ehud olmert

  • LES JUIFS EN CHINE.A HARBIN ET SHANGHAI.

    Harbin, dans la province du Heilongjiang, est la capitale de la Manchourie. Elle est située sur le cours moyen de la rivière Songhua, affluent du fleuve Amour. Elle est chargée d’un passé historique très fourni, notamment sous la dynastie Qing, période durant laquelle elle prendra son nom définitif, qui vient de "Alejin", signifiant Honneur.

     

    Au début du XXème siècle, avec l'arrivée du transsibérien, la ville commença à devenir une agglomération urbaine. La construction du train amena une grande quantité d'ingénieurs et ouvriers juifs à Harbin, constituant ainsi le premier noyau de la communauté juive, supplémentée de quelques trappeurs vivant de la pelleterie à la frontière sino-russe. Parmi les personnalités proéminentes se trouvant à Harbin dans les premières années du XXème siècle, figurent : Joseph Kaspé, Abraham Kaufmann, F.I. Rif, Les frères Samsonovich, E.I Dobisov, etc. Aujourd’hui, l’association Igud Yostei Sin, (heb. l’‘’Association des Originaires de Chine’’), est présidée par Teddy Kaufman à Tel-Aviv.

     

    En 1903, il existait à Harbin une communauté juive autonome de cinq cents âmes, qui s'étoffa de quelques caraïtes. Après la guerre russo-japonaise de 1905, beaucoup de Juifs russes démobilisés s'installèrent à Harbin, d'autres furent des réfugiés des pogroms de 1905-07. En 1908, on trouvait à peu près huit mille Juifs dans la ville, et en 1909, ils construirent la grande synagogue sur Artillerie Street et établirent de nombreuses institutions : clubs, maisons de retraites, hôpitaux, etc.

     

    Un "Heder" (une école religieuse israélite. .) fut établi à Harbin en 1907 ainsi qu'une école secondaire, qui compta une centaine d’élèves dès 1910. Plus de 70% des élèves juifs fréquentaient par ailleurs des écoles non juives, car il n'y avait pas de ‘’numerus clausus’’ pour les Juifs à Harbin.

     

     

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    La première guerre mondiale et la Révolution russe drainèrent un nouveau flux très important d'immigrants juifs à Harbin. Une banque nationale juive y fut ouverte en 1923 et, entre 1918 et 1930, plus de vingt journaux et périodiques juifs y furent édités. Plus de 11 000 juifs russes et baltes s'installèrent à Harbin et dans d’autres villes en Mandchourie. Lorsque les Japonais occupèrent cette province, en 1931-32, certains d'entre eux émigrèrent à Tien Tsin, Shanghai et Tsingtao (Qingdao). 

     

     

    Mordekhaï Olmert, né en Mandchourie, fut l’un des chefs dudit ‘’ Bétar’’ à Harbin et à Shanghai. Les Bétaristes participèrent à de nombreuses épreuves sportives en Chine, notamment aux Maccabiades (les jeux olympiques juifs. .).

     

    A Harbin, le Bétar s’est développé aux dépens des mouvements de gauche, à cause du rejet des idées communistes, développées par la Révolution russe de 1917. Quand le sionisme fut mis hors la loi par l'Union Soviétique, Harbin devint, par procuration, le centre du sionisme russe. Entre 1924 et 1931, le régime soviétique, largement préoccupé par les problèmes intérieurs, n'exerça qu'une influence limitée sur le territoire mandchou.

     

    Depuis la fin des années 1990, les autorités chinoises ont restauré l’un des cimetières juifs à Harbin. Le grand cimetière (intra muros) avait été édifié en 1903, juste après l'achèvement du Transsibérien. Il a abrité plus de 2 000 tombes et est tombé en désuétude après le départ des derniers Juifs de la ville, vers 1955.

     

    La Municipalité a fait nettoyer le cimetière de Huangshan, à quelques kilomètres de la cité, et déposer des fleurs devant chaque tombe. Aujourd'hui, on recense près de 700 inscriptions en russe, en hébreu ou en anglais, sur les pierres tombales. En 2004, le 1er ministre israélien, M. Ehud Olmert, s’est recueilli, avec son frère, sur la pierre tombale de leur grand-père, lors de la manifestation de réhabilitation de ce champ de repos organisée par les autorités chinoises

    "Je l'ai portée en moi toute ma  vie. Harbin est là d'où je viens", affirme Isaac Shapiro qui, à 74 ans, est retourné dans la ville de son enfance, Harbin, capitale  de la province du Heilongjiang, dans le nord-est de la Chine. 

     J'ai grandi entouré de tellement de gentillesse, les chinois  ne m'ont jamais considéré comme un étranger", dit-il. "Nous  parlions chinois et russe, nous mangions de la nourriture juive  traditionnelle et des plats typiques chinois et il y avait des  enfants chinois à l'école juive". 

         A la fin du 19ème siècle, de nombreux Juifs ont commencé à  fuire les discriminitations de la Russie des tsars et d'autres  pays européens et ont trouvé refuge à Harbin, précise Li Shuxiao,  vice-président du Centre d'études juives rattaché à l'Académie  provinciale des Sciences sociales du Heilongjiang. 

         Dans les années 1920, 25 000 juifs vivaient à Harbin qui était  la plus grande communauté juive d'extrême orient à l'époque. Les " Juifs de Harbin" comme on les appelait, avaient mis un place tout  un système social, ajoute Li. 

         Harbin et d'autres villes chinoises comme Shanghai sont  devenues le refuge de juifs fuyant l'holocauste. Ces dernières  années, plus de 100 000 Juifs sont venus chaque année à Harbin  retrouver leurs racines et rendre hommage à leurs ancêtres,  affirme Li. 

          Avec le développement de la discrimination à l'égard des Juifs  en Europe, de plus en plus de Juifs sont venus en Chine qui a  accueilli à elle seule plus de Juifs que l'Australie, le Canada,  la Nouvelle Zélande, l'Afrique du sud et l'Inde réunis. 

         Les Juifs n'ont pas oublié leurs amis et voisins chinois ni  ceux qui les ont aidés en cette période troublée. Aujourd'hui, où  qu'ils vivent, ils ont créé des organisations pour commémorer leur histoire avec la Chine et les Chinois. 

         Bien que 70 ans ont passé depuis son départ de Harbin, Shapiro  se souvient encore très bien des jours heureux qu'enfant il a  passé à Harbin. "Dans mes souvenirs, il y avait des chinois  partout : chez le marchand de bonbons, dans les boutiques et dans  l'usine de mon grand-père", se souvient Shapiro.