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  • Le policier qui a abattu un voyageur dans une gare chinoise n'est pas inculpé mais des magistrats poursuivis pour corruption

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    L'agent de police ayant tiré sur Xu Chunhe ne sera pas inculpé pour homicide volontaire d'un civil, après l'incident survenu le 2 mai dans une gare ferroviaire du Heilongjiang, ont indiqué les autorités locales de la police hier.

    Le policier en question, Li Lebin, a tiré sur Xu Chunhe dans la gare du comté de Qing'an, dans la province du Heilongjiang.

    Une enquête interne a montré que l'agent avait utilisé son arme à feu dans le cadre de ses fonctions sans enfreindre le protocole en vigueur, a révélé un communiqué de la police des chemins de fer de Harbin, la capitale provinciale du Heilongjiang, qui était chargée de l'enquête.

    Xu Chunhe, un homme de 45 ans qui voyageait avec sa mère âgée de 81 ans et ses trois enfants, aurait attaqué Li Lebin et refusé d'obtempérer en dépit de plusieurs avertissements de l'agent avant que celui-ci n'ouvre le feu, a indiqué le communiqué.

    Xu Chunhe et sa famille devaient prendre le train pour se rendre à Jinzhou, près de Dalian dans la province du Liaoning, pour rendre visite à des parents. Li Lebin a été appelé à maintenir l'ordre lorsque Xu Chunhe a délibérément empêché plus de 40 voyageurs de monter à bord du train autour de midi le 2 mai, selon le communiqué.

    La situation a dégénéré et les deux hommes se sont retrouvés en confrontation physique après que l'avertissement verbal du policier a été ignoré. Au cours de la confrontation, Xu Chunhe aurait donné un coup de poing visant le policier à la tête et essayé de s'emparer de sa matraque, selon l'enquête.

    Xu Chunhe aurait poussé sa mère et jeté sa fille de six ans en direction de Li Lebin pour prendre la matraque, qu'il aurait ensuite utilisée pour frapper le policier à la tête et sur la main lorsque celui-ci a saisi son arme à feu. Le policier aurait tiré après des avertissements verbaux répétés.

    La mort de Xu Chunhe a été constatée par les ambulanciers arrivés sur le site 25 minutes plus tard.

    La police locale a enquêté sur les lieux, en étudiant le corps, l'arme à feu et la balle, l'enregistrement des caméras de surveillance et en interrogeant près de 100 voyageurs, parmi lesquels se trouvaient plus de 60 témoins.

    L'incident a propulsé le comté reculé aux premières pages des médias dans la Chine entière et des lanceurs d'alerte locaux ont saisi l'occasion pour faire ouvrir une douzaine d'affaires de corruption.

    Dong Guosheng, le magistrat adjoint du comté de Qing'an, qui a salué le comportement de l'agent de police le lendemain, a été accusé d'avoir menti sur son âge et sa formation pour être recruté. Il a également été découvert que sa femme avait un faux emploi public, dont elle tire un revenu. Dong Guosheng a été suspendu et mis en examen le 12 mai.

    Wei Pengfei, le procureur en chef du parquet de Qing'an, fait également l'objet d'une enquête après qu'un policier l'a accusé d'utilisation inappropriée de véhicules publics.

    Le soutien de Dong Guosheng au policier alors que l'enquête était en cours a provoqué le mécontentement de l'opinion publique et conduit à des dénonciations successives le concernant, a observé Yu Guoming, professeur à l'École de journalisme et de communication de la prestigieuse Université Renmin.

    « Lorsque le magistrat adjoint du comté s'est retrouvé mêlé à des scandales, d'autres fonctionnaires ont également été dénoncés et mis en examen. C'est l'effet d'implication », a déclaré M. Yu.

    Il est fréquent que de telles affaires fassent surface sur Internet lorsqu'un incident qui suscite un grand intérêt du public n'est pas réglé efficacement et rapidement de manière adéquate, a noté Shen Yang, professeur à l'École de journalisme et de communication de la prestigieuse Université Tsinghua.