulle au nom de la France, en 2014, nous donne l’occasion d’échanger avec les Chinois sur ce nouveau partenariat à trois dimensions. Si « reconnaissance » est le premier mot de notre coopération, le second sera « réciprocité », traduction française du « Gagnant-Gagnant ».

     

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    COLLOQUE ANNUEL DE LA FONDATION :

    « QUELLE CHINE DANS QUEL MONDE APRES 2020 ? »

    Ven­dredi 30 août 2013
    Palais des Congrès — Futu­ro­scope de Poitiers

     

    Invi­ta­tion au col­loque 2013 (5.33 MB)

    Pro­gramme col­loque 2013 (98.86 kB)

    Mot de bien­ve­nue de Claude BERTAUD, pré­sident du Conseil Géné­ral de la Vienne

    OUVERTURE :

    • Jean-Pierre RAFFARIN, Vice-Président du Sénat, Pré­sident de la Fon­da­tion Pros­pec­tive et Inno­va­tion,
      Ancien Pre­mier Ministre
    • Laurent FABIUS, Ministre des Affaires étran­gères et Euro­péennes, Ancien Pre­mier Ministre

     

    I– QUELLE CHINE APRES 2020 ?

    A– Un nou­veau modèle économique

    • Jean-Paul BETBEZE, Conseiller éco­no­mique de DELOITTE et Senior Advi­sor du Cré­dit Agricole.
    • Pr Michel AGLIETTA, Eco­no­miste et co-auteur de “La voie chi­noise : capi­ta­lisme et empire”.


    B– Une nou­velle société

    a– De la Chine rurale à la Chine urbaine, Caro­line PUEL, jour­na­liste et écri­vain.
    b– Une voie chi­noise de la démo­cra­tie ? GUO Bai, co-auteur de : “La voie chi­noise : capi­ta­lisme et empire”.

     

    IIPOUR QUEL MONDE APRES 2020 ?

    A– La Chine dans le monde

    • La diplo­ma­tie chi­noise à l’épreuve de la puis­sance par Syl­vie BERMANN, Ambas­sa­deur de France à Pékin.
    • la Chine et la gou­ver­nance mon­diale par Irène HORS, Conseillère prin­ci­pale de l’OCDE pour la Chine.

     

    B– La vision du monde sur la Chine ?

    • L’Europe par Enrique BARON CRESPO, Ancien Pré­sident du Par­le­ment euro­péen, Pré­sident de la Fon­da­tion Euro­péenne pour la Société de l’Information.
    • L’Inde par Dan OIKNINE, Pré­sident de la Chambre de Com­merce et d’Industrie franco-indienne (CCIFI).
    • La France par Jean-Pascal TRICOIRE, Président-directeur géné­ral de SCHNEIDER ELECTRIC SA, Pré­sident du Comité France Chine.

     

     

    IIIUN REGARD CHINOIS SUR LA CHINE APRES 2020

    par CHENG TAO, Ambas­sa­deur, Vice-président de l’Institut des Affaires Étran­gères du peuple chinois.

     

     

    CONCLUSIONS

    Jean-Pierre RAFFARIN et André CHIENG, Pré­sident de l’ASIATIQUE EUROPÉENNE DE COMMERCE,

    Vice Pré­sident du Comité France Chine

     

     

    Futuroscope - Palais des Congrès

    Avenue René Monory 86360 Chasseneuil-du-Poitou

  • Jean-Pierre Raffarin : La Chine au premier plan pour aider l'Europe à sortir de la crise

    Du 13 au 18 octobre, l'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin conduit en Chine une délégation de 50 membres, dont 25 jeunes et 25 dirigeants de PME françaises, dans le programme d'échange décidé conjointement il y a un an par les présidents Hu Jintao et Nicolas Sarkozy.

    Dimanche 16 octobre, l'ex-premier ministre français est parti pour Chengdu, capitale de la province du Sichuan, pour assister à la cérémonie d'ouverture de la 12e Exposition internationale de l'ouest de la Chine.


    La Chine est un partenaire mondial de premier plan dans la crise de la dette européenne

    Avec son grand nombre de réserves en euro et ses investissements en Europe, la Chine est un acteur important de la situation économique européenne. « Tous les interlocuteurs chinois que j'ai rencontrés depuis mon arrivée expriment leurs préoccupations, mais aussi leurs dispositifs », a dit l'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, en répondant à une question sur le rôle joué par la Chine dans le sauvetage de la crise de la dette en Europe, lors d'une rencontre avec les médias le 14 octobre à Beijing. « On verra à l'occasion du sommet du G20 à Cannes, qui aura lieu le 3 novembre, que la France et la Chine ont une vision internationale, dans laquelle, au fond, la Chine a des positions qui sont voisines de celles de la France ». Les deux pays croient que la maitrise de l'endettement ne peut passer que par des réformes. Selon M. Raffarin, durant les précédents sommets de Pittsburgh et Londres, la Chine a démontré sa détermination et sa capacité à faire face à la crise. Le prochain sommet à Cannes devrait donc être un laboratoire, tant pour la crise actuelle que pour la Chine. « Nous comptons sur ce sommet pour que les grands acteurs de l'économie mondiale envoient un message de nature à rassurer les acteurs économiques et financiers », a-t-il ajouté.

    Les barrières du commerce sont des drogues douces

    M. Raffarin a également partagé ses idées sur la récente adoption du projet de loi du Sénat américain sur la réforme du taux de change. « Dans la conception parlementaire française, le rôle des parlements n'est pas de fixer la parité monétaire des autres monnaies, notamment des monnaies étrangères. Les États-Unis, envers lesquels nous sommes reconnaissants de nous avoir appris quelques principes du libéralisme économique et politique, sur ce sujet, ne sont pas très libéraux », a souligné M. Raffarin. Depuis 2008, les États sont revenus au premier plan parmi les acteurs économiques, après une période de dérégulation et de dérèglementation. Selon lui, il faut faire attention à la tentation du protectionnisme. « L'intervention de l'État avait un aspect très positif, qui est de corriger les erreurs qu'un certain nombre d'acteurs privés avaient développées. Pour la défense des citoyens, l'intervention des États est un élément important. Mais il ne faut pas passer de cette intervention de l'État à un excès de nationalisation qui débouche sur le protectionnisme ». Il considère que le protectionnisme accélérerait aujourd'hui la crise et que les barrières sont des drogues douces qui peuvent donner une satisfaction de court terme, mais fragilise les échanges à moyen terme. « C'est par la régulation que nous pourrons équilibrer les échanges et non pas par le protectionnisme ».

     

     
     


     

    Jean-Pierre Raffarin : La Chine au premier plan pour aider l'Europe à sortir de la crise

     

      

     

     

  • La Chine occupe, de par sa taille, la rapidité de son développement, l'ancienneté de sa civilisation, une place particulière dans ce monde en émergence et partout dans le monde en général (J.P.Raffarin)

    INTERVIEW: "Le développement inclusif" est un développement "qui doit concerner tout le monde" (Jean-Pierre Raffarin)

    Le thème du "développement inclusif" au prochain Forum Boao, prévu du 14 au 16 avril dans l'Ile de Hainan (sud Chine), est une grande question "du partage des fruits de la croissance" et il s'agit d'un développement "qui doit concerner tout le monde, ne pas laisser les gens au bord du chemin", a indiqué Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français et membre du Conseil du Forum.

    Dans une interview accordée vendredi à Paris à l'Agence Xinhua, M. Raffarin a souligné que la mondialisation, la globalisation ont permis des progrès considérables pour le mieux-être des populations et que ce développement doit veiller autant à la distribution des richesses qu'à leur production, est tout à fait pertinent pour explorer ensemble les voies et moyens d'améliorer les effets et la perception de la mondialisation.

    Selon l'ancien Premier ministre français, le Forum BOAO a su trouver sa place, en 10 ans, comme enceinte de rencontres, de discussions et d'avancées en matière de coordination et d' intégration économique en Asie.

    En tant que membre du Conseil du Forum, M. Raffarin a assuré qu'il ne peut que militer pour que le dispositif offert par le Forum soit mis au service d'une meilleure compréhension entre hommes venus d'horizons divers mais partageant une même planète dont la fragilité apparaît aujourd'hui.

    Selon lui, le monde a subit ces vingt dernières années une série de chocs violents qui ont parfois mis à mal des économies jusqu'alors dominantes ou incontestées = bulle immobilière au Japon, bulle internet aux Etats-Unis. "L'effet à court terme de ces bulles a pu être contenu par les politiques mises en oeuvre mais celles-ci ont nourri la bulle financière qui, en éclatant, a failli faire chavirer l'économie mondiale", a-t-il dit, en citant d'autres chocs comme celui de l'impact des changements climatiques, des tensions sur l'approvisionnement en énergie, du vieillissement de la population.

    Il a par ailleurs salué l'impact mondial positif du plan de relance chinois. La Chine occupe, de par sa taille, la rapidité de son développement, l'ancienneté de sa civilisation, une place particulière dans ce monde en émergence et partout dans le monde en général.

    Sur le nouveau plan quinquennal de la Chine, M. Raffarin a commenté que ce plan traduit une inflexion dans le mode chinois de croissance en accordant plus de place à la consommation intérieure, aux besoins de sécurité économique et sociale de la population. " C' est un processus à long terme mais qui me paraît bien engagé et c' est aussi une contribution à un meilleur équilibre du monde", a- t-il dit.

  • Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français, parle de la Chine

    Si vous visitez le blog de Jean-Pierre Raffarin , voici ce que vous pourez lire:

    Je pars 2 jours en Afrique au Togo où je vais travailler avec les Autorités nationales sur les pressions internationales auxquelles sont aujourd’hui soumises les puissances publiques nationales.

    photo-25Et voici le compte-rendu  par la presse chinoise de la conférence qu'a tenue l'ancien Premier-ministre français  au Togo

    LOME, 7 février (Xinhua) -- La Chine développe à la fois des rapports de types « bilatéral et multilatéral, continental et national » dans le 21e siècle où les rapports de forces sont plutôt continentaux, a relevé lundi Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français (2002-2005) lors d'une conférence publique ayant rassemblé près de 2.000 personnes au Palais des congrès de Lomé.

    La conférence a porté sur le thème « 50 ans après, la puissance publique et l'ordre mondial » et est inscrite dans un programme du gouvernement togolais baptisé « Avançons tous ensemble -ATENS ».

    M. Raffarin est le troisième ancien Premier ministre français à donner une conférence publique à Lomé dans le cadre de ce programme, après Hubert Védrine et Michel Rocard.

    Selon cet ancien Premier ministre français, le monde d'aujourd'hui est continental et les continents s'organisent dans ce sens pour des équilibres continentaux.

    Il a fait noter que, dans ce contexte, les pays d'Europe se sont lancés dans des alliances bilatérales avec le Brésil en Amérique du Sud, tandis que les Etats-Unis se sont dirigés vers la Chine qui, au contraire, prône un monde multipolaire.

    « Je ne crois pas à une organisation du monde entre la Chine et les Etats-Unis », a dit ce président du groupe d'Amitié France Etats-Unis du Sénat, ajoutant que « les Chinois veulent un monde multipolaire ».

    « La Chine fait à la fois du bilatéral et du multilatéral, du continental et du national », a-t-il insisté.

    Jean-Pierre Raffarin en compagnie de son épouse Anne-Marie Perrier avec laquelle il a écrit son dernier livre "Ce que la Chine  nous a appris"qui n'a encore été publié qu'en chinois.

    A son analyse, la force chinoise a « beaucoup plus de moyens que n'importe qu'elle force au monde ». Il précise que la Chine est engagée dans des stratégies de développement qui sont des stratégies des pays développés, poursuivant qu'il « ne faut pas avoir peur de la Chine ».

    «La Chine nous demande de reconnaître son économie comme une économie de marché », a souligné cet homme politique, relevant que sur cette question les pays occidentaux ont des difficultés à partager leurs visions.

    Il explique que certains pays sont favorables à cette idée tandis que d'autres pays ne le reconnaissent pas, alors que la même considération avait été accordée à l'économie de la Russie.

    Il a qualifié la Chine de « colonne vertébrale de l'Asie », indiquant qu'elle a « beaucoup de croissance » et que l'émergence de ce pays n'est pas un fait « anodin».

    La Chine présente les caractéristiques de « banquier

     du monde et une force d'influence considérable », a dit M. Raffarin qui explique que c'est l'épargne du Chinois qui finance le déficit de l'Américain.«Nous avons besoin de la croissance de la Chine », a-t- il soutenu.

    «La force chinoise a beaucoup plus de moyens que n'importe qu'elle force au monde », a rappelé ce politique français.

    Jean-Pierre Raffarin a fait remarquer que le développement simultané du management public et du management privé est la caractéristique du 21e siècle, tout en relevant que cette vision a été amorcée en Chine des années auparavant sous le temps de Deng Xiaoping, architecte général de la réforme et de l'ouverture et de l'édification socialite de la Chine.

  • VAN ROMPUY PRESIDENT, BONNE NOUVELLE POUR LA CHINE.

    Un président pour l'Union européenne, une bonne nouvelle pour les relations avec la Chine

    La désignation du Premier Ministre belge Herman Van Rompuy comme président de l'Union européenne aidera les Nations membres à se mettre d'accord sur une politique unifiée avec la Chine et réduira les risques de brouilles relationnelles, ont dit diplomates et experts vendredi 20 novembre.

    Les dirigeants des pays membres de l'Union européenne en ont confié les rênes à Herman Van Rompuy jeudi (vendredi, heure de Beijing). Ils ont aussi nommé la Britannique Catherine Ashton, Commissaire européen au commerce, comme nouveau chef de la diplomatie européenne.

    Ces deux hautes fonctions avaient été créées sur la base du Traité de Lisbonne, réformant l'Union Européenne, qui prendra effet à compter du 1er décembre prochain.

    François Godement, directeur et professeur de l'Asia Center, qui dépend de Sciences Po à Paris, pense qu'une présidence de l'Union européenne stable aidera l'Europe à stabiliser des relations avec la Chine par trop fluctuantes.

    Les liens entre la Chine et certains pays de l'UE avaient été affectés l'année dernière après que certains dirigeants aient soutenu les séparatistes de la Région autonome du Tibet et appelé au boycott des Jeux Olympiques de Beijing. Certains dirigeants de l'Union européenne avaient même rencontré le Dalai Lama.

    « En ce qui concerne les relations sino-européennes, ce qui compte le plus est une approche politique descendante du problème », a dit M. Godement en marge d'un Forum sur les relations sino-européennes qui s'est conclu vendredi à Beijing.

    L'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne rendra la coordination entre la Chine et l'Union européenne plus directe et plus efficace, et particulièrement à une époque où les deux parties rencontrent des difficultés dans leurs relations, a dit Yang Jiemian, président de l'Institut d'Etudes Internationales de Shanghai.

    Une politique européenne chinoise mieux coordonnée réduira sans aucun doute les risques de détérioration des relations causée par des initiatives inamicales de certains pays, a-t-il ajouté.

    Point de vue partagé par James Kynge, éditeur au Financial Times. « Je pense qu'une des grandes frustrations dans les relations sino-européennes vient du fait qu'on n'a jamais vraiment su qui était le patron en Europe », a-t-il dit lors du Forum.

    « Mais maintenant que l'Union européenne a un président, la Chine aura peut-être plus de facilité à s'engager ... tout au moins avons-nous quelqu'un qui est supposé parler au nom de l'Union européenne entière ».

    Bart Pennewaert, Conseiller à l'Ambassade de Belgique à Beijing pense lui, toutefois, qu'il est difficile de dire si une politique chinoise est la tâche la plus urgente pour le président Van Rompuy. A ses yeux, le plus important pour l'heure semble être l'économie.

    Pour autant, d'après les experts, la rencontre d'Herman Van Rompuy avec le Vice-président Xi Jinping lorsque ce dernier était en Belgique le mois dernier a montré que le nouveau président de l'Union européenne, âgé de 62 ans, soutenait clairement la politique d'une seule Chine et ne soutenait aucune des activités séparatistes menées à l'encontre de la Chine.

    La nomination d'Herman Van Rompuy vient juste après la visite en Chine du président américain Barack Obama. L'importance qu'attache ce dernier à la Chine - et vice-versa - a fait se demander aux Européens si le rôle de l'Union européenne dans les affaires internationales n'en serait pas réduit.

    Mais pour Jean-Pierre Raffarin, l'ancien Premier ministre français qui était à Beijing récemment, « Les relations sino-européennes ne sont pas moins importantes que les relations sino-américaines ... le prochain Sommet Union Européenne-Chine montrera l'importance des relations sino-européennes ».

    Le 12e Sommet Chine-Union Européenne se tiendra le 30 novembre à Nanjing, capitale de la province du Jiangsu. Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt mènera la délégation de l'Union européenne et rencontrera le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

    Jean-Pierre Raffarin pense que « l'Union Européenne et la Chine ont trouvé un consensus pour bâtir un monde multipolaire plutôt qu'unipolaire. Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il n'y a ni G1, G2 ou G3 dans le monde, mais que c'est un monde multipolaire ».

    Gustaaf Geeraerts, directeur de l'Institut d'Etudes chinoises contemporaines de Bruxelles a lui déclaré lors du Forum que la synergie grandissante entre Beijing et Washington avait donné lieu à des spéculations sur un nouvel axe trans-Pacifique.

    « Le partenariat entre la Chine et l'Union européenne n'est peut-être pas stratégique, mais son potentiel est grand », a-t-il dit, « et, afin de renforcer leurs liens, la Chine et l'Union européenne doivent s'entendre sur les zones sur lesquelles elles souhaitent bâtir leur partenariat ».

    Et pour Eberhard Sandschineider, directeur de l'Institut de recherché du Conseil Allemand des Relations Etrangères, « l'importance stratégique des relations sino-européennes a encore besoin d'efforts constants de rééquilibrage ».

  • RENAISSANCE OU EMERGENCE DE LA CHINE?

    Jean Pierre Raffarin : le redressement de la Chine est une renaissance plutôt qu'une émergence

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    Le 18 novembre, M. Jean Pierre Raffarin, l'ancien Premier ministre français, s'est rendu à l'Université des Langues étrangères de Beijing et y a prononcé un discours devant les étudiants.

    Lors de son discours, M. Raffarin a précisé que l'année 2009 est une année très importante pour la Chine, la Chine ayant retrouvé sa place au premier rang des Nations du monde, notamment par la présence de M. Hu Jintao au G20. « A l'occasion de la crise économique, le statut de la Chine a sauté aux yeux de l'ensemble des populations du monde » a-t-il souligné. Le monde a besoin de la croissance chinoise, qui est un des moteurs de la croissance mondiale. « D'aucuns parlent d'émergence de la Chine, mais je parlerais plutôt de renaissance, puisqu'à la fin du 18e siècle, la Chine était déjà au premier rang des Nations du monde » a remarqué M. Raffarin.

    Il a également souligné que le partenariat entre l'Europe, la France et la Chine est très important, puisque ce sera une des manières de partager la croissance mondiale. « Les relations franco-chinoises ne sont pas seulement des relations économiques ou des contrats, ce sont aussi des relations entre les peuples et entre les cœurs » a-t-il dit. Il a par ailleurs encouragé les futurs diplomates de l'Université des Langues étrangères de s'efforcer à promouvoir la compréhension entre les peuples chinois et français afin de promouvoir l'amitié et les relations bilatérales.

    M. Raffarin a également appelé la Chine et la France à travailler ensemble pour trouver des moyens efficaces de lutte contre le réchauffement climatique.

  • LA FRANCE TENTE DE SE RECONCILIER AVEC LA CHINE.

    La visite de réconciliation de Raffarin en Chine

    Une délégation française conduite par Jean-Pierre Raffarin, ex-Premier ministre français et composée de 15 jeunes députés de l'Assemblée nationale et des sénateurs, est arrivée le 8 février à Beijing pour une visite de 7 jours. La délégation va rencontrer des dirigeants chinois et visiter ensuite Changsha, Shenzhen et Guangzhou.

    M.Raffarin est arrivé en Chine officiellement dans le cadre du projet de formation de 2 ans pour les jeunes députés français, mais selon les observateurs, cette visite spéciale de la délégation française tente de renouer les relations sino-françaises et dans l'envie de dissiper les malentendus entre les dirigeants des deux pays.

    Mais la situation est différente de celle il y a un an. Actuellement, la crise financière a englobé le monde, l'économie de la France est plongée dans la crise, des millions de personnes sont en grève dans la rue, et le président français Sarkozy est obligé de chercher le soutien de la Chine pour lutter contre la crise financière.

    Le président français Nicolas Sarkozy et le président chinois Hu Jintao seront présents au sommet du G20 le 2 avril à Londres. L'ex-président français Jacques Chirac se rendra en Chine le 20 avril, ce qui donnera une chance aux dirigeants des deux pays de se rencontrer.

    Pierre Mazeaud, président de la Fondation Charles de Gaulle, avait rencontré Yang Wenchang, président de l'Institut populaire chinois de la politique internationale, et les deux parties avaient discuté le problème du Tibet.

    Programme de la visite de Raffarin

    Le 8 février

    Arrivée à Beijing, visite du Palais impérial, participation au dîner présidé par Yang Wenchang, président de l'Institut populaire chinois de la politique internationale.

    Le 9 février

    Rencontre avec Tang Jiaxuan, ancien conseiller d'Etat, participation à la réunion précédant le séminaire marquant le 45è anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine.

    Déjeuner avec Dai Xianglong, présidé par le président du fonds national de la sécurité sociale de Chine.

    Rencontre avec Zheng Silin, vice-président de la commission des affaires étrangères du Comité Permanent de l'Assemblée populaire nationale
    Dîner à l'Ambassade de France en Chine présidé par l'Ambassadeur de France en Chine pour commémorer le 45è anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine.

    Le 10 février

    Rencontre avec Li Hui, vice-ministre des Affaires étrangères et Zhang Zhijun, chef adjoint du département international du Comité central du PCC, visite du Temple du Ciel, rencontre avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

    Du 10 au 14 février

    Départ pour Changsha, Shenzhen et Guangzhou, discussion avec des fonctionnaires locaux au sujet de la construction urbaine, la culture et le développement des entreprises.

  • JP RAFFARIN ADMIRE LA CHINE

    Jean-Pierre Raffarin : J'ai été le témoin oculaire des grands changements survenus en Chine au cours des trois décennies passées

    Depuis sa première visite en Chine en 1976, l'ancien Premier Ministre français Jean-Pierre Raffarin a vu de ses propres yeux et a été le témoin des vicissitudes qui se sont succédées en Chine, et surtout des grands et importants changements qui se sont produits sur l'immense territoire chinois grâce aux trente années de réforme et d'ouverture sur l'extérieur. Dernièrement, il a accordé avec plaisir, dans son bureau au Sénat de la République française, une interview exclusive à notre correspondant et a parlé avec enthousiasme de ses impressions personnelles sur les grands changements survenus en Chine au cours des trois décennies passées.

    Il a indiqué qu'au cours de ces trente années, la Chine a obtenu un « développement rapide indéniable » que ce soit sur le plan économique ou que ce soit sur le plan social. « Les villes chinoises sont en train de se transformer, de mêmes que la campagne chinoise. L'ancienne civilisation chinoise est en train d'être empreinte d'une couleur moderne. », « Un nombre croissant de Chinois sont en train de se débarrasser de la pauvreté et de la misère. La puissance de la Chine se renforce et son influence internationale s'élève. Bref, la politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur a réussi en Chine qui est devenue dans notre monde actuelle un partenaire de coopération important et incontournable. ». A ce moment actuel où la crise financière sévit dans le monde entier, on est conscient que « le monde a besoin du développement de la Chine et celle-ci de son côté a également besoin du monde. Notre sort et notre destin sont intimement et étroitement liés. »

    En parlant de sa plus profonde impression sur le développement chinois, Jean-Pierre Raffarin a indiqué sans hésitation que c'est « le grand bond en avant réalisé par la Chine sur le plan technique ». Il a indiqué qu'il a fallu à celle-ci seulement trente ans pour réaliser un progrès technique qui a demandé à l'Europe un siècle de temps. Dans la Chine d'aujourd'hui, la science et la technologie se développent impétueusement et des succès remarquables ont été obtenus dans le domaine aéronautique, dans le domaine aérospatial ainsi que dans le domaine de construction de chemins de fer TGV (Train à grande vitesse).

    Il a insisté sur le fait que le peuple chinois est un peuple diligent, laborieux, travailleur, dynamique et courageux. Les pratiques des trente années passées prouvent que la Chine est capable de surmonter et de vaincre toutes sortes de difficultés et de crises, lesquelles ne peuvent ni l'abattre ni l'écraser. En ce qui concerne l'idée et l'opinion qui pensent que la Chine mène seulement la réforme économique, que la réforme politique stagne et est au point mort en Chine et qu'il sera difficile à la Chine de poursuivre son développement, l'ancien Premier Ministre français ne partage pas de leur avis. « N'importe quel modèle a son avantage et son insuffisance », alors qu'au cours des trente années passées, la Chine a remporté de grands progrès sur le plan politique. Il a cité comme exemple le renforcement de la démocratie au sein du Parti communiste chinois (PCC), la décentralisation de pouvoir central vers les provinces. Ces progrès non insignifiants sont des progrès en matière politique. Chaque pays a sa réalité et connaît une situation différente et « il est tout à fait différent de contrôler la Chine qui est un pays fort d'une population de 1,3 milliard d'habitants et de contrôler la France dont la population est seulement de 63 millions d'habitants ».

    Raffarin a déclaré qu'il comprend parfaitement le choix de la Chine qui préconise le développement dans la stabilité. Il pense que la stabilité, l'ouverture et l'harmonie constituent trois facteurs interdépendants pour le développement de la Chine. Sans la stabilité, il n'y aura pas de développement, sans l'ouverture, il n'y aura pas d'harmonie. Pour ce qui est des critiques contre la Chine quant à son état des droits de l'homme, il a indiqué que ce qu'il y a d'important c'est qu'il faut constater des changements survenus : comparé à autrefois les droits de l'homme sont-ils améliorés ? La société a-t-elle connu des progrès ? L'habitat du peuple est-il devenu meilleur et plus confortable ? La justice et la santé publique sont-elles améliorées ? … etc. Et dans ces domaines-là, il est indéniable que la Chine a progressé et a fait des pas en avant.

    Jean-Pierre Raffarin pense que tous les dirigeants chinois qu'il a rencontré sont très ouverts, connaissent le monde, ont reçu une très bonne éducation et ont des idées claires et lucides sur les problèmes et les difficultés qui se dressent devant la Chine. Il insiste que le développement et le progrès de la Chine ont été très rapides et qu'il est naturel que de nombreux problèmes surgissent quant à la protection de l'environnement, quant à l'écart entre la ville et la campagne et entre riches et pauvres, … etc. Mais, a-t-il indiqué, les dirigeants chinois avec qui il s'est entretenu ont tous une idée claire, pénétrante et perspicace de ces problèmes, mais il faut du temps pour régler tous ces problèmes-là. Les problèmes de la Chine ont surgi dans le développement, c'est pourquoi ils ne pourront être réglés que dans la poursuite du développement. Raffarin a exprimé son entière compréhension quant à cela.

    Il a souligné que « le développement de la Chine fournit des opportunités au monde », c'est pourquoi on ne doit pas adopter psychologiquement une « attitude de crainte et d'appréhension » quant au développement chinois. Il a indiqué que dans la plupart des cas, la crainte et l'appréhension viennent de la méconnaissance et de l'ignorance. L'Europe connaît l'Afrique, connaît le Moyen-Orient, mais possède très peu de connaissance sur la Chine. Vu de son passé et de son histoire, la Chine est un pays qui préconise et respecte la paix et elle n'a jamais aspiré à l' « impérialisme ». Il y a eu en Chine la guerre seulement en cas d' « invasion étrangère » ou de « division interne ». C'est pourquoi il est nécessaire de renforcer la compréhension et c'est le meilleur moyen pour dissiper les malentendus et les méprises. Il a indiqué que les Jeux Olympiques de Beijing ont permis au monde entier de mieux connaître et comprendre la Chine.

    En parlant du rôle ultérieur de la Chine et de ses perspectives d'avenir, Raffarin a indiqué que pour devenir une « force d'équilibrage » dans notre monde actuel multipolaire, la Chine doit faire surtout des efforts pour construire sa propre « pôle » en tenant compte de sa propre culture et en maintenant et en conservant ses particularités. Pour devenir plus puissante, elle ne doit surtout pas abandonner sa propre culture