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  • L'informatisation de l'écriture tibétaine s'efforce de rattraper son retard

    Le système de communication en Tibet a été mis en service en 2005

    Avant d'être surnommé le père des technologies de l'information du Tibet, Nyima Bkrashis passait une dizaine d'heures chaque jour dans le laboratoire informatique de l'université du Tibet pour étudier l'informatisation de l'écriture tibétaine.

    Aujourd'hui directeur du Centre technique d'enseignement moderne de l'université du Tibet, Nyima Bkrashis a commencé au début des années 1990 ses études sur l'informatisation de l'écriture tibétaine et a dirigé un groupe d'étude en ce sens. Pendant une vingtaine d'années, il a présidé l'élaboration des normes nationales et internationales de la codification du tibétain, développé une série de produits informatiques complétant les lacunes dont une plateforme informatique, un outil de traitement de texte, une configuration spécifique pour téléphone mobile, une plateforme SMS en tibétain et un système d'enseignement bilingue à distance.

    Avec son histoire de 1 300 ans, l'écriture tibétaine est l'une des plus anciennes écritures du monde. Elle reste aujourd'hui le moyen de communication fondamental des Tibétains. Cependant, avec la généralisation de l'informatique dans le monde, l'ordinateur, le téléphone mobile et Internet sont aussi arrivés au Tibet, et l'informatisation du tibétain est ainsi devenue un problème urgent.

    Beaucoup de Tibétains espèrent profiter de la révolution informatique, mais ils ne disposent pas de logiciels en tibétain ni de terminaux électroniques adaptés. « Jusqu'à récemment, le traitement informatique du tibétain quotidien restait manuel », explique Nyima Bkrashis. « Faute de normes uniformes de codification, les logiciels tibétains développés par certains instituts nationaux et internationaux n'étaient pas compatibles, ce qui a restreint la communication de l'information tibétaine et le développement des logiciels ».

    Le développement rapide de l'informatique ressemble à une course aux yeux de Nyima Bkrashis. En 1992, la recherche et le développement du premier système de traitement de texte en tibétain, en chinois et en anglais TCE basé sur le système d'exploitation MSDOS sont achevés au Tibet. Ce système a été largement utilisé dans le traitement de documents, la rédaction de manuels et la classification d'études sur les œuvres historiques. Cela a contribué au développement à l'informatisation du tibétain dans la région autonome.

    En 1997, les normes nationales et internationales de codification du tibétain ont été adoptées. Le tibétain est devenu la première écriture d'une ethnie minoritaire chinoise à posséder une norme internationale et à obtenir un laissez-passer sur l'autoroute de l'information mondiale. « Cette norme de codification ressemble aux fondations d'un bâtiment, qui offrent une base stable à l'informatisation de l'écriture tibétaine », estime Nyima Bkrashis.

    En 2004, l'État a mis en place un travail pour la recherche et le développement des logiciels en tibétain. Trois ans plus tard, Nyima Bkrashis a réussi la première plateforme « Sunshine Tibetan for Windows » basée sur la codification nationale, mettant fin à l'histoire de l'information du tibétain qui ne pouvait pas être changée ni partagée. Cette même année, la suite bureautique du tibétain ayant des fonctions de composition et de mise en page est née. Elle a complété les lacunes au niveau national et international.

    Le téléphone mobile Haoyitong, ayant une interface, des fonctions d'entrée et de réception de texte en tibétain a été très populaire parmi les agriculteurs et les pasteurs tibétains dès son apparition en 2005.

    Selon Nyima Bkrashis, la recherche et le développement des logiciels en tibétain ont gagné le soutien financier des autorités. La Commission nationale pour le développement et la réforme, le ministère des Sciences et de la Technologie et d'autres départements nationaux concernés ont ainsi fourni des subventions de quelques dizaines de millions de yuans. « L'informatisation du tibétain est en train de rattraper le développement de celle du chinois ».

    En 2009, l'université du Tibet et China Mobile ont établi conjointement le Centre de recherche et de développement pour l'adaptation des techniques de télécommunication, qui met en place de la recherche et du développement visant à permettre de communiquer en tibétain sur les téléphones mobiles, dans les SMS, à travers l'éducation moderne à distance basée sur le réseau 3G, les services au public de la bibliothèque numérique de l'université du Tibet, etc. Aujourd'hui, la recherche et le développement du téléphone mobile et de la plateforme SMS en tibétain sont déjà achevés.

    Nyima Bkrashis, qui est aussi chef de la bibliothèque de l'université du Tibet, projette de mettre en place une digitalisation des documents tibétains. « J'espère digitaliser toutes sortes de documents en tibétain par étapes. L'ampleur de la tâche est colossale, mais je souhaite que de plus en plus de personnes connaissent mieux le Tibet et la culture tibétaine grâce à une bibliothèque numérique ».