edgar faure

  • Il y a 50 ans, Charles De Gaulle annonce l'établissement de relations diplomatiques entre la France et la Chine

    31 janvier 1964 - Conférence de presse du général de Gaulle où il annonce que la France va établir des relations

    diplomatiques avec la Chine de Mao.

    Le 27 janvier 1964, un bref communiqué était publié simultanément à Paris et à Pékin : " Le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République populaire de Chine ont décidé, d'un commun accord, d'établir des relations diplomatiques. Ils sont convenus à cet effet de désigner des ambassadeurs dans un délai de trois mois ".

    La décision de nouer des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine puise dans les principes essentiels de la politique étrangère gaullienne.
    C'est avec la " Chine de toujours " que le général de Gaulle entend établir des " relations régulières " sur un plan normal, "autrement dit diplomatique". En effet, pour lui, " avant d'être communiste, la Chine est la Chine ", c'est-à-dire un peuple riche de plusieurs centaines de millions d'habitants, à la civilisation pluri-millénaire, installé sur un territoire très vaste et avec un potentiel de développement gigantesque. Il faut tenir compte de cette réalité nationale profondément enracinée dans la géographie, l'histoire et la culture, et d'abord il faut s'efforcer de la connaître, tant la distance est grande alors entre la France et le monde chinois.

     

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    Rencontre entre Edgar Faure et le Président Mao

    Nouer des relations avec la Chine populaire est une idée longtemps mûrie par le Général. Ainsi avait-il réservé un accueil favorable à l'ouvrage qu'Edgar Faure, ancien Président du Conseil, lui adressa en 1957. Dans Le serpent et la tortue, ce dernier concluait le récit de son séjour privé en Chine, au cours duquel il avait rencontré Mao Tse-toung et Chou En-lai, en suggérant une reprise des relations diplomatiques entre la France et la Chine. Si le Général jugeait la proposition " intéressante ", il considérait, alors, que " tout cela ne pouvait pas être tenté utilement puisque, en tout état de cause, il n'y avait pas d'Etat, pour l'instant, en France ".
    Dès son retour aux affaires en 1958, le Général cherche rapidement à s'informer sur une possible initiative en la matière et c'est tout naturellement qu'il se tourne vers Edgar Faure en 1960.

    L'affaire était entendue, il restait à régler les problèmes pratiques et affronter deux obstacles : l'opposition de Formose et la colère des Etats-Unis.
    Chargé par le général de Gaulle de préparer la venue du futur ambassadeur en Chine, Claude Chayet arrive à Pékin en mars 1964. Les débuts de la représentation française en Chine sont, certes, modestes : une avant-garde diplomatique composée de cinq personnes, résidant à l'hôtel et transportant ses archives dans une valise, à défaut de coffre-fort ! L'identité de celui qui deviendra le premier ambassadeur de France en Chine est déjà connue, il s'agit de Lucien Paye, alors ambassadeur de France au Sénégal qui présentera ses lettres de créance au président chinois le 31 mai 1964. En désignant un éminent universitaire et ancien ministre de l'Education nationale comme ambassadeur en Chine, le général de Gaulle entendait placer ce renouveau franco-chinois à un très haut niveau et notamment sur le terrain culturel. C'est ce qu'à l'été 1965, le voyage d'André Malraux confirmera aussi.

     

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    En revanche, la question de Formose, où le régime de Tchang Kai-chek se maintenait grâce au soutien occidental, pose un problème quasi insoluble. Pour l'un et l'autre Etat chinois, il fallait qu'un seul Etat soit reconnu comme unique représentant légal de la population et la " théorie des deux Chines " était inacceptable. Cela explique l'insistance de Mao Tse-toung auprès d'Edgar Faure, puis auprès de la délégation de parlementaires français de janvier 1964, pour que le gouvernement français envoie un véritable ambassadeur à Pékin et non à Taiwan. Mais les Français n'ont pas eu à faire le geste de rompre avec le gouvernement de Tchang Kaï-chek, puisque cette rupture fut décidée le 10 février par Taiwan.

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    Article réalisé grâce aux archives de la Fondation Charles  De Gaulle