le soir

  • La «sagesse» et le côté obscur du Dalaï-Lama - article du journal "Le Soir" de Belgique

    Depuis 8 ans que ce blog existe, je ne cesse de vous présenter le dalai lama , sans fard, tel qu'il est en réalité. Certains me croient, d'autres doutent ou ne peuvent croire que cet individu, fabriqué par la CIA qui en a fait une image d'Epinal, est en réalité un type cupide , avide de pouvoir qu'il exerçait dans son Tibet sans partage.

    Voici enfin, qu'un média représentatif d'un important pays occidental ose  présenter et parler de dalai lama dans les mêmes termes que votre serviteur. Les lecteurs assidus de ce blog n'apprendront rien de neuf mais le fait que cette face cachée de dalai lama soit révélée dans un média officiel doit remettre en question la vénération dont cet être de platitude fait l'objet en Occident et uniquement en Occident.

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    S’il est une personnalité qui semble faire l’unanimité dans nos pays, c’est bien Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Comme le fait remarquer ironiquement Pascale Seys dans une récente chronique sur la RTBF*, même l’anticlérical le plus rabique lui donnera de « Sa Sainteté », tout en refusant farouchement d’user des mêmes termes pour désigner le pape François. Mais est-il si saint et si sage, ce Prix Nobel de la paix ?

    Comme nombre de mes contemporains, j’en étais convaincu. Comment ne pas aimer un apôtre de la non-violence, victime de ces méchants Chinois qui ont violemment envahi son gentil petit pays, ce paradis perché dans l’Himalaya et que les BD de Cosey avaient contribué à rendre plus sympathique encore ? Dans notre Occident en crise de foi, où les religions s’apparentent à la violence ou à des combats réactionnaires contre les droits de l’homme, et en particulier ceux de la femme, le bouddhisme tibétain paraît une planche de salut à tous ceux qui, confusément, ne veulent pas renoncer à la spiritualité – dont, sans doute, l’humanité a besoin.

     

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    Derrière l’image d’Epinal

    Mais petit à petit, au gré de mes recherches, je me suis rendu compte que ce tableau idyllique ne représentait pas vraiment la réalité tibétaine. J’ai été particulièrement aidé par les travaux d’André Lacroix, mon ancien professeur d’histoire au collège, qui a traduit en français l’ouvrage de Tashi Tsering, Mon combat pour un Tibet moderne , aux éditions Golias. Ouvrage et recherche qui remettent fondamentalement en cause notre vision à la fois du Tibet et du Dalaï-Lama, pour autant que l’on accepte de reconsidérer nos préjugés et de remettre en cause ce que nous pensons savoir – mais tous les enseignants savent qu’il est infiniment plus difficile de « désapprendre » que d’apprendre.

    André Lacroix est certes un militant de gauche de la première heure et sa vision peut être biaisée ; je laisse à chacun la possibilité de consulter la longue synthèse qu’il a consacrée à ce sujet sensible. On y apprend que le Tibet a été indépendant, mais seulement de 622 à 842. Ensuite, il n’a jamais cessé, en droit du moins, d’être intégré à l’empire chinois. Entre 1911 et 1950, la Grande-Bretagne a réussi à établir un protectorat sur cette région, ce qui coïncidait avec la naissance de la république de Chine, encore très faible et incapable de s’occuper du Tibet sérieusement, d’où l’ambiguïté de fait du statut du Tibet à l’époque. La Chine communiste n’a donc pas, historiquement, annexé le Tibet, mais n’a fait que réaffirmer sa domination sur un territoire qui était sien depuis des siècles sans que jamais un pays ne le lui ait contesté.

    Le Tibet d’avant 1950, hors les nantis, était un pays miséreux à l’extrême : espérance de vie de 35 ans, analphabétisme de plus de 90 %, 3 hôpitaux publics pour toute la région. Il y avait encore à cette époque le servage et des punitions horribles pour les esclaves fugitifs (mutilations diverses). On est loin du «  pays le plus heureux qui soit  », décrit par le Dalaï-Lama, sinon pour les nantis et la caste des religieux qui régnait sans partage sur le Tibet.

    Le Dalaï-Lama n’a pas été contraint à l’exil en 1959, mais il a suivi un plan mûri de longue date par et avec la CIA pendant que les Américains mitraillaient les Chinois. De 1959 à 1964, des résistants tibétains ont été entraînés militairement dans le Colorado. On est donc loin de gentils pacifistes : il y avait des troupes paramilitaires sérieusement entraînées dans les rangs tibétains. Si elles n’ont pas réussi à vaincre les Chinois, c’est parce que le peuple tibétain ne souhaitait pas revenir à l’ancien régime théocratique et que les puissances occidentales ont préféré, dans le contexte de la guerre froide, ne pas reconnaître l’indépendance de cette province. Les Indiens n’ont accepté des réfugiés tibétains sur leur sol qu’en échange de la promesse des Américains de former des ingénieurs indiens à la technologie nucléaire.

    André Lacroix conteste également les chiffres des victimes causées par « l’annexion » du Tibet, de même que ceux de la colonisation et sinisation qu’aurait entreprises le gouvernement chinois. Il en va de même, selon lui, pour le génocide démographique dénoncé par le Dalaï-Lama, qui affirme que les Chinois s’installent en nombre immense au Tibet afin de le siniser. À nouveau, les chiffres prouvent le contraire. Au pire, dans la capitale, trouve-t-on une proportion comparable de Hans et de Tibétains ; partout ailleurs, les Tibétains sont majoritaires, ou s’ils sont en minorité, c’est à cause d’autres ethnies (Hui, Yi, Mongols, etc.). D’ailleurs, si une république indépendante bouddhiste devait s’installer, on peut craindre la fin de la coexistence pacifique actuelle avec, notamment les Hui musulmans – comme l’indiquent les déclarations pour le moins déroutantes du Dalaï-Lama, concernant les réfugiés et l’Allemagne, le Prix Nobel de la paix appelant au rejet de ces réfugiés et au maintien d’une Allemagne chrétienne et non musulmane.

    Des déclarations troublantes

    On peut encore s’interroger sur les déclarations du Premier ministre de l’autorité tibétaine en exil et du Dalaï-Lama, qui appellent périodiquement à préserver la «  pureté génétique de la race tibétaine  ». Et alors que ce dernier compare volontiers les Hans aux Nazis devant le congrès américain, on tait, en Occident, l’implication de volontaires tibétains aux côtés des Nazis et les contacts répétés du Dalaï-Lama avec des chefs d’extrême droite partout sur le globe.

    Pascale Seys dela RTBF, dans sa chronique, a eu le courage de s’attaquer aux paroles comme aux silences de Sa Sainteté. Outre ses propos pour la défense d’une Europe «  non arabe  », il s’est tu sur les agissements scandaleux d’un Sogyal Rinpoché, prêtre bouddhiste coupable de comportements sexuels et fiscaux inadmissibles… sauf quand ils sont, justement, commis par un moine bouddhiste, ami du Dalaï-Lama.**

    Plus grave encore, le silence du Dalaï-Lama et d’une autre Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, sur les pogroms commis par des bouddhistes à l’encontre des Rohingyas, une minorité musulmane birmane que l’ONU qualifie de «  minorité la plus persécutée au monde  ».

    Nous devons nous interroger sur notre capacité à nous laisser illusionner par une « sagesse » qui a, elle aussi, son « côté obscur », et par une philosophie religieuse qui n’est pas exempte de racisme et de violence, quoi qu’en disent ses zélateurs. Il n’y a d’ailleurs aucune raison de croire qu’une religion, quelle qu’elle soit, puisse être vierge de toute haine, de toute discrimination à l’égard des fidèles d’un autre culte ; par définition, une religion, prétend détenir LA vérité. Or, la « vérité » n’est souvent qu’un récit auquel on accepte de croire, parce qu’il rencontre nos intérêts ou conforte nos certitudes.

    Le salut de nos démocraties n’est pas plus dans le bouddhisme que dans une autre religion, et les grandes figures médiatiques de la sagesse et du courage ont toutes leurs parts d’ombre. Il n’y a pas d’autre sauveur que nous-mêmes, que chacun d’entre nous, chaque citoyen qui assume ses responsabilités et partage, le plus honnêtement possible, l’humanité commune.

    http://www.rtbf.be/auvio/detail_les-tics-de-l-actu?id=2143633#

     

     

     

     

     

  • La collaboration entre le quotidien belge "Le Soir" et la presse chinoise est un pont pour relier les peuples

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    A l'occasion du voyage du roi Philippe de Belgique en Chine, le journal belge "Le Soir" a ouvert ses colonnes aux journalistes de l'Agence de presse Xinhua(Chine nouvelle).

    Pas moins que quatre pages, c'est ce que se sont vu offrir les journalistes chinois par la rédaction du journal belge.

    Selon le président de l'agence, Cai Mingzhao :

    "Xinhua souhaite montrer au peuple chinois la vraie image de l'Europe par nos reportages objectifs , rapides et précis et également montrer aux Européens le vrai développement de la Chine , et servir de pont entre les deux peuples."

    Pendant son discours au Collège de l'Europe à Brugge (Bruges) le président chinois ,Xi Jinping , a insisté sur la nécessité et l'importance pour les Européens de mieux connaître et comprendre la Chine, et expliqué que Xinhua pouvait jouer un rôle en ce domaine à travers son service d'information.

     

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  • Nouvelle désinformation à propos du Tibet: Lettre ouverte à M. Daniel Couvreur, journaliste au Soir

    Voici une lettre ouverte de André Lacroix, auteur de la traduction

    Mon combat pour un Tibet moderne. Récit de vie de Tashi Tsering (éd. Golias, 2010)

    de l’original anglais The Struggle for Modern Tibet. The Autobiography of Tashi Tsering

    par Melvyn Goldstein, William Siebenschuh et Tashi Tsering

    Lettre ouverte à M. Daniel Couvreur, journaliste au Soir

    Cher Monsieur Couvreur,

    Dans Le Soir des 19 et 20 mai 2012, vous annoncez l’ouverture au Musée Hergé de Louvain-la-Neuve d’une exposition intitulée Au Tibet avec Tintin.

    On peut y lire :

    « Fanny Rodwell, fondatrice du Musée et légataire universelle de l’œuvre d’Hergé, a tenu à monter cet événement pour que personne dans le monde n’oublie la situation dramatique du Tibet : ‘Une culture et une riche spiritualité sont en passe de disparaître là-bas. On compte déjà 1,2 millions de morts (…)’ ».

    Je n’arrive pas à comprendre qu’un journaliste puisse ainsi se faire l’écho d’une contrevérité aussi énorme. Mme Rodwell étant manifestement plus compétente dans le maniement des millions de francs, de dollars et d’euros, son estimation du nombre de victimes tibétaines n’a pas beaucoup de signification. Par contre, il est infiniment regrettable qu’un journaliste en arrive à cautionner un telle aberration. Ce serait trop facile, cher Monsieur Couvreur, de vous en tirer en faisant remarquer que vous avez mis entre guillemets les propos de Fanny Rodwell : les lecteurs du Soir attendent des journalistes qu’ils fassent preuve d’esprit critique, qu’ils soient capables de prendre du recul par rapport à ce qu’ils rapportent et de recadrer les informations.

    Nul ne devrait ignorer en 2012 que ce chiffre de 1 200 000 morts, apparu pour la première fois en 1984, est un des mensonges forgés par l’entourage du dalaï-lama afin de tenter de gagner l’opinion occidentale à ses thèses indépendantistes[1]. Mais qu’en est-il de la réalité ?

    En 1999, le journaliste Patrick French est allé sur place à Dharamsala pour enquêter sur les allégations des indépendantistes tibétains ; il y a constaté que leurs chiffres avaient été systématiquement manipulés, ce qui l’a décidé à démissionner de la présidence de Free Tibet[2].

    Le politologue Barry Sautman a lui aussi démontré que ces chiffres avaient été inventés de toutes pièces : selon les autorités tibétaines en exil, il y aurait eu très précisément : 156 758 personnes exécutées, 432 067 tombées sur le champ de bataille, 413 151 mortes de faim, 92 931 décédées sous la torture, 174 138 dans les camps et, le comble, très exactement 9 002 suicides[3] ! Outre que les Tibétains n’avaient pas l’habitude de recenser les nouveau-nés ni de compter les morts, on mesure le caractère entièrement fictif de ces curieuses précisions quand on sait que le Tibet était alors sous surveillance chinoise et que les chiffres émanent du « gouvernement tibétain en exil ».

    Si besoin en était encore, la pyramide des âges confirme qu’il n’y a jamais eu de génocide au Tibet : on n’y constate aucun « trou » démographique significatif, mais seulement un tassement dans la tranche de … 0 à 4 ans, comme cela se passe dans beaucoup de pays… avancés[4].

    La population tibétaine globale, estimée à quelque 2 500 000 dans les années 50 dépasse aujourd’hui 6 000 000 : comment cet accroissement spectaculaire aurait-il pu avoir lieu si le prétendu génocide avait eu lieu ? Cela prouve à suffisance que nous sommes en présence d’une formidable mystification, qui, à force d’être ressassée usque ad nauseam, risque d’apparaître comme une vérité.

    Ce n’est pas la première fois, hélas, que Le Soir se laisse aller, à propos du Tibet, à écrire n’importe quoi. On se souvient notamment du reportage fantaisiste et partial de Philippe Dutilleul publié dans Le Soir en juillet 2009, sous le titre Tibet, l’improbable pays conquis : ce ramassis d’erreurs et d’approximations n’avait donné lieu à aucun démenti de la part du quotidien. J’espère que cette fois Le Soir aura à cœur de publier la présente.

    Veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

    André Lacroix,