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  • Etre homosexuel en Chine ou une histoire de l'homosexualité dans l'Empire du Milieu

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    Le 4 janvier 2013, le premier mariage lesbien a eu lieu dans un hôtel à Shenzhen.

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    Dans l'histoire et la littérature chinoise, l'homosexualité était ouverte et tolérée. Est-ce que l'acceptation sociale est due au fait que la Chine s'engage de plus en plus dans la communauté internationale? Existe-t-il actuellement une place pour les relations homosexuelles ?

    Dimanche, l'équipe du China Daily Han Bingbin, Gan Tian, Shi Yingying et Xu Lin a mené l'enquête.

    La pédérastie, la relation érotique entre un homme adulte et un adolescent, était déjà répandue à l'époque de l'Empereur Jaune, qui est crédité d'avoir fondé la civilisation chinoise. Du moins, c'est ce que diverses œuvres littéraires ont enregistré à travers les âges.

    Dans les mythes folkloriques et classiques de la littérature, il ya eu des brèves et longues descriptions concernant les relations entre personnes de même sexe, chez les hommes et les femmes.

    Le sociologue Pan Guangdan insiste sur l'idée que l'homosexualité est un fait naturel de la vie et que cela a dû existé bien plus tôt dans l'histoire humaine.

    Tout en traduisant la psychologie révolutionnaire du britannique Havelock Ellis, psychologue sexuel dans les années 1930, Pan a été inspirée pour chercher dans les documents historiques des indices crédibles de l'existence de l'homosexualité dans l'histoire chinoise.

    De nombreux indices

    Sa recherche est compilée sous forme d'annexe dans l'édition chinoise de la psychologie du sexe, ce qui en fait sans doute la première étude des relations homosexuelles en Chine.

    Selon l'étude de Pan Gyangdan, la plus ancienne mention de l'homosexualité a été retrouvée dans les Chroniques de Shang. Le Ministre Yi Yin du début de la dynastie Shang (c. XVIe siècle-XIe siècle avant JC) a énoncé des peines pour "dix actes criminels " à l'encontre des fonctionnaires. L'un d'eux était la pédérastie.

    Mais Pan a été surpris d'apprendre que dans la dynastie Zhou qui a suivi (c. XIe siècle-256 avant J.-C.), un proverbe très répandu disait : "De beaux mâles peuvent distraire les empereurs de la sagesse des esprits anciens".

    Par conséquent, il estime que durant la dynastie Shang et Zhou l'homosexualité était chose courante.

    Les dossiers historiques sur ces périodes fournissent des récits vifs et détaillés des relations de même sexe, en particulier dans les chambres impériales.



    Des histoires d'amour gay sont souvent racontées, même encore aujourd'hui, les gens tentent de justifier l'homosexualité.

    La première de ces histoires, enregistrée dans les Annales de printemps et d'automne, est "the Plesant Hug From Behind ". Lorsque Jinggong a menacé de tuer un fonctionnaire qui le regardait de trop près, le sage Yanzi lui dit que c'était mal de tuer quelqu'un qui "admirait votre beauté" . Appréciant la réflexion de Yanzi, Jinggong a permis au fonctionnaire "de le prendre dans ses bras par derrière ".

    Sous la dynastie des Han (206 avant JC- 220 après JC), les historiens Sima Qian et Ban Gu ont tous deux présentés des rapports sur les concubines des empereurs de sexe masculin. D'où, Pan conclut que presque tous les empereurs durant la dynastie des Han de l'Ouest (206 av AD 24 ) avaient ou étaient soupçonnés d'avoir des partenaires masculins.

    Le plus connu d'entre eux était Xian Dong.

    Il es dit que l'empereur Ai s'est réveillé un matin en trouvant les manches de ses habits impériaux repliées sous le corps endormi de son partenaire Dong Xian. Ne voulant pas réveiller son bien-aimé, Ai trancha ses manches et se précipita hors de la routine de la journée.

    Dès lors, l'amour entre les hommes de même sexe a souvent été appelé « le découpage des manches de l'amour» - un euphémisme d'une relation homosexuelle par ceux qui trouvent toujours embarrassant d' aborder publiquement ce sujet.

    Pendant la dynastie des Jin (1115-1234), l'homosexualité est devenue une pratique courante parmi les classes supérieures et fréquemment mentionnée dans les rapports officiels.

    Le sociologue explique que la dynastie des Jin est l'une des périodes de l'histoire où les hommes étaient particulièrement attentifs à leur apparence, en ajoutant que dans la Grèce antique, la pédérastie faisait partie de la vie quotidienne.

    Et d'ajouter : « D'anciens philosophes grecs considéraient l'homosexualité comme plus sacré que l'hétérosexualité. Sans références littéraires pertinentes, nous ne pouvons pas savoir exactement si l'ancien peuple pensait la même chose, mais il est évident que l'homosexualité à cette époque ne connaissait pas de préjugés sociaux excessifs ou une condamnation morale».

    En Chine, peu de temps après la dynastie des Sui (AD 581-618), l'homosexualité disparaît progressivement des documents officiels et Pan se réfère aux romans et autres références occasionnelles, dont l'authenticité a souvent été mise en doute.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cette situation s'est prolongée sous les dynasties Tang (618-907) et Yuan (1271-1368). L'homosexualité semble avoir refait surface sous les Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911), mais de manière différente.

    L'homosexualité est souvent mentionnée dans les œuvres d'écrivains établis tels que le savant Ji Yun et le poète Yuan Mei.

    Dans le classique "A Dream of Red Mansions" du romancier Cao Xueqin, au moins trois personnages masculins sont explicitement présentés comme ayant des penchants homosexuels.

    C' est également sous la dynastie Qing, que le premier roman homosexuel a été publié en Chine, Pinhua Baojian (Le précieux miroir pour l'évaluation des fleurs).

    Pendant ce temps, les tendances ont changé, la "mode du sud" est devenue célèbre, un jeu de mots homophonique de "sud" et "homme", l'homosexualité étant devenue plus courante dans les provinces méridionales du Guangdong et du Fujian.

    L'homosexualité féminine est pour la première fois, reconnue publiquement.

    Guangzhou et ses comtés voisins acceptaient, paraît-il, que des couples de femmes emménagent ensemble et de rester célibataires toute leur vie.

    Durant la dynastie des Qing, une «résidence privée» d'affaires est élaborée.

    Après des mesures anti-prostitution pour interdire d'embaucher des femmes musiciennes, les chanteurs d'opéra hommes ont commencé à chanter des rôles féminins.

    Lors de soirées privées, certains de ces acteurs de bonne apparence, connue sous le nom de Xianggong, offraient en coulisse certains services à leurs clients masculins.

    Mais ils n'ont pas échappé aux préjugés sociaux.



    Selon Pan, les Xianggong ont dû recourir à la prostitution en raison de leur statut social inférieur.

    Bien que ces prostitués avaient souvent une seconde chance de mener une vie normale après avoir abandonné leur métier, les Xianggong ont souffert d'une stigmatisation sociale toute leur vie. Leurs descendants ont même été interdits de s'asseoir pour les examens impériaux.

    Dans le folklore de la dynastie des Qing, une divinité s'occupait des homosexuels. Le fameux "lapin dieu", connu sous le nom de Hu Tianbao, où un homme a été tué pour avoir traqué un bel offcier.

    En enfer, il y a eu des rires, mais pour montrer une certaine sympathie, les dieux de l'enfer l'ont nommé le dieu gardien du même sexe.

    C'était plutôt une anecdote amusante, car elle reflète une attitude sociale courante à cette époque envers l'homosexualité.

    La sociologue chinoise Li Yinhe appelle à une tolérance sociale de la Chine pour un "avantage culturel".

    Dans un article qu'elle a écrit sur la manière dont "La Chine était en avance dans l'acceptation de l'homosexualité, mais a pris du retard à nouveau», l'auteure note que la Chine dans le passé, traitait les homosexuels avec plus de tolérance par rapport à certaines sociétés occidentales qui les ont persécuté, parfois à mort.

    Elle estime que les Chinois culturellement en confiance n'avaient pas peur d'accepter un autre mode de vie, mais qu'ils préféraient l'ignorer plutôt que de s'y opposer. En précisant que la tolérance ne signifie pas une acceptation totale.

  • Mariage du premier couple lesbien au Guangdong

    Mme Wu Youjian, la première mère qui soutient publiquement l’homosexualité de son fils dans la partie continentale de Chine, accepte le salut des nouvelles mariées.

    Mme Wu Youjian, la première mère qui soutient publiquement l’homosexualité de son fils dans la partie continentale de Chine, accepte le salut des nouvelles mariées.

    Le 1er janvier 2011, un mariage spécial a eu lieu à Zhongshan, dans la province du Guangdong. La robe, le gâteau, la bague en diamant... Tout ressemble aux autres mariages, sauf que les protagonistes sont deux femmes, Paco, âgée de 32 ans, et Cristal, 28 ans. Il s’agit du premier couple de lesbiennes qui organise un mariage public symbolique au Guangdong.

    L’animateur a prononcé leur déclaration : « Nous sommes Lala (surnom chinois des lesbiennes). Il est possible que nous ne soyons pas acceptées par la société, mais nous nous accompagnerons jour et nuit. Nous ne nous abandonnerons pas... »

    « Nos parents ont accepté le fait que Cristal n’aime que les filles », explique sa sœur. Le premier mariage de Cristal a échoué, alors nos parents ne lui font plus d’exigences. « Choisissez votre propre chemin, à condition que vous soyez heureuses », disent-ils.

    Wu Youjian, première mère qui soutient publiquement son fils homosexuel dans la partie continentale de Chine, a été invitée au mariage comme témoin. Elle a offert aux nouvelles mariées deux rubans arc-en-ciel, symbole de l’amour entre personnes du même sexe.

    « Pendant les cinq ans où j’ai soutenu l’amour homosexuel, j’ai connu beaucoup de cas. Je comprends leurs difficultés. Sous la pression familiale, beaucoup sont obligés de choisir un mariage avec le sexe opposé. Faute de soutien social, certains n’osent pas insister. D’autres, bien qu’ils vivent ensemble, continuent de cacher leur amour aux autres », explique Mme Wu. « Ce couple a le courage d’organiser un mariage public, je les admire ».

    A Qiang, fondateur de l’Association des proches des homosexuels et des lesbiennes de Guangzhou, était aussi présent à la cérémonie. Âgé de plus de 30 ans, il n’envisage plus un mariage, mais il comprend le souhait de Paco et Cristal. « Les couples homosexuels veulent aussi obtenir la bénédiction de leurs familles et la reconnaissance de leurs amis. Avec cette cérémonie qui est aussi une promesse amoureuse, ils partagent leur vie avec leurs proches ».

    Le plus grand problème est qu’il est impossible pour Paco et Cristal d’obtenir un certificat de mariage, mais elles estiment que cela a peu d’importance.