24/02/2010

GRAVE PENURIE DE MAIN D'OEUVRE .

Pour pallier la pénurie de la main-d'œuvre, il est nécessaire d'améliorer la qualité d'emploi

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La Fête du Printemps vient à peine de passer qu'une fois de plus la « pénurie de la main-d'œuvre » se fait sentir dans les régions côtières de la Chine Orientale et de la Chine Méridionale. Selon les statistiques établies, il manque actuellement plus d'un million de travailleurs ordinaires dans la région du Delta du Zhujiang. Et ce qui est plus sérieux, c'est que la « pénurie de main-d'œuvre » se fait sentir non seulement dans les régions littorales, mais également dans un grand nombre de villes des régions du centre et de l'ouest du pays. Dans le cas où cela serait une réalité, ce sera alors la deuxième fois depuis le nouveau siècle qu'il se produit une « pénurie de la main-d'œuvre » en Chine. La différence avec la première « pénurie de main-d'œuvre » qui s'était produit en 2004, c'est qu'à l'heure actuelle l'économie mondiale souffre toujours des effets de la crise financière et économique internationale et que la croissance économique chinoise n'est pas encore consolidée. Dans ce contexte-là, le manque de main-d'œuvre d'une telle ampleur est hautement significatif et donne matière à réflexion.

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Derrière le problème de la « pénurie de la main-d'œuvre » sont dissimulés des difficultés du développement de l'économie chinoise, et parmi celles-ci, le « problème de la qualité d'emploi des nongmingong », qui existe depuis de longues années, mais qui a été toujours négligé et sous-estimé, doit surtout être pris en considération.

Pour la plupart des nongmingong (ou mingong, main-d'œuvre rurale venue en ville pour chercher du travail), la qualité d'emploi peut être résumé en une seule phrase : exécuter les besognes les plus rudes, les plus pénibles et les plus sales et gagner un salaire le plus bas. Ces dernières années, bien qu'il est apparu presque chaque année le manque saisonnier de la main-d'œuvre, pour un grand nombre d'entreprises, elles considèrent toujours les nongmingong comme de la main-d'œuvre bon marché qu'on peut « commander du doigt et de l'œil » et « faire venir d'un seul appel et faire partir d'un signe de la main ». Alors qu'à leur poste de travail, les mingong sont obligés d'endurer du travail fatigant, épuisant et harassant pendant une dizaine d'heures et dans des conditions de travail difficiles, mauvaises et déplorables. De plus, la protection du travail n'est pas assurée et ils font l'objet de discrimination quant à leur salaire. Autrefois, en raison de la dualité de la structure urbaine et rurale et du déséquilibre de la force comparative entre travailleurs et patrons qui constituaient alors une réalité sociale, après avoir mûrement calculé et réfléchi sur la différence de revenu entre le travail exécuté en ville et le travail agricole, les paysans décidèrent alors d'abandonner le travail agricole et de quitter leur foyer, leurs parents et leurs enfants pour aller dans la ville chercher du travail tout en supportant la qualité médiocre de l'emploi et les mauvaises conditions du travail. Ils sont obligés de se contenter ainsi et de ne rien demander de plus et de mieux, car à cette époque-là, le travail pénible dans la ville valait la peine qu'on exécute vu l'attirance qu'il exerçait en raison de son salaire qui était supérieur au revenu du travail agricole. Mais maintenant, la situation est changée par suite de la progression continuelle du développement cohérent et coordonné des régions urbaines et rurales et des efforts déployés par l'Etat qui augmente sans cesse son aide aux paysans pour qu'ils puissent développer davantage l'agriculture et améliorer leur niveau de vie. Un nombre croissant d'entreprises s'installent dans la campagne et on n'a plus à se déplacer comme des « oiseaux migrateurs » pour aller chercher du travail dans la ville. D'autre part, en faisant la comparaison du revenu ainsi que du traitement et des conditions du travail, le travail en ville a perdu de son attirance pour les paysans qui préfèrent plutôt trouver un emploi près de chez eux, ou bien créer leur propre entreprise ou bien encore travailler la terre comme avant et de plus en plus de font ces choix-là et renoncent à leur rôle de nongmingong.

Devant cette nouvelle situation, pour résoudre le problème de la « pénurie de la main-d'œuvre », il est absolument nécessaire d'améliorer la qualité des emplois destinés aux nongmingong, d'augmenter la rémunération de leur poste de travail et de les attirer en jouant sur la « différence » et l' « écart » entre les revenus.

Toutefois, derrière tout cela, il est nécessaire de procéder à la reconversion, à la transformation et à la montée en génération des industries. D'après les enquêtes menées à ce sujet, pour les entreprises qui ont des difficultés cette année pour embaucher des travailleurs, 63% sont des entreprises industrielles qui couvrent principalement les secteurs à haute intensité de travail et à basse teneur en technologie, dont appareils électroniques, appareils électromécaniques, jouets, chaussures, habillement, … etc. Pour satisfaire le désir réel des nongmingong qui souhaitent trouver des emplois plus qualitatifs, les régions littorales économiquement plus développées de la Chine Orientale doivent faire plus d'efforts pour procéder à la réorganisation structurelle et à la transition innovatrice. Et tout en maintenant leur compétitivité et leur avancée industrielles, les entreprises doivent sans exception fournir aux nongmingong un espace plus libre leur permettant de trouver un emploi de plus bonne qualité.

Pour ce qui est de la « qualité d'emploi » à offrir aux mingong, elle est non seulement traduite par le niveau du salaire, mais surtout par la satisfaction en ce qui concerne différents problèmes. A l'heure actuelle, les jeunes des générations post-80 et de post-90 (les jeunes paysans nés dans les années 80 et 90 du siècle dernier) représentent plus de 60% de la totalité des travailleurs migrants d'origine paysanne venus en ville pour y trouver un emploi. Ils sont différents de leurs prédécesseurs et revêtent les trois particularités suivantes : ils ont un degré d'instruction plus élevé ; ils nourrissent une espérance plus grande quant à la qualité d'emploi ; et ils sont plus exigeant quant à la jouissance matérielle et morale. Comparés à la première génération de nongmingong qui ne pense qu'à « gagner de l'argent en ville pour subvenir aux besoins de leur famille à la campagne », ils aspirent à s'intégrer dans la société urbaine. C'est pourquoi pour résoudre le problème de la « pénurie de la main-d'œuvre » et pour améliorer la qualité des emplois à offrir aux nongmingong, en dehors des efforts déployés par les entreprises, il est absolument nécessaire pour les départements gouvernementaux concernés de tenir compte des nouvelles demandes et exigences des « jeunes générations de nongmingong » et ce n'est qu'ainsi que la « pénurie de la main-d'œuvre » pourra devenir un « souvenir du passé ».

 

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09:07 Écrit par wang dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |  Imprimer |

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