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  • Aux sources de la crise des réfugiés en Europe, les révolutions de couleur (Xinhua)

    Depuis le début de l'année, l'Europe subit le lourd impact d'un afflux sans précédent de réfugiés. Après la crise de la dette et les conflits qui ont divisé l'Ukraine, la crise des réfugiés est le troisième coup dur essuyé par l'Europe en quelques années. L'arrivée en masse de réfugiés est directement liée à la situation actuelle en Syrie et en Libye. Sans les turbulences et conflits qui agitent ces deux pays, l'afflux incontrôlé de réfugiés n'aurait pas eu lieu. La Syrie et la Lybie sont les pays les plus durement frappés par l'impact du « printemps arabe » qui a balayé le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Dans un certain sens, la crise actuelle en Europe trouve ses racines dans les révolutions de couleur soutenues par l'Occident.

    Un grand nombre des réfugiés qui tentent de rejoindre l'Europe partent de Syrie, et fuient le pays dévasté par la guerre depuis quatre ans et demi. Sur une population de 23 millions, près de 8 millions de personnes ont pris la fuite, pour moitié vers l'étranger. Les réfugiés se sont d'abord dirigés vers les pays voisins comme le Liban, la Jordanie et la Turquie, jusqu'à saturer leurs capacités d'accueil. Depuis, le flux de réfugiés se déplace vers l'Europe. Selon les statistiques, depuis le début de l'année, 85 000 Syriens sont arrivés illégalement dans l'Union européenne, et 270 000 ont déposé une demande dans l'espoir d'obtenir le statut de réfugié en Europe.

    La principale voie d'accès à l'Europe pour les réfugiés est la Méditerranée. Selon les données publiées en août par l'Organisation internationale pour les migrations, en 2014, 219 000 immigrés clandestins avaient traversé la Méditerranée pour rejoindre les côtes européennes, alors qu'au cours des sept premiers mois de l'année 2015, 351 000 réfugiés ont fait ce trajet, soit 60 % de plus que le total de l'année précédente. Les côtes libyennes et syriennes sont devenues un lieu de rassemblement pour les gangs de passeurs. Ces organisations, qui vendent des trajets contre d'énormes profits, trouvent dans des lieux comme la Libye, un pays en guerre civile depuis des années, le climat sans foi ni loi qu'elles recherchent.

    Si la Syrie est la principale source de réfugiés, la Libye est le lieu qui offre la voie d'accès la plus aisée à l'Europe, de sorte que les deux pays sont directement liés à la crise actuelle en Europe. Bien sûr, les deux pays ne devraient pas avoir ces rôles peu glorieux. Mais quelles sont les causes des turbulences qui les secouent ? La situation à laquelle on assiste aujourd'hui est une conséquence du « printemps arabe » qui a débuté il y a cinq ans.

    Depuis la fin de l'année 2010, les pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord ont été successivement secoués par des mouvements sociaux et politiques visant à renverser les régimes en place. Les responsables politiques occidentaux et les médias y ont vu une vague révolutionnaire dans le monde arabe, qui a été baptisée le « printemps arabe ». Les pays occidentaux ont saisi cette occasion pour se déclarer contre les dictatures et promouvoir la « démocratisation » en prenant une part active dans la situation politique de la région, parfois en faisant usage de la force. Cela est resté l'attitude des puissances occidentales envers les « révolutions de couleur ». Dans les faits, le résultat de ces révolutions n'a pas été une démocratisation, mais une descente incontrôlable dans de longs conflits. La Libye et la Syrie sont deux cas typiques de ce phénomène.

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    En Lybie, les manifestations antigouvernementales ont commencé en février 2011. Les opposants au régime ont pris le contrôle de la deuxième ville du pays, Benghazi. Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a annoncé son intention de massacrer les manifestants. À la fin du mois de mars, la France et la Grande-Bretagne ont lancé une intervention armée pour soutenir l'opposition, avec des frappes aériennes visant les forces du gouvernement. La campagne de bombardement menée au nom de l'OTAN a duré six mois, et grâce à ce fort soutien militaire, les rebelles ont progressivement gagné la guerre et ont occupé la capitale, Tripoli. Kadhafi a pris la fuite dans sa ville natale de Syrte. Le 20 octobre, il a été capturé et tué par les rebelles, un acte qui a effectivement entériné l'effondrement du régime.

    En Syrie, les troubles politiques ont également commencé au début de l'année 2011. L'arrestation de quinze adolescents accusés d'avoir dessiné des graffitis antigouvernementaux sur les murs de leur école a déclenché un mouvement de manifestation de parents. Le gouvernement a répondu par la manière forte, et arrêté un certain nombre de personnes accusées d'actions antigouvernementales. L'escalade des tensions a vu les manifestations se transformer en confrontation armée entre les troupes gouvernementales et divers groupes d'opposition. Aujourd'hui, la Syrie est entrée dans sa cinquième année de guerre, sans retour de la paix à l'horizon. Des groupes rebelles armés nés à partir de rien continuent aujourd'hui de croître, principalement en raison du soutien de forces extérieures, en particulier celui des pays occidentaux qui ont fourni des armes, des renseignements et un entraînement aux opposants. Aujourd'hui, la moitié du territoire syrien est passé sous contrôle des groupes d'opposants au régime.

    La situation en Libye et en Syrie a dégénéré à partir de la flambée des manifestations populaires. Ces protestations ont progressivement laissé place à une confrontation entre les différentes factions d'opposants au régime, pour finalement conduire à un véritable conflit armé. L'Occident est intervenu dès le début des mouvements populaires. Les autorités de ces pays, qui prenaient des mesures sévères pour préserver la stabilité nationale et politique, ne laissaient entrevoir aux opposants qu'une faible chance de succès. Par conséquent, l'Occident s'est efforcé de renforcer la puissance des groupes d'opposition, en leur fournissant des armes et du matériel qui leur ont permis de renverser les régimes en place. Au début de la guerre civile libyenne, l'opposition ne comptait pas un seul soldat, personne ne savait même comment manier les armes fournies par l'Occident. Alors que le gouvernement de Kadhafi préparait une attaque à Benghazi qui menaçait la survie de l'opposition, la France, la Grande-Bretagne et d'autres pays ont pris la décision dans l'urgence de bombarder les forces gouvernementales pour prévenir l'offensive de l'armée. Par la suite, les pays occidentaux ont utilisé divers canaux pour fournir des armes aux factions rebelles, pour envoyer des instructeurs militaires dispenser un entraînement au combat, et pour mobiliser sur place des professionnels du renseignement militaire. On peut dire que Kadhafi n'a pas été vaincu aux mains de l'opposition, mais bien qu'il a été éliminé par les opérations militaires conjointes de l'OTAN.

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    Les contradictions et divisions entre les différentes factions ethniques, tribales et religieuses qui guettaient le pays sont sorties de l'ombre avec la chute du régime et ont précipité la Lybie dans le chaos. Ce désordre a donné naissance à des forces religieuses extrémistes, tandis qu'Al Qaida et d'autres groupes terroristes ont profité de l'instabilité de la région pour s'étendre depuis la frontière sud de la Libye vers l'ensemble du Sahel.

    En Syrie, la longue guerre déclenchée par la « révolution de couleur » a permis l'expansion d'un nouveau groupe : l'Etat islamique. Ce groupe, qui bénéficie de financement et de soutien de l'étranger, a mis à profit le vide politique pour croître à la jonction de la Syrie et de l'Irak, pour finalement arriver au premier plan du conflit au début de l'année 2014. La montée en puissance fulgurante et violente de l'Etat islamique a choqué les pays occidentaux, et la coalition internationale menée par les États-Unis contre ce groupe n'a pas réussi à freiner son élan, malgré des frappes aériennes. L'Etat islamique, au contraire, continue son expansion en Irak et en Syrie, et élargit même son champ d'activité à la Libye, à l'Afrique du Nord et à l'Afrique centrale. Le groupe a également frappé au cœur de l'Europe occidentale, avec des actes de terrorisme à Paris en janvier dernier, et en menaçant aujourd'hui l'Europe d'utiliser la vague de réfugiés syriens pour s'infiltrer sur le continent et semer le chaos.

    La crise actuelle des réfugiés n'est pas un accident. L'Europe elle-même a une responsabilité indéniable dans cette situation qui l'accable aujourd'hui. Les pays occidentaux ont fortement encouragé et soutenu les révolutions de couleur dans le monde arabe, avant que ces révolutions ne portent leurs fruits amers jusque sur leurs terres.

     

    (Traduction d'un article en chinois rédigé par M. Shen Xiaoquan, maître de recherches au Centre d'Etude des problèmes mondiaux, de l'agence de presse Xinhua.)

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    欧洲难民危机的祸根是“颜色革命”

     

    今年年初以来,欧洲遭遇了空前规模难民潮的强烈冲击,这场难民危机成为继债务危机和乌克兰危机之后,欧洲所遭受的第三次重创。应当看到,欧洲当前遭遇的难民危机,与叙利亚和利比亚有直接的关连,没有这两个国家的动乱和战火,难民潮就不会出现今天这种失控的局面。而这两个国家都是遭受发生在西亚北非地区所谓的“阿拉伯之春”的冲击最严重的国家。从一定意义上说,欧洲难民危机的祸根正是这场被西方竭力鼓动和支持的“颜色革命”。

    目前涌向欧洲的难民中由相当数量来自叙利亚,因为这个国家遭遇战乱至今有四年半之久。一个人口2300多万的国家,却有将近800万人背井离乡,400多万人逃亡国外。滚滚而来的难民潮已经使叙利亚邻国黎巴嫩、约旦和土耳其不堪重负,达到饱和状态。于是,叙利亚难民转道涌向欧洲。据统计,今年年初以来偷渡到欧洲的叙利亚难民有8.5万,申请到欧洲避难的叙利亚人达到27万。

    难民涌向欧洲的一个主要路径是地中海。据国际移民组织8月份的统计数字,2014年共有21.9万人通过地中海偷渡到欧洲,而今年前7个月已有35.1万人穿越地中海,比去年全年的数量还多60%。从地中海偷渡欧洲的主要离岸地是利比亚,利比亚成为蛇头走私团伙的聚集地。这些依靠组织偷渡谋取暴利的团伙在这里能够无法无天,显然是利比亚长期以来处于“无政府状态”的结果。

    叙利亚是主要的难民来源地,利比亚是难民偷渡的便利通道,于是,这两个国家便成为当前欧洲难民危机的直接关连者。当然,这两个国家本来是不应充当这样并不光彩的角色的。那么,是什么原因导致这两个国家陷入长期动乱的呢?起因就是持续至今已有5年之久的所谓“阿拉伯之春”。

    自2010年年底起,西亚北非一些国家相继发生了以推翻现政权为目标的社会和政治运动,西方政界和舆论界认为这是阿拉伯世界的一次“革命浪潮”,谓之“阿拉伯之春”。西方国家借机以“反对独裁”和推动“民主化”的名义积极介入这些国家政局,甚至不惜采用军事手段。这是西方推行和鼓动“颜色革命”的一贯做法。事实表明,“颜色革命”最终的结果不是“民主化”的实现,而是引发了这些国家的政局失控和长期战乱,利比亚和叙利亚是典型案例。

    利比亚在2011年2月开始爆发反政府抗议活动,反对派控制了该国第二大城市班加西。利比亚领导人卡扎菲宣称要开枪屠杀示威者。3月下旬,法英两国以制止卡扎菲武装镇压反对派的名义率先向利比亚政府军发动空中打击行动,以北约名义发动的轰炸行动持续了半年之久,在西方强大的军事支持下,利比亚反政府武装节节取胜,先是占领了首都的黎波里,随后攻入卡扎菲老家苏尔特。10月20日,卡扎菲被反政府军捕获,并被击毙,卡扎菲政权彻底垮台。

    叙利亚的政治动荡也始于2011年初,15名少年因学校墙壁上画反政府的涂鸦被抓,引发了学生家长的示威游行,政府作出强硬反应,逮捕了一些反政府人士。随后,冲突升级,反政府示威活动逐渐演变成了政府军与反对派之间的武装冲突。时至今日,叙利亚战乱持进入第5个年头,战场上始终处于僵持局面。反政府武装力量从无到有不断壮大,这主要得益于外部势力、特别是西方国家提供的武器装备、情报提供和人员培训。如今反对派武装已经控制了叙利亚的半壁江山。

    利比亚和叙利亚的局势变化都是从爆发反政府的群众示威活动开始,逐步走向反对派同现政权的尖锐对立,最终酿成武装冲突。从民众抗议示威活动发动之初,西方便始终插手其中。由于执政当局采取强硬措施维护国家和政权稳定,反对派成功的机会渺茫。于是,西方竭力扶植和壮大反对派力量,甚至不惜向反政府力量提供武器装备,来推翻现政权。利比亚内乱之初,反对派没有一兵一卒,武装人员拿到西方提供的武器甚至都不会使用。当卡扎菲政府军大举进攻班加西、反对派即将遭遇灭顶之灾的紧迫时刻,法英等国紧急出动战机对卡扎菲军队狂轰滥炸,才制止了政府军进攻势头。此后,西方国家又通过多种途径向反对派武装提供军火,派遣教官对反对派武装分子进行作战培训,甚至派遣军事情报人员进行现场指挥和调动。可以说,卡扎菲不是败在反对派手里,而是被北约的联合军事行动所击垮。

    利比亚战争把这个国家种族、部落和宗教派系之间一直潜伏着的矛盾和冲突撩拨起来,国家陷入政治混乱之中。混乱的利比亚滋生出极端宗教势力,“基地”组织等恐怖分子也乘虚而入,这对周边地区也构成了安全威胁,一些国际恐怖组织分子穿越利比亚南部边界,渗透到整个萨赫勒地区。

    在叙利亚,“颜色革命”引发的长期战乱则导致“伊斯兰国”组织的崛起和猖獗。“伊斯兰国”在外部资助和支持下,利用叙利亚和伊拉克交界处的广大“政治真空地带”迅速发展壮大,终于在去年年初脱颖而出。“伊斯兰国”武装的迅猛崛起令西方国家震惊,美国虽然发起组建了打击“伊斯兰国”的国际反恐联盟,但是空中打击并未能遏制住其发展势头,反而眼看着它在伊拉克和叙利亚不断扩大地盘,其活动范围甚至扩大到利比亚等北非和中部非洲地区。“伊斯兰国”还对西方采取了报复行动,欧洲国家则首当其冲,今年年初巴黎的连环恐怖案就是一例,它还扬言把叙利亚的难民潮作为一枚炸弹给欧洲制造更大的动荡。

    欧洲当前的难民危机绝非偶然,而欧洲自身有着不可推卸的责任。西方国家在阿拉伯世界大力鼓动和支持“颜色革命”,到头来也尝到了“颜色革命”给自己带来的苦果。

     

    (新华社世界问题研究中心研究员 沈孝泉)

  • La crise des réfugiés, fruit amer de l'hégémonie et de l'interventionisme de l'Occident

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    Voici ,parmi d'autres, comment voit la crise actuelle des réfugiés en Europe, la presse chinoise.

    Nombreux sommes nous à partager cet analyse.

    L'Occident devrait considérer l'actuelle crise des réfugiés comme une leçon coûteuse et douloureuse de sa politique étrangère hégémonique et de son interventionnisme au Moyen-Orient, qui ont créé non seulement des guerres et du chaos dans la région, mais ont également eu un effet boomerang.

    Les tensions entre l'Occident et le monde arabe prennent racines dans leurs histoires respectives et dans leurs relations historiques épineuses. L'hostilité et les tensions ne pourront être réduites qu'à travers des négociations d'égal à égal entre les deux parties et la reconnaissance de la situation complexe des deux côtés.

    Mais l'Occident n'a fait pas les choses ainsi. A l'aube du XXIe siècle, sous la direction des Etats-Unis, les puissances occidentales se sont immiscées dans les affaires régionales, ont déclenché des guerres, incité des troubles et soutenu des rebelles afin d'd'assurer leurs propres intérêts et leur sécurité.

    Les Etats-Unis sont intervenus, directement ou indirectement, dans la chute de Saddam Hussein (Irak), de Mouammar Kadhafi (Libye) et de Hosni Moubarak (Egypte), tout en soutenant l'opposition syrienne pour renverser Bachar el-Assad.

    Des guerres brutales ont ravagé l'Irak, la Syrie, le Yémen et d'autres pays, des attaques terroristes ayant lieu chaque jour.

    Le groupe radical Etat islamique (EI), né de l'opposition syrienne, s'est développé en profitant de l'agitation et de l'anarchie créées par l'intervention de l'Occident et est devenu une des plus graves menaces pour la sécurité au Moyen-Orient et dans certaines autres parties du monde.

    L'EI, qui s'est emparé de larges bandes de territoires en Irak et en Syrie, y a aussi asservi et massacré des civils. Des centaines de milliers de civils innocents sont morts dans des conflits sanglants, alors que des millions d'autres ont été forcés à fuir leur pays pour se rendre au Liban et en Turquie avant de se ruer vers les pays européens.

    Alors que les efforts humanitaires déployés par l'Allemagne et d'autres pays de l'Union européenne sont louables, on devrait toutefois se rendre compte que ces réfugiés affluant vers les côtes européennes sont un résultat direct des actions de l'Occident et que ses efforts ne pourront jamais totalement compenser les souffrances des civils irakiens et syriens innocents.

    Il est grand temps, notamment pour les Etats-Unis, de réfléchir sur sa politique étrangère, car l'histoire et les faits ont démontré que promouvoir ses idéologies par la force est dangereux et que les interventions armées ne peuvent aboutir qu'à des résultats périlleux.

    Les autres puissances occidentales devraient aussi apprendre, de manière dure et douloureuse, que la diplomatie est meilleure qu'une action militaire et que suivre les Etats-Unis n'est pas toujours un choix politique judicieux.

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