manoeuvres

  • Les marines chinoises et françaises participent à des exercices conjoints

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    Aujourd'hui, les différends territoriaux maritimes avec les pays voisins ainsi que la concurrence des différentes forces maritimes mondiales sont des éléments cruciaux dans les relations sur la scène internationale. La Chine prend donc part de manière active à des exercices navals avec les marines étrangères, afin d'éviter les conflits accidentels en cas de rencontre inattendue en mer.

    Ces exercices reposent sur le Code for Unplanned Encounters at Sea (Code pour les rencontres en mer non planifiées), approuvé en avril 2014 lors du Western Pacific Naval Symposium (WPNS) en Chine.

    Selon le colonel Pierre de Briançon, capitaine du bâtiment de projection et de commandement (BPC) Dixmude de la classe Mistral qui est arrivé à Shanghai samedi pour une visite de 7 jours en Chine, la marine française a déjà commencé à utiliser le CUES. En mer de Chine, chaque navire chinois communique avec la partie française au travers du système CUES, ce qui permet d'éviter les interférences.

    Des exercices sino-français organisés autour du CUES

    D'après le colonel de Briançon, les exercices sino-français s'organisent autour du CUES, notamment pour les opérations d'interception, les actions conjointes et les échanges par hélicoptères.

    Proposé par l'Australie et la Nouvelle-Zélande, le CUES a vu le jour lors du WPNS 2000 et a finalement été approuvé en 2014. Il s'agit d'un système non juridiquement contraignant mais sécuritaire de communication appliqué entre les forces navales des Etats membres du WPNS.

    Selon un article du Wall Street Journal, pour Anne Cullerre, qui commande les forces maritimes françaises de l'océan Pacifique, des questions se posent sur les limites du CUES. D'après elle, le CUES ne convient pas à tous. Elle avait proposé lors du forum WPNS d'établir un groupe de travail sur Internet, grâce auquel les Etats membres peuvent publier leurs réclamations et leurs conseils quant aux modifications à apporter au CUES.

    Ces manœuvres sino-françaises mises en place autour du CUES ne sont en réalité pas les premiers exercices conjoints entre la marine chinoise et celle d'un autre Etat. La Chine a déjà pris part à des activités similaires avec des bâtiments indonésiens et américains, entre autres.

    La participation de la Chine à des exercices en mer avec la France

     

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    Outre les exercices du CUES, des exercices de ravitaillement en mer seront organisés entre la Chine et la France près de l'embouchure du fleuve Changjiang.

    Le colonel Pierre de Briançon a déclaré que les forces navales françaises essaieraient d'atterrir avec des hélicoptères sur les navires chinois, et que la marine chinoise ferait de même sur les navires français. Pour lui, ce type de pratiques est très important pour la coopération sino-française dans la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la piraterie et les missions humanitaires.

    Au total, 570 personnes sont à bord de deux vaisseaux français pour cette visite à Shanghai, soit 46 officiers, 258 sous-officiers, 163 soldats et 103 étudiants, dont 15 élèves militaires étrangers. Deux élèves militaires chinois, Zhang Shengli et Li Yang, de l'université d'ingénierie maritime ont d'ailleurs participé à une formation de navigation du 30 avril au 9 mai.

    Lors de la cérémonie d'accueil, l'ambassadeur de France en Chine Maurice Gourdault-Montagne a affirmé l'importance de la visite des navires français à Shanghai, en tant que preuve de l'amitié et de la confiance entre les deux pays. La Chine et la France sont deux des cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU, et ils sont toujours prêts, à ce titre, à garantir la paix dans le monde. Les forces navales des deux pays jouent un rôle crucial dans ce domaine.

    L'ambassadeur a également rappelé que la France attachait depuis toujours beaucoup d'importance à la présence de la France dans le Pacifique, qui abrite notamment la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, et où le commerce internationale est très dynamique.

    Une coopération sino-française potentielle au niveau des technologies militaires

     

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    Le BPC Dixmude est le 3e navire de la classe Mistral, il a été mis en service en 2012. Aconit est une frégate lance-missiles de la classe Lafayette, dotée de technologies furtives (signature radar, infrarouge et acoustique). Elle est en service depuis juin 1999.

    L'ambassadeur Gourdault-Montagne a également indiqué que l'objectif de la visite des Mistral français en Chine était de montrer à la Chine le développement des technologies militaires françaises et des compétences de la marine de France.

    Interrogé sur la possibilité de vendre les navires de la classe Mistral à la Chine, Maurice Gourdault-Montagne a indiqué que la France était une puissance scientifique et technologique, et que le développement de la Chine dans les sciences et la technologie était également très rapide. Les technologies militaires sont directement liées aux intérêts souverains d'un pays, mais il existe encore certaines techniques que la France peut partager avec d'autres pays. Lors du séjour des frégates français à Shanghai, une série de visites ont été arrangées, tandis que les échanges futurs et la coopération potentielle entre la Chine et la France restent à explorer.