02/05/2011

Chine : objectif biocarburants

Chine : objectif biocarburants

Maquette d’usine de biocarburants présentée lors d’un Salon sur les nouvelles énergies à Beijing. La Chine a le potentiel pour devenir le leader mondial du biocarburant, selon un spécialiste du domaine. (Photo : China Daily)

 

La Chine, bientôt à la pointe de la production de biocarburants de deuxième génération ?

 

Une hypothèse tout à fait envisageable, selon l’un des principaux acteurs du secteur, pour qui le biocarburant obtenu à partir des déchets agricoles remplacera bientôt la première génération fabriquée à base de sucre, d’amidon ou d’huile végétale.

 

 

Le pays s’est en effet fixé comme objectifs d’améliorer l’efficacité énergétique et de réduire sa dépendance aux combustibles fossiles.

« Les Etats-Unis sont le premier producteur de biocarburant de première génération. Pour le moment, aucun pays ne s’est encore distingué dans la deuxième génération, et la Chine pourrait bien prendre la tête du secteur, puisque cela cadre parfaitement avec son agenda politique », confie Michael Christensen, président de Novozymes  Investment Co Ltd, en référence au 12e Plan quinquennal du pays (2011-2015). C’est lors d’une interview exclusive avec le China Daily que s’est exprimé Christensen le 15 avril, à Boao dans la province de Hainan, où il se trouvait pour le Forum sur l’Asie.

La société Novozymes, basée au Danemark, est le premier fournisseur d’enzymes industriels et le leader du marché de la technologie des enzymes pour biocarburants.

Christensen précise que l’entreprise a raflé 50% de parts du marché de la production de biocarburant de première génération en Chine, mais que l’orientation du Plan quinquennal favorable à la deuxième génération s’assortit d’un potentiel de développement considérable, même si aujourd’hui aucun plan détaillé n’a été publié.

 

 

La consommation mondiale de biocarburants devrait passer de 55 millions de tonnes équivalent pétrole (la quantité d’énergie obtenue avec un baril de pétrole) à 750 millions de tonnes en 2050.

Dans la même période, la proportion de biocarburant utilisé pour le transport devrait passer de 2% à 26%, et 90% du total des biocarburants sur le marché seront de deuxième génération, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie.

En développant la technologie de deuxième génération, la Chine pourrait réduire son volume d’importation de pétrole brut et réduire ses émissions de dioxyde de carbone de 90%, précise Christensen. « Cela s’inscrit parfaitement dans l’objectif du Plan quinquennal de mieux consommer. »

La Chine compte réduire ses émissions de C02 de 40% à 45% d’ici 2020, et les sources d’énergie alternatives pourraient représenter plus de 11% de la consommation du pays d’ici 2015.

Christensen avance qu’entre 2,4% et 2,8% du total de l’énergie consommée en Chine pourrait venir de la biomasse avant 2015. « Ce qui serait une augmentation phénoménale par rapport au taux actuel ; il s’agit de 5, 7 ou même 10 fois plus. »

Aujourd’hui, la production chinoise de biocarburant avoisine les 2 millions de tonnes, estime-t-il.

Et la production de biocarburant de deuxième génération pourrait profiter à l’économie sans léser le panier de la ménagère – et ni son porte-monnaie.

« La première génération est très en vogue, mais elle est victime de son succès : trop de ressources alimentaires servent à produire ce genre de carburant. Un biocarburant fabriqué à partir des déchets agricoles devrait avoir moins d’effet sur le prix de la nourriture. »

Le gouvernement chinois a déjà fortement restreint la production d’éthanol à base de céréales et cherche à promouvoir les autres formes de production d’éthanol, selon un rapport du Forum Economique Mondial (FEM) de juin 2010.

En mai 2010, Novozymes, la China National Cereals, Oils and Foodstuffs Corporation et la China Petrochemical Corporation ont annoncé la construction d’une usine pilote de production industrielle de biocarburants à partir des feuilles et tiges de maïs, projet qui doit démarrer cette année. Capacité prévue : 10 000 tonnes – du moins au début.

« D’ici la fin de l’année, nous espérons passer de l’échelle test à 20 fois ce que nous avons aujourd’hui. Et d’ici 2013, nous devrions passer à une production véritablement industrielle, c'est-à-dire entre 50 000 et 100 000 tonnes », détaille Christensen.

Il admet d’ailleurs que comme d’autres entreprises du secteur, Novozymes lorgne également du côté de l’industrie biochimique chinoise.

En avril 2010, Novozymes et Dacheng group, une entreprise de transformation du maïs basée dans la province de Jilin, ont signé un accord pour fabriquer du plastique à partir des déchets agricoles.

Les deux entreprises ont convenu de développer leur coopération sur la biomasse et de promouvoir la production de glycol à base de plantes. A l’heure actuelle, plusieurs méthodes de production sont en cours d’évaluation.

Christensen prédit que l’entreprise devrait maintenir un taux de croissance annuelle proche des 20% dans les domaines du biocarburant et de la biochimie dans les cinq ans à venir.

« Il y a beaucoup d’avantages à tout cela. Nous sommes en train de commencer à créer un nouveau secteur. Cela va prendre du temps mais dans 5 ans, le secteur aura déjà beaucoup mûri ».

Selon le rapport du FEM, la conversion de la biomasse en carburant, énergie et produits chimiques a le potentiel de générer plus de 230 milliards de dollars dans le monde d’ici 2020.

Objectifs de la Chine d’ici là : arriver à une consommation de 12,7 milliards de litres d’éthanol comme source alternative d’énergie et dépasser les 2,3 milliards de litres de biodiesel utilisés.

11:48 Écrit par wang dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, biocarburants, energie, écologie | |  Facebook | | |  Imprimer |

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