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  • L'interdiction des bains publics aux malades du SIDA fait polémique en Chine

    Un nouveau projet de réglementation nationale fait grand débat. Il envisage d'interdire aux clients atteints de maladies sexuellement transmissibles, dont le SIDA et d'autres maladies infectieuses de la peau, d'entrer dans les établissements de bain, les salons de massage des pieds, les sources chaudes thérapeutiques et les spas.

     

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    Conformément à la réglementation en cours d'élaboration par le ministère du Commerce, les établissements qui fournissent ces services devront installer des panneaux d'interdiction visant les gens atteints de certaines maladies.

    Les personnes souffrant d'hypertension, de troubles cardiaques ou d'alcoolisme seront également priées de passer leur chemin, selon le texte.

    Les experts de la santé ont qualifié ces termes de discriminatoires, en soulignant que le virus VIH, qui cause le SIDA, ne se transmet pas dans les établissements de bains publics ou dans les stations thermales.

    Les représentants du secteur ont également estimé que ces nouveaux règlements ne seraient pas réalisables, car il est impossible pour eux d'identifier un patient atteint du SIDA en vertu de son apparence.

    Le projet, qui vise à réglementer l'activité et protéger les droits des propriétaires et des clients, contient des clauses strictes et détaillées sur la responsabilité des propriétaires d'entreprises, qui seront passibles d'amendes pouvant aller jusqu'à 30 000 yuans (3 625 euros).

    Le ministère du Commerce invite le public à faire connaître son opinion sur le texte jusqu'au 11 novembre.

    Lu Hongzhou, vice-président du Centre de la santé publique de Shanghai et spécialiste du SIDA, a déclaré : « Interdire aux malades du sida d'utiliser les lieux publics de baignade et afficher un tel panneau à l'extérieur n'aura pour effet que de conduire à davantage de malentendus sur le SIDA et sur les malades. »

    Les experts rappellent qu'aucune étude épidémiologique n'a montré que les gens peuvent être infectés par le VIH par une simple visite des établissements de bain. Le virus meurt peu après avoir quitté le corps de la personne infectée et peut difficilement survivre aux températures élevées des établissements de bain.

    Zhou Yanqin, directeur adjoint de l'Agence de surveillance de la santé de Shanghai, a indiqué que la loi nationale sur la prévention et le contrôle des maladies infectieuses et la réglementation sur la santé dans les lieux publics demandaient aux lieux de baignade d'installer des panneaux interdisant l'entrée aux personnes atteintes de MST et de maladies infectieuses de la peau.

    « Les malades du sida ne sont pas mentionnés dans la loi et dans la réglementation, et ces signes ne sont qu'un avertissement sans clauses détaillées sur les inspections et les sanctions », a-t-elle souligné.

    Les rapports sexuels non protégés sont la première cause de transmission du VIH en Chine, selon les experts.

    Environ 90 % des cas de VIH/SIDA signalés en Chine au cours des 10 dernières années étaient des cas de transmission par contact sexuel, a déclaré au mois d'août dernier un fonctionnaire de la division VIH/SIDA du Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies.

    Environ 70 % des nouveaux cas signalés en juin avaient été contaminés lors de rapports hétérosexuels, et 20 % lors de rapports homosexuels.

    La Chine comptait plus de 492 000 patients atteints du VIH/SIDA enregistrés en octobre 2012, mais les autorités sanitaires estiment que le nombre réel pourrait représenter jusqu'à 780 000 personnes, ce qui implique que de nombreux cas ne sont pas diagnostiqués.