nancy pelosi

  • NANCY PELOSI L'ANTI-CHINOISE

    Que cache la rhétorique anti-chinoise du Congrès américain ?
     
    Pelosi.jpgLes arguments mis en avant par le Congrès américain pour justifier ses appels à la mise en place de droits supplémentaires sur les importations chinoises ont une logique économique si faible qu'il est évident qu'elles ne constituent pas la vraie raison qui se cache derrière ces propositions.

    La porte-parole de la Maison des Représentants, Nancy Pelosi, a affirmé que les droits envisagés contre la Chine étaient « une partie-clé de notre agenda 'Faisons-le en Amérique' ». Elle prétend que forcer la Chine à réévaluer le RMB « pourrait créer un million d'emplois dans le secteur manufacturier américain » et que cela « réduirait notre déficit commercial avec la Chine de 100 milliards de Dollars par an, sans que cela ne coûte un sou au Trésor américain ».

    Pour percevoir l'inanité de cet argument, il suffit de constater que les Etats-Unis ne produisent pas, ni ne sont en mesure de le faire de manière rentable, la plupart des produits qu'ils importent de Chine. Si des droits étaient imposés sur les produits chinois, des produits similaires à bas prix seraient importés du Mexique, d'Inde ou du Vietnam. Et aucun emploi ne serait créé aux Etats-Unis, pour la simple raison que les ouvriers américains ne pourraient être embauchés avec des salaires tels qu'ils sont au Mexique, en Inde ou au Vietnam.

    Au contraire même, une guerre commerciale conduirait à une perte nette d'emplois aux Etats-Unis. Tout pays qui fait face à des sanctions commerciales réplique, car ne pas le faire expose à de nouvelles sanctions. Et la Chine, alors, ne prendrait pas de mesures de rétorsion contre des fabricants de jouets bon marché américains, qui n'existent de toute façon pas, mais bien plutôt contre des secteurs dans lesquels les Etats-Unis sont compétitifs, les produits agricoles et de haute technologie par exemple.

    Ce qui fait qu'en ce cas les Etats-Unis ne créeront pas d'emplois en bloquant les importations chinoises -les emplois seront créés au Mexique, en Inde ou au Vietnam- mais au contraire ils perdront des emplois dans les secteurs de l'agriculture et des hautes technologies, ou autres industries compétitives. Le résultat net sera une perte d'emplois aux Etats-Unis.

    Donc, si l'argument économique n'a aucun sens, quelles sont donc les vraies raisons qui se cachent derrière les initiatives du Congrès ?

    Une réponse s'impose : les prochaines élections au Congrès. Les hommes politiques adorent détourner l'attention des problèmes sociaux en accusant tel ou tel groupe. Ainsi en France, nous avons vu le Président Sarkozy, mis à mal par les sondages et les élections, ordonner l'expulsion des Roms, et être condamné pour cela par le Parlement Européen. Non seulement ces expulsions sont illégales dans l'Union Européenne, mais elles sont également sans le moindre rapport avec les problèmes économiques auxquels la France fait face. Aux Etats-Unis, certains hommes politiques ont décidé de donner le rôle du bouc-émissaire à la Chine. C'est une façon de faire de la politique commune, mais aussi peu recommandable.

    Mais il y a une raison plus profonde encore. A un moment ou à un autre dans ce siècle, les Etats-Unis seront détrônés de leur place de première économie du monde pour ne devenir que la troisième, derrière la Chine et l'Inde. Ce tournant est inévitable, dicté qu'il est par l'économie et la pure arithmétique. La Chine et l'Inde ont toutes les deux une population quatre fois supérieure à celle des Etats-Unis. Quand leur PIB par tête atteindra plus d'un quart de celui des Etats-Unis, leurs économies dépasseront celle des Etats-Unis.

    Quiconque aux Etats-Unis essaierait d'empêcher cela s'attelle à une tâche impossible. Vouloir que les Etats-Unis demeurent la plus grande économie du monde, c'est vouloir que le Chinois moyen, ou l'Indien moyen, ne puisse jamais profiter ne serait-ce que d'un quart du niveau de vie moyen américain. Nul besoin d'être grand clerc pour savoir ce qu'il adviendrait de cette proposition si jamais elle était soumise au vote en Chine ou en Inde.

    Pour les Américains ordinaires, ce qui compte, ce sont leurs revenus, et pas la taille absolue du PIB américain. D'ailleurs, en termes réels, plusieurs pays, comme la Norvège ou Singapour, ont déjà un PIB par tête qui dépasse celui des Etats-Unis. Même dans les prévisions les plus optimistes, la Chine ne rattrapera pas le niveau de vie des Etats-Unis avant la deuxième moitié du siècle, et pour l'Inde ce sera encore plus tard. Mais quand ça arrivera, tant la Chine que l'Inde auront une économie quatre fois plus importante que celle des Etats-Unis, et le monde aura alors un tout autre visage. Et, par ricochet, tout le monde sera bien plus prospère qu'aujourd'hui.

    Mais hélas, les néo-conservateurs américains pensent plutôt en termes de politiques de pouvoir et non de niveau de vie. Ils sont déterminés à tout faire pour que les Etats-Unis continuent à posséder la plus grande économie du monde, même si pour cela le niveau de vie des Chinois et des Indiens doit être limité. Et comme ces personnes, qui ont des idées politiques aussi primitives, n'ont aucune politique à proposer pour accélérer la croissance économique américaine, ils réfléchissent à la manière de freiner la Chine, peu importe les conséquences sur le niveau de vie de sa population.

    Avec cette interprétation, les manoeuvres en cours au Congrès se tiennent parfaitement. Les droits imposés à la Chine ne créeront pas d'emplois aux Etats-Unis, mais il causeront un préjudice, heureusement limité, à la Chine (près de 80% des exportations chinoises vont désormais vers d'autres pays que les Etats-Unis).

    Quand il s'agira d'évaluer ces politiques, il n'y aura qu'une question à se poser : « cui bono ? », c'est-à-dire à qui cela va t-il profiter ? Les travailleurs américains ne tireront aucun bénéfice de droits supplémentaires imposés à la Chine. Pas plus que la population chinoise, d'aillleurs. Seuls les Néo-conservateurs américains, avec leur fol espoir de vouloir empêcher la Chine et l'Inde de dépasser les Etats-Unis, pourraient prétendre en tirer bénéfice.

    Les dirigeants chinois ont jusqu'à présent répondu avec sagesse, fermeté et mesure aux attaques insensées du Congrès américain. Il est de l'intérêt de tous qu'ils continuent dans cette voie.

    Les peuples chinois et indien ont exactement les mêmes droits que le peuple américain d'avoir un niveau de vie élevé -ni plus, ni moins. Ces gesticulations du Congrès ne sont pas les premières, et elles ne seront hélas sans doute pas les dernières non plus, répugnantes tentatives d'empêcher ces pays d'atteindre ce but. Faites le test du « à qui profite le crime », et tout devient alors clair : on comprend pourquoi des arguments qui manquent de la plus élémentaire logique économique sont mis en avant au Congrès.
    Ceci date de 2008 quand avec dalai lama , qu'elle a toujours aidé à financer, ils orchestraient la campagne,qui fut vouée à l'échec, contre l'organisation des JO par la Chine , traduction d'un journal de l'époque:
    La réponse américaine la plus véhémente à cette crise au Tibet est venue de la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, depuis longtemps une détractrice féroce de la Chine sur les questions commerciales et les droits de l'homme. La semaine dernière, Pelosi a été la première officielle de premier plan à rencontrer le Dalaï-Lama à son quartier général en exil de Dharamsala, en Inde.
    Nancy Pelosi rendant visite au Dalaï-Lama à Dharamsala (Inde), l'un comme l'autre n'ont jamais caché leurs sentiments anti-chinois.