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  • Cette fois, c'est officiel, la Chine est la première puissance économique mondiale

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    Pour les Etats-Unis, c’est sans doute une nouvelle qui ne sera pas facile à admettre : ils ne sont plus les n° 1, mais les n° 2. Oui, c’est aujourd’hui officiel, l'économie chinoise a dépassé celle des États-Unis pour devenir la plus grande du monde. Pour la première fois depuis la présidence d’Ulysses S. Grant, c’est-à-dire depuis près de 150 ans, l'Amérique n’est plus la première puissance économique de la planète. C’est un évènement capital, et pourtant il est passé quasiment inaperçu.

     

    Le Fonds Monétaire International a en effet récemment publié les derniers chiffres de l'économie mondiale. Et quand on mesure la production économique nationale en termes « réels » de biens et services, le PIB de la Chine se monte cette année à 17 632 milliards de Dollars US contre 17 416 milliards de Dollars US pour les Etats-Unis. Pour mesurer l’incroyable chemin parcouru par la Chine, il suffit de rappeler qu’en l’an 2000, les Etats-Unis produisaient encore trois fois plus qu’elle!!!

     

    Si on regarde les chiffres différemment, la Chine représente désormais 16,5% de l'économie mondiale, mesurée en termes de pouvoir d'achat réels, par rapport à 16,3% pour les États-Unis. Ce nouveau séisme économique suit celui de l'année dernière lorsque la Chine a dépassé les Etats-Unis pour la première fois en termes de volume de commerce mondial.

    Un économiste précis remarquera en outre que le contenu du PIB (donnée statistique qui additionne « des choux et des carottes ») n’est pas du tout identique entre la Chine et les États-Unis. Le PIB chinois comporte une grosse proportion de production industrielle, donc de biens réels et tangibles, alors que le PIB des États-Unis comporte une part écrasante de services immatériels ou de services de consommation et de distribution.

    Tout un chacun peut comprendre que la position chinoise est donc d’ores et déjà beaucoup plus puissante et solide que la position américaine. Parce que produire des biens tangibles est une source active, solide et pérenne de production de richesses, alors que ne faire que les financer, les vendre ou les consommer est une source passive, fragile et éminemment provisoire de production de richesses.

    Ces calculs ont été faits en parité de pouvoir d'achat, afin de trouver une valeur commune pour comparer des richesses de différents pays, puisque les niveaux de vie, notamment entre la Chine et les Etats-Unis sont très différents. De fait, en termes de PIB nominal, c'est-à-dire strictement de richesses créées, les Etats-Unis restent loin devant la Chine avec environ 17. 500 milliards de Dollars US en 2014, contre 10 000 milliards de Dollars US pour celle-ci, qui reste aussi très loin en termes de PIB par habitant, ne pointant qu'à la 89e place. Il n’empêche, les chiffres sont là.

     L’humanité a vécu dans un monde dominé par les Etats-Unis depuis au moins 1945 et peut-être même, si on y regarde bien, depuis la fin du 19ème siècle. De même qu’elle vécu pendant 200 ans -depuis la bataille de Waterloo en 1815, qui mit un point final à la suprématie de la France sur l’Occident, et donc plus ou moins directement sur le monde- dans une humanité dominée par deux pays, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Aujourd’hui, la Grande-Bretagne n’a plus, comme la France qui se partagea une bonne partie du monde avec elle, sa puissance d’antan, mais les Etats-Unis restent encore au sommet. Ils ne sont plus seuls désormais!

     

     

  • Il y a 50 ans, Charles De Gaulle annonce l'établissement de relations diplomatiques entre la France et la Chine

    31 janvier 1964 - Conférence de presse du général de Gaulle où il annonce que la France va établir des relations

    diplomatiques avec la Chine de Mao.

    Le 27 janvier 1964, un bref communiqué était publié simultanément à Paris et à Pékin : " Le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République populaire de Chine ont décidé, d'un commun accord, d'établir des relations diplomatiques. Ils sont convenus à cet effet de désigner des ambassadeurs dans un délai de trois mois ".

    La décision de nouer des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine puise dans les principes essentiels de la politique étrangère gaullienne.
    C'est avec la " Chine de toujours " que le général de Gaulle entend établir des " relations régulières " sur un plan normal, "autrement dit diplomatique". En effet, pour lui, " avant d'être communiste, la Chine est la Chine ", c'est-à-dire un peuple riche de plusieurs centaines de millions d'habitants, à la civilisation pluri-millénaire, installé sur un territoire très vaste et avec un potentiel de développement gigantesque. Il faut tenir compte de cette réalité nationale profondément enracinée dans la géographie, l'histoire et la culture, et d'abord il faut s'efforcer de la connaître, tant la distance est grande alors entre la France et le monde chinois.

     

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    Rencontre entre Edgar Faure et le Président Mao

    Nouer des relations avec la Chine populaire est une idée longtemps mûrie par le Général. Ainsi avait-il réservé un accueil favorable à l'ouvrage qu'Edgar Faure, ancien Président du Conseil, lui adressa en 1957. Dans Le serpent et la tortue, ce dernier concluait le récit de son séjour privé en Chine, au cours duquel il avait rencontré Mao Tse-toung et Chou En-lai, en suggérant une reprise des relations diplomatiques entre la France et la Chine. Si le Général jugeait la proposition " intéressante ", il considérait, alors, que " tout cela ne pouvait pas être tenté utilement puisque, en tout état de cause, il n'y avait pas d'Etat, pour l'instant, en France ".
    Dès son retour aux affaires en 1958, le Général cherche rapidement à s'informer sur une possible initiative en la matière et c'est tout naturellement qu'il se tourne vers Edgar Faure en 1960.

    L'affaire était entendue, il restait à régler les problèmes pratiques et affronter deux obstacles : l'opposition de Formose et la colère des Etats-Unis.
    Chargé par le général de Gaulle de préparer la venue du futur ambassadeur en Chine, Claude Chayet arrive à Pékin en mars 1964. Les débuts de la représentation française en Chine sont, certes, modestes : une avant-garde diplomatique composée de cinq personnes, résidant à l'hôtel et transportant ses archives dans une valise, à défaut de coffre-fort ! L'identité de celui qui deviendra le premier ambassadeur de France en Chine est déjà connue, il s'agit de Lucien Paye, alors ambassadeur de France au Sénégal qui présentera ses lettres de créance au président chinois le 31 mai 1964. En désignant un éminent universitaire et ancien ministre de l'Education nationale comme ambassadeur en Chine, le général de Gaulle entendait placer ce renouveau franco-chinois à un très haut niveau et notamment sur le terrain culturel. C'est ce qu'à l'été 1965, le voyage d'André Malraux confirmera aussi.

     

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    En revanche, la question de Formose, où le régime de Tchang Kai-chek se maintenait grâce au soutien occidental, pose un problème quasi insoluble. Pour l'un et l'autre Etat chinois, il fallait qu'un seul Etat soit reconnu comme unique représentant légal de la population et la " théorie des deux Chines " était inacceptable. Cela explique l'insistance de Mao Tse-toung auprès d'Edgar Faure, puis auprès de la délégation de parlementaires français de janvier 1964, pour que le gouvernement français envoie un véritable ambassadeur à Pékin et non à Taiwan. Mais les Français n'ont pas eu à faire le geste de rompre avec le gouvernement de Tchang Kaï-chek, puisque cette rupture fut décidée le 10 février par Taiwan.

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    Article réalisé grâce aux archives de la Fondation Charles  De Gaulle