11/10/2008

TIBET,CHANGEMENTS CLIMATIQUES

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Le Tibet est en train de subir des changements climF200810101706561300728870[1]atiques

Pour le berger de yacks tibétain, Bugye, les herbages de la préfecture de Nagqu, dans le département de Lhoma sont beaucoup plus vertes cette année.

« Les animaux ont une herbe plus fraîche, surtout cet été », dit Bugye, qui a 68 ans, en regardant son troupeau de 70 yacks et 200 moutons paître sous le ciel bleu et le soleil radieux en cet automne qui vient de commencer.

La saison des pluies est venue il y a un mois et elle a duré plus longtemps. Les bergers comme Bugye, qui ont subi une sévère sécheresse l'année dernière ont été vraiment ravis. Mais c'est une grâce à double tranchant.

Les scientifiques considèrent ce type de temps comme un témoignage d'une fluctuation du réchauffement global et s'inquiètent que les bergers devront faire face à des conditions météorologiques plus extrêmes et à la dégradation des pâturages dans les années à venir.

Une conséquence immédiate, c'est que les bergers feront face cet hiver à une pénurie sévère de ce qui est traditionnellement utilisé pour le chauffage : les excréments de yacks. Avec la saison de pluies prolongée, Bugye et les autres familles de bergers avaient du mal à trouver les excréments de yack secs cette année.

De la taille de la paume de main d'un homme adulte, les excréments séchés de yack sont un combustible indispensable des berges pour la cuisine et le chauffage pendant les hivers froids.

Le problème est tellement grave que le gouvernement de la Région autonome du Tibet est en train de leur venir en aide. Les météorologues locaux sont en charge de surveiller de près la météo dans les jours qui viennent, spécialement en ce qui concerne les précipitations.

Bugye gagne plus de 40 000 yuans ($ 5800) par an en vendant ses yacks et ses moutons. Lui et sa famille, composée de 9 membres de trois générations différentes sont considérés comme aisés. Ils habitent dans une maison de briques, utilisent l'énergie solaire en plus du réseau électrique. Et malgré cela, la famille de Bugye a toujours besoin d'au moins de 7 000 morceaux d'excréments de yack secs pour pouvoir passer l'hiver. Pour d'autres familles nomades, qui habitent sous des tentes, il en faut encore plus.

D'après les estimations, quelques 420 000 personnes, qui résident dans la préfecture de Nagqu brûlent au moins 2 millions de morceaux d'excréments de yack au cours d'une année.

« Si la pluie continue, il y aura une sévère pénurie du combustible pour les bergers », a dit Tenzin Dondrup, le directeur général du Bureau météorologique du Tibet.

L'hiver est particulièrement froid sur le plateau Qinghai-tibétain. Ce qui inquiète encore plus Tenzin, c'est qu'il y aura plus de tempêtes de neige cet hiver. Au cours des années précédentes, comme en 1998, plus de pluies au printemps et en été signifait plus de tempêtes de neige en hiver, a-t-il dit.

« Je suis très inquiet pour l'arrivée des tempêtes de neige, qui s'abattront sur le plateau cet hiver, surtout que les bergers n'ont pas préparé suffisamment de combustible, représenté pour eux les par les excréments de yack », a-t-il ajouté.

D'après les chiffres du Bureau météorologique du Tibet, la température sur le plateau a augmenté de 0,25°C en une dizaine d'années, ce qui est 3 fois plus que l'augmentation globale de la température.

A Nagqu, la température moyenne a connu une croissance de 0,6°C à 1,5°C au cours des 40 dernières années. Le taux annuel des précipitations a doublé, passant de 78 mm à 150 mm pendant le même période, d'après les enregistrements météorologiques locaux.

Avec une altitude moyenne de 4 500 m au-dessus du niveau de la mer, Nagqu dans le Tibet du nord est surnommée « la crête du toit du monde ». Avec la surface de 446 000 km², la préfecture représente 37% du territoire de la région autonome.

Nagqu est une zone de pâturages, et la région à plus grand taux de production dans la région.

L'élevage représente 70% du PNB de la préfecture, et plus de 90% des résidents de Nagqu vivent de cette activité. Cela représente 1/3 de l'élevage de la région.

Mais l'hiver rigoureux avec la pénurie du combustible et des tempêtes de neige ne sont pas les seules conséquences du réchauffement global dans la région. Les inondations sont également devenues des menaces majeures.

Après l'Arctique et l'Antarctique, le plateau Qinghai-tibétain est la troisième région du monde à avoir le plus de glaciers. Cependant, au cours des 50 dernières années, 82 % des glaciers du plateau ont fondu. Le plateau a perdu 10% de sa couche permafrost au cours des derniers 10 ans, d'après l'Académie chinoise des sciences.

Avec l'augmentation de la neige et des glaciers qui fondent, le niveau de l'eau dans les 117 lacs de Nagqu a augmenté. Le niveau de l'eau dans le deuxième grand lac du Tibet, le lac Serling Co augmentait de 20 cm par an depuis 1997. Actuellement, la surface du lac est de près de 1620 km². En comparaison avec la surface qu'il représentait en 1997, le lac s'est étalé de 5 km vers l'Ouest, 18 km vers le Nord, 23 km vers le Sud-ouest, et 3 km vers le Sud.

Depuis les années 90, l'augmentation des niveaux de l'eau a fait submerger un total de 106 667 hectares des pâturages, tout comme plus de 3 000 enclos pour les animaux d'élevage. Près de 1 400 propriétaires ont été forcés de reconstruire leurs maisons. Plus de 1 000 propriétaires, ce qui représente 6 000 personnes au total, résident toujours dans des zones susceptibles d'être inondées.

« En hiver, l'eau s'est infiltrée dans notre maison elle est arrivée jusqu'au four, et elle a gelée », a dit Penpa Tashi, du département de Namarche dans Nagqu. « Lorsque l'été est arrivé, et la glace a fondu, l'odeur des excréments de yack a envahi la maison. A cause de l'inondation, notre maison peut s'effondrer à tout moment, donc nous devons déménager».

Gyaltsen Wngdrak, le chef de la préfecture de Nagqu a surveillé de près les changements du temps, en accumulant des informations au cours des 10 dernières années sur l'ampleur des préjudices, que pourraient causer les fluctuations extrêmes de la météo à l'économie, tout comme aux bergers.

En 2003, Gyaltsen a rencontré Lin Erda, un chercheur à l'Académie chinoise des sciences agricoles. Ils ont mis en commun un fond de 1,3 millions de yuans, 800 000 yuans duquel venaient de la part de Lin, et 500 000 – de la part du gouvernement de Nagqu, afin d'effectuer une étude à long terme sur les effets du réchauffement global sur les herbages de Nagqu.

Après une étude de 12 mois, ils ont dressé la carte de la dégradation des prairies de Nagqu au moyen des technologies sensitives radioguidées. La carte montre que près de la moitié des herbages de Nagqu ont subi des dégradations. La zone affectée représente près de 20 millions d'hectares avec 10%, qui sont sérieusement endommagés, ce qui représente 4 millions d'hectares.

Se basant sur ces informations, la préfecture a commencé des expériences dans le département d'Amdo au pied de la montagne Tanggula pour restaurer les herbages sérieusement endommagés au moyen de l'irrigation et replantation. Le but étant de quadrupler la quantité de l'herbe, qui passerait de 600 kg à 2400 kg par hectare.

La préfecture a également loué aux bergers 33 hectares des herbages sains et 20 moutons pour 15 000 yuans par an pour comprendre de combien d'herbe aurait besoin un animal par an.

Grâce à cette recherche, Gyaltsen et les scientifiques espèrent fournir plus de chiffres scientifiques pour comprendre comment mieux élever les animaux sur les herbages de montagne.
« Cela prendra plusieurs années pour terminer ces expériences », a dit Gyaltsen, « Mais nous devons persévérer. Tous les habitants du plateau font face aux changements climatiques, liés au réchauffement global. Et personne ne sait que faire ».
« Nous avons besoin de leur donner des pistes ».

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09:56 Écrit par wang dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ecologie, chine, changement climatique, tibet | |  Facebook | | |  Imprimer |

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