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  • A YIWU, ON TROUVE TOUT SAUF LA SURPRISE.

    Yiwu: réussite du plus grand fabricant de bijouterie fantaisie au monde face à la crise financière

    "La crise financière mondiale n'affecte pas mon entreprise, et le chiffre d'affaires pourrait augmenter de 15% à 18% cette année", déclare Linda Zhou, présidente de Neoglory Holdings Group Co., Ltd, le plus grand fabricant de bijouterie fantaisie au monde implanté à Yiwu, dans la province chinoise du Zhejiang.

    "J'avais un mauvais pressentiment à propos du marché américain au début de l'année, c'est pourquoi j'ai modifié ma stratégie d'exportation", fait savoir Linda Zhou au cours d'une interview accordée exclusivement à l'agence de presse XInhua (Chine Nouvelle), expliquant que "les marchés américains et européens ne représentent pour l'instant que 20% des exportations de mon entreprise".

    Selon elle, les entreprises dépendant des exportations vers les Etats-Unis et l'Europe sont gravement atteintes par la crise financière, qui s'est propagée des Etats-Unis vers l'Europe et l'Asie.

    En 2005, le marché américain représentait encore 80% des exportations de Neoglory, mais une visite à New York en avril 2008 a changé la structure de cette entreprise.

    "A New York, mes partenaires m'ont dit que les clients étaient moins nombreux qu'avant, et que le chiffre d'affaires a chuté de 75% . A ce moment-là, je me suis dit qu'il y avait un gros problème sur le marché américain, et j'ai donc tout de suite décidé d'améliorer la structure des exportations pour être moins dépendante du marché américain".

    "La crise des commerçants américains aurait été celle de Yiwu 6 mois après", dit-elle, ajoutant que "si je n'avais pas changé de stratégie, j'aurais été gravement affectée par la crise financière".

    "En 2000, Il n'y avait qu'une dizaine de boutiques de bijouterie fantaisie dans les centres commerciaux européens et américains. Mais en 2007, le nombre de ces boutiques a atteint 30 ou plus. Le pire, c'est qu'ils avaient toujours les même produits. Afin d'attirer les clients, ils se livraient à une concurrence farouche. Eux, ils ne savaient pas que la compétitivité se traduisait par la qualité et l'offre de nouveaux produits", ajoute-t-elle.

    Après avoir fixé son objectif, elle s'est rendue en Amérique du Sud, au Moyen-Orient, en Russie, en Espagne et au Mexique, pour "entrer sur les marchés émergents".

    Aujourd'hui, Neoglory possède 12 centres de distribution et une dizaine de boutiques supplémentaires dans 6 pays étrangers.

    L'autre atout de Neoglory, c'est sa capacité à innover. "Nous avons une équipe de recherche et de développement de 300 hommes, qui représentent environ 10% des employés du groupe", ajoute la patrone de Neoglory, qui crée chaque jour une centaine de nouveaux produits.

    "L'innovation est très importante pour les fabricants de bijouterie fantaisie. Les jeunes filles, en particulier, aiment toujours les produits à la mode", souligne Linda Zhou, qui est également présidente de l'Association des fabricants de bijouterie de la province du Zhejiang.

    A propos de l'avenir du secteur de la fabrication de bijouterie fantaisie, Linda Zhou se déclare optimiste: "C'est vrai qu'environ mille petites entreprises ont fermé ou fermeront leurs portes à cause de la crise financière. Mais les bijoux fantaisie, comme la nourriture, sont des produits de consommation courante, tout le monde en a besoin dans la vie quotidienne. En plus, les produits de Yiwu sont très compétitifs sur le marché international. Si les acheteurs ne viennent pas à Yiwu, alors où vont-ils?"

    Selon elle, le secteur de la bijouterie fantaisie devrait connaître un développement stable dans les années à venir en Chine, parce que, au moins, le marché domestique reste très dynamique pour l'instant, suite à l'adoption par le gouvernement chinois d'un plan de relance évalué à 4 000 milliards de yuans.

    A Yiwu, le secteur de la bijouterie fantaisie a créé une chaîne industrielle complète, on peut y trouver mille sortes de matières premières en une journée. Aujourd'hui, 150 000 hommes travaillent dans le secteur, qui regroupe environ 3 000 entreprises.