liberte de la presse

  • Réflexions sur l'abus et la répression de la liberté d'expression

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    Pendant que le magazine satirique français Charlie Hebdo est réapparu dans les kiosques à journaux, un débat houleux se poursuit à travers le monde sur les causes de l'épouvantable attaque terroriste survenue la semaine dernière contre ses bureaux.

    Le carnage du 7 janvier à Paris, le premier et le plus meurtrier d'une série d'épisodes dramatiques qui ont causé 17 décès, en plus des trois extrémistes meurtriers, est déplorable et inexcusable. Aucun motif que ce soit, qu'il soit religieux ou moral, ne saurait justifier des crimes aussi odieux.

    La réflexion, bien sûr, ne devrait pas s'arrêter là. Afin de s'assurer que les 17 personnes n'ont pas péri en vain, une introspection est nécessaire et même indispensable, en particulier en Occident, où le sentiment de suprématie et même le chauvinisme ne sont pas difficiles à trouver. Et en cette matière , à travers l'Europe et même dans le monde entier les Français passent pour les champions du monde.

    En plus de la guerre contre le terrorisme, le choc des civilisations, la radicalisation islamique, la fracture sociale et bien d'autres sujets, les libertés d'expression et de la presse ont sans surprise été soulevées dans les discussions à travers le monde.

    Il faut absolument que l'Occident arrête de donner des leçons de morale et balaye devant sa porte.

    En s'attaquant aux autres cultures , les Occidentaux doivent veiller à ne pas blesser autrui et ne pas se réfugier derrière leur sacro-sainte liberté de la presse et liberté d'opinion. Ils sont pourtant les premiers à renier leurs beaux et grands préceptes.

    Si je prends exemple en Belgique, la presse est à ce point dépendante des directives adressées aux rédactions par les partis influents dans leurs régions ou communautés  et l'idée de ne pas déplaire aux lecteurs que vous avez deux presses en Belgique à l'image des deux démocraties .

    De là , il est des informations que l'on trouve dans la presse francophone et pas dans la presse néerlandophone et vice versa. Quand ils abordent un sujet commun, ils traitent l'événement ou le sujet sous des angles différents . Quand ils traitent d'un sujet qui place les communautés en opposition, à la lecture de la presse francophone on voit que toutes les fautes proviennent du côté flamand( néerlandophone) et quand on lit la presse néerlandophone on a le sentiment inverse.

    Donc la presse nous démontre chaque jour qu'elle se soucie peu de la vérité objective et son manque d'objectivité provient du manque de liberté d'expression qui ,quoi qu'elle dise ,est le climat  dans lequel elle évolue quotidiennement.

    La presse occidentale est libre d'user de sa liberté d'expression du moment qu'elle ne sort pas du cadre dans lequel elle est confinée.

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    Un reportage inutilement offensant qui ne fait qu'aggraver l'incompréhension entre les cultures et exacerber la méfiance entre les civilisations ne contribue en rien au bien-être de l'humanité, et se situe donc sous toutes ses formes du mauvais côté du seuil tolérable.

    Ceci étant dit, une prudence de base de la part d'orateurs et de la presse est essentielle. D'entrée de jeu, il est facile de prévoir qu'une caricature provocatrice du prophète Mahomet ne fera qu'alimenter ce qui est décrit comme la radicalisation islamiste, une tendance dangereuse que plusieurs en Occident incluent dans les liens de causalité du massacre de Paris.

    Ainsi, en ce qui concerne la liberté d'expression, le bain de sang à Charlie Hebdo doit servir d'ordre de mobilisation pour la défendre, en gardant en tête qu'il ne faut ni la réprimer, ni en abuser.

     

  • Coopération médiatique Chine-Afrique : une force commune pour la vérité

    Pendant plus de 150 ans, les informations à l'échelle mondiale ont été pour la majeure partie produites par les médias des pays riches, qui les ont diffusées vers les pays pauvres. Les informations traitant de la situation dans les pays pauvres et diffusées dans ces pays ont été véhiculées à travers les organismes de presse des pays riches.

    Depuis des décennies, des pays en développement ont mené une bataille difficile contre la dominance de l'Occident dans le flux des informations à l'échelle mondiale. Grâce à l'émergence du monde en développement, un rééquilibre dans ce domaine commence à pointer à l'horizon.

    Ce changement ouvre une scène à la Chine et à l'Afrique pour faire entendre leur voix et faire connaître au reste du monde ce qui se passe véritablement sur leurs terres.

    C'est dans ce contexte que Li Changchun, le haut responsable chinois en matière de communication, a pris part jeudi à un séminaire à Nairobi, auquel ont participé des représentants de médias chinois et africains, pour explorer les moyens de multiplier les échanges journalistiques sino-africains.

    Eloignées géographiquement, la Chine et l'Afrique ont eu longtemps recours aux médias occidentaux pour savoir ce qui se passait chez l'autre, des médias qui n'ont pas toujours reflété la réalité, a déclaré M. Li, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC).

    Il est donc nécessaire pour les médias des deux communautés d'établir des liens directs, a noté le dirigeant chinois.

    LA DOMINANCE OCCIDENTALE ET SES PREJUGES

    Les médias occidentaux ont joué un rôle dominant dans le flux d'informations dans le monde, formant l'opinion publique mondiale sur nombre de sujets, selon un article publié en 2009 dans le magazine chinois "Qiu Shi" (Recherche de la vérité).

    Les médias occidentaux, forts de leurs ressources financières, ont déployé des journalistes dans le monde entier pour collecter des informations, ceci à travers le prisme des valeurs occidentales, et diffusent les informations dans les pays dont les médias n'ont pas les moyens d'envoyer leurs propres correspondants à l'étranger, a fait remarquer le magazine chinois.

    En monopolisant le marché des informations dans le monde, les médias occidentaux, qui produisent au total 90% des informations d'actualité internationale, ont marginalisé les voix du reste du monde, a noté Qiu Shi. Et ils ont tendance à projeter des images négatives des pays en développement comme la Chine ou des pays d'Afrique.

    En 2005, le président rwandais Paul Kagame a fait la critique de médias occidentaux donnant de l'Afrique l'image d'un continent accablé par la mauvaise gouvernance, les guerres civiles et d'autres maux, tout en ignorant les développements positifs dans la région.

    Quand un verre est à moitié plein, certains peuvent aussi le décrire comme à moitié vide, a un jour ironisé l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.

    Dans les faits, des journalistes occidentaux ont décrit depuis longtemps l'Afrique comme un "continent sombre" ou "continent en faillite", plongé dans la guerre, la maladie et la corruption.

    Nicolas Kristof, un journaliste du journal américain New York Times, a gagné le prix Pulitzer pour ses reportages sur la crise au Darfour (Soudan). Ce reporter a dit de l'Afrique que c'était un "continent où rien, ou presque rien, ne marche".

    Sur un autre continent, la Chine n'a joui que rarement de points de vue positifs des médias occidentaux à son égard, qui lui ont parfois attribué les étiquettes de "néocolonialiste" ou "prédateur d'énergie" à l'heure où Beijing renforce ses relations économiques avec les Africains.

    Heureusement, beaucoup d'Africains voient les choses d'un autre oeil.

    Les colonisateurs occidentaux dans le passé "n'ont laissé rien de bon dans notre pays", a déclaré Pierre Essama Essomba, président du Conseil des médias au Cameroun, et de noter que la Chine a aidé son pays à construire des centres de conférence, des écoles, des hôpitaux et des autoroutes au cours des trois dernières décennies.

    Nombreux sont ceux qui en Afrique et en Chine, pensent que le moment est venu pour leur pays de projeter à l'extérieur leurs propres images. Le seul moyen de briser le monopole de la presse occidentale, c'est la coopération entre médias chinois et africains.

    UN APPEL A PLUS DE COOPERATION SINO-AFRICAINE ENTRE MEDIAS

    M. Li, actuellement en visite en Afrique, a lancé, lors du séminaire tenu à Nairobi, plusieurs propositions qui pourraient permettre aux médias chinois de renforcer leur coopération avec leurs homologues africains.

    Le gouvernement chinois a déjà incorporé la coopération entre les médias de Chine et d'Afrique dans les relations globales, a indiqué M. Li.

    Les médias chinois et africains devraient couvrir de manière globale, conformément à la réalité, les développements économiques et sociaux de l'une et l'autre région, ainsi que d'autres sujets, a-t-il indiqué, ajoutant que les médias devraient contribuer à la compréhension et l'amitié entre les pays.

    M. Li a encouragé les organes de presse chinois et africains à établir des partenariats pour partager leurs ressources, promouvoir la formation professionnelle, échanger des programmes de diffusion et favoriser le transfert de technologies.

    La Chine a déjà offert des formations à 208 journalistes et administrateurs de médias africains depuis 2004, a rappelé le dirigeant chinois.

    La Chine va continuer d'offrir aux organes de presse africains un soutien technologique et des opportunités de formation, a déclaré M. Li, qui a aussi encouragé les médias basés en Afrique à ouvrir des bureaux en Chine pour couvrir sur place les événements.

    Lors d'un sommet du Forum de coopération Chine-Afrique tenu en 2006, le président chinois Hu Jintao et les dirigeants de 48 pays africains se sont engagés à encourager davantage d'échanges journalistiques durant la décennie à venir.

    La coopération entre presse chinoise et presse africaine se développe non seulement dans les domaines traditionnels, mais elle exploite également le potentiel des nouveaux médias.

    Durant sa visite au Kenya, M. Li a inauguré le Journal mobile Xinhua, le premier journal mobile en Afrique sub-saharienne. Le service de Journal mobile Xinhua, en partenariat avec une compagnie de télécommunications locale, offre aux 17 millions d'abonnés de téléphone portable au Kenya des informations d'actualité internationale provenant de l'agence de presse Xinhua via le Multimedia Messaging Service.

    DAVANTAGE D'EFFORTS NECESSAIRES

    Toutefois, les journalistes chinois doivent encore rattraper leurs homologues occidentaux en Afrique, même s'ils ont déjà effectué des progrès substantiels, a indiqué Bob Wekesa, rédacteur en chef de Kenya Today.

    Cette dernière décennie, la Chine et l'Afrique ont fait beaucoup d'efforts pour renforcer leurs relations commerciales. Les échanges commerciaux sino-africains en 2000 ne totalisaient que 10 milliards de dollars, tandis que ce chiffre s'est élevé à 126,9 milliards de dollars en 2010, selon des statistiques du ministère chinois du Commerce.

    Néanmoins, par rapport aux relations commerciales en plein essor, la coopération sino-africaine dans le domaine des médias s'est développée à une vitesse plus lente, ont fait remarquer des observateurs.

    Ridwan Laher, directeur de l'Institut sud-africain sur les affaires africaines, a indiqué que le développement économique rapide de la Chine ainsi que sa présence en Afrique avaient augmenté les besoins de l'Afrique du Sud en actualités sur la Chine.

    Généralement, les lecteurs africains obtiennent leurs informations concernant la Chine des médias occidentaux, en raison de la position dominante de ces derniers sur le continent. Toutefois, de nombreux Africains ont commencé à se rendre compte qu'ils consommaient trop d'actualités émanant de sources occidentales et trop peu émanant de leurs organes de presse nationaux ou de Chine.

    Kabareng Solomon, directrice du département des services de l'information du Botswana, a indiqué que le Botswana se reposait sur les médias occidentaux depuis longtemps. "Nous savons que ce n'est pas bien d'accepter une perspective unilatérale", a-t-elle ajouté.

    Le journal botswanais Daily News et l'agence de presse du Botswana ont signé des accords avec l'agence Xinhua afin d'obtenir un regard différent sur l'Afrique, la Chine et le reste du monde, a rappelé Mme Solomon.

    Maina Muiruri, rédacteur au journal kenyan The People Daily, a indiqué que par rapport aux agences de presse occidentales, les reportages des médias chinois sur l'Afrique prennent plus en compte la réalité dans sa globalité et qu'ils fournissent une information plus objective, précise et conforme à la réalité.

    Par ailleurs, M. Muiruri a exprimé l'espoir que les médias chinois pourraient fournir plus d'informations concernant les entreprises chinoises, particulièrement celles ayant des relations commerciales avec le continent africain.

    Lydia Shiloya, vice-directrice de Kenya News Agency, a indiqué que la coopération sino-africaine dans le domaine des médias pourrait s'améliorer en recrutant davantage d'employés locaux.

    "Les médias chinois pourraient à l'avenir recruter plus d'employés locaux qui comprennent mieux la situation locale et pourraient mieux servir les lecteurs africains", a indiqué Lydia Shiloya.

    Etablir un mécanisme permanent d'échanges entre les médias des deux régions est ce que les deux parties souhaitent pour l'avenir.

    Kwendo Opanga, directeur de la rédaction du Diplomat East Africa Magazine, basé à Nairobi, a indiqué que la Chine et l'Afrique devraient élargir et institutionaliser les programmes d'échanges de journalistes.

    M. Li Changchun a indiqué jeudi à Nairobi que l'amitié traditionnelle entre la Chine et l'Afrique avait créé des conditions favorables pour une coopération future plus étroite entre les médias des deux parties.

    Avec des efforts conjoints, il est espéré que la coopération entre les médias de Chine comme d'Afrique pourront offrir les pièces manquantes au puzzle lorsqu'il s'agit de présenter aux lecteurs l'image réelle complète.

  • CHINE,3 JOURNALISTES TEMERAIRES.

    TROIS JOURNALISTES COURAGEUX

    Sun Chunlong, Jian Guangzhou et Dai Xiaojun, trois journalistes qui ont fait lumière sur les pires scandales de 2008 en Chine, ont reçu le titre d'« Activistes de l'année pour l'intérêt public », décerné par le quotidien méridional de Guangzhou Nanfeng Chuang, un magazine bimensuel qui fait école. Depuis 2003, ce prix consacre les individus et les organisations qui apportent une grande contribution au progrès social.

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    M. Sun, âgé de 32 ans est un journaliste d'investigation officiant pour l'hebdomadaire chinois Oriental Outlook.

    Le 1er août 2008, un glissement de terrain se produisit sur le site d'une mine de fer locale du bourg de Loufan, dans la province du Shanxi. Selon des rapports provisoires, il s'agissait d'un désastre naturel et le nombre de victimes s'élevait à 11.

    Cependant, lors de son enquête, M. Sun élucida qu'au moins 41 personnes décédèrent des suites d'un accident qui était principalement imputable à des activités humaines. Il fit part du fruit de ses enquêtes dans un rapport adressé à son magazine au terme du mois d'août. Cependant, aucune réponse des autorités locales ne se fit entendre.

    Par la suite, le journaliste envoya une lettre ouverte au gouverneur du Shanxi, Wang Jun, le 15 septembre, proposant l'ouverture d'une enquête approfondie sur la couverture médiatique du glissement de terrain. Cette missive attira en définitive l'attention des dirigeants nationaux. Une équipe d'investigation dépêchée par le gouvernement central annonça le 26 octobre que le glissement de terrain avait provoqué 44 décès et un blessé. Les enquêteurs reprochèrent aux responsables de la mine leur incapacité à suivre les règlements étatiques relatifs aux conditions de sécurité lors de la production ainsi que la supervision inefficace des autorités locales. Trois fonctionnaires ont été arrêtés par la suite.

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    Jian, 35 ans, travaille pour le journal shanghaïen Oriental Morning Post.

    Bien qu'il ne soit pas le premier journaliste à couvrir le scandale du lait pour enfants mélangé à la mélamine qui ôta la vie à près de six enfants en bas âge et qui mit en péril la santé de 290 000 bambins sur le reste du territoire, M. Jian fut le premier à désigner l'entreprise publique Sanlu, en tant que productrice du lait mélangé à la mélamine. Par ce faire, il vint à bout de la tradition de longue date en Chine qui veut que l'on ne nomme pas explicitement les cibles de reportages critiques, plus particulièrement lorsqu'il s'agit de célèbres marques locales.

    Le reportage de M. Jian, qui fut publié dans son journal le 11 septembre 2008, a contraint le secteur des produits laitiers chinois à une complète restructuration.

    Sanlu, une entreprise déjà présente sur le territoire depuis 50 ans, contrôlait 18% des produits laitiers pour enfants en bas-âge, est désormais proche de la faillite. Son ancienne PDG a été arrêtée. Près de 21 produits laitiers dont la haute teneur en mélamine a été confirmée ont également connu de grandes pertes, au point de vue financier tout comme au niveau de leur popularité.

    Plusieurs fonctionnaires de haut rang visés par des accusations de complicité au scandale ont démissionné ou ont été renvoyées.

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    Dai, 42 ans est un photographe qui fait ses armes au bureau de Shanxi du journal pékinois West Times.

    La révélation de la corruption d'une partie de la presse a fait connaître le nom de Dai dans l'ensemble de la Chine après que celui-ci ait fait partager le 27 septembre sur son blog plusieurs photographies montrant les gestionnaires d'une mine de charbon de la ville de Huozhou, dans la province du Shanxi, verser des dessous de table à des journalistes qui étaient censés les aider à dissimuler un accident de sécurité mortel remontant au 20 septembre.

    Afin de prendre ces clichés, M. Dai a risqué sa vie pour se rendre sur la scène de l'accident le 25 septembre, après avoir été mis au parfum de l'affaire par un ami.

    Malgré certaines menaces téléphoniques le visant nommément tout comme sa famille, M. Dai a reconnu qu'il avait tout simplement fait ce qu'il avait pu pour laver de tout soupçons l'industrie qui l'emploie depuis deux décennies.

    L'Administration générale de la presse et de l'édition a annoncé le 27 novembre que quatre journalistes, 26 acteurs du monde des médias et 28 faux reporters avaient reçu 319 300 yuans (33 208 euros) dans le cadre de l'histoire révélée par M. Dai. Les quatre journalistes ont été renvoyés ou ont vu leurs cartes de presse révoquées.