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  • Pourquoi certaines multinationales sont-elles si arrogantes en Chine?

    Walmart Shenzhen store Chin
    Wall-Mart Shenzhen
     

    En 1999, un contrat a été signé entre la société anonyme Wanguo Shopping Plaza de Dalian et la succursale de Wal-Mart à Dalian. En vertu des stipulations de ce contrat, la première devait construire à ses frais et sur son terrain un magasin Wal-Mart selon les exigences de cette société en matière de plan, de matériaux de construction et de mise en chantier. Le contrat a commencé à être appliqué en juin 2002, et selon celui-ci, la succursale de Wal-Mart à Dalian loue le magasin pour une redevance annuelle de plus de 10 millions de yuans. Dix ans se sont écoulés, mais Wal-Mart à Dalian n'a versé aucun loyer, malgré plusieurs séances de négociations et d'arbitrage, et même une ordonnance du tribunal.

     



    L'arrogance et l'attitude arbitraire de certaines multinationales sont ainsi une nouvelle fois démontrées. L'« aliénation » des multinationales en Chine rend le public perplexe. Les multinationales, qui sont réputées pour leur honnêteté et ont ainsi gagné la confiance des consommateurs chinois, se montrent sous un autre jour en Chine : elles polluent l'environnement et trompent les consommateurs. En se conduisant arbitrairement et en agissant mal, certaines sociétés transnationales font fi des lois chinoises et des protestations des consommateurs.

     



    Le déversement de pétrole dans un champ pétrolifère géré par la société ConocoPhillips a pollué gravement plusieurs centaines de kilomètres carrés, mais la société a caché la vérité en ne mentionnant que des centaines de mètres carrés. Après le dévoilement de l'affaire, ConocoPhillips s'est dérobée ou a fait traîner l'affaire, au lieu de prendre des mesures efficaces, face aux exigences du gouvernement chinois et aux critiques énergiques de l'opinion publique. Adidas a été accusée d'avoir mis en marché des vêtements contenant des hormones toxiques pour le système reproducteur, et l'Association des consommateurs de Chine a également mis au jour la fausseté des étiquettes faisant état d'une teneur en coton et en fibre dans des vêtements d'enfants, mais Adidas a ignoré cette situation. Quand Unilever a été accusée d'apposer des étiquettes dont les ingrédients sont imprécis—sur l'étiquette d'ingrédients des soupes de la marque Jiale d'Unilever il est écrit « peut contenir »—, Chen Xiwen, vice-président d'Unilever Grande Chine, a toutefois déclaré ne pas rappeler temporairement ces produits...

    Certaines multinationales montrent deux visages différents : un aux consommateurs des pays développés, et un autre aux consommateurs chinois. Ce n'est pas difficile à comprendre. Que ce soit en matière de gestion, d'expérience ou de technologie de production, les multinationales ont une situation privilégiée, tandis que les consommateurs chinois se trouvent en position de faiblesse. Plus particulièrement, comme certaines entreprises chinoises ont vu leur réputation être éclaboussée par des scandales sur la sécurité sanitaire des aliments, notamment le lait en poudre contaminé à la mélamine, les huiles de cuisine recyclées, le pain avec des colorants nocifs, le porc injecté d'eau, les consommateurs sont devenus très méfiants, voire craintifs. Sans d'autres meilleurs choix, ils préfèrent choisir des marques internationales de bonne réputation, ce qui rend les transnationales trop « sûres » d'elles-mêmes.

     


    L'arrogance est aussi liée au fait que notre système juridique n'est pas perfectionné. Par exemple, une amende de 200 000 yuans est une somme négligeable pour ConocoPhillips. Quant à la compensation écologique, les dispositions de la loi sur la protection de l'environnement sont vagues en matière de normes de compensation, de portée et de procédures. Le cadre réglementaire et les normes sont également arriérés. Certaines multinationales ont ainsi pu facilement éviter des sanctions, parce que leurs infractions « sont conformes aux normes de la Chine ».

    Bien sûr, la liste de ces raisons n'est pas exhaustive. Le comportement de Wal-Mart à Dalian a évidemment violé les lois chinoises. Dans le cas du refus d'honorer une dette, la loi prévoit expressément le gel et la saisie des comptes bancaires de l'entreprise, des locaux commerciaux, des matériaux en stock, des droits d'utilisation des terres et des autres biens. Dans des circonstances si graves, les responsables assument la responsabilité pénale. Toutefois, au cours des six dernières années, les autorités judiciaires locales n'ont eu aucun moyen d'appliquer ces sanctions. La faiblesse de l'application de la loi est un autre facteur important de l'arrogance des multinationales.