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  • Condamnation en Chine de l'usage de la bile d'ours

    Dans la ferme d'ours Senbao à Weihai du Shandong, un ours attend l'extraction de la bile.

    Dans la ferme d'ours Senbao à Weihai du Shandong, un ours attend l'extraction de la bile.

    Voilà une pratique que je condamne, mais je condamne aussi tous ceux qui se servent de ce genre de fait de société pour s'en prendre à la Chine et au peuple chinois. Il faut savoir qu'une grande majorité des chinois condamnent ces pratiques d'une autre époque.

    Environ 60 organisations non-gouvernementales chinoises menées par la Fondation d'Asie pour les animaux ont condamné l'utilisation de la bile d'ours par la médecine traditionnelle chinoise et ont demandé la fermeture des fermes d'ours approvisionnant cette industrie.

    Cette plainte intervient alors que le laboratoire pharmaceutique Guizhentang Pharmaceuticals Company, qui fabrique l'extrait de bile en maintenant en captivité des ours noirs, tente d'entrer en bourse.

    Les ONG ont observé que toute société tirant profit de la bile d'ours était inhumaine et violait le bien-être des ours noirs, protégés en Chine.

    L'entrée en bourse de Guizhentang a été approuvée par les autorités de la province du Fujian et la société espère pouvoir porter à 1 200 le nombre d'ours qu'elle détient dans ses fermes.

    « L'augmentation du nombre d'ours dans les fermes pénalise directement la protection des ours et menace sévèrement cette espèce protégée », rappelle Zhang Xiaohai, directeur des affaires extérieures du bureau chinois de la Fondation d'Asie pour les animaux, établi à Hong Kong.

    Guizhentang propose toutes sortes de produits à base d'extraits issus de la vésicule biliaire des ours, dont des gouttes pour les yeux et de la poudre de bile d'ours. « Nous préparons notre réponse pour le public et ferons une déclaration très prochainement », a déclaré Qiu Haidong, directeur général de Guizhentang, se refusant à tout autre commentaire.

    La bile d'ours, un ingrédient commun de la médecine traditionnelle chinoise aurait un effet bénéfique sur les yeux et le foie. Depuis les années 1980, l'élevage d'ours en captivité a remplacé la méthode initiale qui consistait à tuer des ours noirs sauvages pour recueillir leur bile. Les défenseurs des animaux condamnent malgré tout le processus d'extraction de la bile, qu'ils qualifient de cruel et inhumain.

    « Les blessures infectées et les extractions à répétition, ainsi que la vie en captivité provoquent chez ces ours de graves souffrances physiques et psychologiques finissant par causer leur mort », explique Zhang.

    L'ours noir est répertorié comme une espèce protégée par la Loi chinoise sur la protection de la nature, prévoyant que quiconque pris en train de chasser ou d'attraper des ours sans autorisation serait sévèrement puni.

    Selon des statistiques fournies par l'Administration des forêts d'État, le nombre de fermes d'ours agréées a été réduit à 68. Fin 2006, environ 7 000 ours étaient élevés en Chine. Le gouvernement n'a, depuis, accordé aucune nouvelle autorisation.

     

     

    Toutefois, après deux ans d'enquête, Zhang et son équipe ont répertorié 97 fermes d'ours regroupant environ 10 000 animaux.

    Selon Zhang, une solution plus raisonnable devrait être trouvée, par exemple la mise au point d'un produit de substitution ayant les mêmes propriétés afin de faire disparaître le commerce de la bile d'ours.

    Il faut savoir que les chercheurs de l'Université de pharmacie de Shenyang essaient de créer de la bile d'ours artificielle depuis 1983.

    « L'équipe a soumis l'intégralité des résultats de ses recherches et des essais cliniques de la bile d'ours artificielle en septembre 2007 au Centre d'évaluation des médicaments ainsi qu'à l'Administration d'État de l'alimentation et des médicaments, mais n'a reçu aucune réponse à ce jour », constate Jiang Zhuquan, le directeur de l'Institut de recherche médicale Hua Xing de Shenyang, partenaire de l'équipe ayant travaillé sur la mise au point de la bile artificielle.

    Jiang précise qu'une réponse formelle de l'administration annonçant soit une acceptation du produit, soit préconisant des améliorations est donnée dans les six mois après la soumission du dossier.