j p desimpelaere

  • DALAI LAMA AU PARLEMENT EUROPEEN.

    Le dalaï-lama au parlement européen : revisité

     

    Voici un texte très intéressant de J.P. Desimpelaere, écrivain qui a voyagé au Tibet bien plus que moi. De plus ,lui et son épouse Elisabeth Martens sont des spécialistes du bouddhisme , sujet de plusieur de leurs livres.

    mardi 30 juin 2009, par Jean-Paul Desimpelaere

    C’était le 4 avril 2008 que le dalaï-lama était l’invité du parlement européen. Son discours est dans la même lignée que bon nombre de ses discours récents. Il commence avec : « Je suis ici surtout pour promouvoir des valeurs humanistes, telles que les rapports chaleureux entre les gens. » Voilà qui prend une seule phrase, suivie d’un discours politique d’une heure sur la question tibétaine. Là aussi les grandes lignes sont les mêmes depuis des années. Pourtant il est utile de mettre en évidence quelques nouveaux points.



      Il décrit les émeutes du mois de mars à Lhassa comme des actes de bravoure spontanés. Via des touristes de cette période nous savons qu’il s’agissait d’actes incendiaires et de lynchages.

      Il exige de la Chine qu’une « équipe d’inspection » internationale soit admise au Tibet. Les Etats-Unis d’Amérique émettent également cette exigence.

      « Les Tibétains vivent une angoisse permanente : suis-je le prochain qui sera arrêté ? » Voilà comment il se fait la voix de l’intérieur du Tibet. C’est ce qui m’irrite le plus. J’étais au Tibet en octobre 2008. Cette tension n’est absolument pas présente. J’ai pu parler librement avec de simples citadins, des intellectuels, des paysans : ils considéraient les émeutes comme nocives pour le Tibet, on sera mieux si cela ne se reproduit plus, disent-ils ! La ville de Lhassa vivait comme à son habitude : commerces, pèlerins et touristes.

      « Dans notre Memorandum au gouvernement chinois nous disons que notre affaire n’est pas de chasser les non-tibétains hors du Tibet. L’implantation en masse de chinois Han dans certaines régions, par contre, l’est bien. Cela met les tibétains en position minoritaire et menace l’équilibre écologique. » Ce n’est pas « leur affaire » mais il faudra bien y venir.

      Les références à d’autres minorités ethniques en Chine sont de plus en plus nombreuses. Son discours ne s’arrête pas au Tibet. D’autres minorités aux extrémités de la Chine, celles de l’intérieur des terres ne l’intéressent pas. Ces extrémités pourraient également devenir indépendantes tôt ou tard, si l’on comprend bien cette allusion. Le 14è dalaï-lama fait référence au Turkestan de l’Est (Xinjiang), à la Mongolie Intérieure et à la Mandchourie. À cela il ajoute qu’en Mongolie Intérieure la population autochtone est à 80% REMPLACEE par des chinois Han. Ces derniers doivent ils aussi partir de là (18 millions) ? Il ne mentionne pas non plus depuis combien de temps de nombreux Han y vivent, cela ne date pas d’avant-hier.

      « Ma confiance aux dirigeants chinois est de plus en plus faible. Mais je vois plus de mouvements d’intellectuels chinois qui me soutiennent. » En effet, le Tibet rêvé du 14è dalai lama ne sera jamais indépendant s’il ne s’opère pas en même temps une sorte de « Révolution Orange » à l’intérieur même de la Chine. Il a félicité le parlement européen pour l’attribution du prix Sacharov à un dissident chinois. Il ne parle donc pas seulement du Tibet, mais de la Chine elle-même.

      « J’espère le meilleur, mais suis préparé au pire. » Apparemment ça ne sera pas toujours pacifique.

    Que ce discours fut salué par une "standing ovation" du parlement européen dépasse mon entendement. L’Europe applaudit là de la pure fiction politique, de la propagande ; c’est dangereux.

    La langue Mandchou : disparue à cause des chinois ?

    Encore un détail pittoresque : À un certain moment de son allocution, le 14è dalaï-lama dit : “Today, the language, script and culture of the Manchu people have been extinct.” (La langue, l’écriture et la culture du peuple mandchou ont disparu.) Juste avant cela il disait : « [le gouvernement chinois] est à l’origine d’une immigration massive de Han dans les régions tibétaines qui mènera graduellement à l’extinction de la culture et de la langue propres au Tibet. » L’auditeur européen pensera, surpris : « Il y a déjà eu un précédent ! Les mandchous n’existent plus alors qu’ils ont été à la tête de l’empire. L’extermination culturelle en Chine doit donc vraiment être terrible. » Réaction normale, car qui sait réellement quelque chose à propos des mandchous ici, sans parler de leur langue ? Le dalaï-lama laisse donc entendre que la langue mandchoue a disparu à cause de l’immigration massive de Han dans leur région, immigration insufflée par l’actuel gouvernement communiste. C’est un habile retournement de l’histoire pour nos oreilles mal informées. Quelque éclaircissement est nécessaire, sans trop entrer dans les détails.

    Les mandchous étaient un peuple de cavaliers à l’extrémité nord-est de la Chine. Ils ont pris Beijing en 1644 – ils étaient alors à peu près au nombre de 2 millions – et se sont appropriés le trône de l’empereur. C’est le début de la dynastie Qing. Ils saisissent les terres et soumettent les paysans, lèvent des armées de Han et étendent à nouveau l’empire chinois à sa taille maximale, le Tibet et le lointain Xinjiang oriental compris. Mais qu’advient-il de leur langue ? Ils lui donnent une sorte de statut « administratif solennel », alors qu’en même temps ils embrassent la langue chinoise dans la littérature, la poésie, la calligraphie, l’écriture de l’histoire, les sciences et le commerce. Plusieurs empereurs Qing étaient d’excellents poètes, en chinois. De très grandes œuvres datent de la dynastie Qing. Toutefois, à la chute des Qing (fin du 19è siècle, début du 20è) il ne restait rien de la langue mandchoue, ils en étaient eux-mêmes la cause. En 1911, lors de la chute de l’empire, la langue mandchoue n’était plus d’usage même dans leurs cercles aristocratiques et il n’était plus question d’enseignement « à leur peuple, dans leur langue ». Les années mouvementées de la Première République de Chine et ensuite de la Seconde Guerre Mondiale n’apportèrent pas d’amélioration à cela, la langue mandchoue ne refit pas surface. En bref, l’écriture mandchoue avait disparu bien avant la Révolution Chinoise. Les premières années de la République Populaire étaient occupées à d’autres problèmes que celui de la langue. Il s’agissait de reconstruire un pays gigantesque qui était à terre. Maintenant qu’une certaine prospérité est atteinte en Chine, les intellectuels ont de nouveau le loisir d’aller repêcher l’héritage mandchou, et c’est ce qui se passe. Il y a encore 2 millions de pièces qui sont conservées dans les Archives Nationales. Des linguistes et historiens chinois ont lancé un mouvement : « Sauvez la langue mandchoue. » En 2006, une première école en mandchou a été re-ouverte. C’est tout à fait différent que de laisser paraître que « les communistes chinois ont intentionnellement fait disparaître la langue mandchoue » comme le suggère l’allocution du dalaï-lama au Parlement Européen.

    Cette « histoire mandchoue » n’est pas le seul épisode de l’histoire chinoise que l’actuel dalaï-lama détourne dans sa croisade contre l’actuel pouvoir en Chine. Par contre, c’est une nouvelle histoire et elle est bien trouvée pour nos oreilles.

    Dans un discours en Pologne, quelques jours plus tard, il appela les dirigeants internationaux présents à faire entrer la Chine dans le « camp démocratique ». C’est par « We must do that » (Nous devons faire cela) que le 14è dalaï-lama a commencé sa phrase. Sur son site web le 14è dalaï-lama décrit Walesa comme « l’icône anti-communiste polonaise ».

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    1 Message

    • Le dalaï-lama au parlement européen : revisité

      2 juillet 09:41, par roland delcourt dit Wang
      Félicitation pour cet article qui met bien en exergue les contradictions et mensonges de cet odieux personnage. Je me suis rendu 2 fois au Tibet, en voyage organisé,seul occidental parmis les chinois, j’ai pu constater que les chinois (en grande majorité des Hans) étaient bien accueillis par les Tibétains,heureux qu’ils sont de présenter leurs coutumes et les touristes curieux de connaître les traditions de leurs compatriotes tibétains, de goûter leurs mets,boire leur thé.Dans les temples, nombreux sont les moines et parfois de simples Tibétains à expliquer ,démonstration à l’appui, à aider les Hans à accomplir leurs prières et rites,ceux-ci découvrant ou redécouvrant la religion. Votre témoignage sur la langue manchoue est très juducieux. Effectivement ,les autorités chinoises ont débloqué des sommes importantes pour la survie de langues des minorités ethniques. En pays Naxi, ils aident à la sauvegarde de l’écriture dongba, dans le Dongbei (ancienne Manchourie) ils aident les Daur (autre minorité ethnique) a conserver leur langue et en plus comme cette langue fut de tout temps une langue parlée, ils aident à la création d’une lanque daur écrite.Et je pourrais multiplier les exemples. Donc une fois de plus voici notre pinochio lama est prit à mentir et jetter de l’huile sur le feu afin d’attiser les haines( et dire que c’est prix nobel de la paix, quelle paix !!!).Un de mes souhaits serait que tous ceux qui comme vous,LuluWang,moi et bien d’autres se coalisent pour ensemble faire éclater l
  • LA PENSEE UNIQUE,NON MERCI.


    1jaar_metouders[1]La célèbre romancière Lulu Wang écrit une lettre ouverte à propos de la visite du dalaï-lama


     Nous,mon épouse Wang Xu et moi-même, admirons depuis longtemps Lulu Wang. Elle participa à une série d’émissions à la VRT dont j’attends toujours l’équivalant sur les chaînes francophones belges ou étrangères.Puisque le dalai lama a instauré le mensonge en dogme ; de plus ,il ne tient pas le même langage et le même discours selon la langue utilisée ; il est normal que pour les mafieux qui l’entourent, les blings blings et gogos qui le suivent aveuglément et la presse de nos pays qui simplifie son rôle à celui d’organe de propagande anti-chinoise que celui ou celle qui tend à faire entendre un peu de vérité soit automatiquement honni. De plus cet ensemble hétéroclite de gens aux opinions les plus diverses, fascistes, rêveurs en panne de spiritualité, nostalgiques du temps de coolies,écologistes à la gomme, aucun ne brille par leur objectivité et leur esprit d’ouverture engoncés qu’ils sont dans leurs certitudes de pensée unique. Retourner dans mon pays est un argument que j’ai moi-même ,qui ne suis pas chinois , entendu plus d’une fois. Rien ne me prédisposait à prendre fait et cause pour la Chine. C’est la lecture ou vision de faits déformés ou erronés sur la Chine et les Chinois qui m’ont amené à faire entendre mon témoignage dans le but d’informer des gens qui n’avaient jamais mis un pied en Chine de ma réalité vécue sur le terrain. Je n’ai eu en retour qu’une volée de bois vert.Il suffit de regarder les photos des partisans du dalai prisent sur le parcours de la flamme olympique, regardez le regard haineux des soi-disant tibétains qui nous ont affligé ce triste spectacle. Rien que ces photos en disent long sur l’endoctrinement dont sont l’objet "les sujets de l’auto-proclamé océan de sagesse".Là on voit bien que dalai a eu comme précepteur le nazi H Harrer et que cette idéologie immonde a jetté la base de son foto[1]
    éducation, en effet avant ce faux leader spirituel mais vrai terroriste séparatiste qui d’autre qu’Hitler a élévé le mensonge au rang d’institution ? Il faut donc se féliciter que des personnes courageuses comme Lulu Wang, Elisabeth Martens, Jean-Paul Desimpelaere et bien d’autres,allez sur le site anti-cnn , se lèvent afin de faire entendre une voix,certes ici minoritaire, mais qui en d’autres cieux est relayée par plus d’un milliard d’êtres qui vivent une aventure extraordinaire depuis que Deng Xiaoping a promu la politique de réforme et d’ouverturecloseup[1]