antoine thomas

  • JESUITES BELGES EN CHINE.

    Deux jésuites belges mandarins auprès de Kang Xi.

    Europalia Chine est l’occasion pour les Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, de mettre en évidence le rôle des jésuites en Chine aux  dix-septième et dix-huitième siècles, et plus particulièrement  un fils de Namur (capitale de la Belgique francophone) Antoine Thomas.

    Alors que Matthieu Ricci, Adam Schall et Ferdinand Verbiest jouissent d’une grande notoriété , le passage d’Antoine Thomas n’a pas outre mesure frappé les esprits et pourtant ,c’est lui qui continua et termina l’œuvre de Ferdinand Verbiest auprès de l’Empereur Kang Xi.,la fixation du calendrier impérial.

    Les organisateurs de ce colloque ont invité quelques conférenciers venus des universités catholiques belges, parisiennes, portugaises  et italiennes. Dans l’assistance, de nombreux sinologues, spécialistes de l’histoire et experts de l’art chinois des époques Ming et Qing.

    Né en 1644, Antoine Thomas fit ses humanités au collège jésuite de Namur. En 1660, il entre au noviciat de Tournai et suit la formation habituelle de cette époque. Très tôt, il écrit et sollicite auprès du général à Rome la permission de s’embarquer pour la Chine. Il essuiera 17 refus, et ce n’est qu’après 13 ans et sa dix-huitième lettre qu’il reçut l’autorisation de se rendre en Chine , son obstination était enfin récompensée.

    Le Père Ferdinand Verbiest le fit venir à Pékin où il fut rapidement nommé Vice-président du tribunal des Mathématiques, il devint un proche de l’Empereur Kang Xi à qui il enseigna les mathématiques.

    Trois ans plus tard, Ferdinand Verbiest meurt et , c’est Antoine Thomas qui le remplaça comme mathématicien et astronome officiel de la cour. Pendant 20 ans le Père Thomas fut alors un conseiller proche de l’empereur . Celui-ci, le consultait fréquemment sur des questions morales et religieuses si bien que grâce à lui, l’Eglise obtint en 1692 , un « édit de tolérance » qui donnait aux missionnaires une liberté quasi-totale de prêcher la foi chrétienne.

    Tout allait bien pour lui et le christianisme en Chine, jusqu’au moment où suite à ce que l’occident a appelé la « querelle des rites », les jésuites et Thomas , alors Supérieur des jésuites , étaient accusés d’autoriser les nouveaux convertis chinois  de s’adonner à des rites traditionnels que l’on jugeait païens en Europe. Le pape envoya  un émissaire qui devait promulguer un décret afin d’abolir ces rites au sein de l’Eglise chinoise.

    Thomas tenta de s’opposer à ce décret , voulu demander un ultime recours  au pape , mais rien y fit. Probablement miné par tant de problèmes, Antoine Thomas devait décéder deux ans plus tard. Toujours apprécié de l’Empereur, celui-ci fera un cadeau , en hommage pour ses funérailles. Il fut enterré près de Ferdinand Verbiest dans le cimetière jésuite de Beijing. L’entretien régulier des tombes des pères jésuites par les autorités chinoises, encore aujourd’hui , soulignent bien l’estime que les Chinois ont  gardé  pour ces hommes d’Eglise qui furent de grands amis de la Chine.

     

    meynard1