barack obama

  • Pékin et Londres lancent un défi à l'hégémonie du dollar US

    Pendant que les canons continuent de tirer au Moyen-Orient, des coalitions tactiques et stratégiques se forment en dehors de la région.

     
    Les Etats-Unis créent leur "Partenariat transpacifique" avec le Japon pour ralentir l'influence croissante de la Chine dans la région. Cette dernière, quant à elle, s'intéresse au Royaume-Uni — en procès depuis plus de quatre ans avec les Américains à cause de l'accident qui s'est produit sur la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique, dont la compagnie BP est le principal figurant. Début octobre, le géant pétrolier britannique a accepté de satisfaire la plainte des Etats-Unis à hauteur de 20 milliards de dollars. Sachant que les Britanniques paieront sur 18 ans. La Chine est prête à aider Londres. Selon la BBC, le Royaume-Uni espère signer avec Pékin des contrats commerciaux et d'investissement pour plus de 30 milliards de livres. Ce n'est donc pas par hasard que le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a déclaré que son pays entrait dans des relations plus étroites avec la Chine "les yeux ouverts". Pékin est du même avis, notamment après l'adhésion en été 2015 de la Bank of China au processus de calcul du cours de l'once à Londres, devenant la première structure asiatique à marcher sur le chemin de la nouvelle "alchimie" — le "fixing de l'or".

     

    De plus, la presse chinoise soutient le thème de l'"internationalisation du yuan et du marché de l'or", entourant d'un contexte anti-américain et anti-dollar la visite du chef de l'État chinois à Londres.

    Président chinois Xi Jinping
    Xi Jinping à Londres: "une époque dorée" dans les relations sino-britanniques?

    Le président chinois Xi Jinping et la reine Elizabeth II ont évoqué à Londres le "partenariat global" entre les deux pays, que l'histoire a séparés plus d'une fois aux XIXe et XXe siècles. Ce sont surtout les conséquences politiques de cette visite de quatre jours qui nous intéressent dans cet épisode. La principale question en suspens reste la préparation par la BP et la chinoise CNPC d'une alliance stratégique impliquant le développement de projets communs en Afrique occidentale, en Irak et dans d'autres pays du Moyen-Orient.

     

    Xi Jinping, la reine d'Angleterre et le premier ministre David Cameron ont donc des choses à se dire. Le dialogue entre Londres et Pékin se développe plus rapidement que Washington ne le voudrait, sachant qu'il y a deux ans ce dernier avait fait pression sur les autorités chinoises par le biais des protestations à Hong Kong. La Chine est en colère. En septembre, Xi Jinping s'est rendu à Washington où il a été accueilli par Barack Obama qui a tenté par tous les moyens d'établir le contact. Au final, le président chinois a simplement décliné la demande délicate du fondateur de Facebook Mark Zuckerberg d'inventer un nom chinois pour sa fille qui naîtra bientôt. 

     

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    source: http://fr.sputniknews.com/presse/20151022/1019008391/chine-usa-dollar-royaume-uni-japon.html#ixzz3pfMYbMlk

  • Jouer la carte du Tibet n'aidera pas Barack Obama

     
     

    Le fait que le Président américain Barack Obama est profondément englué dans le désordre économique de son pays ne semble être un secret pour personne. La reprise est douloureusement lente, le chômage (ou le sous-emploi) continue à augmenter. La crise de la dette est profonde, tandis que l'humeur globale dans les rues américaines semble sombre, en parallèle à un déclin social continu. Les réformes médicales sont en attente, certains disant même qu'elles sont bloquées de façon permanente.

    Sur le front de l'étranger, la guerre en Afghanistan s'éternise, et de nombreux experts la décrivent comme « ingagnable », la campagne de Lybie tourne à l'embarras, et le reste du continent africain –de la République Démocratique du Congo à la Somalie et du Rwanda à l'Ouganda- souffre de politiques américaines agressives orchestrées pour couvrir le pillage des ressources naturelles.

    Il y a vraiment peu de choses à fêter alors que l'élection présidentielle américaine de 2012 approche. De nombreux électeurs se souviennent de l'émouvant cri de ralliement « Yes we can ! », mais à présent ils se demandent de quoi il s'agissait exactement.

    Il semble que pour avoir une bouffée d'air frais et soulager un peu la pression politique, le mieux soit peut-être de s'attaquer à quelqu'un d'autre, de préférence un pays qui se débrouille beaucoup mieux sur les fronts économique et sociaux.

    Et c'est ainsi que, tel un cheval de trait de la propagande occidentale qui a beaucoup servi, le Dalai Lama s'est rendu le 16 juillet à la Maison Blanche, pour apporter son soutien au Président américain en difficulté et à tout un système qui ne l'est pas moins.

    Bien entendu, la Chine a immédiatement adressé des protestations, accusant le Président Obama de saper les relations entre les deux pays. Mais ce genre d'actes plait bien dans certains cercles de ce pays tourné vers lui-même que sont les Etats-Unis. En invitant le Dalai Lama, Barack Obama montre aux Républicains qu'il est « ferme avec la Chine » et « indifférent aux pressions étrangères ».

    Comme un universitaire américain l'a dit, aux Etats-Unis, le Dalai Lama est considéré comme un symbole religieux –un saint homme- et qui n'éprouverait pas de sympathie pour ce vieil homme qui aime réparer des montres ?

    Naturellement, la visite du Dalai Lama à Washington n'a rien apporté de concret aux électeurs américains. Et il n'y avait rien de particulièrement brave ou innovant dans l'invitation du Président Obama : cela fait des dizaines d'années que le Dalai Lama parcourt volontiers le monde, critiquant la Chine, offrant une main secourable aux politiciens qui croient que l'Occident a un mandat moral pour enseigner la bonne gouvernance et les droits de l'homme au monde entier, en dépit de son terrible passé colonial et de son néo-colonialisme actuel.

    Pour certaines raisons, nombreux sont ceux qui, dans l'establishment américain considèrent qu'affronter la Chine est un acte brave et productif. Mais en réalité, ce genre d'approche ne fait que détourner l'attention du public occidental des problèmes réels et sape les perspectives d'une coexistence pacifique entre l'Occident et la nation la plus peuplée du monde, qui est aussi à présent sa deuxième plus grande économie.

    Alors que l'élection présidentielle de 2012 approche, la lutte entre Démocrates et Républicains s'intensifie. Les Républicains ont bloqué presque toutes les lois progressives proposées par Barack Obama, et ils essaient même de détruire celles qui ont déjà été adoptées, comme celle sur les soins de santé.

    Barack Obama doit contre-attaquer, mais l'embarrassant blocage politique et économique interne s'est une fois de plus transformé en un malheureux dénigrement de la Chine. Et cette fois-ci il a joué la carte du Tibet, alors que le Dalai Lama fait tout son possible pour détourner l'attention du monde des réalisations du Tibet après soixante ans de libération pacifique, vers les séparatistes tibétains.

    Arrive un petit homme portant des lunettes et affichant un sourire pré-arrangé, des gestes bien chorégraphiés et un agenda clair. Des échanges serviles suivent. Et voici ce que le Dalai Lama a répondu à une question de l'AFP : « Barack Obama est le président du plus grand pays démocratique, aussi il est naturellement soucieux des valeurs humaines de base, des droits de l'homme et de la liberté religieuse ».

    Notons cependant que les problèmes concernant les droits de l'homme et les valeurs humaines ne sont pas toujours en tête de l'agenda de cet ancien seigneur féodal, et en particulier quand ils sont violés grossièrement par le « plus grand pays démocratique » lui-même ou par d'autres puissances occidentales. Les critiques du Dalai Lama sont presque exclusivement réservées à la Chine ou à d'autres pays qui ont pour objectif une trajectoire de développement économique, social et politique indépendante.

    La rencontre Obama-Dalai Lama a rencontré de fortes protestations de la part de la Chine. Elle portera atteinte aux liens sino-américains, mais il est encore trop tôt pour dire à quel point.

    D'un côté, la Chine est à present habituée aux sorties inamicales des dirigeants occidentaux, que ce soit parce qu'ils ont besoin de montrer leurs muscles ou pour échapper à l'attention du public chez eux. De l'autre côté, accueillir à la Maison Blanche une personne ouvertement hostile à la Chine et à son unité est sans aucun doute un acte grave. Pour mettre cela en perspective, c'est exactement comme si le Gouvernement chinois invitait officiellement une personne individuelle farouchement déterminée à faire faire sécession à l'un des Etats des Etats-Unis.

    Ce petit jeu est ridicule. La Chine et les Etats-Unis vivent peut-être dans deux systèmes différents, mais leurs économies sont interdépendantes. De plus, l'hostilité est une chose que les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre.

    Comme The Telegraph l'a rapporté le 17 juillet : « La rencontre du Président Obama arrive à un moment particulièrement sensible, avec des dirigeants à Washington aux abois pour trouver la manière de relever le plafond de la dette américaine, qui est à 14 300 milliards de Dollars US, en temps utile pour éviter de faire défaut. La Chine possède plus de 1 000 milliards de Dollars US en bons du Trésor américain et elle serait particulièrement exposée si le Congrès n'arrivait pas à trouver un accord d'ici le 2 août. Un défaut de paiement des Etats-Unis pourrait faire exploser les taux d'intérêt, faire plonger la valeur du Dollar US et porter atteinte à l'économie mondiale ».

    Il serait sage pour les politiciens américains de se concentrer plutôt sur leurs propres problèmes économiques et sociaux, au lieu d'interférer dans les affaires intérieures d'autres pays pour cacher le déclin de Washington.

    L'auteur, Andre Vltcheck, est un romancier, auteur de documentaires et journaliste d'enquête américain