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  • DES BELGES RESPECTUEUX DU POUVOIR CHINOIS.

    Respecter les droits de l'homme , c'est respecter le pouvoir chinois.

    Le colloque organisé autour du jésuite namurois Antoine Thomas, organisé à Namur , dans le cadre de Europalia , devait nous éclairer sur les raisons pour lesquelles ce successeur de Ferdinand  Verbiest auprès de Kang Xi  était tombé dans l’oubli. Pour ce , nous sommes resté sur notre faim.

    Mais je pense que ce colloque d’experts  a tout de même mis en évidence  deux choses concernant le deuxième empereur  Qing. La première, c’est que Kang Xi avait un esprit ouvert , était accueillant car les nombreux étrangers et notamment  jésuites qui se présentaient à sa cour étaient accueillis chaleureusement. D’autre part, l’empereur était curieux et avide de savoir. C’est pour cela , qu’il s’entoura de plusieurs jésuites qui  l’instruisirent  des sciences, des mathématiques , de l’astronomie.Que Jean Stadlin , jésuite Suisse et Maître Horloger lui donna la passion des horloges.

    Ces missionnaires venaient de différentes contrées européennes, si je me réfère au décompte des nationalités des 63 stèles de jésuites  dans le cimetière Zhalan à Beijing : 14 Portugais , 11 Italiens , 9 Français , 6 Allemands , 3 Tchèques,  2 Belges ( Ferdinand Verbiest et Antoine Thomas) , 2 Suisses , 1 Autrichien , 1 Slovène et 14 Chinois. Ces stèles sont gravées de textes latins et chinois , portent la croix et les symboles du dragon impérial. Ce qui témoigne d’échanges culturels fructueux entre la Chine et l’Europe. Ces jésuites qui prirent les habits locaux de l’époque , respectaient les us et coutumes chinoises , respectaient les lois chinoises , c’est-à- dire de l’Empereur , sans vouloir balayer les croyances chinoises de l’époque se mirent à collaborer avec les chinois de haut rang dans une relation d’égal à égal si bien qu’ils convertirent pas mal de chinois de haut rang et lettrés. La « querelle des rites » qui devait amener le pape à interdire aux chinois convertis toute participation aux rites Taoïstes ou de Confucius ainsi que l’interdiction de messes dites en chinois devait sonner le glas de la pénétration du christianisme en Chine et il fallut attendre deux siècles avant que des missionnaires chrétiens puissent remettre un pied en Chine.

    Alors, je ne puis m’empêcher de comparer la situation de ces missionnaires du dix-septième siècle , du désastre que causa le décret du pape et la situation actuelle. Nous voyons ,aujourd’hui, des étrangers venir en Chine amicalement , respectant les coutumes et surtout les lois chinoises. A côté, nous voyons des gens qui ignorants des choses de la Chine, se croyant ou tout au moins se montrant supérieurs aux chinois veulent donner des leçons aux chinois et  aux autorités , s’immiscent  dans les affaires intérieures  en  heurtant le sentiment de fierté du peuple, veulent imposer leurs coutumes et leur vision tronquée des « droits de l’homme » qu’ils ont le tord de croire universelle.

    La position de Jacques Rogge , qui a fait confiance aux autorités chinoises, qui a dit et redit que les jeux olympiques seraient l’occasion de transformer  la société chinoise  selon un processus évolutif me fait penser à ces jésuites . Comme eux , Monsieur Rogge a participé à ces évolutions dans beaucoup de domaines ,il n’a converti personne , il n’en a jamais eu l’idée, ce qui a changé en Chine aurait fini par changer sans lui, mais il a fait que les changements ont eu lieu plus rapidement.

    Les résultats qu’il a obtenus, sont dus au fait qu’il n’a jamais eu d’attitude arrogante à l’égard de la Chine, qu’il a toujours opté pour un processus gagnant-gagnant de partenaires qui s’apprécient mutuellement. Ceux qui s’obstineront à faire fit de la réalité chinoise, qui se montreront agressifs dans la manière qu’ils ont d’aborder des sujets sensibles aux yeux des chinois n’obtiendront qu’un raidissement de leur attitude et des résultats diamétralement opposés à ceux qu’ils escomptent.

    Celui qui viendra en ami , sans préjugé et ouvert à toute discussion sera toujours ,comme les jésuites des siècles passés , accueilli chaleureusement  et surtout il ne devra jamais départir de l’idée que si il a beaucoup à apporter en Chine ,il a aussi beaucoup à  en apprendre et ne pas perdre de vue , ce que Obama  a compris, que la Chine est indispensable pour sortir de la crise financière mondiale  tant pour l’Occident que pour les pays du tiers-monde

     

  • JESUITES BELGES EN CHINE.

    Deux jésuites belges mandarins auprès de Kang Xi.

    Europalia Chine est l’occasion pour les Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, de mettre en évidence le rôle des jésuites en Chine aux  dix-septième et dix-huitième siècles, et plus particulièrement  un fils de Namur (capitale de la Belgique francophone) Antoine Thomas.

    Alors que Matthieu Ricci, Adam Schall et Ferdinand Verbiest jouissent d’une grande notoriété , le passage d’Antoine Thomas n’a pas outre mesure frappé les esprits et pourtant ,c’est lui qui continua et termina l’œuvre de Ferdinand Verbiest auprès de l’Empereur Kang Xi.,la fixation du calendrier impérial.

    Les organisateurs de ce colloque ont invité quelques conférenciers venus des universités catholiques belges, parisiennes, portugaises  et italiennes. Dans l’assistance, de nombreux sinologues, spécialistes de l’histoire et experts de l’art chinois des époques Ming et Qing.

    Né en 1644, Antoine Thomas fit ses humanités au collège jésuite de Namur. En 1660, il entre au noviciat de Tournai et suit la formation habituelle de cette époque. Très tôt, il écrit et sollicite auprès du général à Rome la permission de s’embarquer pour la Chine. Il essuiera 17 refus, et ce n’est qu’après 13 ans et sa dix-huitième lettre qu’il reçut l’autorisation de se rendre en Chine , son obstination était enfin récompensée.

    Le Père Ferdinand Verbiest le fit venir à Pékin où il fut rapidement nommé Vice-président du tribunal des Mathématiques, il devint un proche de l’Empereur Kang Xi à qui il enseigna les mathématiques.

    Trois ans plus tard, Ferdinand Verbiest meurt et , c’est Antoine Thomas qui le remplaça comme mathématicien et astronome officiel de la cour. Pendant 20 ans le Père Thomas fut alors un conseiller proche de l’empereur . Celui-ci, le consultait fréquemment sur des questions morales et religieuses si bien que grâce à lui, l’Eglise obtint en 1692 , un « édit de tolérance » qui donnait aux missionnaires une liberté quasi-totale de prêcher la foi chrétienne.

    Tout allait bien pour lui et le christianisme en Chine, jusqu’au moment où suite à ce que l’occident a appelé la « querelle des rites », les jésuites et Thomas , alors Supérieur des jésuites , étaient accusés d’autoriser les nouveaux convertis chinois  de s’adonner à des rites traditionnels que l’on jugeait païens en Europe. Le pape envoya  un émissaire qui devait promulguer un décret afin d’abolir ces rites au sein de l’Eglise chinoise.

    Thomas tenta de s’opposer à ce décret , voulu demander un ultime recours  au pape , mais rien y fit. Probablement miné par tant de problèmes, Antoine Thomas devait décéder deux ans plus tard. Toujours apprécié de l’Empereur, celui-ci fera un cadeau , en hommage pour ses funérailles. Il fut enterré près de Ferdinand Verbiest dans le cimetière jésuite de Beijing. L’entretien régulier des tombes des pères jésuites par les autorités chinoises, encore aujourd’hui , soulignent bien l’estime que les Chinois ont  gardé  pour ces hommes d’Eglise qui furent de grands amis de la Chine.

     

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