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  • COP21 : Xi Jinping invite les pays développés à honorer leurs promesses en matière de financement et de transfert technologique

    Le président chinois Xi Jinping a demandé lundi à Paris aux pays développés à honorer leurs promesses en ce qui concerne le financement et le transfert des technologies bas carbone et respectueuses de l'environnement en faveur des pays en voie de développement.

    Le président Xi a tenu ces propos dans un discours qu'il a prononcé lors de la cérémonie d'ouverture de la 21e Conférence des Parties de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21).

    M. Xi a appelé à l'application totale et efficace de l'accord sur le financement dans le domaine climatique.

    Pour rappel, il a été convenu en 2009 à Copenhague que les pays pauvres vulnérables face aux impacts du réchauffement mondial recevraient 100 milliards de dollars américains par an avant 2020 afin de pouvoir renoncer aux combustibles fossiles et se protéger contre la pénurie alimentaire due aux conséquences climatiques telles que les vagues de chaleur et les tempêtes.

    "Les pays développés doivent honorer leurs promesses en mobilisant 100 milliards de dollars américains chaque année avant 2020 et apporter par la suite un soutien financier plus important aux pays en voie de développement", a souligné le président chinois.

    "Il est également important que les technologies respectueuses du climat soient transférées aux pays en développement", a insisté M. Xi.

    La COP21 qui se déroule actuellement dans la capitale française et jusqu'au 11 décembre vise à conclure un nouvel accord international en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) après 2020, date à laquelle le Protocole de Kyoto de 1997 expirera.

    Un tel accord est considéré comme crucial pour limiter à 2°C le réchauffement climatique par rapport à l'époque pré-industrielle, un objectif qui, selon les scientifiques, doit être respecté pour éviter des changements climatiques risqués.

  • COP21: le calendrier chinois indépendant de celui de Paris

    L’essentiel des mesures prises par le gouvernement chinois en matière d’écologie vise à améliorer la situation à l’intérieur du pays. Et pour l'instant, cette politique est en ligne avec la Conférence climatique de Paris.

     

    Lundi dernier, les leaders de la France et de la Chine se sont entendus pour parvenir à un accord ambitieux et juridiquement contraignant à la COP21 (Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique qui se tiendra en décembre à Paris).

    La Chine, toujours considérée comme un cancre en matière de protection de l'environnement, semblerait donc effectuer "un virage inédit" dans ce domaine, selon les experts.

     

    Toutefois, il serait erroné de considérer que la RPC ne s'est jamais préoccupée d'écologie et commence à prendre les choses en main seulement maintenant.

    "Après la Conférence sur le climat à Rio-de-Janeiro en 1992, la Chine était le premier pays, suivi du Canada, à publier officiellement les résultats des discussions qui étaient à l'ordre du jour de ce sommet", explique à Sputnik Ekaterina Fortyguina, chercheuse et maître de conférences à la faculté de géographie de l'Université d'Etat de Moscou. "Cela montre la volonté de l'Empire du Milieu de lutter contre la pollution. Le problème, c'est qu'il y avait toujours un décalage entre les projets évoqués et les actions réalisées, compte tenu de la dynamique du développement de ce pays".

     

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    Photo prise en 2010

     
     
     

    Depuis les années 1980, la Chine adoptait systématiquement des mesures pour lutter contre la pollution. Sauf que ces mesures étaient locales ou régionales. C'est pourquoi de nombreuses conventions internationales que la Chine avait signées, notamment en ce qui concerne la protection des fleuves et des mers, ne portent aujourd'hui qu'un caractère déclaratif. C'est notamment le cas de l'accord sur le fleuve Amour, frontalier entre la Russie et la Chine.

     

    L'environnement, objectif numéro un du prochain plan quinquennal

    Toutefois, avec les années, les autorités chinoises sont parvenues à changer les choses en matière d'environnement. L'écologie est ainsi devenue un enjeu primordial de la politique nationale. Le prochain plan quinquennal (2016-2020) place d'ailleurs les problèmes environnementaux parmi les priorités du développement économique. Et d'ici à 2020, les sources alternatives d'énergie devraient atteindre 15 % de la balance énergétique chinoise, contre 1% à 2% actuellement.

    Par ailleurs, dans leur volonté de réduire l'utilisation du charbon, les autorités chinoises ont entamé des projets de construction massifs d'éoliennes dans le Xinjiang (Ouest du pays), et introduit des programmes pour la mise en service de panneaux solaires en zones rurales.

    En outre, pour améliorer la situation écologique dans le secteur industriel, le gouvernement chinois a durci les sanctions, prévoyant notamment des peines pénales pour les délits ou les infractions en matière d'écologie. Précédemment les industriels n'étaient passibles que d'amendes dans de telles situations. Aussi, des règles plus strictes, limitant la circulation automobile, ont été mises en œuvre à Pékin alors que les autorités municipales mettent massivement en service des transports en commun électriques ces dernières années.

     

    Les premiers résultats sont déjà apparents. Les Pékinois ont pu voir le ciel bleu presque tout l'été 2015 et le nombre d'épisodes de pollution a sensiblement baissé.

    Satisfaits de ces résultats, les autorités chinoises envisagent d'étendre la politique, mise en œuvre à Pékin, à d'autres villes. Et notamment aux régions du centre du pays et des provinces qui encerclent la capitale chinoise, où se trouvent des foyers industriels traditionnels.

    Une politique écologique étendue à toute la Route de la Soie?

    Lors de sa visite en Chine, François Hollande s'est félicité également de la décision de Xi Jinping d'utiliser des leviers financiers, tels que la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (BAII) et de la Banque de développement des BRICS pour lutter en commun avec les pays voisins contre certains phénomènes climatiques, liés à la pollution. 

    "C'est notamment le cas des tempêtes de sable qui touchent la Chine du Nord, mais aussi la Mongolie, l'Extrême-Orient russe et les deux Corées", explique Ekaterina Fortyguina. "Un gigantesque projet de construction des systèmes de protection contre le sable est en cours actuellement dans le désert de Gobi".

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    Cependant, l'utilisation de ces moyens financiers reste limitée, car l'objectif de ces projets est assez flou, la Chine ne promettant pour l'instant rien de concret. En commentant la visite du président français en Chine à mois d'un mois de la COP21, Ekaterina Fortyguina exprime des doutes quant à l'efficacité du format des Conférences sur le climat pour résoudre les problèmes de l'environnement. "L'avantage incontestable de ces formats, c'est que chacun peut y exprimer son point de vue", dit-elle, en ajoutant que des mesures concrètes ne suivent pas les promesses faites. C'est le cas du Protocole de Kyoto, qui n'est toujours pas mis en œuvre.

     

    Le chercheur d'IRIS Bastien Alex doute également que la Chine puisse influencer les pays hésitant à relever les objectifs, fixés par cette conférence à venir.

    "La Chine peut favoriser un mouvement, mais ne peut contraindre les autres pays en développement à fournir des objectifs de réduction", résume-t-il.



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