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  • Guerre économique entre la Chine et l'UE, la Chine renchérit

    Antidumping : la Chine va taxer un produit chimique européen

     

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    La Chine va imposer des droits de douane antidumping de 36,9 % sur un agent chimique importé de l'Union européenne, dans le cadre d'un contentieux commercial avec son plus grand partenaire commercial, a annoncé jeudi le ministère du Commerce chinois.

    A dater d'aujourd'hui et durant les cinq prochaines années, le gouvernement prélèvera des taxes punitives sur la toluidine fabriquée en Union européenne, un produit qui entre par exemple dans la fabrication de teintures, de médicaments et de pesticides.

    Tous les fabricants de l'Union européenne de ce produit seront taxés à 36,9%, à l'exception de l'allemand Lanxess qui ne sera imposé qu'à 19,6%, précise le ministère.

    « A la suite d'une enquête approfondie, nous nous sommes rendu compte que ce produit a été vendu à perte en Chine et que le secteur chinois de la toluidine en a souffert », selon le communiqué.

    Cette décision survient alors que le conflit commercial qui oppose la Chine et l'Union européenne s'envenime et touche à présent des produits aussi variés que les panneaux solaires, les équipements de télécommunication, le vin ou les tubes en acier sans soudure.

    La Commission européenne, l'organe exécutif de l'UE, a imposé début juin une taxe provisoire moyenne de 11,8% sur les panneaux solaires chinois. Cette taxe devrait passer à plus de 47 % au mois d'août si les pourparlers entre les deux partenaires n'aboutissent pas à un accord. En réponse à cette mesure, Beijing a quant à elle lancé une enquête antidumping et anti-subvention sur les vins importés de l'Union européenne.

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  • Dix-huit pays, dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, refusent d'imposer une taxe antidumping aux importations chinoises d'équipements photovoltaïques.

    Karel De Gucht, le commissaire européen au commerce, espérait bâtir un front uni face à la Chine, mais l'Union européenne se déchire sur la question des panneaux solaires. On a appris, lundi 27 mai, après une réunion d'experts des Vingt-Sept à Bruxelles vendredi, que dix-huit pays, dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, refusaient d'imposer une taxe antidumping aux importations chinoises d'équipements photovoltaïques.

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    Le commissaire européen souhaite imposer à 47 % en moyenne les équipements photovoltaïques soupçonnés d'être exportés à perte par les fabricants chinois vers l'Europe. Une sanction que la France, l'Italie, l'Espagne ou le Portugal approuvent, désireux de sauver ce qui peut l'être de l'industrie européenne du solaire.

    L'opposition d'une majorité de gouvernements survient alors que le premier ministre chinois, Li Keqiang, en visite à Berlin, dimanche et lundi, entend convaincre les Européens de renoncer à la proposition de M. De Gucht, afin de négocier un accord à l'amiable. En marge d'une rencontre avec Angela Merkel, il a martelé que ces mesures pourraient provoquer "non seulement des dégâts sérieux à l'industrie, aux entreprises et aux emplois en Chine, mais feraient aussi du mal aux intérêts des utilisateurs et consommateurs en Europe". A ses côtés, la chancelière allemande a promis de tout faire "pour trouver une solution par la discussion et ne pas tomber dans une sorte de confrontation" avec Pékin.

    La question oppose Paris et Berlin. "Les pays qui pratiquent le protectionnisme, la Chine en fait partie, doivent accepter la réciprocité des règles et donc le gouvernement français soutient la Commission", argue Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif. "De notre point de vue, les mesures de sanction ne sont plus nécessaires et c'est pour cela que l'Allemagne a dit "non" aujourd'hui", rétorque le ministre allemand de l'économie, Philipp Rösler. Pour l'Allemagne, dont les exportations vers la Chine sont les plus importantes d'Europe, pas question d'entraver les relations commerciales, au risque de provoquer des représailles chinoises.

    "DES PRATIQUES DÉLOYALES"

    Sous pression, M. De Gucht n'a pas exclu pas de négocier lors d'une rencontre avec Zhong Shan, le vice-ministre chinois du commerce, lundi à Bruxelles. Mais d'après lui, les Chinois "n'ont fait aucune proposition spécifique", et les discussions ne pourront pas s'engager avant une première décision, temporaire, sur les taxes antidumping qu'il appelle de ses voeux, d'ici au 5 juin. A ce stade, la Commission européenne est en mesure d'imposer, pour une période de six mois, les sanctions envisagées, à moins qu'une majorité qualifiée d'Etats – soit deux tiers des voix – ne s'y oppose. Par la suite, elle aura, quoiqu'il arrive, le plus grand mal à pérenniser la mesure pour cinq ans, comme espéré d'abord à Bruxelles. Une majorité simple d'Etats peut en effet bloquer tout mouvement en ce sens.

    L'entretien avec Zhong Shan a porté sur l'enquête menée par les services de M. De Gucht à l'encontre des équipementiers de télécommunications chinois Huawei et ZTE, eux aussi soupçonnés de concurrence déloyale.

    Toute initiative des Vingt-Sept sur l'un de ces deux sujets entraînera nécessairement une réaction chinoise, a prévenu Pékin : d'après son ambassade à Bruxelles, "de telles pratiques protectionnistes ne sont pas acceptables pour la Chine et dégraderaient fortement le climat des relations économiques et commerciales bilatérales".

    M. De Gucht n'apprécie pas le désaveu infligé par les gouvernements européens, qui affaiblit sa position face aux autorités chinoises. Devant Zhong Shan, il a mis en cause la pression que la Chine exerce sur les Etats européens, pression "qui explique, selon lui, pourquoi se positionnent comme ils le font" dans la phase actuelle de consultation des capitales. "C'est le rôle de la commission de rester indépendante, de résister à toute pression extérieure, et de voir l'image d'ensemble dans l'intérêt de l'Europe, de ses entreprises et de ses travailleurs sur la base des seuls faits", a expliqué son porte-parole, John Clancy, à l'issue des entretiens. D'après lui, il faut "protéger en urgence des compagnies européennes dont la survie est menacée par des pratiques déloyales" des producteurs chinois.

    Solar World, la société allemande à l'origine de la plainte à Bruxelles contre les pratiques de Pékin en matière d'importations de panneaux solaires, est en quasi-faillite. Mais les installateurs de panneaux solaires se sont en partie mobilisés pour défendre les matériels importés de Chine. Des sanctions "préliminaires seraient très dommageables à l'industrie photovoltaïque européenne et doivent donc être évitées à tout prix", a indiqué l'Afase, une alliance d'entreprises actives dans ce secteur. Pour les industriels partisans des mesures, réunis dans le collectif EU ProSun, "l'Europe ne peut céder au chantage".

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    La patronne en Europe, c'est elle!!!