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  • Chine:La Cité Interdite perd-elle la tête ?

    Le cambriolage qui est intervenu dans une des salles de la Cité Interdite le 8 mai dernier à Beijing a inquiété toute la Nation. Aucune des précieuses reliques du palais impérial ne devrait pouvoir se trouver entre les mains de voleurs.

    Mais comme si cela ne suffisait pas, une autre chose a également attiré l' attention - une co-entreprise liée au Musée du Palais vient d'être accusée d'avoir envisagé d'ouvrir un club pour riches, et cela dans les murs mêmes du palais.

    Suite au tohu-bohu qui a entouré ces affirmations, le Musée a déclaré qu'il comprenait les inquiétudes des gens, mais que l'endroit incriminé était déjà utilisé pour des évènements particuliers, comme des réceptions, des forums et des conférences de presse. Il a ajouté que le projet de l'entreprise d'ouvrir ce genre de club n'avait pas reçu l'autorisation du Musée.

    N'empêche que le Musée va tout de même devoir encore répondre à certaines questions du public. Pourquoi cette société a t-elle élaboré ce projet sans la permission de la Cité Interdite ? Et bien que le Musée ait a présent suspendu l'opération, ils n'auraient pas dû éluder cette question pendant des jours.

    Fortes critiques contre l'installation d'un club privé dans la Cité Interdite

     

    Le jardin de la Salle Jianfu, connu aussi sous le nom de Jardin de l'Ouest, a été construit en 1740 et c'était le deuxième plus grand jardin de la Cité Interdite.

    Détruit par un incendie en 1923, il a été restauré en 2005 avec le parrainage du Fonds Chinois pour le Patrimoine. Mais même malgré cela, la salle et le jardin n'ont pas été réouverts au public.

    Les derniers troubles en date ont commencé il y a quelques jours, lorsqu'un internaute a écrit sur internet qu'il avait reçu une lettre d'invitation du Musée du Palais après avoir assisté à une cérémonie d'inauguration qui s'est tenue dans la Salle Jianfu.

    Mercredi dernier, Rui Chenggang, présentateur à la Télévision Centrale Chinoise, a révélé sur son micro-blog que la Salle Jianfu avait été transformée en club privé ouvert aux riches seulement, et si sélectif même que pas plus de 500 personnes peuvent en devenir membres. Le message de Rui Chenggang a été transféré en ligne plus de 18 900 fois.

     



    Le Musée devrait se conformer aux lois chinoises concernant la protection des vestiges et du patrimoine culturel.

    Ancien symbole du pouvoir impérial, la Cité Interdite est aussi un site inscrit sur la liste du patrimoine culturel mondial de l'UNESCO.

    Et selon les termes de l'UNESCO, « Les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, peu important le territoire où ils se trouvent ». Ils sont identifiés, protégés et préservés en raison de leur valeur exceptionnelle pour l'humanité.

    Qu'elle l'ait fait ou non, la Cité Interdite ne devrait de toute façon tout simplement pas être en mesure de faire d'une de ses salles un lieu privé procurant des gains personnels.

    Sans doute, l'attrait de la Cité Interdite réside dans le fait que c'est le palais des empereurs de Chine. Sous les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911), le Palais Impérial était interdit d'accès aux personnes non autorisées.



    En tant que propriété d'Etat, la Cité Interdite devrait être au service du public.


    Cerise sur le gâteau, si l'on peut dire, La Cité Interdite y a maintenant ajouté une insulte à l'égard de la police. Elle a en effet offert aux policiers de Beijing qui ont arrêté le voleur une bannière de soie à titre de cadeau de remerciement. Elle se voulait être un message de reconnaissance envers les policiers qui « protègent » la puissance et la prospérité du pays, mais à la suite d'une négligence, elle a utilisé un terme homonyme ayant la signification inverse.

    Bien que le Musée ait finalement émis des excuses, ce petit mot sur la bannière est révélateur une fois de plus de son ahurissant manque de considération pour une culture qu'il est censé protéger.