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  • DECLARATION DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES

    Le 9 décembre 2008, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao a tenu une conférence de presse et répondu aux questions portant sur, entre autres, les relations sino-françaises, les pourparlers à six et la situation au Zimbabwe.

    Liu Jianchao: Bonjour à tous, je suis prêt à répondre à vos questions.

    Q: Je voudrais savoir si la Chine prendra des mesures de sanction contre la France après la rencontre entre le Président français Sarkozy et le Dalaï Lama.

    R: Pendant les 44 ans qui ont suivi l'établissement de relations diplomatiques sino-françaises, la Chine a toujours considéré et géré ses relations avec la France avec une vision stratégique et à long terme. Nous développons le partenariat stratégique sino-français avec la plus grande sincérité. Un partenaire stratégique digne de ce nom devrait prendre pleinement en considération les préoccupations de l'autre partie sur ses intérêts essentiels, tel est le sens fondamental d'un partenariat stratégique. Si l'on porte atteinte aux intérêts vitaux de son partenaire, les relations bilatérales seront certainement compromises. En se conformant à une telle position, la Chine n'a jamais rien fait au détriment des intérêts de la France. Si les relations sino-françaises en sont arrivées là aujourd'hui, ce n'est souhaitable ni pour la Chine ni pour les différents milieux de la société française qui sont favorables au développement de la coopération amicale sino-française. Maintenant que le problème est là, il faudra trouver des moyens pour le régler. Cela n'est pas à la Chine, mais à la France, origine de la difficulté que connaissent actuellement les relations sino-françaises, d'en assumer la pleine responsabilité. Nous demandons, et nous le souhaitons d'ailleurs, à la partie française d'endosser la responsabilité qui lui revient et de prendre des mesures effectives pour corriger son erreur et créer une ambiance favorable à l'amélioration et au développement des relations sino-françaises. Cela correspond à l'intérêt à long terme des deux peuples.

    Q: Au Zimbabwe, le Président Mugabe fait face à une énorme pression de démission, et la Secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice ainsi que certains pays africains se sont déjà ouvertement opposés à lui. Quelle est la position chinoise sur cette question? La Chine continuera-t-elle à soutenir Mugabe ou bien pense-t-elle qu'il devra démissionner?

    R: Sur la question du Zimbabwe, je voudrais souligner que la Chine, tout comme les autres membres de la communauté internationale, est préoccupée par la détérioration continue de la situation économique et sociale du pays. Pour aider le peuple zimbabwéen à surmonter les difficultés, la Chine envisage favorablement de fournir des aides humanitaires d'urgence dont des céréales et essaiera de faire parvenir ces aides au peuple zimbabwéen le plus vite possible.

    La Chine estime que le dialogue et la négociation restent l'unique bon moyen pour régler la question zimbabwéenne. Grâce à la médiation active de la partie africaine, les parties concernées du Zimbabwe, après l'accord signé le 15 septembre dernier sur la formation d'un gouvernement d'union nationale, sont parvenues à un consensus sur le contenu du projet de révision de l'article 19 de la Constitution prévoyant le cadre du nouveau gouvernement au cours de la dernière décade de novembre. Cela a jeté la base à une solution politique de la question. Le Zimbabwe est un pays ami de la Chine, les peuples chinois et zimbabwéen sont liés par une amitié traditionnelle. La Chine espère sincèrement que les parties concernées du pays, ayant à cœur les intérêts de la nation et du peuple, mettront en place le plus tôt possible un gouvernement d'union nationale et feront sortir rapidement le pays de la difficulté pour s'engager dans la voie de stabilité et de développement. La Chine soutient également l'Afrique dans le renforcement de ses efforts de médiation. Nous sommes prêts à travailler ensemble avec la communauté internationale et continuerons d'accorder des aides et du soutien à la préservation de la stabilité du pays et de l'union nationale et au redressement de l'économie du pays.

    Q: Que souhaitez-vous que la France fasse pour restaurer les liens d'amitié avec la Chine? Est-ce que la Chine prendra des sanctions économiques contre des entreprises françaises?

    R: L'avenir des relations sino-françaises dépendra des actions de la France. La partie française aura à tenir pleinement compte de l'intérêt des relations bilatérales et des deux peuples et à prendre conscience du préjudice qu'ont subi les relations sino-françaises et sino-européennes à cause de la rencontre entre le dirigeant français agissant arbitrairement et le Dalaï Lama. La France devra accorder une réelle importance à la préoccupation de la Chine en ce qui concerne ses intérêts essentiels ainsi qu'à la position solennelle exprimée par la Chine, corriger son erreur sur la question du Tibet par des actions concrètes et faire disparaître les conséquences négatives dans le respect de son engagement au principe d'une seule Chine afin de mettre en accord ses actes et ses paroles.

    Quant à votre deuxième question, nous estimons que la rencontre, malgré toute opposition, entre le dirigeant français et le Dalaï Lama a porté gravement atteinte au bon climat de coopération entre la Chine et la France. Elle a saboté la base politique du développement des relations bilatérales et aura inévitablement des impacts négatifs sur l'ambiance dans laquelle s'opère la coopération bilatérale multisectorielle, y compris la coopération économique et commerciale. A l'heure actuelle, il est essentiel que la partie française prenne des actions concrètes pour créer une ambiance et des conditions favorables au développement des relations bilatérales et à la coopération sino-française dans tous les domaines. La partie française a suffisamment de sagesse pour savoir comment corriger son erreur.

    Q: Lors du passage de la flamme olympique à Paris en avril dernier, une relayeuse a été victime de l'attaque d'un citoyen américain. Les relations sino-françaises sont-elles aujourd'hui encore pires qu'à l'époque?

    R: Ce qui s'est passé en avril dernier lors du passage de la flamme olympique à Paris et la difficulté que connaissent actuellement les relations sino-françaises ont un point commun mais aussi des différences. Le point commun consiste à ce que certaines personnes de la partie française ont porté atteinte aux intérêts fondamentaux de la Chine. Et la différence est que cette fois-ci, le dirigeant français, malgré les nombreuses démarches et les conseils bienveillants de la Chine, a persisté à rencontrer le Dalaï Lama, ce qui a apporté préjudice aux relations sino-françaises. Un tel résultat a causé de grandes difficultés aux relations sino-françaises et suscité un vif mécontentement de la part du peuple chinois. Il est maintenant grand temps que la France prend de bonnes décisions.

    Q: J'ai deux questions. Premièrement, pourquoi cette forte réaction de la Chine devant la rencontre entre le Président français et le Dalaï Lama alors que Sarkozy n'est pas le seul dirigeant au monde à avoir rencontré le Dalaï Lama? Ma deuxième question porte sur les pourparlers à six. Je voudrais savoir quelles sont les conséquences du refus de la RPDC d'avoir affaire au Japon sur les pourparlers à six.

    R: Concernant votre première question, je crois que votre impression n'est pas juste. La position de la Chine est constante et claire devant toute rencontre entre un dirigeant étranger et le Dalaï Lama. Nous nous opposons à ce que tout dirigeant étranger rencontre le Dalaï Lama, le soutienne et le tolère dans ses actes visant à diviser la Chine. Chaque fois qu'une telle situation apparaît, la partie chinoise exprime par divers moyens sa position solennelle au pays concerné. Par conséquent, ce n'est pas la France qui est visée particulièrement. La rencontre annoncée et haut et fort entre le Président français et le Dalaï Lama a non seulement porté gravement atteinte aux intérêts essentiels de la Chine, blessé profondément le sentiment du peuple chinois, mais aussi saboté les relations bilatérales. La réaction chinoise est tout à fait légitime. Nous demandons à la partie française de faire preuve de sincérité et de trouver des moyens effectifs pour réparer les relations actuelles entre les deux pays.

    Quant à votre deuxième question, la réunion des chefs de délégation des pourparlers à six a débuté hier après-midi. Selon l'usage habituel, les pourparlers comprennent à la fois une session plénière des chefs de délégation et des contacts plus étroits entre les parties. La réunion a officiellement commencé hier à 15 heures. Les six parties ont eu des échanges de vues approfondis sur la vérification, la mise en œuvre des actions restantes de la deuxième phase ainsi que la création d'un mécanisme de paix et de sécurité en Asie du Nord-Est. Nous espérons que les parties parviendront à un consensus grâce à leur patience et à leur sagesse et continueront à faire progresser le processus des pourparlers à six selon les principes dits «engagement contre engagement et action contre action» et «mise en œuvre par étape» afin de conjuguer leurs efforts vers l'objectif de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne.

    Q: Concernant les pourparlers à six, les parties demandent à la Chine de présenter un projet de vérification, car c'est la question clé des discussions. Quelle est la position de la Chine sur cette question? Quel rôle jouera la Chine? Ma deuxième question, le Sommet Chine-Japon-République de Corée aura lieu ce week-end au Japon. Qu'attend la Chine de cette réunion? Quelle est la position de la Chine sur les derniers conflits sino-japonais autour de la question des îles Diaoyu?

    R: Sur votre première question, la vérification est l'un des sujets clés auxquels les parties ont consacré une bonne partie des discussions. La Chine et les autres parties ont avancé des propositions et exprimé leurs positions et préoccupations respectives sur cette question. Je suis sûr qu'elle sera encore abordée pendant la suite de la réunion.

    Concernant votre deuxième question, lors du Sommet Chine-Japon-République de Corée, les dirigeants échangeront leurs points de vue sur la coopération tripartite, l'actualité économique et financière internationale et les questions régionales et internationales d'intérêt commun. La coopération tripartite entre la Chine, le Japon et la République de Corée est une composante majeure de la coopération dans toute la région de l'Asie de l'Est. Nous attendons, et nous en sommes convaincus, que le Sommet soit fructueux et puisse permettre de renforcer davantage la coopération tripartite, de consolider et de développer les relations entre les trois pays ainsi que d'approfondir sans cesse la coopération en Asie de l'Est afin de promouvoir la paix, la stabilité et le développement en Asie du Nord-Est et en Asie de l'Est.

    Quant à la patrouille normale qu'avaient effectuée des navires chinois de surveillance maritime dans les eaux juridictionnelles de la Chine, j'ai déjà exposé hier la position de la Chine en la matière. L'île Diaoyu et les îlots adjacents font partie intégrante du territoire chinois depuis l'antiquité. Les activités des navires chinois que vous venez de mentionner sont tout à fait légitimes et incontestables. Je ne crois pas que cette question puisse compromettre la réunion des dirigeants des trois pays qui aura lieu prochainement.W020081213732833644360[1]