michele boisvert

  • Incontournable Chine selon un grand journal canadien

    Je nourrissais le projet depuis une dizaine d'années. En dilettante au début,... (Photo: AP)

    Michèle Boisvert qui dirrige les pages économiques du journal La Presse nous livre ici ses sentiments sur la Chine.

     

    Michèle Boisvert s'était jointe à l'équipe éditoriale de La Presse en juillet 2003 avant de devenir chroniqueure à la section Affaires par la suite.

     

    Je nourrissais le projet depuis une dizaine d'années. En dilettante au début, plus tard avec un sentiment d'urgence de plus en plus pressant.

    La Chine était à mes yeux a la fois mystérieuse et passionnante. Un pays aux antipodes géographiquement, mais aussi culturellement et politiquement.

    J'étais fascinée par la progression de ce colosse qui ne cachait pas ses ambitions de retrouver sa place parmi les grandes puissances et qui n'hésitait pas à prendre les moyens pour y parvenir.

    J'ai d'abord suivi d'assez loin l'émergence de la Chine. Mais la rapidité avec laquelle survenaient les changements et la cadence soutenue de sa croissance économique ont eu raison de ma curiosité. Je me suis mise à suivre avec assiduité les progrès vertigineux de ce pays qui planifiait à la virgule près son entrée progressive dans l'économie de marché.

     

    J'ai souvent écrit sur la Chine, j'en ai également abondamment parlé dans le cadre de mes chroniques à la radio de Radio-Canada.

    Le sujet était incontournable. Il est rare que l'on puisse observer en temps réel la montée en force d'un pays et l'inévitable rééquilibrage que cela entraîne sur l'échiquier mondial.

    Je connaissais beaucoup de choses sur la Chine, mais je n'y étais encore jamais allée. Le syndrome de l'imposteur commençait à s'immiscer sournoisement. Comment pouvais-je continuer à analyser les progrès de ce pays, alors que je n'y avais jamais mis les pieds? Comment diriger un cahier aussi important que La Presse Affaires sans être allée sur place prendre le pouls de ce pays qui s'est hissé, en quelques décennies, au deuxième rang des puissances économiques mondiales?

    J'ai donc mis le cap sur la Chine à la fin du mois de juin, non pas dans le but de préparer un reportage en profondeur sur un sujet bien précis, mais pour confronter ma perception de ce pays avec sa réalité.

    Je n'ai pas été déçue. Malgré mes nombreuses lectures et les multiples discussions que j'ai eu au fil des années sur l'émergence de l'économie chinoise, j'ai néanmoins été soufflée par la frénésie qui se dégage de Hong Kong, la vertigineuse ascension de Shanghai, la stature imposante et la puissance qui émanent de Pékin.

    J'y ai rencontre des dirigeants d'entreprises canadiennes déjà bien établies en Chine. J'ai discute avec des Chinois spécialisés en droit commercial, en capital de risque et en nouvelles technologies. Tous sont unanimes, leur plus grand défi est de réussir à suivre la cadence des changements et s'y adapter le plus rapidement possible. La rétention et le recrutement de gestionnaires et de main-d'oeuvre qualifiée sont également une préoccupation commune aux personnes rencontrées sur le terrain. Avec l'adoption du 12e plan quinquennal, la Chine vise dorénavant une économie basée sur les technologies de pointe et non uniquement sur le secteur manufacturier. Il leur faudra former davantage de travailleurs qui apporteront une valeur ajoutée.

    Je sais très bien que ce pays est beaucoup plus vaste et plus complexe que ce que j'ai pu visiter au cours de mon séjour. J'en suis cependant revenue intimement convaincue que la Chine, malgré les difficultés qu'elle traverse actuellement, inflation inquiétante, possible bulle immobilière, va poursuivre son ascension. Aux dires des experts rencontrés là-bas, ses énormes liquidités lui permettront d'effectuer un atterrissage en douceur. Si la Chine réussit à maintenir la paix sociale, ce qui est l'objectif ultime du gouvernement actuel, ce pays s'installera incontestablement, d'ici quelques années, au premier rang de l'économie mondiale.