juif

  • L’ancienne communauté juive de Chine renoue avec son identité

    Shavei Israël est une organisation à but non lucratif qui assiste les communautés juives perdues ou cachées dans le monde entier afin de les reconnecter avec leur héritage juif.

    Tuvia Gering est de Jérusalem, il a été nommé pour servir de nouvel émissaire en Chine.

    Ce jeune homme de 22 ans a récemment été déchargé de ses fonctions d’officier dans les rangs de Tsahal et de professeur dans les commandements du front intérieur.

    Tuvia Gering est profondément intéressé par la Chine depuis le lycée après avoir étudié le Mandarin grâce à des vidéos en ligne.

    Il parle aujourd’hui suffisamment couramment chinois pour se charger de cette mission. Il étudiera en complément le chinois à l’université de Henan Kaifeng.

    « Les descendants juifs de Kaifeng représentent un lien vivant entre la Chine et le peuple juif, » a expliqué le président et le fondateur de Shavei Israël, Michael Freund.

    « Après des siècles d’assimilation, un nombre croissant d’entre eux ont récemment chercher à retrouver leur racine et à embrasser leur identité juive » a-t-il déclaré.

    « Tuvia est la personne idéale pour ce travail, avec sa passion pour la Chine et son expérience de professeur, il aura très certainement un impact durable sur les juifs de Kaifeng » a ajouté Michael Freund.

    Tuvia Gering enseignera la culture juive et l’hébreu. « Je veux me concentrer sur le noyau de l’éducation juive, les questions sur la foi et la philosophie, l’histoire, le sionisme et la Shoah, » a expliqué le jeune missionnaire.

    Les membres de cette communauté chinoise historique « essayent de comprendre pourquoi c’est important d’être juif. Nous souhaitons qu’ils aient une identité juive plus forte, » explique Tuvia Gering.

    Les chercheurs croient que les premiers juifs se sont installés à Kaifeng, qui était une des capitales impériales, aux 8e et 9e siècle.

    Ils étaient, apparemment, des juifs séfarades marchands de Perse ou d’Irak et qui ont été vers l’est le long de la route de la soie et se sont établis dans cette ville avec la bénédiction de l’empereur chinois.

    En 1163, les juifs de Kaifeng ont construit une large et magnifique synagogue, qui a été rénovée et reconstruite à de nombreuses occasions à travers les siècles.

    A son sommet, pendant la dynastie Ming (1368-1644), la communauté juive de Kaifeng comptait 5 000 personnes.

    Mais la généralisation des mariages mixtes et l’assimilation, ainsi que la mort du dernier rabbin de la communauté, ont débouché sur la disparition de la communauté juive au milieu du 19e siècle.

    Néanmoins, beaucoup de familles ont cherché à préserver leur identité juive et l’ont transmise à leurs descendants qui continuent à observer diverses coutumes juives.

    Aujourd’hui, un nombre approximatif de 1 000 personnes seraient des descendants de ces juifs.

    Récemment, Shavei Israël a aidé des jeunes juifs chinois de Kaifeng à faire leur alyah en israël.

     

  • Chronique de la vie mouvementée des Juifs réfugiés en Chine pendant la Seconde Guerre mondiale

    JTA (Jewish Telegraphic Agency) a rapporté que le quartier de Shanghai qui abritait environ 20 000 réfugiés juifs pendant la Seconde Guerre mondiale serait ajouté au registre Mémoire du monde de l’UNESCO.

    Si les réfugiés fuyant les nazis qui se sont installés à Shanghai ont certainement connu un meilleur sort que leurs parents et amis qu’ils ont laissés derrière eux en Europe, la vie dans la « Perle de l’Orient » était tout de même agitée.

    La vie à Shanghai semblait prometteuse, lorsque les premiers réfugiés juifs allemands, beaucoup d’entre eux des médecins et dentistes, sont arrivés peu de temps après l’arrivée d’Hitler au pouvoir.

    La communauté locale était apparemment tellement reconnaissante devant les compétences professionnelles de ces réfugiés que le JTA titrait un article de 1934 « Les médecins juifs allemands poussent la Chine à être reconnaissante envers les nazis ».

    Dans cet article, JTA mentionne que, d’après un journaliste américain travaillant en Chine, environ 100 médecins juifs exerçaient à Shanghai :

    « Pendant le peu de temps où ils ont vécu dans la ville, ils ont fini par être considérés comme un ‘cadeau d’Hitler à l’Extrême-Orient’. En vertu de leurs compétences médicales, ils ont contribué à un territoire qui souffrait depuis longtemps d’une attention médicale insuffisante. »

    « Les médecins juifs allemands, déclarait le journaliste, se sont distingués comme faisant partie des chirurgiens et des médecins généralistes les plus experts de Shanghai. »

    En 1937, l’occupation de la Chine par le Japon a apporté à la fois de bonnes et mauvaises nouvelles pour les Juifs de Shanghai.

    Des mauvaises : la conquête de Shanghai fut précédée par des mois de combats, et pendant cette période, décrite par JTA comme une « guerre non déclarée », les rabbins de la ville ont qualifié la situation des Juifs de « désespérée ».

    « Les quartiers juifs de cette ville frappée étaient surveillés par un régiment juif du corps des volontaires de Shanghai, qui veillaient à protéger la propriété des habitants, éteindre les incendies et évacuer les Juifs des zones dangereuses… »

    Des bonnes nouvelles aussi : sous l’occupation japonaise, Shanghai est devenue une « ville ouverte », offrant un refuge à des milliers de Juifs qui n’avaient nulle part où aller.

    Beaucoup de ceux qui avaient eu des difficultés à obtenir les visas nécessaires pour quitter l’Europe ont reçu l’aide de Ho Feng Shan, un consul général chinois à Vienne en 1938-1939, qui fut plus tard surnommé le « Schindler de Chine » et qui a risqué sa vie pour délivrer des visas à des milliers de Juifs.

    Une rue de Shanghai aux alentours de l'année 1943 (Crédit : Wikimedia Commons)

    Une rue de Shanghai aux alentours de l’année 1943 (Crédit : Wikimedia Commons)

    Une fois à Shanghai, les Juifs ont tenté de se créer une nouvelle vie, quoique temporaire. Un quotidien juif, le Shanghai Jewish Chronicle, a été fondé en 1939. La même année, Benjamin Wylie, directeur général du South China Morning Post et du Hong Kong Telegraph, a exprimé de grands espoirs pour l’avenir des Juifs en Chine:

    « Shanghai est pleine de réfugiés juifs d’Europe centrale, déclare Wylie. Ce sont des hommes professionnels et des industriels qui cherchaient refuge. Et je crois qu’ils accompliront de grandes choses pour la Chine. Je crois qu’ils industrialiseront le pays comme il se doit ; qu’ils enseigneront aux Chinois d’excellents procédés de fabrication. »

    Mais la vie n’était pas souriante pour tous les Juifs de Shanghai. Selon un rapport de 1939 du JTA :

    « Environ 20 % de tous les réfugiés juifs de Shanghai ont réussi à obtenir un emploi d’un genre ou d’un autre. Le reste des gens dépendent des allocations accordées par les trois comités de réfugiés à Shanghai. Il y a déjà eu plusieurs cas de suicides parmi les réfugiés juifs. »

    En 1943, sous l’injonction de l’Allemagne, les Japonais ont parqué les Juifs dans une petite section du district de Hongkou.

    La zone, connue sous le nom du « Ghetto de Shanghai », était surpeuplée et insalubre, même si les conditions n’étaient pas considérablement meilleures dans le reste de la ville. Des maladies telles que le typhus et la famine étaient endémiques depuis des années.

    La moitié de la population juive a survécu grâce à des dons de charité ou d’autres fonds privés, a rapporté JTA en 1944.

    Les mois suivant la défaite du Japon en 1945, des milliers de Juifs ont quitté Shanghai. Certains sont retournés en Allemagne et en Autriche pour récupérer leurs propriétés, tandis que d’autres ont rejoint la Palestine, les États-Unis, l’Australie et divers pays d’Amérique du Sud.

    Ceux qui se trouvaient encore en Chine fin 1948 ont dû affronter un nouveau problème : la révolution chinoise.

    Le 22 décembre 1948, JTA rapportait que les soldats nationalistes avaient « pillé les maisons » des Juifs de Shanghai :

    « La crainte d’un pogrom à Shanghai dans l’intervalle entre le retrait des nationalistes chinois et le rétablissement de l’ordre par les forces armées des communistes chinois grandit parmi les réfugiés juifs ici. La période de transition devrait être très dangereuse pour les Juifs et les autres personnes déplacées dans la ville. »

    Grâce aux efforts de diverses organisations de secours juifs, la plupart des réfugiés juifs ont pu fuir le chaos.

    Plusieurs groupes sionistes ont pratiquement fait le tour du monde pour arriver en Israël : naviguant vers San Francisco, puis voyageant en train à travers les États-Unis (les trains étaient « gardés » afin qu’ils n’essaient pas de descendre et de rester illégalement dans le pays), puis embarquant sur un autre navire pour l’Italie, et de là, sur un dernier bateau en direction d’Israël.

    En 2006, lorsque 108 anciens habitants de Shanghai sont retournés dans la ville pour une « Réunion Rickshaw », René Willdorff, l’organisateur de 78 ans, a raconté au JTA ses expériences après leur arrivée de Berlin en 1939 :

    « Mon père a succombé à la maladie en 1942, alors ma mère et moi avons vécu dans des conditions de quasi-famine. »

    Mais, tient à dire Willdorff, « les Chinois sont des gens très gentils et doux, qui ne nous ont jamais dérangés. Peu leur importait si nous étions des Occidentaux ou des Juifs. Ils nous laissaient tranquille.

  • Inauguration d'un mémorial aux réfugiés juifs en hommage aux 13 732 personnes qui ont fui l'Europe ,à Shanghai

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    Un mémorial a été dévoilé hier au Musée des réfugiés juifs de Shanghai, en hommage aux 13 732 personnes qui ont fui l'Europe pour échapper à la persécution nazie durant la Seconde Guerre mondiale.

    La structure comprend une statue de six personnes devant un mur de cuivre de 37 mètres de long et 2,5 mètres de haut, sur lequel ont été gravés les noms des réfugiés juifs à l'abri à Shanghai.

    La statue symbolise les 6 millions de Juifs tués par l'Holocauste, a expliqué hier le sculpteur américain d'origine chinoise He Ning lors d'une conférence de presse.

    Il a déclaré que l'idée d'un mur de noms lui était venue en 2002, lorsqu'il a appris avec Chen Jian, aujourd'hui conservateur du musée, qu'une réunion prévue à San Francisco des réfugiés juifs de Shanghai avait dû être annulée parce que la plupart d'entre eux étaient décédés.

    Ce n'est que lorsque le musée des réfugiés a ouvert ses portes en 2007, sur l'ancien site de la Synagogue Ohel Moshe dans le quartier de Tilanqiao, que les deux hommes ont commencé à penser à construire un mémorial.

    Chen Jian a révélé qu'il cherchait depuis longtemps à trouver une liste complète des réfugiés juifs de Shanghai. Il a baptisé le mémorial « La Liste de Shanghai », en référence au film « La Liste de Schindler ».

     

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    Les noms ont été recueillis par le musée grâce à l'aide de réfugiés survivants et du consulat israélien à Shanghai. La plupart des réfugiés venaient d'Allemagne, d'Autriche, de Pologne, de République tchèque ou de Lituanie.

    Parmi eux, Sonja Muhlberger, qui a participé à l'élaboration de la liste en signalant au musée l'existence d'une liste figurant dans le livre en langue allemande Exil à Shanghai de 1938 à 1947, qu'elle a révisé en l'an 2000.

    La liste du livre a été rédigée par trois jeunes filles juives employées par les forces japonaises, qui occupaient Tilanqiao pendant la guerre.

    « L'objectif déclaré de l'exercice était un recensement, mais les adolescentes n'ont pas donné tous les noms exacts car elles doutaient du but véritable », a déclaré Mme Muhlberger.

    Cette dame aujourd'hui âgée de 75 ans a expliqué qu'elle avait obtenu la liste d'un homme originaire de Vienne, qui l'avait volé à la police japonaise.

    Pendant la création du mur, Mme Muhlberger a vérifié l'exactitude des noms.

     

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    Sonja Muhlberger, dont le nom de jeune fille était Krips, est née à Shanghai en 1939, après que ses parents ont fui l'Allemagne. Son père avait passé quatre semaines dans un camp de concentration en Allemagne, mais avait été libéré après avoir promis de quitter le pays.

    Elle a dit se souvenir d'un parent aux Pays-Bas qui les avait aidés en envoyant des formulaires de demande de visa à sa mère.

    Après son emprisonnement en camp de concentration, son père n'a jamais oublié l'expérience d'être réduit à un nombre par les nazis.

    La famille Krips est retournée en Allemagne en 1947 avec un grand groupe de réfugiés juifs. Tous leurs noms, y compris celui du frère cadet de Sonja, qui est né à Shanghai, sont désormais inscrits sur le mur.

    Un touriste allemand était hier parmi les premiers à voir le nouveau mémorial, sur lequel est inscrit le nom de son défunt oncle, Josef Kahn.

    « Le mur est très impressionnant, et je suis heureux d'y voir le nom d'un membre de ma famille », a-t-il déclaré.

     

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    Merci à monsieur Huang Ming qui a œuvré auprès de la municipalité de Harbin afin que l'on ouvre spécialement

    et exceptionnellement  le cimetière juif de Harbin pour votre serviteur.

     

  • Attentats de Bruxelles et de Chine , même combat , il faut éradiquer le terrorisme

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    La police cherche des indices concernant l'attentat terroriste contre le Musée juif de Bruxelles

    qui a fait 4 morts le 24 mai.

    En Chine, en Belgique , mais aussi en France , en Afghanistan , au Pakistan et bien d'autres pays nous voyons se multiplier des actes odieux de terrorisme. Ces actes doivent être condamnés. Les auteurs et les instigateurs de ces attentats doivent être poursuivis , traqués et condamnés à mort sans pitié.

    Face au terrorisme : tolérance zéro.

    Et ce quelque soit le pays où agit le terrorisme. Tl est scandaleux de réagir comme le font les Etats-Unis et certains médias occidentaux (y compris belges et français) qui ont une attitude sélective devant certains actes de terrorisme selon le pays où est commis l'attentat. On ne peut comme eux, se servir du terrorisme pour répandre leur propagande antichinoise nauséabonde.

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    Photo prise en Chine, peu de temps après l'attentat de Kunming (Chine)

    Même s'il est trop tôt pour  désigner les responsables de l'attentat de Bruxelles , comme pour ceux de Chine où là on a toutes les preuves concernant les responsables des attentats terroristes , les regards se tournent vers les Islamistes.

    Il faut être unis contre les Islamistes et leur mener une lutte sans merci. Mais entendons-nous bien,  s'il ne faut accuser aucune faiblesse vis - à-vis des islamistes, il ne faut pas condamner la ou les communautés musulmanes qui souffrent elles aussi des attaques terroristes. L'attentat lâche qui vient d'avoir lieu à la gare d'Urumqi, nord-ouest de la Chine, a eu lieu sur un marché Ouighour , il a fait 31 morts , presque tous Ouighour musulmans.

    Les attaques terroristes, au Xinjiang ou en Belgique, ont  révélé à nouveau la nature brutale et malfaisante du terrorisme. Les attaques terroristes ne feront jamais trembler les peuples, mais au contraire les uniront plus étroitement contre de telles violences.

     

  • Une famille chinoise cherche le propriétaire Juif de livres oubliés en Chine, il y a 70 ans

    Une famille chinoise de Shanghai cherche de l'aide pour localiser le propriétaire juif de plus de 2.000 livres dont ils ont pris soin depuis 1943. La famille Lin a lancé l'appel après avoir dû quitter leur maison à cause de la démolition en cours de la zone.

     

    Le directeur de l'école Lin Daozhi était initialement chargé de s'occuper des livres, mais il est mort en 1981. Depuis, d'autres membres de sa famille ont conservé les livres dans leur petite maison. Les livres ont été scellées en 1993, et après avoir été ouverts récemment, sont toujours en bon état. Ils sont un rappel important de la façon dont quelque 23.000 réfugiés Juifs ont fui l'Europe occupée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale pour vivre à Shanghai il y a plus de 70 ans.

     

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    Chen Jian, directeur du Musée des Réfugiés Juifs de Shanghai :

     

    "La vie était dure à l'époque, mais les chinois ont aidé les réfugiés Juifs autant que possible. Et les deux nations ont construit des liens étroits et une profonde confiance."

     

    Les livres sont temporairement conservés dans une bibliothèque locale. En attendant, le Musée des Réfugiés Juifs de Shanghai a contacté le consulat général Allemand à Shanghai pour aider à localiser la famille du propriétaire. L'ambassade d'Israël a également offert son aide en vue d'assurer que l'histoire ne soit pas oubliée.

     

     

  • LES FILS DE JACOB CHEZ LES FILS DU CIEL ou une histoire des Juifs en Chine

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    Plusieurs de mes articles ont comme sujet les Juifs en Chine. Que ce soit à Harbin ,Kaifeng ou Shanghai, je vous ai dressé une esquive sur ce sujet , sous l'angle du journalisme .

    Voici un texte qui présente les Juifs en Chine vu par un historien et un historien spécialiste de la question juive.

    Je vous souhaite bonne lecture de ce texte ,très intéressant , de Frédéric Viey ,historien, vice-président de l’Association Culturelle Israélite de Fontainebleau/Avon et Secrétaire Général du Conseil des Communautés juives de Seine-et-Marne.

     

     


    LES FILS DE JACOB CHEZ LES FILS DU CIEL

     

     

     

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    La longue saga du Peuple Juif est une mosaïque que les historiens depuis plus de deux siècles reconstituent ou actualisent. A travers la somme de documents qui existe sur la Chine, il est possible de retrace presque tout le quotidien de ces enfants d'Israël dans cette grande partie de l'Asie et ainsi visionner leur présence des Han à Mao. Afin de mieux comprendre l'installation d’un groupe juif dans plusieurs villes impériales dans l’Empire du Milieu. Il faut tout d'abord brosser le tableau général des axes de pénétration en Chine aux différentes époques, tant de celui des Juifs que de celui des autres influences religieuses comme l'Islam ou le Bouddhisme.


    Dans un deuxième temps, il faudra voir plus particulièrement le destin fabuleux de la  Communauté juive sinisée de Kaifeng.


    L'histoire de l'installation des Juifs en Chine est si dense qu'il faut la diviser en importants rameaux par voie terrestre et maritime :


    1) La Dynastie de Han, des marchands Juifs venant de l'Ouest.


    2) Kaifeng, des Juifs au terme de la Route de la Soie.


    3) Des Communautés Juives dans l’Empire du Milieu.


     


    A/ LES COMMUNAUTES JUIVES EN CHINE


    Tout au long de cette longue histoire, les Communautés Juives ont pu s'installer et développer leur propre culture.


     


    1) Des Juifs sous les Han.


    Dans la tradition chinoise, compte tenu des différentes invasions, la référence primordiale qui rattache chaque chinois est la dynastie des Han. Donc lors que les Jésuites ont pu rencontrer les Juifs de Kaifeng, leur première question fut:


    "A quelle date êtes vous arrivés en Chine ?"


    Les Juifs de Kaifeng, fiers de leur culture chinoise répondaient comme tout chinois: sous les Han. Or nous sommes à peu prés sur qu'il n'y a jamais eu de Juifs en Chine à l'époque des Han. Les premiers documents que l'on trouve sur la présence de juifs en Chine sont :


    I) Un morceau de lettre en Judéo-Persan daté de 718av. JC, découvert à Dandan Uilliq, une ville sur la route de la Soie. Les fouilles anglaises et françaises dans les premières années du XXème siècle ont permis de trouver un document en judéo-persan. Cette lettre provenait d'un marchand juif à son frère habitant, sans doute à


    Samarcande, faisant du commerce avec la Chine.


    II) Une page de Selikha (prières de pénitence entre Rosh Hachana et Yom Kippour), datant du VIIIème ou IXème siècle et découverte par Sir Aurèle Stein en 1908 dans les fameuses grottes aux 10.000 bouddhas dans la Province du Kansu, près du désert de Tarim. A Dung-Huang: Une page de Selikha a té trouvé dans une des grottes aux Mille Bouddhas. Elle fut découverte par Sir Aurèle Stein qui la donna à Paul Pelliot, sinologue français. Cette page de Selikha se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. Longtemps les chercheurs se sont penchés sur la stèle de Sinan-fou, découverte en 1625, pour savoir si c'était une stèle en araméen. Finalement, il a été possible de confirmer que cette stèle était un monument nestorien daté de 781. Les Nestoriens ou "Adorateurs de la Croix" avaient été chassés de l'Eglise par le Concile de Nicée. Ils ont été souvent assimilés aux juifs et beaucoup se convertirent au Judaïsme. Les deux voies d'arrivée des juifs en Chine furent la Route terrestre de la Soie (Moyen-Orient, Mossoul, Boukhara, Samarkand, le désert de Gobi, le Bassin du Tarim, Xian, Kaifeng, Pékin) et la Route maritime de la Soie. La flotte chinoise fut conduite par le grand navigateur Zhen Hé qui entreprit sept expéditions reliantla Chine à l'Afrique Occidentale. Le commerce dans cette région se fit surtout avec la multitude de petits bateaux rapides commandés généralement par des arabes.


     


    2) Les Juifs de Kaifeng à travers la Route de la Soie Même si vers 960, l'Empereur Song Zhao Kunang Yin donna son autorisation à un groupe de marchands Juifs pour s'établir à Kaifeng en leur disant : "Vous êtes venus dans notre Chine, Respectez et gardez les traditions de vos ancêtres et installez-vous ici à Pien-Liang (Kaifeng)’’, la fondation de la Communauté Juive dans l'ancienne Capitale de l'Empire du Milieu n'a pu se réaliser que quelques années plus tard. En effet, ce n'est qu'après une sinisation complète des Juifs que ceux-ci purent construire une synagogue en 1163. Au XVIIème siècle, le Père Jésuite Mattéo Ricci futle premier à rencontrer un mandarin juif originaire de cette ville à Pékin. Trois Jésuites ; Gozani, Domenge et Gaubil, sur les traces de Ricci, rencontrèrent vers 1720 les Juifs de Kaifeng, ils relevèrent les inscriptions religieuses en chinois et en hébreu et firent des dessins de l'intérieur et de l'extérieur de la synagogue. En 1851 des missionnaires chinois de confession protestante, envoyés par la "Society for promoting christianity among the jews" créée par le Révérend George Smith, sont partis à la rencontre des Juifs de Kaifeng et ont laissé différents écrits. Le dernier rabbin était mort vers 1800, la synagogue, en forme de pagode, avait encore subi un outrage des inondations, la guerre civile avait ruiné toute la population; la Communauté se mourrait. En 1900 des marchands Juifs de Shanghai, travaillant pour la ‘’Sassoon Company", créèrent une association : "Société pour Sauver les Juifs de Chine" mais la forte immigration des Juifs russes vers l'Amérique empêcha la réalisation des buts de cette société. A Kaifeng, il y avait également une forte communauté musulmane. Pour distinguer les Juifs des musulmans, les autorités provinciales les appelaient les "Bonnets blancs" (musulmans) et les "Bonnets Bleus" (les juifs). D'après les chroniques arabes, les Juifs et les Musulmans vivaient ensemble en bonne intelligence dans les grandes villes chinoises. Bien que nous n'ayons jamais eu de preuves formelles, nous savons qu'il y avait des communautés à Amoy: Selon ses contacts, Jacques Aron pensait qu'il y avait dans la ville d'Amoy plus de 2.000 juifs qui n'avaient ni temple, ni matériel religieux. Amoy fut l'un des cinq ports chinois accordés en concession par le Traité de Nankin.


     


    B/ DES TEMOIGNAGES


    Stanislas d’Escayrac de Lauture (1826-1868), émissaire de l’Alliance Israélite Universelle. Le Comte Stanislas d'Escayrac de Lauture laissa une littérature très importante sur ses voyages dont l'un d'eux le conduisit en Chine avec le Corps expéditionnaire français. Il est l'auteur de "Mémoires sur la Chine" publié en cinq parties par la "Librairie du Magasin Pittoresque" dont le propriétaire était le député de l'Yonne: Edouard Charton. Il y consigna ses observations sur l'Empire du Milieu en parlant: dans l'introduction de ses souvenirs personnels et des généralités, puis de l'histoire, de la religion, et Gouvernement et des Coutumes. Pierre-Henri Stanislas d'Escayrac de Lauture naquit le 19 mars 1826, dans une vieille famille aristocratique. Il apprit l'anglais, l'espagnol, le portugais, travailla pour le Ministère des Affaires Etrangères et voyagea, entre autres, en Afrique, où il apprit l'arabe. Après la Révolution de 1848, il démissionna, et sa fortune importante lui permit de continuer ses voyages: Europe, Afrique et Moyen-Orient. Il publia entre 1851 et 1858: "Notice sur le Kordofan", "Le désert et le Soudan", "Mémoire sur le Ragle ou Hallucination du Désert" qu'il adressa à l'Académie des Sciences, "De la Turquie et des Etats musulmans" et "Voyage dans le Grand Désert et au Soudan". En 1859, il accompagna en tant que géographe l'expédition franco-anglaise envoyée en Chine pour imposer aux Chinois le respect des commerçants et missionnaires européens. Chargé d'une mission diplomatique par le Gouvernement Impérial, il suivit les armées alliées et participa à la marche sur Pékin. Enhardi par ses bons rapports avec les indigènes, il prit l'habitude de circuler seul. Le 18 septembre 1860, il fut enlevé par les habitants du village de Toung-Tchéou entre Tien-Tsin et Pékin, blessé et laissé sans soins. Il fut ensuite transféré au bagne de Pékin et libéré plusieurs semaines plus tard, mais la gangrène le priva de ses mains. Dans le premier semestre de 1861, le Rabbin Mahir Charleville évoqua, lors d'une réunion du Comité local de Paris de l'Alliance Israélite Universelle, la question des Juifs de Chine. Le Comité Central de cette organisation juive adressa au Comte Stanislas d'Escayrac de Lauture un questionnaire sur les Juifs de Kaifeng et sur les Juifs de Chine en général. Le "Bulletin de l'Alliance Israélite Universelle" publia le courrier qui lui fut adressé en Chine en précisant sa mission. Le résultat des recherches d'Escayrac de Lauture, sous forme de lettre adressée à l'Alliance IsraéliteUniverselle en date du 15 juillet 1861, parut dans "Les Archives Israélites" de cette même année. Il rentra en France en 1862 en mauvaise santé, reprit difficilement sa vie antérieure et mourut à Fontainebleau le 20 décembre 1868. De retour en France, il dicta ses souvenirs en partie à son frère: non pas un journal de voyage, mais une somme de connaissances sur l'histoire, la religion, le gouvernement, les coutumes chinoises, qu'il avait amassée au cours de son séjour. Son père, le Marquis Marie Joseph Henri Léonce d'Escayrac de Lauture, faisait partie de la Commission des canaux et des routes sous le Second Empire. Il est l'auteur de différents traités sur ce sujet. En mai 1861, au regard de la proposition faite à son fils par l'A.I.U. concernant les Juifs de Chine, il adressa à M. Jules Carvallo, Président de l'Alliance Israélite Universelle, la lettre suivante:


    "Monsieur le Président,


    Je m'empresse de répondre à la lettre que vous avez fait l'honneur d'écrire à mon fils, maintenant en route pour rentrer en France, au sujet des israélites établis en Chine bien avant la venue du Christ. Je puis d'avance vous affirmer, Monsieur le Président, qu'il s'empressera, à son retour, de mettre à votre disposition tous les documents dont il pourra disposer. J'ignore s'ils sont nombreux toutefois leur exactitude ne laisse aucun doute dans mon esprit, car mon fils ne porte pas seulement une incroyable activité dans ses investigations mais il recherche la vérité par tous les moyens possibles.


    Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance


    de ma considération la plus distinguée."


     


     


     


     


    C/ LES COMMUNAUTES JUIVES EN CHINE


    Ville                          Province                   époque          Provenance              nombre


    Canton          /         Kwungtung /         9ème siècle   / Inde            Perse  /        beaucoup


    Chüanchow /         Fukian           /         14èm siècle /           Inde/Perse   /            inconnu


    Ning-Po        /         Chekiang     /         XV-XVIIè /   Inde/Perse   /         inconnu


    Kaifeng         /         Honan          /         IXème               /      Inde/Perse /            1500-2000


     


    SHANGHAÏ


    Au début du XIXème siècle, Shanghaï n'était qu'un petit village de pêcheurs, avec la signature du Traité de Nankin en 1841 stipulant l'ouverture de cinq ports internationaux, elle va se développer très rapidement. Située dans la partie Est du delta du Changjinang, au bord de la mer de Chine orientale, Shanghaï va s'ouvrir au commerce international et à la convoitise des grandes puissances. Dès le début du XXème siècle Shanghaï, ville la plus cosmopolite des cités internationales, fut appelée "Paris de l'Orient", ville ouverte par le biais des légations internationales. La famille Sassoon installa sa firme à Shanghaï vers 1842. Les juifs étaient alors un petit groupe, environ 10 personnes dans un premier temps sans femme et famille. En 1944, Shanghaï ne compte que 23 résidents étrangers avec leurs familles, 11 maisons de commerce et 2 missionnaires protestants. Le conflit franco-britannique contre la Chine draina dans tout l’Empire du Milieu des commerçants juifs de tous horizons. En 1900, quelques employés de la E.D. Sassoon, s’inquiétant du sort de leurs coreligionnaires de Kaifeng, créèrent la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’ afin de les prendre en charge puis ensuite essayer de faire revivre cette communauté sur les bords du Fleuve Jaune. Le ‘’Jewish Chronicle’’ fit paraître dans ses colonnes un article consacré à cette société d'entraide le 31 aout 1900. (voir texte en anglais, annexe 1). Lewis Moore, Président de cette association juive à Shanghaï, adressa un courrier de présentation à l’Alliance Israélite Universelle (AIU) à Paris, à l’entête de E.D. Sassoon and Co et avec le tampon de la ‘’Society for rescue of the Chinese Jews - Shanghaï.’, et demandant une contribution pour la reconstruction de la synagogue de


    Kaïfeng. L’A.I.U. possède encore une circulaire dactylographiée reçue le 19 août 1902, envoyée par L. Moore et décrivant les buts de la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’ :


    En mars 1924, cette Société de Secours essaya de se réorganiser et embaucha David  Levy, bedeau de la Synagogue Ohel Rachel de Shanghaï pour s’occuper de la Communauté Juive de Kaifeng. Comme les délégués, qui avaient été envoyés par Georges Smith et Medhurst dans la Capitale du Honan, David Levy était chinois et prétendait être membre de la Maison d’Israël. Son nom de famille en chinois était Wong, et il venait de Khotan, une oasis dans la province du Sinkiang à approximativement deux mille kilomètres à l’Ouest de Kaifeng. Levy prétendait que plusieurs colonies juives avaient été fondées depuis très longtemps dans cette région.


    Le Kansu et le Xinjiang représentent une vaste région qui appartient au Turkestan chinois où les Juifsétaient des éléments florissants. Avant la première guerre mondiale, ces Juifs turkmènes pratiquaient le commerce principalement dans le Turkestan russe et en Sibérie. Ces Juifs du Nord-Ouest de la Chine étaient très respectés par les autres chinois de ces régions et vivaient particulièrement en bonne intelligence avec les musulmans du Kansu. Un de ces commerçants juifs, natif de Khotan, et dont le nom était Wong (Prince) était l’ancêtre de David Levy. Le nom de famille Wong aurait été donné aux Lévites qui se seraient installés dans cette régionde puis des temps immémoriaux. David Levy parlait le Mandarin, le Turc et un peu le Russe, il savait également lire l’hébreu. Il avait alors soixante dix ans mais semblait être en pleine force de l’âge. Lorsqu’il fut choisi pour tenir ce poste par les Membres de la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’, il était assistant du Shammash de la Synagogue Ohel Rachel à Shanghaï et fut dans un premier temps envoyé pour le compte de cette ‘’Société’’ pour s’occuper des Juifs de Kaifeng. Il y a une photo data justement de 1924 où figurent devant la Mission de l’Eglise Américaine de Kaifeng un groupe de Juifs chinois encadré d’un côté par un prêtre et de l’autre par David Levy vêtu d’un châle de prières (talith) et des phylactères (tephillin). Après une réunion qu’il eut avec ce groupe, il demanda à deux juifs, Chao et Shih Chung Yung, de faire les plans de la synagogue et de rédiger un rapport sur la Communauté. Mais de retour à Shanghaï Wong-Levy fut, pour différentes raisons, considéré comme un imposteur et les Juifs de Shanghaï refusèrent de l’envoyer à Kaifeng avec sa famille pour être le chef religieux de cette communauté. Après cet échec, dans un second temps, il fut envoyé à l’intérieur de la Chine pur faire des recherches sur la présence d’Israélites dans les lieux les plus reculés de la nouvelle république. Acceptant cette mission malgré la guerre civile, il partit donc, muni d’un petit viatique, sur les routes de l’exil, il entretint une correspondance très suivie avec les membres de la ‘’Société de Secours’’ jusqu’au jour de sa disparition. Il a été impossible de déterminer s’il était mort de cause naturelle ou s’il avait été assassiné par des soldats. Selon sa correspondance, il est indubitable que David Levy passa dans le Honan, le Shensi et le Kansu en suivant le Maréchal Feng Yu-hsiang, commandant en chef de l’armée du Nord-Ouest. C’était un homme très versatile et très opportuniste, il semble qu’il essaya de collecter 10.000 US dollars en monnaie chinoise pour construire une synagogue et une école hébraïque à Kasghar et que le principal donateur était le ‘’Tuchun’’ de Kasghar, le Général Ma Fu-hsiang qui disait être de père juif et de mère musulmane. Wong, alias David Levy, fut-il assassiné sur les ordres de son mécène qu’il aurait voulu escroquer ou par des troupes irrégulières révolutionnaires, qui connaissant sa situation financière, voulurent le détrousser?


    Tout était plausible dans la Chine de cette époque, mais la ‘’Society for Rescue of the Chinese Jews’’ venait de perdre avec David Levy un agent très compétent.


     


    L’Alliance Israélite Universelle ou l’Anglo-Jewish Association à Shanghaï


    Dans les différents groupes Sassoon de Shanghaï, les employés juifs aidèrent financièrement la ‘’Anglo-Jewish Association’’, en envoyant leurs dons à l’Alliance Israélite Universelle. Les dons se faisaient en taëls ou en dollars dès la fin du XIXème siècle. Dès la création des Comités de l’A.I.U. en Chine, celle-ci aidait la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’. Hélas, compte tenu des besoins énormes sollicités par les vagues d’immigration vers l’Amérique, l’Argentine et la Palestine, l’A.I.U. arrêta ses subventions à quelques juifs sinisés complètement déjudaïsés.


     


    J’adresse mes plus sincères remerciement aux le Prof. Pan Guan, doyen du département des Etudes Juives à l’Université de Shanghaï, Prof Xu Xin, recteur du d


    épartement des Etudes Juives à l’Université de Nankin, Prof. Zhang Qianhong, directeur u département des Etudes Juives à Kaifeng pour leurs renseignements et leur soutien. Mes remerciements particuliers vont à mon ami à Jean-Claude Kuperminc et à tout le personnel de la Bibliothèque de l’Alliance Israélite Universelle, ainsi qu’aux directeurs des bibliothèques de l’Extrême-Orient du Collège de France et de la Mazarine pour avoir mis à ma disposition leur temple du savoir. Ma reconnaissance va aussi à mes amis Maurice Ohana et Bernard Edinger.


    Frédéric VIEY,


     


    *Annexe 1


    Jewish Chronicle 31st August 1900.


    ‘’ Rescue Society formed at Shanghaï


    In the paper which Mr Marcus Adler read at Jews Col


    lege on June 17th


    were be communicated letters which had been received by the chief rabbi from some prominent English Jews in Shanghaï, where a meeting, attended by some thirty european and eastern Jews, was held on May 14thwith Mr Simon A. Levy in the chair.


    Mrs J. Salomon of the firm of Messrs E.D. Sassoon and Co, addressed the meeting on the steps already to enter into communication with the Jews at Kai-Feng-Fu and he mentioned an offer made by general Mesny to Mr H. Gensburger (who was acting as secretary to the meeting) to go there and bring a few of the native jews in Shanghaï. After some remarks by the Rev. Dr M. Linczer, Mr S. Moosa moved and Mr Edward I. Ezra seconded : that a society be formed to be call ‘’Society for the rescue of the Chinese Jews’’. The motion was carried and it was further resolved to give the Society the Hebrew title : (Hevra Leezrat beni Israël hasinim). The following gentlemen were elected to form a committee, in whose hands the matter approaching the Chinese Jews to be left : Messrs D.E. I. Abraham, Edward I. Ezra, E. M. Ezra, N. E.B. Ezra, H. Gensburger, R.J. Hardoon, S.A. Hardoon, N.S. Levy, Simon A. Levy, Lewis Moore, A.E. Moses, M.A. Sopher, S.J. Solomon and R.E. Toeg. A subscription of one dollar per month is to be paid by each lady or gentleman member of the society. At a meeting of the Committee held later in the day, it was agreed to approach the committee of the Shanghaï branch of the Anglo-Jewish Association and ask them to communicate with their London Council on the subject as it may be found necessary in future toask their co-operation in the matter’’


     

     

     

  • La communauté juive de Kaifeng , ces Chinois qui lisent dans la Torah et respectent les fêtes d’Israël

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    Pour ceux qui ne suivent pas ce blog depuis plus de 3 ans , j'ai déjà consacré plusieurs articles

    au judaïsme , aux juifs de Kaifeng , Harbin ou Shanghai.

    En plein cœur de la Chine, il y à plusieurs centaines d’habitants locaux qui vivent une vie juive, lisent dans la Torah et respectent les fêtes d’Israël. Ils s’agit de descendants d’une communauté âgée de plus de mille ans, communauté qui a pratiquement disparue, et qui tente de revenir au judaïsme.

    La communauté juive de la ville de Kaifeng est la plus ancienne de Chine. Selon les estimations des chercheurs, des juifs d’Iran et d’Irak se seraient installés dans cette ville, qui compte actuellement pratiquement cinq millions d’habitants, dès le VIIIème ou IXème siècle.

    Les membres de cette communauté ont continué de vivre une vie juive jusqu’à nos jours.

     

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     Les historiens sont convaincus que les premiers juifs sont arrives à Kaifeng après un long voyage sur la route de la soie », raconte au ‘Maariv’ le professeur Michael Freund, responsable de l’organisation « Shvi Israël » qui agit pour renforcer les liens entre les communautés et les groupes d’origine juive de diaspora qui demandent à faire partie du peuple d’Israël.

    « Ces juifs étaient des commerçants qui se sont installés là avec la bénédictionde l’empereur ». Le professeur Freund raconte que selon la légende, l’empereur n’aurait pas réussi a prononcé les noms hébraïques des juifs, et que pour cette raison, il leur aurait donné des noms chinois.

    « Ainsi, par exemple, Lévy serait devenu Lee, mais cela ne veut pas dire bien sur que tous les gens qui portent ce nom sont juifs, il s’agit d’une famille spécifique de Kaifeng ».

    Avec le temps la communauté a grandi, et en 1173 a été construite la première synagogue de la ville. Au cours du Moyen Age la communauté a atteint son plus grand nombre de membres et a compté jusqu’à 4000-5000 juifs. A notre époque les descendants de cette communauté compte environ 600 a 1000 membres qui veulent revenir au judaïsme.  »

     

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    Chinois juif de Kaifeng

    A l’époque la ville avait toutes les infrastructures et les institutions d’une communauté juive en exil : rabbins, synagogues, mikvés et bien sur des discussions internes », explique Freund. Mais contrairement aux autres communautés en exil, les juifs de Kaifeng ne connurent pas l’antisémitisme. En conséquence de cela, les juifs se sont assimilés à la population locale à un rythme assez élevé.

    Vers 1.810, le dernier rav de la communauté est décédé, et la synagogue créée au XIIème siècle fut inondée au cours de très fortes averses qui sont tombées sur la ville. Les survivants de la communauté tentèrent de continuer a respecter la tradition juive, et au début du XXème siècle, ils ont lancé un « appel au judaïsme mondial » : « C’est un document très émouvant dans lequel ils ont écrit ne pas avoir de synagogue, et que personne ne peut comprendre l’hébreu des prières ou lire dans la Torah », explique Freund. « Ils demandaient aux juifs de diaspora de les aider à apprendre l’hébreu et le judaïsme, seule la communauté de Shangai a répondu au défi. Ils envoyèrent deux représentants qui arrivèrent dans la ville et convertirent les descendants de la communauté. Mais avec le déclenchement de la première guerre mondiale en 1914 les juifs de Kaifeng furent oublies ».

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    Il y a environ 9 ans, Freund a lu l’hsitoire de cette communauté. « Ca m’a fait beaucoup de mal d’apprendre qu’en fait ces gens se sont adressés au judaïsme mondial et ont demandé d’être sauvés, d’être aidés, c’est comme si nous avions loupé une opportunité », raconte t-il.

    Freund a commencé a amener en Israël de petits groupes de jeunes filles et de jeunes hommes de Kaifeng dans le but de les convertir définitivement au judaïsme. Ils apprennent l’hébreu moderne et ancien, ils apprennent la Torah, les commandements. »

    Aujourd’hui il y a à Kaifeng un centre éducatif et culturel de l’organisation ‘Shvi Israel’, ou est mis en avant la culture et la tradition juive.

    « Régulièrement nous y envoyons des émissaires qui y font différentes activités », raconte Freund tout en précisant qu’hier un émissaire y a été spécialement envoyé pour la fête de Souccot.

    Selon un article du journal israélien Maariv.

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  • Sept descendants des Juifs de Kaifeng, ancienne communauté de la Chine sont venus en Israël pour revenir au judaïsme et faire leur Alya

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    Sept descendants des Juifs de Kaifeng, une ancienne communauté de la Chine dans la province du Henan sont venus en Israël pour revenir au judaïsme, en allant dans les bains rituels et en pratiquant la circoncision. Ils respectent aussi le devoir de manger casher.

    Yaakov rêve de devenir le premier rabbin à diriger la communauté juive de Kaifeng, une petite communauté juive de Chine, dans la province du Henan qui a plus de 200 ans. Cette semaine, il s’est un peu plus approché de cet objectif. Après s’être immergé dans le Mikvé de Hod Hasharon, un bain rituel et confirmant son acceptation des mitsvot, il a été officiellement converti au judaïsme.
     
    Yaakov n’était pas seul. Cinq de ses amis qui sont tous dans la vingtaine ont également participé aux rituels de conversion, devenant ainsi le premier groupe d’hommes de cette communauté juive à accepter la religion juive après des centaines d’années.
     
    « Il s’agit de la fermeture d’un cercle historique », a déclaré Michael Freund, le directeur de Shavei Israël, une organisation à but non lucratif qui tend la main aux membres des communautés juives à travers le monde, parmi lesquels les Juifs de Kaifeng, qui sont aidés à renouer avec leurs racines.
     
    Yaakov et ses amis sont membres d’un petit groupe de descendants des Juifs de Kaifeng, qui ces dernières années ont exprimé leur intérêt dans l’exploration de leurs racines religieuses et devenir de véritables Juifs. Ils ont été précédé en 2007 par un groupe de quatre femmes de Kaifeng qui ont terminé le processus de conversion en Israël.
     
    « Mes grands-parents nous ont toujours dit que nous étions les descendants des Juifs, » a déclaré Yaakov, alors qu’il se préparait à entrer dans le mikvé. « Nous n’avons pas mangé de porc dans notre maison, et nous n’avons pas mangé le sang des animaux. J’ai décidé que je voulais en savoir plus. »
     
    La communauté juive de Kaifeng existe depuis près de 1.000 ans, depuis qu’un groupe de commerçants juifs, probablement de Perse, se sont installés dans cette région de la Chine à côté de la route de la soie. Les Juifs vivaient entre eux dans une communauté séparée pendant des centaines d’années avant que ne commence l’assimilation et les mariages avec les chinois.

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    Deux petits Juifs de Chine.

     
    À son apogée, la communauté comptait pas moins de 5.000 Juifs. Aujourd’hui, environ 1.000 Chinois peuvent retracer leurs racines à travers eux. Seule une petite fraction de ce nombre cependant sont des participants actifs dans la communauté.
    En Octobre 2009, Shavei Israël a reçu l’autorisation du ministère de l’Intérieur pour amener sept hommes de Kaifeng en Israël afin qu’ils puissent explorer les possibilités de conversion et de l’Aliya.
     
    Le septième membre du groupe a été en mesure d’achever le processus de conversion il y a quelques semaines, car contrairement aux autres, il était déjà circoncis et n’a donc pas eu besoin d’attendre le temps nécessaire pour être accepté parmi le peuple juif.
     
    Le rabbinat israélien s’abstient généralement de convertir les individus qui ne sont pas admissibles à la citoyenneté en vertu de la Loi du Retour – en d’autres termes, les personnes qui n’ont pas au moins un grand-parent juif. En effet, une demande d’un autre jeune membre de la communauté Kaifeng, Wang Jiaxin, qui est arrivé en Israël à la même époque que le groupe actuel a été rejetée par le rabbinat.
     
    Jiaxin a ensuite fait une conversion aux États-Unis (réformiste), puis a demandé la citoyenneté israélienne en vertu de la Loi du Retour. Il y a deux mois, sa demande a été refusée par le ministère de l’Intérieur. Le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à la question des raisons de sa demande qui avait été rejetée.
     
    L’été dernier, cependant, un comité spécial a statué sur les demandes de conversion présentées par Yaakov, Shai, Yonatan, Moshe, Tzuri, Gédéon et Osée – comme on les appelle aujourd’hui – qui ont étudié pendant ces dernières années à Givat Hamivtar, un yeshiva dans la colonie de Gush Etzion d’Efrat. Il y a deux mois, ils ont tous réussi leurs examens oraux au tribunal rabbinique, et six d’entre eux se sont ensuite circoncis.
     

    Yonatan et ses amis ont l’intention de déménager à Jérusalem avant de rejoindre l’armée israélienne. Yonatan, qui a pratiqué la dentisterie en Chine a dit qu’il voudrait devenir dentiste en Israël. Tzuri, lui veut devenir un abatteur rituel et par la suite ouvrir peut-être un authentique restaurant chinois à Jérusalem.

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    Juifs de Kaifeng

     
  • Pendant que l’Europe diabolise Israël, la Chine s’en inspire,elle ne traîne pas derrière elle le lourd passif antisémite de l’Europe

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    La Chine ne traîne pas derrière elle le lourd passif antisémite de l’Europe.

    La Chine n’a pas besoin, comme l’Europe, d’inventer le mythe des « juifs israéliens bourreaux d’un « peuple » palestinien », afin de nettoyer des siècles d’infamies, qui ont culminé par l’élimination de 6 millions de Juifs, et qui ne s’arrête pas.

    La Chine contemporaine a appris une leçon : le bavardage ne mène nulle part, seuls la réalité a valeur de repère.

    Pour réussir dans le domaine économique, créatif et culturel, la Chine n’a que faire des « experts » et des « élites » de gauche qui vous expliquent combien le libéralisme est pervers et combien il faut le combattre. Elle a compris, au contraire, qu’il faut s’inspirer de ceux qui excellent et non de ceux qui crânent.

    Et l’observation a détourné les Chinois du modèle que les Français, et plus largement les Européens, se sont choisi. Les Chinois ont adopté le modèle capitaliste, parce que le capitalisme crée de la croissance, stimule la créativité, encourage la création artistique et culturelle, et crée de la richesse et de l’emploi.

     

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    Et ils ne pouvaient pas ne pas remarquer l’exceptionnelle réussite israélienne.

    Aussi, l’une des plus prestigieuse université chinoise, l’Université de Business International et d’Economie de Pékin, a décidé d’ouvrir un département d’économie israélienne qui enseignera la haute technologie israélienne et la culture d’entreprise israélienne. Une autre branche enseignera, elle, le judaïsme sous son aspect culturel : hébreu et culture juive, après avoir réalisé que rien d’autre ne pouvait justifier la réussite des juifs en général, et d’Israël en particulier.

    Le département sera dirigé par le président de l’Université, Shi Jianjun, et le secrétaire du département, Zhao Shu, a déclaré : « les chinois sont très impressionnés par l’économie israélienne, et nous pensons que c’est un modèle »

    Les étudiants suivront notamment des cours d’économie israélienne, de « culture de la haute technologie », et d’histoire économique d’Israël.

    L’intérêt des Chinois pour Israël se mesure également ainsi : les inscriptions ont très vite fait le plein.

    Voici, en détail, ce que les Chinois ont observé en Israël (liste compilée par Mosché Ashkelon et complétée par JPG).

    Afin de comparer ce qui est comparable, on peut rapprocher les données qui suivent à celles de la Bretagne par exemple, qui a la même surface, et environ la moitié de la population israélienne.

    Soixante quatre ans pour construire un pays à partir des sables du désert, des marais et des collines pelées, avec des guerres, des bombes et des attentats commis par des barbares musulmans qui n’avaient de cesse que de tenter de détruire ce que les juifs construisaient.

    Et malgré cette frénésie destructrice, Israël, grâce au travail acharné des Juifs, à leur courage, à leur pugnacité, à leur ténacité, et à leur optimisme, s’améliore et se construit chaque jour à un rythme qui force l’admiration des uns et l’étonnement des autres.

     

    © Jean-Patrick Grumberg pour www.dreuz.info

    De tout temps, les juifs ont trouvé asile en Chine. Que ce soient ceux qui ont fuit les pogromes russes ou de l'URSS , ou ceux qui fuirent le nazisme . Voir mes articles sur ce blog sur les Juifs de Harbin ,les Juifs de Shanghai et les Juifs de Kaifeng.

     

  • JUIFS DE SHANGHAI.

    Anaïs Martane : Shanghai, une histoire juive

    En 2009, le festival Croisements accueillait Anaïs Martane pour son exposition « Portraits chinois». Cette jeune photographe française de Pékin nous présente cette année « A Shanghai, une histoire juive ». Anaïs Martane a entrepris en Chine la plus paradoxale des quêtes, celle de sa propre identité juive. Elle s'est ainsi rendue à Shanghai pour y retrouver les traces encore vivantes de la présence juive.

    1933-1940. Les frontières du monde sont fermées. Des milliers de Juifs allemands, autrichiens et polonais fuient pour échapper aux persécutions antisémites.

    Shanghai est le seul endroit au monde où ils sont, depuis plusieurs années déjà, acceptés sans visa. C'est son statut unique de ville franche partagée entre les concessions internationales anglaise, américaine, française qui permet à Shanghai de sauver autant de Juifs.

    Pendant la seconde guerre mondiale, ils seront 25 000 à y survivre, malgré l'occupation de l'armée japonaise et la pression de ses alliés nazis.

    Anaïs Martane a décidé de travailler sur cette histoire car elle est singulière et encore méconnue en France. Mais aussi et surtout car elle résulte d'un questionnement personnel sur l'identité juive révélé au contact des Chinois et de leur rapport admiratif pour les Juifs.

    « L'histoire de ces réfugiés juifs à Shanghai pose pour moi la question fondamentale de l'Exil et l'Asile et du passage toujours temporaire sur une terre. S'adapter à tout prix, bâtir puis partir, porter en soi présent, passé, futur...Noter, enregistrer, photographier afin de justifier de sa propre histoire, de son existence et ainsi continuer. »

    Cette exposition n'a pas la prétention de montrer dans son exhaustivité l'histoire des réfugiés Juifs à Shanghai, elle est plutôt la transcription du début d'une recherche.

    « Les traces existent et résistent, ce passage s'est inscrit ici dans les pierres et les mémoires.

    Pour ceux que la présence juive en Chine intéresse, voir mon article sur les juifs de Harbin.

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