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  • En France, la Chine courtise aussi des PME de niche, à fort potentiel de croissance qui souvent sont ravies d'être passées sous pavillon chinois

    L'alliance formée par le fonds d'investissement Shandong High-Speed, l'aéroport de Shenzen et des investisseurs canadiens est bien placé pour racheter le sixième aéroport de France , l'aéroport de  de Toulouse-Blagnac. Les hôtels Campanile, Première Classe, et Kyriad sous pavillon chinois ? C'est chose faite depuis le rachat annoncé, il y a dix jours, de Louvre Hotels Group par le fonds Jin Jiang International.
    les acquéreurs chinois se positionnent souvent sur des PME tricolores, dont on parle peu, et dont ils assurent parfois la survie. Sur ce terrain, les derniers mois ont été riches en annonces, et pas seulement dans les vignobles français traditionnellement prisés par les millionnaires chinois en mal d'investissement : des encres pour emballage alimentaire ( Brancher) aux propulsions Diesel pour bateaux de pêche ( Moteurs Baudouin), en passant par la nutrition animale ( Adisseo) ou encore le fabricant de carrés de soie lyonnais Marc Rozier, appelé à passer sous le contrôle du groupe textile Wensli en 2015.
     
     

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    La société Lisa Airplanes, basée au Bourget-du-Lac (Savoie) commercialise un prototype hybride, entre ULM et hydravion, capable de se poser, grâce à ses foils et ses ailes rétractables, sur un glacier comme sur un plan d'eau. En février 2013,au bord du dépôt de bilan , elle fut sauvée par  un jeune entrepreneur de vingt-neuf ans, qui a fait fortune dans les mines de potasse du Sichuan. « Sur les sept offres de reprise présentées au tribunal de Chambéry, trois étaient chinoises », se souvient Erik Herzberger, « Le repreneur s'était engagé à ne pas délocaliser l'assemblage et la R&D. Il a tenu sa promesse. » L'entreprise de 17 salariés revendique aujourd'hui une centaine de précommandes de son appareil, à 300.000 euros pièce. Elle espère livrer ses premiers modèles fin 2015. Autre cas de figure : Air Marrel, basé à Saint-Chamond (Loire). En novembre dernier, le quatrième fabricant mondial de plates-formes de chargement de soutes d'avion était soufflé par le chinois CIMC, leader mondial du conteneur, au nez et à la barbe de deux repreneurs français, dont l'un avait le soutien de la Banque publique d'investissement (BPI). Le tribunal de commerce de Saint-Etienne avait alors jugé plus solide l'offre du mastodonte chinois aux 100.000 salariés.
    L'investisseur chinois n'est pas adepte de la casse sociale. Loin de son image « d'atelier du monde », le pays capitalise sur le savoir-faire made in France. « Sans ChemChina, nous ne serions plus là », affirmait en février 2014 à « La Croix » Jean-Michel Stein, délégué syndicat CGC à Bluestar Silicones. Depuis que le conglomérat chinois à acquis le fabricant de silicones industriels, en 2007, il a investi des dizaines de millions d'euros dans l'outil industriel. Les airbags et prothèses qui sortent des usines de Saint-Fons (Rhône) et Roussillon (Isère) sont plus compétitifs. « Et rien n'a changé au niveau opérationnel », se réjouit Jean Granjon, représentant CGT.