franco-chinois

  • Aperçu de la vie des couples franco ou belgo-chinois

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    Depuis ces dernières années, des centaines de mariages franco-chinois et belgo-chinois sont déclarés chaque année auprès des consulats français et belges en Chine, surtout dans les grandes villes telles que Beijing, Shenzhen et Shanghai.

    Alors que France et Chine fêtent leurs 50 ans de relations diplomatiques, on constate que les unions franco-chinoises sont devenues une part importante des échanges entre les populations chinoise et française.

    Afin de connaître la situation des couples franco-chinois, l'Agence de presse chinoise Xinhua a effectué un sondage auprès d'une dizaine de couples franco-chinois et aussi quelques couples belgo-chinois  en leur soumettant un questionnaire en chinois et en français qui couvre presque tous les aspects de la vie de couple.

    Si les couples sondés ne représentent qu'un petit échantillon des unions franco/belgo-chinoises en Chine, leurs réponses peuvent toutefois  donner un aperçu de leur vie et des différences culturelles auxquelles ils sont confrontés dans leur quotidien.

     

    Amour et mariage

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    Beaucoup de couples pensent que l'amour est la base la plus importante du mariage. Ils sont néanmoins tous d'accord sur le fait que, outre l'amour, le respect, la compréhension et la tolérance sont des éléments essentiels à la réussite d'un mariage. Les Français et Belges ont souvent recours à des termes très poétiques pour décrire le lien entre "l'amour et le mariage" .

    Alain, un Français qui travaille à Shenzhen et qui s'est marié il y a dix ans avec Ning, une Chinoise francophone, a déclaré à ce sujet : "L'amour en soi est inexplicable. Par contre, le fait de se marier, c'est d'une part, reconnaître que cet amour est véritable, et ensuite un moyen de consolider, de construire, de se projeter dans le futur en établissant par le mariage un socle solide à cet amour si délicat et fragile. De privé, secret et intime, le mariage apporte aussi une reconnaissance publique et affirmée de l'amour."

    Olivier, qui parle chinois et a une très bonne connaissance de la culture chinoise, va fêter ses 24 ans de mariage avec Anita, une Taïwanaise. Ils ont trois enfants et vivent aujourd'hui à Beijing. Selon Olivier, "le mariage est la consécration d'une envie commune de vivre et de construire une famille et le respect mutuel de chacun, de la culture de l'autre constitue aussi les bases importantes du mariage." "Il faut aussi être prêt à accepter les différences (culturelles mais pas uniquement) et donc être prêt à faire régulièrement des concessions." Olivier a employé plusieurs fois le mot "concession" dans ses réponses. Et effectivement, la réussite du mariage ne dépend-elle pas essentiellement des concessions faites par les deux conjoints? Personnellement, vivant tant en Belgique qu'à Shenzhen, je pense que l'amour n'a pas besoin de mariage , mais c'est une affirmation du couple auprès des deux familles . De plus , si on bâtit quelque chose ensemble , c'est plus claire en cas de succession .

     

    La relation avec la famille

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    Le regard différent que les conjoints portent sur leurs relations avec leurs parents constitue l'un des plus grands conflits dans les couples franco-chinois. Bien évidemment, les Français, Belges comme les Chinois aiment et respectent leurs parents, mais ils entretiennent avec eux des relations différentes. La majorité des Français et des Françaises refusent de vivre avec leurs parents ou beaux-parents, tandis que c'est pour les Chinois et Chinoises une pratique très courante si ces derniers sont dans le besoin ou si le couple a des enfants en bas âge. Pour moi, cela ne me dérange pas de vivre sous le même toit que ma belle-mère , mon beau-père étant décédé , mais jamais je n'aurais voulu vivre avec ma mère ou mon père.

    Les Français attachent plus d'importance à la famille au sens restreint, c'est à dire le couple et les enfants, qu'à la famille au sens large. Mais les Chinois ont souvent une très grande affinité avec leurs parents. Ils ont une conception plus verticale de la famille, c'est pourquoi il n'est pas rare en Chine de voir plusieurs générations vivre sous le même toit. C'est le cas pour nous, à Shenzhen ,4 générations cohabitent mais je connais beaucoup de Chinois qui lors de conflits mère, belle-fille , donnent systématiquement raison à leur mère alors que chez nous , on privilège l'épouse.

    Beaucoup de couples mixtes franco-chinois sont confrontés à cette différence culturelle et des concessions sont donc nécessaires pour surmonter ces difficultés.

    Parmi les couples qui ont répondu au sondage, seules deux personnes, un homme et une femme, ont dit vivre ou être prêts à vivre avec leurs beaux-parents. La Française a déclaré à ce propos : "Si les parents viennent, nous devons pouvoir leur offrir de bonnes conditions de vie et aussi assurer une bonne atmosphère pour que tout le monde soit heureux. Il faut qu'ils se sentent bien. S'ils préfèrent rester à la campagne dans un environnement qu'ils connaissent, je les comprends et les respecte tout à fait." Le Français a quant à lui expliqué que ses beaux-parents habitaient avec eux pour les aider à s'occuper de leurs enfants. "C'est très pratique en Chine où il n'y a pas de crèche", a-t-il confié.

    L'éducation des enfants

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    Les couples franco-chinois n'ont pas trop de différends quant à l'éducation des enfants. Alain pense qu'"en Chine, les enfants sont trop protégés et trop adorés. Ce qui nuit à leurs futures relations sociales avec d'autres étrangers ; en France, les enfants sont trop contrôlés, il ne faut pas faire si, pas faire ça, Non.... ça n'aide pas l'enfant à avoir une vision positive de lui-même et de son entourage. Donc, avoir connaissance de ces différences nous permet d'envisager sereinement l'éducation de nos enfants, en essayant de faire la part des choses et de trouver un équilibre".

    Tous les couples mixtes ont estimé que les systèmes scolaires français et chinois avaient autant d'avantages que d'inconvénients et qu'il était donc important de bien communiquer sur ces questions et de tirer pleinement profit des avantages de la mixité culturelle.

    Vie quotidienne

     

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    Il existe bien sûr des différences notables dans les habitudes de la vie quotidienne, mais tous les sondés ont répondu que cela ne constituait pas un problème pour le couple. Céline, 39 ans, vit en Chine depuis 12 ans et s'est mariée il y a 8 ans avec un Chinois. Ils attendent aujourd'hui leur premier enfant qui devrait naître en avril prochain. Pour les habits, au début je ne voulais pas mettre de qiuku (caleçon), mais je me suis adaptée à l'habitude chinoise après avoir vu les émissions de santé. De même, maintenant je ne bois jamais de boisson fraîche. Quand nous mangeons, nous mélangeons les plats français et chinois, et moi je mange avec une fourchette et lui des baguettes. Mais nous nous influençons mutuellement, par exemple mon mari aime manger des desserts maintenant. Au début, il n'aimait pas, il disait que je faisais trop de gâteaux, mais maintenant il aime quand j'en fais." Ainsi, de l'avis des couples interrogés, plutôt que sujets de conflit, les différences culturelles enrichissent leur quotidien. Mon épouse ,comme tous les Chinois, ne mangeait pas de viande crue ou de roastbeef saignant, maintenant elle mange et cuisine autant belge ou français que chinois. En Chine , elle cuisine souvent des plats occidentaux pour sa famille , pas le steak tartare bien sûr, et toute la famille chinoise se régale.

     

    Le rapport à l'argent

     

     

    Tous les Français interrogés pensent que l'argent n'est qu'un moyen pour vivre et non un but. Ils ont quasiment tous un travail qui leur permet de vivre correctement. Céline considère que "les Français et les Chinois ont en commun d'être économes. Cependant, les Français ne prennent pas de risques avec l'argent. Les Chinois jouent plus facilement en bourse s'ils pensent pouvoir gagner de l'argent plus vite." Les Français ont en général une attitude plus détachée vis-à-vis de l'argent que les Chinois. Les Français disent que "l'argent ne fait pas le bonheur ... mais [qu'] il y contribue". Olivier a fait état de cette différence de point de vue entre les Français et les Chinois sur l'argent, notant : "Je n'ai jamais considéré l'argent comme une fin en soi mais je reconnais que pour les Chinois, c'est difficile à comprendre. Question d'éducation et de culture peut-être ? "

    Ou peut-être également de différence de niveau de confort matériel entre la grande majorité des Chinois et des Français. Chez nous , c'est un peu l'inverse , je place une partie de mon argent en bourse , mais ne joue pas , d'ailleurs , je n'aime pas ce nom et ne joue à aucun jeu d'argent, même pas le loto. Le jeu en Chine fut longtemps un fléau.

    La transmission des deux cultures aux enfants

     

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    Tous les couples franco-chinois considèrent l'héritage des deux cultures comme étant une richesse et une priorité dans l'éducation de leurs enfants. Ils transmettent à leurs enfants les deux cultures, d'abord par la langue puis par les habitudes quotidiennes. C'est pourquoi dans toutes les familles sondées, les parents s'adressent à leurs enfants chacun dans leur langue maternelle. Alain a souligné que "la richesse de deux cultures est une chance pour nos enfants".

    Ils fêtent avec leurs enfants les fêtes chinoises et françaises afin de renforcer leur identité bilingue  et biculturelle.

    Les sujets politiques

     

    Au sein des familles franco-chinoises, les divergences d'opinion sur les sujets politiques sont courantes. Les Français se vantent d'ailleurs d'avoir un esprit critique à l'égard de tous les phénomènes sociaux et politiques. Dans certaines familles, les disputes surviennent de manière plus modérée. Par exemple, Flaubert a confié que sa femme chinoise ne s'intéressait que très peu à la politique et qu'il ne tenait "pas spécialement à avoir un ton accusateur envers elle, qui n'y peut rien. C'est avant tout notre bien-être physique et spirituel qui nous importe le plus." Alain a quant à lui estimé qu'"il y a autant de sujets sensibles en Chine que partout ailleurs, et cela ne nous empêche pas de VIVRE!"

     

     

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