grisou

  • POUR UNE AMELIORATION DE LA GESTION DES MINES DE CHARBON;

    Il faut tirer les leçons de la catastrophe minière

    Le responsable principal des travaux de sécurité du pays a critiqué la mauvaise gestion et les mesures de sécurité inadéquates suite à l'accident ayant eu lieu samedi 21 novembre dans une mine de la province du Heilongjiang et qui a coûté la vie à au moins 104 mineurs.

    Ce coup de grisou, qui est l'accident le plus meurtrier ayant eu lieu en Chine depuis plus de deux ans, a frappé la mine de charbon Xinxing du groupe Longmei, qui appartient à l'Etat, à 2h30 du matin. A ce moment là, 528 mineurs étaient sous terre.

    L'Agence Xinhua a rapporté que 420 d'entre eux avaient réussi à échapper au souffle de l'explosion.

    A la date du soir du 23 novembre, quatre mineurs sont toujours portés disparus et présumés morts.

    Luo Lin, chef de l'Administration d'Etat de la sécurité au travail, et chef de l'équipe d'investigation du Conseil des Affaires d'Etat, a annoncé le 23 novembre que l'accident qui a eu lieu dans la ville de Hegang a débuté par une fuite de gaz dans un des puits. Du fait d'une ventilation insuffisante, le gaz a vite rempli le tunnel principal et l'explosion qui a suivi a atteint 28 des 30 plates-formes minières alors en opération.

    Tout en soulignant bien que les causes exactes de la tragédie ne sont pas encore clairement déterminées, M. Luo dit que l'accident « montre en revanche clairement qu'il y a eu des négligences et que cela avait une fois encore révélé de nombreux problèmes dans la gestion des mines de charbon. C'est une leçon que nous devons tous retenir ».

    Son appréciation rejoint celles faites après qu'une explosion ait fait 78 victimes le 22 février dans une mine appartenant à l'Etat située à Gujiao dans la province du Shanxi. Après cette catastrophe, des officiels avaient critiqué une ventilation insuffisante et une mauvaise gestion des risques liés au gaz, et dénoncé un manque de surveillance du site ainsi qu'un manque de mesures de sécurité.

    Dans un effort pour améliorer la qualité du secteur minier, qui est la source principale d'énergie de la Chine, des milliers de petites mines privées, souvent ouvertes en toute illégalité, ont été fermées ces dernières années. Ce qui a eu pour effet de faire baisser considérablement le nombre de morts dans les mines, de près de 6 000 en 2005 à 3 200 l'année dernière.

    Mais, bien que ces efforts aient exclu du secteur plusieurs mines, petites et souvent mal gérées, cela n'a pas empêché des désastres d'endeuiller des grandes mines d'Etat ces dernières années. A cause, le plus souvent, de carences dans la gestion et la surveillance plus que par manque de mesures de sécurité adéquates.

    Ainsi, lors de l'explosion dans la mine de Tunlan dans le Shanxi en février dernier, la présence d'équipements avancés et de bonnes mesures de sécurité n'avaient pas suffi à protéger les mineurs.

    La tragédie était survenue parce qu'aucune des neuf alarmes ne s'était déclenchée et que personne dans la salle de contrôle n'était intervenu alors même que les tableaux de contrôle indiquaient des niveaux de gaz dangereux.

    Dans le cas de la mine de Xinxing, le personnel de la salle de contrôle aurait pourtant reçu des alertes lui signalant une soudaine montée des niveaux de gaz souterrains à 1h37, soit 53 minutes avant la tragédie.

    Les autorités locales affirment qu'il a alors été ordonné à tout le personnel présent sous terre d'évacuer la mine.

    Jusqu'à maintenant, on ne sait toujours pas pourquoi il y avait encore plus de cent mineurs sous terre à l'heure de l'explosion.

    Zhang Jinguang, responsable de la communication de la filiale de Hegang du Groupe Longmei a insisté sur le fait que l'évacuation de la mine avait été faite « dans les délais ».

    « L'évacuation prend du temps et les mineurs ont un long chemin à parcourir entre leur plate-forme minière et la surface », a-t-il précisé.

    Des mesures de précaution inadaptées ainsi qu'une ventilation insuffisante sembleraient compter au nombre des défaillances, a dit Zhao Tiechui, directeur adjoint de l'Administration d'Etat de la sécurité au travail.

    « La mine comptait trop de plate-formes en opération et avait envoyé trop de mineurs sous terre en même temps, pour accroître la production », a dit M. Zhao dimanche 22 novembre. « La structure souterraine de la mine était bien trop compliquée pour que le système de ventilation puisse fonctionner correctement ».

    A la suite de l'explosion de samedi, le directeur de la mine, le directeur adjoint ainsi que l'ingénieur en chef ont tous été démis de leurs fonctions. Zhu Haizhou, ancien ingénieur en chef adjoint de la filiale locale du Heilongjiang Longmei Mining Holding Group, a été nommé à la tete de la mine.

    Le gouverneur de la province du Heilongjiang Li Zhanshu a, lui, dit endosser la responsabilité de l'accident.

    « Le développement est la priorité numéro un, mais la croissance du PIB ne doit pas se faire au prix de la vie et du sang des employés », a-t-il dit.

    Les corps des mineurs tués dans l'accident ont été emmenés dans une morgue située à 6 kilomètres à l'Est de Hegang, où les familles éplorées se sont rassemblées. Certaines personnes appartenant aux familles des mineurs, et des amis ont protesté hier. Elles ont demandé à ce que les dirigeants de la mine fournissent plus de détails sur ce qui est arrivé.

    Les familles de chaque mineur décédé devraient recevoir une somme d'au moins 250 000 yuans (soit 36 600 dollars US). C'est 25% de plus que pour l'indemnisation standard due en cas de décès dû à une négligence