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  • Quand la Chine tousse, c'est l'Occident qui a la fièvre

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    Depuis des années, on nous dit , si ça va mal chez nous, c'est à cause de la Chine. Le chômage , c'est la Chine, l'inflation, c'est la Chine, l'augmentation du pétrole , c'est la Chine, les usines qui ferment ,c'est la Chine, l'augmentation des matières premières , c'est toujours la Chine.

    Aujourd'hui, le prix des matières premières diminue , on nous explique que c'est la faute de la Chine, le commerce ralentit , c'est la Chine etc, etc  

    Bref ce n'est plus la faute à Voltaire, c'est la faute à la Chine.

    Concernant les dévaluations du Yuan , l'analyste Steven Forbes dans un article publié dans l’édition de Forbes. estime que la dévaluation du yuan montre les conséquences dangereuses de la politique financière américaine, ainsi que l’absence fondamentale de conscience économique contemporaine.

    M.Forbes estime que l'époque du dollar, "roi de toutes les devises", pourrait s'achever, si le prochain président américain n'a pas les compétences nécessaires pour mettre fin à la dévaluation du dollar.

    La politique chinoise sur le yuan n'est pas une dévaluation traditionnelle, c'est plutôt une réaction à l'appréciation récente du dollar. M.Forbes souligne que l'absence de stabilité de la devise américaine produit des effets négatifs, qu'elle soit appréciée ou dépréciée.

    Cependant, le dollar pourrait garder sa force. Si la Réserve fédérale américaine ne change pas sa politique sur les taux et le règlement bancaire, les consommateurs comme les petites entreprises rencontreront des problèmes avec leurs crédits.

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    Selon M.Forbes, tous ces aspects menacent la reprise de la croissance économique mondiale. Quant à Pékin, il pourrait utiliser l'instabilité du dollar pour diminuer l'influence américaine, et pour créer un bloc financier sur la base du yuan, avec les pays voisins, notamment l'Indonésie.

    La politique actuelle américaine et la diminution de la puissance militaire des Etats-Unis donnent à la Chine un prétexte pour lancer l'établissement d'une "sphère de prospérité commune" en Asie, et pour mener une politique d'isolation du Japon et d'évincement des Etats-Unis de la région, estime l'expert américain.

    M.Forbes estime également que c'est la situation autour du dollar qui a influencé de façon négative l'économie mondiale. Le dollar faible a provoqué un boom sur marchés des matières premières, qui ont reçu des milliards de dollars en investissements. Les prix ayant augmenté faisaient penser que de telles marchandises étaient nécessaires en nombre croissant. Mais ces signes étaient faux, ils révélaient en fait la faiblesse de la devise américaine.

    Pourtant, l'appréciation récente du dollar n'est pas favorable pour les économies en voie de développement, et pourrait aggraver leur affaiblissement. Généralement, les changements de valeur du dollar sont dangereux pour la plupart des pays du monde, conclut M.Forbes.



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    source: http://fr.sputniknews.com/

  • Le FMI donne raison à la Chine face aux Etats-Unis

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    En raison de ses gigantesques excédents commerciaux, la Chine a accumulé d'importantes réserves de changes, qui équivalaient fin mars à 3.730 milliards de dollars.

    Le yuan, également appelé renminbi, « n'est plus sous-évalué », c'est ce qu'a annoncé le FMI mardi à Beijing, après avoir longtemps soutenu que la monnaie chinoise était « modérément sous-évaluée ».

    « Alors que la sous-évaluation du renminbi était un facteur clé expliquant les grands déséquilibres du passé, notre estimation est désormais que son appréciation réelle et importante depuis un an a porté le taux de change à un niveau qui n'est plus sous-évalué », a déclaré le FMI après que ses spécialistes se soient entretenus avec les autorités chinoises.

    L'institution internationale avait récemment affirmé que le yuan était modérément sous-évalué, malgré son appréciation progressive depuis la décision historique de 2005 de le réévaluer. Le yuan est fortement remonté face à la plupart des monnaies autres que le dollar ces derniers mois, et il s'est même renforcé face au billet vert, gagnant 0,6 % au cours de ces 12 derniers mois.

     

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    David Lipton

    Interrogé sur le changement de position du FMI, David Lipton, premier directeur général adjoint de l'institution financière, souligne que cette dernière évaluation se base sur la situation actuelle et qu'elle est sujette à de futurs changements.

    « C'est un jugement fondé sur la situation actuelle, mais il pourra encore évoluer à l'avenir », a-t-il déclaré. « La productivité de la Chine augmente, et probablement plus rapidement que le reste du monde. Chaque monnaie doit s'ajuster aux différences de productivité. »

    Selon lui, malgré l'appréciation du yuan, la position extérieure de la Chine reste modérément trop forte [au niveau de son excédent commercial] pour être en accord avec les fondamentaux à moyen terme. Cette situation souligne le besoin pour la Chine d'adopter de nouvelles réformes pour réduire l'épargne excessive et atteindre un équilibre durable de sa balance commerciale.

    Nous pensons que la Chine devrait chercher à atteindre un taux de change flottant d'ici deux ou trois ans », précise le FMI dans son communiqué.

    Ce dernier survient alors que la Chine essaye d'intégrer le yuan au panier des droits de tirage spéciaux (DTS) des monnaies de réserve du FMI avant le mois d'octobre.

    Le FMI a indiqué qu'il accueillait favorablement et partageait les objectifs de la Chine, et qu'il travaillerait étroitement avec les autorités du pays dans ce sens. La question n'est pas de savoir si l'intégration du yuan dans le panier des DTS aura lieu, mais plutôt de savoir quand elle aura lieu, a indiqué à ce sujet Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

    Invité à identifier les risques potentiels de l'économie chinoise, Lipton cite l'excès des crédits et des investissements, la hausse des prêts non productifs et le manque de gouvernance dans les entreprises du secteur public, ce qui entraîne des emprunts irresponsables, décrits par les économistes comme des « contraintes budgétaires douces ».

     

  • La Chine sape tranquillement la puissance du dollar

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    Le yuan chinois (renminbi) deviendra tôt au tard une devise de réserve mondiale, portant un coup au dollar américain, a déclaré l'économiste américain Wolf Richter dans un article publié par le site Business Insider. 

    Selon l'expert, les Etats-Unis ne peuvent que ralentir ce processus. De nombreux pays règlent déjà leurs échanges commerciaux en yuans. Des banques de compensation pour le yuan existent dans 15 villes du monde dont Los Angeles (Etats-Unis). La Chine a en outre signé des accords d'échanges de devises (dits "de swap") avec les banques centrales d'une vingtaine de pays dont deux alliés des Etats-Unis – la Grande-Bretagne et l'Australie.

    Ce sont des petits pas qui font partie d'un processus lent, méthodique et continu de promotion du statut de yuan et de destruction de la force du dollar et de l'influence du gouvernement américain", noté M.Richter.

    Si le yuan obtient le statut de devise de réserve mondiale, ce sera une grande victoire de Pékin. Les Banques centrales du monde entier commenceront à acheter des yuans, renforçant l'influence chinoise sur la scène internationale. "La Chine fera un nouveau pas en vue de devenir un concurrent économique, financier et politique des Etats-Unis", a conclu M.Richter.

    D'après l'économiste, ces efforts chinois permettront au yuan de devenir une devise librement utilisable, ce qui facilitera son inclusion dans le panier des Droits de tirages spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI). 

    Le vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine Yi Gang a déclaré en mars dernier que Pékin menait des entretiens avec le FMI sur l'entrée du yuan dans le panier DTS qui comprend le dollar, l'euro, le yen et la livre sterling. La directrice générale du FMI Christine Lagarde a noté la semaine dernière que le yuan figurerait à terme dans le panier des DTS.

    Washington, qui contrôle 18% des voix au sein du FMI, s'opposera à cette initiative de Pékin. L'Allemagne et l'Australie ont laissé entendre qu'elles aideraient la Chine. Les pays qui utilisent aussi le yuan dans les échanges internationaux devraient aussi soutenir Pékin.

     

                                                          Nouvelles en Bref

     

    La chute d'un autocar dans une rivière a fait 21 morts et trois blessés samedi en Chine, a rapporté dimanche l'agence officielle Chine nouvelle.

    La Chine a dévoilé dimanche un programme de développement de groupes de villes le long du cours moyen du fleuve Yangtsé afin de créer un nouveau moteur de croissance économique et de promouvoir l'urbanisation.

    La Chine devrait créer une banque nationale du logement pour optimiser l'utilisation du fonds chinois de prévoyance du logement et stimuler le marché de l'immobilier en recul.

    La banque centrale chinoise a injecté des liquidités sur le marché afin de répondre à la demande de liquidités.

     







  • La monnaie chinoise, le yuan, seule capable d'ébranler le dollar?

    Un domaine où le lancement du nouveau système de paiements chinois pourrait avoir vraiment un impact est dans les marchés énergétiques mondiaux. À la suite de ce qu'on appelle « système pétrodollar  » mis en place entre les États-Unis et les producteurs de pétrole du Moyen-Orient,  les exportations de pétrole sont aux prix et traitées en dollars. Imaginez maintenant le prix du pétrole étant cité en  yuan chinois et non en dollars américains. Que se passerait-il si les exportateurs de pétrole saoudien décident qu'ils veulent des yuans et pas de dollars ? Cela signifie que toute personne achetant ou vendant le pétrole sur les marchés des matières premières doit avoir un compte bancaire en yuans en plus d'un compte bancaire en dollars. Compte tenu de la demande d'énergie vorace de la croissance économique de la Chine, il est facile de voir pourquoi un système de paiement global facilitant ces métiers est logique.Maintenant, bien sûr, le renminbi ne pose pas une menace directe pour le dollar. Tandis que 41 pour cent de tous les paiements globaux impliquent le dollar, seulement 2 % impliquent le renminbi. Mais pensez aux quelques années à venir. Si l'économie chinoise continue de croître, si les plans continuent l'internationalisation du renminbi, et si l'impasse à Washington continue, c'est au moins théoriquement plausible que le renminbi pourrait éventuellement supplanter le dollar comme monnaie de réserve de choix dans le monde entier. Surtout que le thème de l'investissement de "la dollarisation" a commencé à être ramassé à l'échelle mondiale. Si le renminbi jamais remplace le dollar, les effets seront ressentis de Wall Street à la City. D'une part, les investisseurs étrangers n'auront pas besoin de tenir autant de dollars car ils vont être effectuer des transactions en yuans à la place. Cela signifie qu'ils auront moins d'argent à investir dans la dette libellée en dollars du gouvernement américain — la dette même qui est la clé du financement des déficits budgétaires américains massifs. Pour garder les investisseurs étrangers investissant dans cette dette libellée en dollars, le gouvernement américain aurait à  monter les taux d'intérêt. De plus, si tous les dollars qui sont détenus à l'échelle mondiale devaient faire leur chemin vers les États-Unis,l'afflux de dollars pourrait conduire à l'écrasement de l'inflation et à une foule de conséquences économiques qui mettent mal à l'aise. Bien sûr, les PIC de construction est juste une suite logique dans l'internationalisation du renminbi. Les choses ne changeront pas du jour au lendemain — ou peut-être jamais. Cependant, gardez à l'esprit que la Chine a éclos un certain nombre d'autres plans pour transformer le système financier international. Par exemple, avec la montée des BRIC, la Chine est à la recherche d'alternatives à un système financier international dominée par l'Occident. L'an dernier, les chinois ont contribué à lancer une nouvelle banque de développement des BRICS basée à Shanghai comme un concurrent de la Banque mondiale et le Fonds monétaire International. N'importe qui peut deviner si cette banque à l'avenir va faire des prêts en dollars ou en yuan ? L'internationalisation du renminbi est plus facile à dire qu'à faire.  Il faut bâtir la confiance. La Brookings Institution, par exemple, a récemment mis en évidence cinq grands défis politiques face à l'internationalisation du renminbi. Un gros inconvénient, bien sûr, est la peur des « contrôles de capitaux » imposés par le gouvernement chinois. En d'autres termes, vous pouvez changer votre argent en renminbi et ne pas être en mesure d'obtenir votre argent  quand et comment vous en avez besoin.

    C'est seulement dans la dernière décennie que les chinois ont lancé un dispositif agressif d'internationalisation du renminbi. Il y a encore beaucoup à faire, mais la création des PIC semble être la prochaine étape logique pour changer comment le monde apprécie le renminbi. Si l'économie chinoise est en effet capable de s'imposer dans le monde, il faudra une devise qui est aussi capable de prendre dans le monde entier.

    La nouvelle Chine internationale paiements système (CIPS), qui est à ses débuts , a été décrit comme un « autoroutes de paiements dans le monde entier pour l'yuan ». Ce qui signifie que la création d'un tel système à court terme, c'est que la monnaie chinoise (officiellement appelée le renminbi) a le potentiel pour devenir une monnaie internationale, convertible et une monnaie plus attrayante pour la conduite des finances et du commerce international. Ce que cela signifie à long terme, c'est que le long règne de l'Amérique de domination économique est en danger.

     

    Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le dollar a été le socle du système financier international. La hausse d'une monnaie de concurrent pour défier le dollar semble presque impossible. Alors que l'euro et le yen sont apparus comme des options possibles pour supplanter le dollar, ils n'ont jamais eu l'influence mondiale du dollar américain. Les plans de la Chine pour l'internationalisation du renminbi, cependant, sont entièrement une question différente. Compte tenu de la taille et le poids de l'économie chinoise, il est logique que la Chine crée un système de paiement global pour le rendre plus facile pour les gens , au commerce, à investir et à effectuer des transactions à l'aide du renminbi.

     

    Une façon de mesurer l'importance de la monnaie chinoise dans le monde entier est de regarder le pourcentage des opérations de financement du commerce international qui sont menées à l'aide du renminbi. De façon globale, le renminbi représente près de 9 pour cent du financement du commerce dans le monde entier, le deuxième plus grand derrière  le dollar. En outre, à partir de janvier 2015, le renminbi est maintenant la cinquième monnaie la plus utilisée de paiements dans le monde, à la suite du dollar, l'euro, la livre sterling et le yen. Selon Wim Raymaekers, directeur des marchés bancaires chez SWIFT, c'est "une étape importante" qui confirme la transition du renminbi depuis le statut de "nouveaux", à une monnaie de paiement "business as usual".
     

                                           Nouvelles en Bref

     

    L'Apple Watch, le premier ordinateur vestimentaire d'Apple Inc, est « excitant », mais « moins attirant » pour les acheteurs chinois, ont déclaré mardi les experts de l'industrie.
     
    Chine : plus de 56 milliards de dollars investis dans des start-ups technologiques.
     
    Les autorités judiciaires chinoises se sont engagées jeudi à une offensive active sur le terrorisme après une série de menaces provoquées par les activités terroristes.

     

  • Près de 44 % des échanges commerciaux sino-français sont réglés en yuans, la France va émettre une partie de sa dette publique en yuans

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    La France a émis des obligations privées en yuans et va émettre une partie de sa dette publique en yuans, a indiqué Maurice Gourdault-Montagne, le nouvel ambassadeur de France en Chine.

    La France participe activement au processus d'internationalisation du yuan, a ajouté M. Gourdault-Montagne, en ajoutant que « près de 44 % des échanges commerciaux sino-français sont réglés en yuans. »

    « La Chine a déployé des efforts considérables pour aider les pays de la zone euro à surmonter la crise de la dette. Nous allons également soutenir l'internationalisation du yuan, en espérant que le yuan va jouer un rôle important dans le système monétaire international en dollars et en euros », a-t-il déclaré.

    La Chine et la France partagent de vastes relations économiques, et de nombreuses coentreprises ont été créées, notamment avec Alstom, Michelin et Citroën.

    L'énergie nucléaire est un autre domaine clé de la coopération bilatérale. Les principales entreprises énergétiques françaises ont fourni un appui technique à la construction des centrales chinoises de Daya Bay et Lingao.

    Les secteurs de la santé publique, des produits agricoles, de l'agroalimentaire et de l'environnement urbain sont également de nouveaux grands domaines de la coopération bilatérale.

    « Réaliser une coopération efficace entre les hôpitaux des deux pays, et encourager la recherche de vaccins et de traitements pour les maladies chroniques est nécessaire et crucial pour répondre au problème du vieillissement de la population en Chine », a-t-il expliqué.

    Les exportations de vin vers la Chine et la supervision de la sécurité alimentaire peuvent encore être grandement améliorées, a-t-il ajouté.

    En outre, la construction d'un mode de vie urbain propre et durable est une préoccupation commune.

    M. Gourdault-Montagne a également déclaré que la délivrance facilitée des visas et l'encouragement des échanges de la jeunesse sont des tâches importantes de son mandat.

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  • Pour Claude Martin, ex-ambassadeur de France à Pékin , la Chine n’a aucune volonté de domination

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    Claude Martin : « Quand on dit que les Chinois sont arrogants on peut se demander si ce n’est pas nous qui faisons un complexe d’infériorité ». (photo SOEREN STACHE)

    Devant participer à une conférence à Bordeaux sur le thème "La domination de la Chine en Asie est-elle irréversible?", l'ex-ambassadeur précise : Je précise d’abord que je ne suis pas responsable de l’intitulé de ce débat. Ce qui peut donner une impression de domination, c’est la taille de ce pays et le dynamisme de son économie. Mais ses relations avec ses voisins sont normales. La Chine a, certes, des différents territoriaux avec le Japon, les Philippines, le Vietnam et l’Inde, mais il n’existe pas de rivalité avec eux pour dominer l’Asie. Le Japon est tourné vers le Pacifique. L’Inde, vers l’Occident. La Chine se définit comme L’Empire du milieu : elle est au centre de l’Asie et elle envisage les peuples périphériques comme des suzerains. Elle attend d’eux, non pas qu’ils se soumettent, mais qu’ils lui payent un tribut.

    Ce n’est pas dans la tradition chinoise d'avoir des ambitions coloniales. Ces dernières décennies, les seules fois où l’armée chinoise a franchi ses frontières - en 1962 contre l’Inde et en 1978 contre le Vietnam - ce fut pour donner une leçon à l’armée adverse. Après quoi elle est rentrée chez elle. La politique étrangère de la Chine se rapproche de la doctrine de Monroe : ne pas s’aventurer au loin mais rester libre dans son espace, notamment au Tibet, dont elle refuse qu’on lui conteste la propriété. Elle n’accepte aucun hégémonisme dans sa sphère d’influence. Et elle voit une tentative d’encerclement dans les relations que les Etats-Unis établissent avec l’Inde, la Thaïlande, Taïwan ou la Corée du sud.

     

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    En Afrique , la Chine n' a aucune ambition colonialiste comme l'ont eue certains pays européens. Dans un pays dont je ne dirai pas le nom trois conglomérats chinois se disputent l’exploitation de mines. Il n’y a pas de plan d’ensemble chinois pour s’emparer du monde. Au contraire, on constate une volonté politique de ne pas faire plus que le nécessaire. On les entend peu dans le dossier iranien. Ils ont beaucoup allégé leur armée, qui était pléthorique, et reconverti une partie de leur complexe militaro-industriel dans la production d’ordinateurs, de téléphones portables ou de machines à laver.

     

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    Si les Américains disent que le Yuan est sous-évalué par rapport au dollar, je signale qu'en quatre ans le yuan a été réévalué de 25 % par rapport au dollar et à l’euro. Quant au fait que les Chinois rachètent des bons du trésor américains, il faut y voir une sorte de compensation aux suppressions d’emplois que provoque leur politique commerciale aux Etats-Unis. Ils veulent être perçus comme des gens qui soulagent les Etats-Unis de leur dette. Là encore on est dans une histoire de perception : quand les Américains accusent les Chinois de s’approprier leurs biens, les Chinois peuvent leur répondre qu’ils n’ont qu’à pas faire de dette. Et quand on dit que les Chinois sont arrogants on peut se demander si ce n’est pas nous, Occidentaux, qui faisons un complexe d’infériorité par rapport à eux.

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  • La Chine n’a pas fini de nous surprendre en positif (Michel Aglietta)

    Michel Aglietta est un économiste français, ancien élève de l'Ecole polytechnique. Actuellement professeur de sciences économiques à l'Université ParisX   , il est également conseiller scientifique au CEPII.

    Dans "Le Nouvel Economiste" , il nous présente son dernier livre où il fait part de ses sentiments sur la Chine.

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    Il  est persuadé que d’ici une dizaine d’années, la Chine aura réalisé des résultats spectaculaires sur la voie du développement durable . Faisons des Chinois nos alliés parce nous partageons avec eux les mêmes objectifs à long terme. La crise nous a invités à penser le monde de façon radicalement différente et l’approche chinoise peut nous y aider. Ce serait suicidaire pour les Occidentaux de ne pas l’accepter.”dit-il.

     

    En matière de réflexion stratégique, les Chinois ont une avance décisive sur les Occidentaux. Ils sont convaincus de la nécessité de transformer de fond en comble leur régime de croissance. Ce dernier, fondé sur les exportations en direction des consommateurs occidentaux – principalement américains -, n’a plus d’avenir en raison de l’effondrement du crédit. Or là où les Chinois envisagent des changements radicaux, nous continuons à croire que la crise n’est qu’un mauvais moment à passer. Alors que le défi est le même : réinventer un modèle de croissance. Les Chinois ont utilisé la crise comme un levier pour accélérer leur mutation et ils avancent, non sans difficultés, tandis que nous, nous piétinons. Bien plus que le soutien conjoncturel de la croissance, la Chine est en train d’élaborer un nouveau modèle de croissance basé sur l’urbanisation car c’est dans les villes que l’on trouve les classes moyennes qui consomment.

     

    La crise financière, durement ressentie par la Chine, a entraîné la prise de conscience par les Chinois de leur trop grande dépendance au commerce international. Les autorités de Pékin ont fait preuve d’une très grande réactivité en adoptant le plan de relance le plus important de tous les pays. L’argent injecté en six mois a été utilisé dans des projets qui étaient déjà dans les cartons, tels que l’amélioration des infrastructures de transports assurant de meilleures liaisons avec l’ouest du pays qui regorge de ressources primaires (minérales et énergétiques) et qui peut développer le tourisme et aiguilleurs ecologique. Ainsi, contrairement à ce qu’on aurait pu redouter, cet énorme plan de relance de 4 000 milliards n’a pas beaucoup ajouté de capacités improductives. 

     

     

     Les Chinois ont aussi pris conscience de la vulnérabilité de leur modèle de croissance trop exclusivement tourné vers la demande des pays de la zone OCDE. Très vite, les Chinois ont compris que ces débouchés allaient inéluctablement et durablement ralentir. D’où la nécessité de redéployer leurs exportations vers d’autres zones et de mettre en place de nouveaux facteurs de croissance internes. L’autre leçon tirée de la crise est d’ordre monétaire. Puisque l’effondrement du commerce international à fin 2008 a été provoqué par la disparition des moyens de paiement en dollars sur le marché monétaire mondial, les Chinois en ont conclu que pour se prémunir d’une prochaine crise, il leur fallait désormais découpler le plus possible leur économie du billet vert en internationalisant le yuan. D’où, en juin 2010, les décisions conjointes de découpler le taux de change de la monnaie et le renforcement de la place de Hong-Kong en tant que centre financier au service des intérêts de la Chine.

     

     

     

  • Chaque Chinois risque de perdre 177 dollars en cas de défaut de paiement des États-Unis

    La valeur du dollar décline depuis deux jours, à l'approche de la date butoir pour les États-Unis d'honorer leurs engagements en matière de dette publique. De nombreuses devises, notamment le franc suisse, le yen, le won, le dollar australien et même le ringgit, ont atteint leur plus haut niveau contre le dollar depuis plusieurs années ces derniers mois. L'indice du dollar est tombé le 27 juillet à 73,42 avant la clôture des bourses asiatiques, son plus bas niveau depuis le 5 mai.

    La valorisation des devises asiatiques est aussi forte en raison de la croissance persistante de la région malgré la crise financière mondiale. Le taux de change entre le yuan et le dollar est monté à 6,4426 yuans pour un dollar le 27 juillet, réalisant un nouveau record pour le deuxième jour consécutif depuis la réforme du système chinois de change.

    Les réserves chinoises en devises s'élèvent à près de 3 200 milliards de dollars, dont environ 60 % sont des actifs en dollars. La Chine reste ainsi le plus grand pays créancier des États-Unis. Un rapport émis le 18 juillet par le département américain du Trésor sur le cashflow international a confirmé que la Chine possédait 1 159,8 milliards de dollars de bons du Trésor américains à la fin du mois de mai 2010.

    Selon un article du New York Times, si Standard & Poor's venait à dégrader la note de la dette publique américaine, la Chine risquerait de souffrir d'une dévalorisation de 20 à 30 % de ses bons du Trésor américains, soit environ 230,4 milliards de dollars dans l'hypothèse de 20 %, ou une perte moyenne de 177 dollars pour chaque Chinois.

     

    « Il est nécessaire de bien contrôler l'afflux des capitaux étrangers pour diminuer l'émission monétaire destinée à contrebalancer l'afflux de fonds en devises étrangères », indique Zhao Xijun, le directeur adjoint de l'Institut des finances et de la fiscalité de l'Université du peuple chinois. « Par ailleurs, comme les cours des matières premières vont augmenter, les entreprises devront améliorer leur efficacité pour rester sur pied ».

     

    Li Lianfa, chercheur au centre des finances et des secteurs industriels de l'Université de Pékin, propose d'imposer les règlements sous le compte des capitaux pour ralentir l'augmentation des réserves en devises. Il appelle à viser une meilleure rentabilité dans la gestion des réserves en devises, et à se mettre en garde contre les risques de change. Il estime également qu'il faudrait suivre l'exemple de Singapour pour encourager les innovations financières.

     

    De son côté, Xu Xiaonian, professeur économique et financier à l'École Chine-Europe des affaires internationales, souligne qu'il faudrait que la Chine poursuive sa politique monétaire de resserrement pour affronter un nouveau cycle d'inflation mondiale en corrélation avec la souplesse quantitative de la politique monétaire américaine.