kaifeng

  • L’ancienne communauté juive de Chine renoue avec son identité

    Shavei Israël est une organisation à but non lucratif qui assiste les communautés juives perdues ou cachées dans le monde entier afin de les reconnecter avec leur héritage juif.

    Tuvia Gering est de Jérusalem, il a été nommé pour servir de nouvel émissaire en Chine.

    Ce jeune homme de 22 ans a récemment été déchargé de ses fonctions d’officier dans les rangs de Tsahal et de professeur dans les commandements du front intérieur.

    Tuvia Gering est profondément intéressé par la Chine depuis le lycée après avoir étudié le Mandarin grâce à des vidéos en ligne.

    Il parle aujourd’hui suffisamment couramment chinois pour se charger de cette mission. Il étudiera en complément le chinois à l’université de Henan Kaifeng.

    « Les descendants juifs de Kaifeng représentent un lien vivant entre la Chine et le peuple juif, » a expliqué le président et le fondateur de Shavei Israël, Michael Freund.

    « Après des siècles d’assimilation, un nombre croissant d’entre eux ont récemment chercher à retrouver leur racine et à embrasser leur identité juive » a-t-il déclaré.

    « Tuvia est la personne idéale pour ce travail, avec sa passion pour la Chine et son expérience de professeur, il aura très certainement un impact durable sur les juifs de Kaifeng » a ajouté Michael Freund.

    Tuvia Gering enseignera la culture juive et l’hébreu. « Je veux me concentrer sur le noyau de l’éducation juive, les questions sur la foi et la philosophie, l’histoire, le sionisme et la Shoah, » a expliqué le jeune missionnaire.

    Les membres de cette communauté chinoise historique « essayent de comprendre pourquoi c’est important d’être juif. Nous souhaitons qu’ils aient une identité juive plus forte, » explique Tuvia Gering.

    Les chercheurs croient que les premiers juifs se sont installés à Kaifeng, qui était une des capitales impériales, aux 8e et 9e siècle.

    Ils étaient, apparemment, des juifs séfarades marchands de Perse ou d’Irak et qui ont été vers l’est le long de la route de la soie et se sont établis dans cette ville avec la bénédiction de l’empereur chinois.

    En 1163, les juifs de Kaifeng ont construit une large et magnifique synagogue, qui a été rénovée et reconstruite à de nombreuses occasions à travers les siècles.

    A son sommet, pendant la dynastie Ming (1368-1644), la communauté juive de Kaifeng comptait 5 000 personnes.

    Mais la généralisation des mariages mixtes et l’assimilation, ainsi que la mort du dernier rabbin de la communauté, ont débouché sur la disparition de la communauté juive au milieu du 19e siècle.

    Néanmoins, beaucoup de familles ont cherché à préserver leur identité juive et l’ont transmise à leurs descendants qui continuent à observer diverses coutumes juives.

    Aujourd’hui, un nombre approximatif de 1 000 personnes seraient des descendants de ces juifs.

    Récemment, Shavei Israël a aidé des jeunes juifs chinois de Kaifeng à faire leur alyah en israël.

     

  • LES FILS DE JACOB CHEZ LES FILS DU CIEL ou une histoire des Juifs en Chine

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    Plusieurs de mes articles ont comme sujet les Juifs en Chine. Que ce soit à Harbin ,Kaifeng ou Shanghai, je vous ai dressé une esquive sur ce sujet , sous l'angle du journalisme .

    Voici un texte qui présente les Juifs en Chine vu par un historien et un historien spécialiste de la question juive.

    Je vous souhaite bonne lecture de ce texte ,très intéressant , de Frédéric Viey ,historien, vice-président de l’Association Culturelle Israélite de Fontainebleau/Avon et Secrétaire Général du Conseil des Communautés juives de Seine-et-Marne.

     

     


    LES FILS DE JACOB CHEZ LES FILS DU CIEL

     

     

     

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    La longue saga du Peuple Juif est une mosaïque que les historiens depuis plus de deux siècles reconstituent ou actualisent. A travers la somme de documents qui existe sur la Chine, il est possible de retrace presque tout le quotidien de ces enfants d'Israël dans cette grande partie de l'Asie et ainsi visionner leur présence des Han à Mao. Afin de mieux comprendre l'installation d’un groupe juif dans plusieurs villes impériales dans l’Empire du Milieu. Il faut tout d'abord brosser le tableau général des axes de pénétration en Chine aux différentes époques, tant de celui des Juifs que de celui des autres influences religieuses comme l'Islam ou le Bouddhisme.


    Dans un deuxième temps, il faudra voir plus particulièrement le destin fabuleux de la  Communauté juive sinisée de Kaifeng.


    L'histoire de l'installation des Juifs en Chine est si dense qu'il faut la diviser en importants rameaux par voie terrestre et maritime :


    1) La Dynastie de Han, des marchands Juifs venant de l'Ouest.


    2) Kaifeng, des Juifs au terme de la Route de la Soie.


    3) Des Communautés Juives dans l’Empire du Milieu.


     


    A/ LES COMMUNAUTES JUIVES EN CHINE


    Tout au long de cette longue histoire, les Communautés Juives ont pu s'installer et développer leur propre culture.


     


    1) Des Juifs sous les Han.


    Dans la tradition chinoise, compte tenu des différentes invasions, la référence primordiale qui rattache chaque chinois est la dynastie des Han. Donc lors que les Jésuites ont pu rencontrer les Juifs de Kaifeng, leur première question fut:


    "A quelle date êtes vous arrivés en Chine ?"


    Les Juifs de Kaifeng, fiers de leur culture chinoise répondaient comme tout chinois: sous les Han. Or nous sommes à peu prés sur qu'il n'y a jamais eu de Juifs en Chine à l'époque des Han. Les premiers documents que l'on trouve sur la présence de juifs en Chine sont :


    I) Un morceau de lettre en Judéo-Persan daté de 718av. JC, découvert à Dandan Uilliq, une ville sur la route de la Soie. Les fouilles anglaises et françaises dans les premières années du XXème siècle ont permis de trouver un document en judéo-persan. Cette lettre provenait d'un marchand juif à son frère habitant, sans doute à


    Samarcande, faisant du commerce avec la Chine.


    II) Une page de Selikha (prières de pénitence entre Rosh Hachana et Yom Kippour), datant du VIIIème ou IXème siècle et découverte par Sir Aurèle Stein en 1908 dans les fameuses grottes aux 10.000 bouddhas dans la Province du Kansu, près du désert de Tarim. A Dung-Huang: Une page de Selikha a té trouvé dans une des grottes aux Mille Bouddhas. Elle fut découverte par Sir Aurèle Stein qui la donna à Paul Pelliot, sinologue français. Cette page de Selikha se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. Longtemps les chercheurs se sont penchés sur la stèle de Sinan-fou, découverte en 1625, pour savoir si c'était une stèle en araméen. Finalement, il a été possible de confirmer que cette stèle était un monument nestorien daté de 781. Les Nestoriens ou "Adorateurs de la Croix" avaient été chassés de l'Eglise par le Concile de Nicée. Ils ont été souvent assimilés aux juifs et beaucoup se convertirent au Judaïsme. Les deux voies d'arrivée des juifs en Chine furent la Route terrestre de la Soie (Moyen-Orient, Mossoul, Boukhara, Samarkand, le désert de Gobi, le Bassin du Tarim, Xian, Kaifeng, Pékin) et la Route maritime de la Soie. La flotte chinoise fut conduite par le grand navigateur Zhen Hé qui entreprit sept expéditions reliantla Chine à l'Afrique Occidentale. Le commerce dans cette région se fit surtout avec la multitude de petits bateaux rapides commandés généralement par des arabes.


     


    2) Les Juifs de Kaifeng à travers la Route de la Soie Même si vers 960, l'Empereur Song Zhao Kunang Yin donna son autorisation à un groupe de marchands Juifs pour s'établir à Kaifeng en leur disant : "Vous êtes venus dans notre Chine, Respectez et gardez les traditions de vos ancêtres et installez-vous ici à Pien-Liang (Kaifeng)’’, la fondation de la Communauté Juive dans l'ancienne Capitale de l'Empire du Milieu n'a pu se réaliser que quelques années plus tard. En effet, ce n'est qu'après une sinisation complète des Juifs que ceux-ci purent construire une synagogue en 1163. Au XVIIème siècle, le Père Jésuite Mattéo Ricci futle premier à rencontrer un mandarin juif originaire de cette ville à Pékin. Trois Jésuites ; Gozani, Domenge et Gaubil, sur les traces de Ricci, rencontrèrent vers 1720 les Juifs de Kaifeng, ils relevèrent les inscriptions religieuses en chinois et en hébreu et firent des dessins de l'intérieur et de l'extérieur de la synagogue. En 1851 des missionnaires chinois de confession protestante, envoyés par la "Society for promoting christianity among the jews" créée par le Révérend George Smith, sont partis à la rencontre des Juifs de Kaifeng et ont laissé différents écrits. Le dernier rabbin était mort vers 1800, la synagogue, en forme de pagode, avait encore subi un outrage des inondations, la guerre civile avait ruiné toute la population; la Communauté se mourrait. En 1900 des marchands Juifs de Shanghai, travaillant pour la ‘’Sassoon Company", créèrent une association : "Société pour Sauver les Juifs de Chine" mais la forte immigration des Juifs russes vers l'Amérique empêcha la réalisation des buts de cette société. A Kaifeng, il y avait également une forte communauté musulmane. Pour distinguer les Juifs des musulmans, les autorités provinciales les appelaient les "Bonnets blancs" (musulmans) et les "Bonnets Bleus" (les juifs). D'après les chroniques arabes, les Juifs et les Musulmans vivaient ensemble en bonne intelligence dans les grandes villes chinoises. Bien que nous n'ayons jamais eu de preuves formelles, nous savons qu'il y avait des communautés à Amoy: Selon ses contacts, Jacques Aron pensait qu'il y avait dans la ville d'Amoy plus de 2.000 juifs qui n'avaient ni temple, ni matériel religieux. Amoy fut l'un des cinq ports chinois accordés en concession par le Traité de Nankin.


     


    B/ DES TEMOIGNAGES


    Stanislas d’Escayrac de Lauture (1826-1868), émissaire de l’Alliance Israélite Universelle. Le Comte Stanislas d'Escayrac de Lauture laissa une littérature très importante sur ses voyages dont l'un d'eux le conduisit en Chine avec le Corps expéditionnaire français. Il est l'auteur de "Mémoires sur la Chine" publié en cinq parties par la "Librairie du Magasin Pittoresque" dont le propriétaire était le député de l'Yonne: Edouard Charton. Il y consigna ses observations sur l'Empire du Milieu en parlant: dans l'introduction de ses souvenirs personnels et des généralités, puis de l'histoire, de la religion, et Gouvernement et des Coutumes. Pierre-Henri Stanislas d'Escayrac de Lauture naquit le 19 mars 1826, dans une vieille famille aristocratique. Il apprit l'anglais, l'espagnol, le portugais, travailla pour le Ministère des Affaires Etrangères et voyagea, entre autres, en Afrique, où il apprit l'arabe. Après la Révolution de 1848, il démissionna, et sa fortune importante lui permit de continuer ses voyages: Europe, Afrique et Moyen-Orient. Il publia entre 1851 et 1858: "Notice sur le Kordofan", "Le désert et le Soudan", "Mémoire sur le Ragle ou Hallucination du Désert" qu'il adressa à l'Académie des Sciences, "De la Turquie et des Etats musulmans" et "Voyage dans le Grand Désert et au Soudan". En 1859, il accompagna en tant que géographe l'expédition franco-anglaise envoyée en Chine pour imposer aux Chinois le respect des commerçants et missionnaires européens. Chargé d'une mission diplomatique par le Gouvernement Impérial, il suivit les armées alliées et participa à la marche sur Pékin. Enhardi par ses bons rapports avec les indigènes, il prit l'habitude de circuler seul. Le 18 septembre 1860, il fut enlevé par les habitants du village de Toung-Tchéou entre Tien-Tsin et Pékin, blessé et laissé sans soins. Il fut ensuite transféré au bagne de Pékin et libéré plusieurs semaines plus tard, mais la gangrène le priva de ses mains. Dans le premier semestre de 1861, le Rabbin Mahir Charleville évoqua, lors d'une réunion du Comité local de Paris de l'Alliance Israélite Universelle, la question des Juifs de Chine. Le Comité Central de cette organisation juive adressa au Comte Stanislas d'Escayrac de Lauture un questionnaire sur les Juifs de Kaifeng et sur les Juifs de Chine en général. Le "Bulletin de l'Alliance Israélite Universelle" publia le courrier qui lui fut adressé en Chine en précisant sa mission. Le résultat des recherches d'Escayrac de Lauture, sous forme de lettre adressée à l'Alliance IsraéliteUniverselle en date du 15 juillet 1861, parut dans "Les Archives Israélites" de cette même année. Il rentra en France en 1862 en mauvaise santé, reprit difficilement sa vie antérieure et mourut à Fontainebleau le 20 décembre 1868. De retour en France, il dicta ses souvenirs en partie à son frère: non pas un journal de voyage, mais une somme de connaissances sur l'histoire, la religion, le gouvernement, les coutumes chinoises, qu'il avait amassée au cours de son séjour. Son père, le Marquis Marie Joseph Henri Léonce d'Escayrac de Lauture, faisait partie de la Commission des canaux et des routes sous le Second Empire. Il est l'auteur de différents traités sur ce sujet. En mai 1861, au regard de la proposition faite à son fils par l'A.I.U. concernant les Juifs de Chine, il adressa à M. Jules Carvallo, Président de l'Alliance Israélite Universelle, la lettre suivante:


    "Monsieur le Président,


    Je m'empresse de répondre à la lettre que vous avez fait l'honneur d'écrire à mon fils, maintenant en route pour rentrer en France, au sujet des israélites établis en Chine bien avant la venue du Christ. Je puis d'avance vous affirmer, Monsieur le Président, qu'il s'empressera, à son retour, de mettre à votre disposition tous les documents dont il pourra disposer. J'ignore s'ils sont nombreux toutefois leur exactitude ne laisse aucun doute dans mon esprit, car mon fils ne porte pas seulement une incroyable activité dans ses investigations mais il recherche la vérité par tous les moyens possibles.


    Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance


    de ma considération la plus distinguée."


     


     


     


     


    C/ LES COMMUNAUTES JUIVES EN CHINE


    Ville                          Province                   époque          Provenance              nombre


    Canton          /         Kwungtung /         9ème siècle   / Inde            Perse  /        beaucoup


    Chüanchow /         Fukian           /         14èm siècle /           Inde/Perse   /            inconnu


    Ning-Po        /         Chekiang     /         XV-XVIIè /   Inde/Perse   /         inconnu


    Kaifeng         /         Honan          /         IXème               /      Inde/Perse /            1500-2000


     


    SHANGHAÏ


    Au début du XIXème siècle, Shanghaï n'était qu'un petit village de pêcheurs, avec la signature du Traité de Nankin en 1841 stipulant l'ouverture de cinq ports internationaux, elle va se développer très rapidement. Située dans la partie Est du delta du Changjinang, au bord de la mer de Chine orientale, Shanghaï va s'ouvrir au commerce international et à la convoitise des grandes puissances. Dès le début du XXème siècle Shanghaï, ville la plus cosmopolite des cités internationales, fut appelée "Paris de l'Orient", ville ouverte par le biais des légations internationales. La famille Sassoon installa sa firme à Shanghaï vers 1842. Les juifs étaient alors un petit groupe, environ 10 personnes dans un premier temps sans femme et famille. En 1944, Shanghaï ne compte que 23 résidents étrangers avec leurs familles, 11 maisons de commerce et 2 missionnaires protestants. Le conflit franco-britannique contre la Chine draina dans tout l’Empire du Milieu des commerçants juifs de tous horizons. En 1900, quelques employés de la E.D. Sassoon, s’inquiétant du sort de leurs coreligionnaires de Kaifeng, créèrent la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’ afin de les prendre en charge puis ensuite essayer de faire revivre cette communauté sur les bords du Fleuve Jaune. Le ‘’Jewish Chronicle’’ fit paraître dans ses colonnes un article consacré à cette société d'entraide le 31 aout 1900. (voir texte en anglais, annexe 1). Lewis Moore, Président de cette association juive à Shanghaï, adressa un courrier de présentation à l’Alliance Israélite Universelle (AIU) à Paris, à l’entête de E.D. Sassoon and Co et avec le tampon de la ‘’Society for rescue of the Chinese Jews - Shanghaï.’, et demandant une contribution pour la reconstruction de la synagogue de


    Kaïfeng. L’A.I.U. possède encore une circulaire dactylographiée reçue le 19 août 1902, envoyée par L. Moore et décrivant les buts de la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’ :


    En mars 1924, cette Société de Secours essaya de se réorganiser et embaucha David  Levy, bedeau de la Synagogue Ohel Rachel de Shanghaï pour s’occuper de la Communauté Juive de Kaifeng. Comme les délégués, qui avaient été envoyés par Georges Smith et Medhurst dans la Capitale du Honan, David Levy était chinois et prétendait être membre de la Maison d’Israël. Son nom de famille en chinois était Wong, et il venait de Khotan, une oasis dans la province du Sinkiang à approximativement deux mille kilomètres à l’Ouest de Kaifeng. Levy prétendait que plusieurs colonies juives avaient été fondées depuis très longtemps dans cette région.


    Le Kansu et le Xinjiang représentent une vaste région qui appartient au Turkestan chinois où les Juifsétaient des éléments florissants. Avant la première guerre mondiale, ces Juifs turkmènes pratiquaient le commerce principalement dans le Turkestan russe et en Sibérie. Ces Juifs du Nord-Ouest de la Chine étaient très respectés par les autres chinois de ces régions et vivaient particulièrement en bonne intelligence avec les musulmans du Kansu. Un de ces commerçants juifs, natif de Khotan, et dont le nom était Wong (Prince) était l’ancêtre de David Levy. Le nom de famille Wong aurait été donné aux Lévites qui se seraient installés dans cette régionde puis des temps immémoriaux. David Levy parlait le Mandarin, le Turc et un peu le Russe, il savait également lire l’hébreu. Il avait alors soixante dix ans mais semblait être en pleine force de l’âge. Lorsqu’il fut choisi pour tenir ce poste par les Membres de la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’, il était assistant du Shammash de la Synagogue Ohel Rachel à Shanghaï et fut dans un premier temps envoyé pour le compte de cette ‘’Société’’ pour s’occuper des Juifs de Kaifeng. Il y a une photo data justement de 1924 où figurent devant la Mission de l’Eglise Américaine de Kaifeng un groupe de Juifs chinois encadré d’un côté par un prêtre et de l’autre par David Levy vêtu d’un châle de prières (talith) et des phylactères (tephillin). Après une réunion qu’il eut avec ce groupe, il demanda à deux juifs, Chao et Shih Chung Yung, de faire les plans de la synagogue et de rédiger un rapport sur la Communauté. Mais de retour à Shanghaï Wong-Levy fut, pour différentes raisons, considéré comme un imposteur et les Juifs de Shanghaï refusèrent de l’envoyer à Kaifeng avec sa famille pour être le chef religieux de cette communauté. Après cet échec, dans un second temps, il fut envoyé à l’intérieur de la Chine pur faire des recherches sur la présence d’Israélites dans les lieux les plus reculés de la nouvelle république. Acceptant cette mission malgré la guerre civile, il partit donc, muni d’un petit viatique, sur les routes de l’exil, il entretint une correspondance très suivie avec les membres de la ‘’Société de Secours’’ jusqu’au jour de sa disparition. Il a été impossible de déterminer s’il était mort de cause naturelle ou s’il avait été assassiné par des soldats. Selon sa correspondance, il est indubitable que David Levy passa dans le Honan, le Shensi et le Kansu en suivant le Maréchal Feng Yu-hsiang, commandant en chef de l’armée du Nord-Ouest. C’était un homme très versatile et très opportuniste, il semble qu’il essaya de collecter 10.000 US dollars en monnaie chinoise pour construire une synagogue et une école hébraïque à Kasghar et que le principal donateur était le ‘’Tuchun’’ de Kasghar, le Général Ma Fu-hsiang qui disait être de père juif et de mère musulmane. Wong, alias David Levy, fut-il assassiné sur les ordres de son mécène qu’il aurait voulu escroquer ou par des troupes irrégulières révolutionnaires, qui connaissant sa situation financière, voulurent le détrousser?


    Tout était plausible dans la Chine de cette époque, mais la ‘’Society for Rescue of the Chinese Jews’’ venait de perdre avec David Levy un agent très compétent.


     


    L’Alliance Israélite Universelle ou l’Anglo-Jewish Association à Shanghaï


    Dans les différents groupes Sassoon de Shanghaï, les employés juifs aidèrent financièrement la ‘’Anglo-Jewish Association’’, en envoyant leurs dons à l’Alliance Israélite Universelle. Les dons se faisaient en taëls ou en dollars dès la fin du XIXème siècle. Dès la création des Comités de l’A.I.U. en Chine, celle-ci aidait la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’. Hélas, compte tenu des besoins énormes sollicités par les vagues d’immigration vers l’Amérique, l’Argentine et la Palestine, l’A.I.U. arrêta ses subventions à quelques juifs sinisés complètement déjudaïsés.


     


    J’adresse mes plus sincères remerciement aux le Prof. Pan Guan, doyen du département des Etudes Juives à l’Université de Shanghaï, Prof Xu Xin, recteur du d


    épartement des Etudes Juives à l’Université de Nankin, Prof. Zhang Qianhong, directeur u département des Etudes Juives à Kaifeng pour leurs renseignements et leur soutien. Mes remerciements particuliers vont à mon ami à Jean-Claude Kuperminc et à tout le personnel de la Bibliothèque de l’Alliance Israélite Universelle, ainsi qu’aux directeurs des bibliothèques de l’Extrême-Orient du Collège de France et de la Mazarine pour avoir mis à ma disposition leur temple du savoir. Ma reconnaissance va aussi à mes amis Maurice Ohana et Bernard Edinger.


    Frédéric VIEY,


     


    *Annexe 1


    Jewish Chronicle 31st August 1900.


    ‘’ Rescue Society formed at Shanghaï


    In the paper which Mr Marcus Adler read at Jews Col


    lege on June 17th


    were be communicated letters which had been received by the chief rabbi from some prominent English Jews in Shanghaï, where a meeting, attended by some thirty european and eastern Jews, was held on May 14thwith Mr Simon A. Levy in the chair.


    Mrs J. Salomon of the firm of Messrs E.D. Sassoon and Co, addressed the meeting on the steps already to enter into communication with the Jews at Kai-Feng-Fu and he mentioned an offer made by general Mesny to Mr H. Gensburger (who was acting as secretary to the meeting) to go there and bring a few of the native jews in Shanghaï. After some remarks by the Rev. Dr M. Linczer, Mr S. Moosa moved and Mr Edward I. Ezra seconded : that a society be formed to be call ‘’Society for the rescue of the Chinese Jews’’. The motion was carried and it was further resolved to give the Society the Hebrew title : (Hevra Leezrat beni Israël hasinim). The following gentlemen were elected to form a committee, in whose hands the matter approaching the Chinese Jews to be left : Messrs D.E. I. Abraham, Edward I. Ezra, E. M. Ezra, N. E.B. Ezra, H. Gensburger, R.J. Hardoon, S.A. Hardoon, N.S. Levy, Simon A. Levy, Lewis Moore, A.E. Moses, M.A. Sopher, S.J. Solomon and R.E. Toeg. A subscription of one dollar per month is to be paid by each lady or gentleman member of the society. At a meeting of the Committee held later in the day, it was agreed to approach the committee of the Shanghaï branch of the Anglo-Jewish Association and ask them to communicate with their London Council on the subject as it may be found necessary in future toask their co-operation in the matter’’


     

     

     

  • Quand Shanghai et la Chine étaient la terre promise pour les Juifs persécutés d'Europe

    Pendant la seconde guerre mondiale , la Chine fut le seul pays au monde qui accepta les juifs sans numerus clausus, ni visa et, parce que, port franc, les réfugiés pouvaient arriver à Shanghai soit par terre soit par mer . Quelques-uns partirent de Marseille par  ligne maritime.

     

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    Ohel Moishe  synagogue de Shanghai

    Pour la première et sans doute la dernière  de leur histoire, les Juifs sont propulsés dans un milieu qui ne nourrissait  aucun préjugé à leur égard. En cela la culture chinoise, largement baignée d’humanisme confucianiste  se distingue de l’Islam et du Christianisme, qui n’ont su inventer  leur identité que par rapport et contre le Judaïsme.

    En Chine, être étranger est un avantage , c'est même un privilège tant les Chinois sont hospitaliers par nature. Cela du être une surprise pour ces Juifs quittant les pays européens où ils étaient méprisés et maltraités d'être reçus en Chine comme des amis, appréciés dans leur différence , sans qu'on leur demande de s'assimiler.

    Il y avait bien la communauté juive de Kaifeng, mais à ce moment on l'avait perdue de vue  puis vers 1906 , ces Juifs fuyant les pogroms de Russie qui se réfugièrent à Harbin ( voir sur ce blog mon article du08/01/2009).

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    Synagogue de Harbin (Dongbei-Nord-Est de la Chine)

    Dès 1933, commencent à arriver à Shanghai  des réfugiés juifs allemands chassés par le Nazisme auxquels se joindront les Juifs de Harbin où les Japonais s'installent  ; en 1939, ils seront 15 000. En1940 , quelques 6 000 juifs polonais installés en Lituanie arrivent à leur tour. Un ghetto sera mis en place en 1943 par les japonais ; il comptera 30.000 juifs.

    Ces Juifs qui arrivent avant et pendant la guerre à Shanghai ont tout perdu dans leurs tribulations, consacrant le peu de biens qu’ils ont pu conserver à financer leur voyage. Les Chinois voient débarquer dans leur ville d’étranges individus qui ne pouvant pratiquer leur profession, étaient réduits à exercer  des métiers manuels qui jusque là étaient réservés aux Chinois. On aurait pu croire en une attitude hostile de la part des Chinois vis-à-vis de ces pauvres bougres qui venaient les concurrencer sur leur propre terrain professionnel . Et bien non ! , les Chinois accueillirent les Juifs bésévér panim yafot, soit avec gentillesse et compréhension, et des liens forts se nouèrent entre les autochtones et les réfugiés.  Les Chinois furent d’ailleurs subjugués par les facultés d’adaptation de ces Juifs. De nombreux témoignages, notamment d’enfants juifs, qui quitteront  après la guerre la Chine, pour  Israël ou les Etats-Unis,  montrent qu’ils passèrent les plus belles années de leur vie à Shanghai. Ehoud Olmert est parmi ceux là. Le grand-père de l'ancien Premier ministre israélien est enterré à Harbin . J'espère bientôt me rendre dans cette ville et photographier sa tombe.

     

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    C'est à ce moment que Long Yun , Président du Gouvernement national de la province du Yunnan, Chinois de l'ethnie Yi , propose aux Juifs de s’installer dans sa province.  La province du Yunnan est peu peuplée, les terres y sont  fertiles, les Juifs rassemblés à Shanghai, sont  riches en connaissances, industrieux et habiles ; la province du Yunnan, et, par de là toute la Chine,  n’aura qu’à gagner de  leur présence industrieuse. Au même moment deux juifs influents Jakob Berglas et Maurice William présentent un plan au gouvernement des Etats-Unis pour transplanter les juifs d’Europe centrale vers la Chine.  Et en fait l’initiative tombe à l’eau par la faute des Japonais.( source le livre de Gao Bei-Shanghai Sanctuary  Oxford University Press)

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    L’épisode shanghaïen et la tentative, non aboutie, d’installer une large colonie juive dans le sud de la Chine est non seulement un épisode peu connu de la Seconde guerre mondiale mais riche de sens quant aux relations qui peuvent s’établir entre Juifs et leurs hôtes lorsque ces derniers n’ont pas d’apriori vis-à-vis des Juifs.On peut conjecturer jusqu’à l’infini sur ce qui aurai pu se passer si  les Juifs étaient venus en nombre s’installer en Chine.
    ils font comme les autochtones et embrassent les mille et un métiers qui se pratiquent dans la rue chinoise : cordonniers, livreurs, couturiers, réparateurs de produits usés jusqu’à la corde, pour qu’ils puissent servir  encore quelque peu. Les Chinois observent ces longs nés et les trouvent industrieux et pas fainéants, amicaux et pas arrogants pour un sou. La rue chinoise se réorganise ; chinois et juifs se partagent le travail . Les enfants aux cheveux blonds et les petits chinois  jouent ensemble dans les terrains vagues et slaloment à travers les échoppes. Les témoignages de juifs qui ont passé leur enfance à Shanghai sont unanimes : ce furent les plus beaux jours de leur vie. Pas de cloisonnement, peu de bagarres. Seulement des enfants qui s’amusent et des adultes qui peinent pour les nourrir et les vêtir.
     

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    Outre leur bonne volonté et leur force de travail,  Les Juifs apportent à Shanghai aussi leur dieu et leur Torah. Brouhkim Habaïm, soyez les bienvenus, disent les Chinois, vous et votre dieu et vos synagogues. D’ailleurs plus on est de dieux en Chine plus on rit , pensent-ils. Abondance de dieux ne nuit pas ; bien au contraire. Et puis les Juifs comme les Chinois ne font pas du prosélytisme.
    Encore aujourd'hui vous verrez des bouddhistes chinois adorer en plus des divinités bouddhistes , les anciens Dieux de leur religion antique, au xvème siècle les Jésuites avaient converti beaucoup d'élites chinoises mais ceux-ci ne voulaient pas abandonner leurs Dieux et coutumes, cela déboucha sur la Querelle des Rites. La Chine s’appelle traditionnellement Zhongguo, l’« Empire du Milieu », ou  Zhonghua, la « Lumière du Milieu ». Ce « Milieu » a certes  une acception cosmologique de centre de l’univers ;  mais aussi une acception morale : « l’Empire de la juste mesure ». Du comportement moyen, de la voie du milieu si chère à Maïmonide et à Confucius, du Derekh Erets.
     

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     Maïmonide s’est fait connaitre par son livre philosophique Le Guide des Egarés, Moré Névoukhim qui eut un retentissement considérable auprès des juifs et des non-juifs.

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    Si Maimonide était médecin, Confucius était un conseiller politique qui ambitionnait d’amener le prince à adopter la voie juste, dans son intérêt et de celui de ses sujets. Leur démarche est pratiquement identique, souvent au mot près.

    Ah qu’il était doux et agréable de vivre dans un pays où les habitants ne nourrissent pas à votre égard d’horribles à priori. En hébreu, on dirait Iné ma tov ou ma naïm Chévét Ah’im Gam Yahad (qu’il est bon et agréable que des frères soient assis ensemble). Pour la première, et la dernière fois de leur histoire, une poignée de juifs étaient venus s’installer, pour un laps de temps indéterminé, dans un pays qui n’avait jamais entendu parler d’eux. Et miracle on les apprécie, pour ce qu’ils sont tout simplement, pour leur manière courtoise de se comporter avec  ceux qui étaient là avant eux.
    Si les Musulmans et les Chrétiens, toutes mouvances confondues, y compris les agnostiques et les athées, représentent aujourd’hui 50% de l’humanité, il ne faut pas oublier l’autre moitié des habitants de la planète. Cette moitié là ne considère pas Israël comme le petit Satan ; d’abord parce qu’ils ne croient pas au Satan  et aussi, parce qu’ils n’ont pas eu à inventer leur identité par rapport et contre le Judaïsme. Les jeunes israéliens qui, après leur service militaire, partent à la découverte du grand monde, ne s’y sont pas trompés ; leurs pas les entrainent vers l’Extrême-Orient mystérieux et exotique, et ils participent à la bonne entente qui règne entre la Chine et l'Etat d'Israël.
     
     
  • La communauté juive de Kaifeng , ces Chinois qui lisent dans la Torah et respectent les fêtes d’Israël

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    Pour ceux qui ne suivent pas ce blog depuis plus de 3 ans , j'ai déjà consacré plusieurs articles

    au judaïsme , aux juifs de Kaifeng , Harbin ou Shanghai.

    En plein cœur de la Chine, il y à plusieurs centaines d’habitants locaux qui vivent une vie juive, lisent dans la Torah et respectent les fêtes d’Israël. Ils s’agit de descendants d’une communauté âgée de plus de mille ans, communauté qui a pratiquement disparue, et qui tente de revenir au judaïsme.

    La communauté juive de la ville de Kaifeng est la plus ancienne de Chine. Selon les estimations des chercheurs, des juifs d’Iran et d’Irak se seraient installés dans cette ville, qui compte actuellement pratiquement cinq millions d’habitants, dès le VIIIème ou IXème siècle.

    Les membres de cette communauté ont continué de vivre une vie juive jusqu’à nos jours.

     

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     Les historiens sont convaincus que les premiers juifs sont arrives à Kaifeng après un long voyage sur la route de la soie », raconte au ‘Maariv’ le professeur Michael Freund, responsable de l’organisation « Shvi Israël » qui agit pour renforcer les liens entre les communautés et les groupes d’origine juive de diaspora qui demandent à faire partie du peuple d’Israël.

    « Ces juifs étaient des commerçants qui se sont installés là avec la bénédictionde l’empereur ». Le professeur Freund raconte que selon la légende, l’empereur n’aurait pas réussi a prononcé les noms hébraïques des juifs, et que pour cette raison, il leur aurait donné des noms chinois.

    « Ainsi, par exemple, Lévy serait devenu Lee, mais cela ne veut pas dire bien sur que tous les gens qui portent ce nom sont juifs, il s’agit d’une famille spécifique de Kaifeng ».

    Avec le temps la communauté a grandi, et en 1173 a été construite la première synagogue de la ville. Au cours du Moyen Age la communauté a atteint son plus grand nombre de membres et a compté jusqu’à 4000-5000 juifs. A notre époque les descendants de cette communauté compte environ 600 a 1000 membres qui veulent revenir au judaïsme.  »

     

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    Chinois juif de Kaifeng

    A l’époque la ville avait toutes les infrastructures et les institutions d’une communauté juive en exil : rabbins, synagogues, mikvés et bien sur des discussions internes », explique Freund. Mais contrairement aux autres communautés en exil, les juifs de Kaifeng ne connurent pas l’antisémitisme. En conséquence de cela, les juifs se sont assimilés à la population locale à un rythme assez élevé.

    Vers 1.810, le dernier rav de la communauté est décédé, et la synagogue créée au XIIème siècle fut inondée au cours de très fortes averses qui sont tombées sur la ville. Les survivants de la communauté tentèrent de continuer a respecter la tradition juive, et au début du XXème siècle, ils ont lancé un « appel au judaïsme mondial » : « C’est un document très émouvant dans lequel ils ont écrit ne pas avoir de synagogue, et que personne ne peut comprendre l’hébreu des prières ou lire dans la Torah », explique Freund. « Ils demandaient aux juifs de diaspora de les aider à apprendre l’hébreu et le judaïsme, seule la communauté de Shangai a répondu au défi. Ils envoyèrent deux représentants qui arrivèrent dans la ville et convertirent les descendants de la communauté. Mais avec le déclenchement de la première guerre mondiale en 1914 les juifs de Kaifeng furent oublies ».

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    Il y a environ 9 ans, Freund a lu l’hsitoire de cette communauté. « Ca m’a fait beaucoup de mal d’apprendre qu’en fait ces gens se sont adressés au judaïsme mondial et ont demandé d’être sauvés, d’être aidés, c’est comme si nous avions loupé une opportunité », raconte t-il.

    Freund a commencé a amener en Israël de petits groupes de jeunes filles et de jeunes hommes de Kaifeng dans le but de les convertir définitivement au judaïsme. Ils apprennent l’hébreu moderne et ancien, ils apprennent la Torah, les commandements. »

    Aujourd’hui il y a à Kaifeng un centre éducatif et culturel de l’organisation ‘Shvi Israel’, ou est mis en avant la culture et la tradition juive.

    « Régulièrement nous y envoyons des émissaires qui y font différentes activités », raconte Freund tout en précisant qu’hier un émissaire y a été spécialement envoyé pour la fête de Souccot.

    Selon un article du journal israélien Maariv.

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  • Sept descendants des Juifs de Kaifeng, ancienne communauté de la Chine sont venus en Israël pour revenir au judaïsme et faire leur Alya

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    Sept descendants des Juifs de Kaifeng, une ancienne communauté de la Chine dans la province du Henan sont venus en Israël pour revenir au judaïsme, en allant dans les bains rituels et en pratiquant la circoncision. Ils respectent aussi le devoir de manger casher.

    Yaakov rêve de devenir le premier rabbin à diriger la communauté juive de Kaifeng, une petite communauté juive de Chine, dans la province du Henan qui a plus de 200 ans. Cette semaine, il s’est un peu plus approché de cet objectif. Après s’être immergé dans le Mikvé de Hod Hasharon, un bain rituel et confirmant son acceptation des mitsvot, il a été officiellement converti au judaïsme.
     
    Yaakov n’était pas seul. Cinq de ses amis qui sont tous dans la vingtaine ont également participé aux rituels de conversion, devenant ainsi le premier groupe d’hommes de cette communauté juive à accepter la religion juive après des centaines d’années.
     
    « Il s’agit de la fermeture d’un cercle historique », a déclaré Michael Freund, le directeur de Shavei Israël, une organisation à but non lucratif qui tend la main aux membres des communautés juives à travers le monde, parmi lesquels les Juifs de Kaifeng, qui sont aidés à renouer avec leurs racines.
     
    Yaakov et ses amis sont membres d’un petit groupe de descendants des Juifs de Kaifeng, qui ces dernières années ont exprimé leur intérêt dans l’exploration de leurs racines religieuses et devenir de véritables Juifs. Ils ont été précédé en 2007 par un groupe de quatre femmes de Kaifeng qui ont terminé le processus de conversion en Israël.
     
    « Mes grands-parents nous ont toujours dit que nous étions les descendants des Juifs, » a déclaré Yaakov, alors qu’il se préparait à entrer dans le mikvé. « Nous n’avons pas mangé de porc dans notre maison, et nous n’avons pas mangé le sang des animaux. J’ai décidé que je voulais en savoir plus. »
     
    La communauté juive de Kaifeng existe depuis près de 1.000 ans, depuis qu’un groupe de commerçants juifs, probablement de Perse, se sont installés dans cette région de la Chine à côté de la route de la soie. Les Juifs vivaient entre eux dans une communauté séparée pendant des centaines d’années avant que ne commence l’assimilation et les mariages avec les chinois.

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    Deux petits Juifs de Chine.

     
    À son apogée, la communauté comptait pas moins de 5.000 Juifs. Aujourd’hui, environ 1.000 Chinois peuvent retracer leurs racines à travers eux. Seule une petite fraction de ce nombre cependant sont des participants actifs dans la communauté.
    En Octobre 2009, Shavei Israël a reçu l’autorisation du ministère de l’Intérieur pour amener sept hommes de Kaifeng en Israël afin qu’ils puissent explorer les possibilités de conversion et de l’Aliya.
     
    Le septième membre du groupe a été en mesure d’achever le processus de conversion il y a quelques semaines, car contrairement aux autres, il était déjà circoncis et n’a donc pas eu besoin d’attendre le temps nécessaire pour être accepté parmi le peuple juif.
     
    Le rabbinat israélien s’abstient généralement de convertir les individus qui ne sont pas admissibles à la citoyenneté en vertu de la Loi du Retour – en d’autres termes, les personnes qui n’ont pas au moins un grand-parent juif. En effet, une demande d’un autre jeune membre de la communauté Kaifeng, Wang Jiaxin, qui est arrivé en Israël à la même époque que le groupe actuel a été rejetée par le rabbinat.
     
    Jiaxin a ensuite fait une conversion aux États-Unis (réformiste), puis a demandé la citoyenneté israélienne en vertu de la Loi du Retour. Il y a deux mois, sa demande a été refusée par le ministère de l’Intérieur. Le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à la question des raisons de sa demande qui avait été rejetée.
     
    L’été dernier, cependant, un comité spécial a statué sur les demandes de conversion présentées par Yaakov, Shai, Yonatan, Moshe, Tzuri, Gédéon et Osée – comme on les appelle aujourd’hui – qui ont étudié pendant ces dernières années à Givat Hamivtar, un yeshiva dans la colonie de Gush Etzion d’Efrat. Il y a deux mois, ils ont tous réussi leurs examens oraux au tribunal rabbinique, et six d’entre eux se sont ensuite circoncis.
     

    Yonatan et ses amis ont l’intention de déménager à Jérusalem avant de rejoindre l’armée israélienne. Yonatan, qui a pratiqué la dentisterie en Chine a dit qu’il voudrait devenir dentiste en Israël. Tzuri, lui veut devenir un abatteur rituel et par la suite ouvrir peut-être un authentique restaurant chinois à Jérusalem.

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    Juifs de Kaifeng